Je la croise tous les matins.
Elle est toujours bien habillée et je hume son sillage.
Il sent ce que j’imagine d’elle, à la voir chaque jour.
La soixantaine, bien habillée, bien coiffée, un air paisible.
Je pense qu’elle a un métier valorisant, dans lequel elle est compétente.
Experte, peut-être même.
Ses vêtements laissent imaginer un certain confort financier.
Elle avance d’un pas régulier, plutôt allant.
Certains matins, elle a carrément les yeux dans le vague, l’air rêveur, un sourire flotte doucement sur son visage.
Elle me rassure, cette femme. Elle me donne une vision assez optimiste du travail à son âge.
Pourtant je ne voudrais pas être comme elle à son âge.
Je serai plus fantasque (moi qui me trouve trop classique).
Un peu plus rêveuse encore, et surtout indépendante.
Prendre le chemin de l’agence tous les matins, je le vis bien, parce que je sais qu’il me mène vers des gens auxquels je tiens, et avec lesquels je suis contente d’échanger des idées, de passer les journées.
Mais je ne me projette pas dans cette vie.
Je sais de plus en plus que j’ai besoin de gagner en indépendance, reste à en accepter les incertitudes et les risques.
Je me trompe peut-être.
On verra bien.
Je trouve ça drôle de voir comment on réussi à savoir de quoi on a envie ou ce vers quoi on tend en regardant les autres, et à travers ce que l’on imagine d’eux sans forcément les connaître.
...
Son parfum, je pense que c’est du Guerlain, de l’herba Fresca. Il faudra que je vérifie ça un de ces jours...