On trouve de tout au rayon magazines.
Au rayon enfants, ou plutôt au rayon parents, j'ai acheté, de ma propre volonté, un de ces magazine que je lis d'habitude chez des copines ou dans une salle d'attente.
Pourquoi ai-je été acheter ça ?
Pour changer de mon hebdo que j'adore et que je dévore d'habitude, et qu'en ce moment je lis vite fait, entre deux portes si vous voyez ce que je veux dire, tant j'ai peu d'intérêt pour ce qu'il raconte et montre.
Je n'ai pas été déçue de mon achat, j'y ai trouvé un article édifiant, et je fais en ce lieu la promesse - facile, certes - de ne plus jamais acheter ce canard.
Voici l'objet de ma colère, de mon indignation, et d'une incompréhension totale :
"La maison, c'est nous !
Les chiffres sont têtus : encore aujourd'hui, sur 100 minutes de tâches domestiques, les femmes en assument 63, les hommes 37. Mais si elles soignent leur intérieur et s'efforcent de créer des conditions de vie agréables, c'est avant tout pour elles-mêmes et certainement pas pour leur compagnon, avance le sociologue François de Singly dans son dernier livre*. De fait, rare sont les hommes qui choisissent les draps dans lesquels ils dorment ou qui décident de ce qu'ils vont manger. S'occuper de tout, ça donne un certain pouvoir... On ne va tout de même pas s'en priver !"
*L'injustice ménagère, Armand Colin
Alors quoi ? J'ai plusieurs questions :
- Ils nous prennent vraiment pour des connes ou bien ?
- Si je comprends bien, une femme au foyer a soif de pouvoir, mais n'est a priori capable d'exercer ce simulacre de pouvoir que sur des choses aussi valorisantes que les menus, la couleur de la taie d'oreiller ou le produit pour laver les toilettes ?
C'est épatant.
Quelquechose m'échappe, et je trouve ça carrément dégradant de lire ce genre de choses à notre époque, alors qu'on est quand même censés avoir un poil, je dis bien un poil, évolué depuis le siècle dernier où le fin du fin pour toute ménagère qui se respecte (ménagère, rien que le nom m'amuse), était de posséder la première machine à laver. Là il y avait un progrès au moins, qui allait permettre à ces femmes de faire autrechose que de laver du linge toute la sainte journée.
En plus je trouve ça vraiment bizarre, ça sous-entend aussi que les hommes se moquent éperdument des menus, et de ce qui compose leur lieu de vie aussi, je trouve ça glauque. (J'apprends aussi que j'ai un homme de la variété "rare". Peut-être même "extra-rare", puisqu'il cuisine plus que moi).
C'est une façon de dire "Vous êtes chez vous et vous vous tapez la plus grosse part des corvées ménagères ? Prenez-en votre parti, ça vous rend very powerfull - youhou !"
Si j'étais l'auteur du livre cité je serais furax car je doute que ce soit le propos, d'après le titre et le sous-titre, je cite : "Pourquoi les femmes en font-elles toujours autant ? Les raisons des inégalités de travail domestique"
Bref, tout ceci n'est rien, je vous laisse, j'ai un pouvoir à exercer.