J'adore les vieilles photos
Je viens d'accrocher dans mon bureau la Une d'A nous Paris qui montre un Miles Davis fragile et tout à la fois déterminé.
Il n'est pas caché derrière sa trompette. Elle ne le définit pas.
Il est juste là, sacrément là, le bonhomme.
Derrière une vraie grosse paire de lunettes mouche, une vraie présence.
Le noir et blanc, c'est pas compliqué, il a d'emblée une émotion, une force, une profondeur telles qu'on pourrait magnifier n'importe quel objet vulgaire du quotidien.
Pour peu qu'on ait un angle et une lumière, ça déchire tout, comme dirait l'autre.
Récemment je suis tombée sur un livre de photos de guerre, certaines étaient vraiment très anciennes. La distance que crée le noir et blanc est énorme. Je suis super fan aussi parce que je suis très nostalgique. Le monde en noir et blanc pour moi, c'est un monde en marge. Qui a existe, ou qui existe, mais dans lequel je ne marche pas.
Un monde dont on peut rêver, que l'on peut imaginer, mais qu'on ne vit pas. Qu'on ne vit que de l'intérieur.
Le grain, le velouté sont magiques, on pourrait toucher la matière des sujets, mais seulement en pensée.
Le noir et blanc, je vais vous dire, moi ça me transporte.
Quand je serai grande, je serai photographe de noir et blanc.
Un Bashung en noir et blanc
Une de mes photos préférées

Alain Bashung - photo : Antoine Le Grand

