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juillet 20, 2010

La dernière ligne droite

Vacances moins 10 jours.
ça va mieux en les comptant, finalement.

Je suis cre-vée.
Il faut dire qu'en ce moment je fais du yoga (il paraît que ça aide à gérer le stress), des semi-pompes pour me préparer à mon stage de planche à voile (oui, je sais, je n'y arriverai pas, c'est super dur, mais c'est bien de tenter hinhinhin (discours que j'entends depuis trois semaines que je me suis inscrite, sans exception, et comme je suis faible, je commence à y croire : je n'arriverai pas à monter sur la planche, encore moins à tenir dessus, quant à naviguer, soyons sérieux !))
A l'heure où je vous parle, j'y crois encore un peu, si bien que j'ai encore tenté les pompes (enfin, les semi, je ne suis pas JCVD) et que j'y ai laissé mes deux biceps.

Oui, bon, je noie le poisson (vengeance préalable aux 1253 tasses que je boirai dans peu de temps), j'ai reçu la réponse à mon appel, c'est non, ils ne veulent définitivement pas financer mes études de journalisme. C'est fort contrariant.

Mais je suis une fille de signes. Et je me dis que si ça n'a pas marché, c'est qu'il y a une raison orchestrée par une puissance supérieure, le tout dans mon intérêt.
Ceci formulé avec de bien grands mots pour dire que je ne me laisse pas abattre et que je vais bien trouver de quoi compenser cette non réorientation. J'espère. Va falloir.

Mais pas tout de suite, donc, je suis empêchée par mes bras tout mous et mon cerveau liquéfié, oh, vous pouvez sourire, je sais bien que vous êtes dans le même état, au moins en ce qui concerne l'intellect, quant aux muscles, ma foi, c'est votre problème.

Prochaine étape, donc, les vacances, ses siestes, sa lecture, son grand air, ses courbatures, etc etc.
Et puis l'année prochaine, on verra. Chaque Chose en son temps.

Sinon, pour accompagner notre été, et pour entrer de plein fouet dans le dur, Fashion et Chiffonnette ont lancé la seconde édition des Harlequinades : attention, c'est caliente, amigos.

Le but du jeu étant, non pas de lire le plus de volumes de cette collection célèbre (on est pas maso) mais d'en lire un (ou plus, malgré tout, c'est no limit) et d'écrire une chronique sérieuse sur le sujet. Pas moins.

L'année dernière, j'avais participé, mais j'avoue que j'avais souffert, mais je pardonne à l'auteur, car à grands coups de lectures publiques au bureau, nous avons ma foi passé de forts bons moments.
Quant à savoir si je participerai à nouveau cette année, rien n'est moins sûr, mais je suis tentée. Bref, je n'en sais encore rien. Cerveau mou, je disais.

avril 13, 2010

Through the Looking-Glass

Quand on est chef de projet en agence de communication d'entreprise, plusieurs possibilités s'offrent à nous quand on a atteint le point de non retour des dix ans (bien tassés) d'expérience.

Option A : on devient directeur de clientèle.

C'est alors qu'opère une métamorphose : on ne sait plus dire non à ses clients ; la voix devient plus aiguë, on se met à glousser.
C'est fascinant.
On tombe en amour pour ses clients. (On en a l'air en tous cas).
Ce qui, quand on a subi dix ans (bien tassés) de production, est de l'ordre de l'inhumain.
C'est vrai quoi.
Des clients, ce sont des gens qui nous demandent des choses... contestables, comme de leur envoyer des photocopies de nuanciers.
Qui trouvent que non, vraiment, en rose, c'est "moche", voir "laid".
Et que la créa de départ était superbe. Mais finalement non, ça ne va pas.
Des gens dont on a pensé pendant dix ans (bien tassés) qu'ils ne s'étaient levé le matin que pour nous pourrir la journée.
Je ne suis pas Nelson Mandela, je ne pardonne pas à mes geôliers après avoir passé trente ans derrière les barreaux avec pour seule compagnie un poème victorien.

Être directeur de clientèle implique d'aimer son agence, en proposant aux clients des devis ficelés comme des rôtis, bardés de lard, bien salés, bien poivrés, bien serrés pour pas qu'on puisse lire entre les lignes.
Cela implique d'avoir envie de connaître ces clients qui nous font vivre. Donc d'être curieux de leur vie.
D'avoir la tchatche et de les faire rêver. De savoir bien mentir.
Cela implique, enfin, de vouloir continuer à travailler en agence.
Aaaahhh, la vie d'agence, ses réorganisation saisonnières, ses non-RTT, ses chefs en pagaille et ses positionnement aux contours flous (ses non-primes, ses non-13e mois et ses non-augmentations... ).
Cela implique de savoir et vouloir faire du développement.
Last but not least.


Option B : On va travailler chez l'annonceur

On fait fi de toutes ces années en agence, on tourne une vraie page et on passer, véritablement, du côté obscur de la force.
Cela implique d'accepter de devenir "la cliente", avec tout ce que ce terme peut avoir de péjoratif, de grisant, d'impérieux (faites votre choix).
Cela implique un meilleur salaire, plus de congés, (normalement) (sinon bonjour l'angoisse). peut-être même des horaires plus cool
Cela implique d'embrasser une seule entreprise, une seule stratégie, de manger, dormir, rêver "Mon entreprise à moi", de baigner dans une seule ambiance de travail.
Cela implique enfin de vouloir continuer à faire de la communication d'entreprise.
Last but not least.

Moi qui suis entrée en agence de com parce qu'il y avait de la lumière (et du boulot), je me retrouve aujourd'hui complètement dans le noir et j'ai le sentiment d'être condamnée à faire de la "com" (ça m'a tout l'air d'être un piège...)

Comment elle revient au bercail, Alice, déjà ?





Lewis Carroll, Alice as a beggar child by Lewis Carroll 1859.
(© Ovenden Collection, courtesy Akehurst Creative Management, London)


C'est marrant, j'avais la même coupe, petite (je détestais).






mars 29, 2010

Some thoughts about changes

Il y a la peur de faire les choses, de ne pas y arriver, et il y a la peur des choses en elles-mêmes, pour ce qu'elles ont de mordant et d'incroyablement angoissant.

Il y a l'envie d'avancer, de me lancer, d'innover, de cogiter, de me retrousser les manches et de faire vrombir les neurones, et il y a l'envie de rester là, et de ne plus penser à rien, de me laisser flotter.

Il y a l'envie de foncer, tracer ma route, braver la pluie le vent et les éléments, de relever le visage et de prendre de plein fouet la réalité du froid de l'eau et les déséquilibres des bourrasques, et l'envie rester au chaud, confortable; sous la couette, enfouie.

Il y a l'enthousiasme de la réussite, du contentement de soi, celui qui donne des ailes et il y a l'engloutissement par le doute.

Il y a le plaisir d'écrire, et de voir apparaître des personnages, un décor, une intrigue, l'empressement de consigner une situation, un rebondissement, et il y a le blocage, la pause, l'engluement des idées et de l'envie.

Il y a une volonté de changement et il y a un goût patenté pour la nostalgie

Mais comme serait-on nostalgique de quelque chose qui ne change pas ?

février 17, 2010

La boussole s'affole



Quand on commence à se dire qu'on aimerait bien changer de voie, le flou qui entoure cette possibilité ressemble à un joli brouillard poudré et on se prend un peu pour une petite fée, qui virvolte deci delà en taquinant du bout de la baguette quelques plantes odorantes, histoire de voir si elles aussi font des paillettes scillantes en s'agitant. En résumé, tout ceci fleure bon le fantasme.
Quand on prend conscience qu'il faut que l'on change de voie sous peine, au choix, de devenir folle, aigrie ou neurasthénique, le champs des possibles ressemble plutôt à une jungle sombre et gluante, menaçante, posée sur un grand néant qui flanque le vertige et raisonne des échos du tout et du rien.

Vous vous raccrochez à la première branche qui passe, et paf ! Vous êtes à nouveau embarquée pour des mois, des années, sur une barque qui n'est pas celle que vous auriez choisie si vous aviez pris le temps de vous laisser le choix.En ce moment, je suis à bord du bateau ivre, qui peu à peu prend l'ampleur du Titanic.

Cette fois-ci, c'est décidé, je me laisse le temps de faire des choix, de préparer mes rames, de fourbir mes armes, histoire de ne pas me tromper de barque...
Je n'ai pas d'idée préconçue sur la barque que je recherche, quelques critères tout au plus (genre ne plus partager ma cabine, et naviguer avec de vrais marins...), et puis je prends des cours de navigation, alors ça devrait aider ma boussole à retrouver son Nord.





Where is my north ?


décembre 04, 2009

la vie est parfois lisse, hélas


Il y a des périodes où vous êtes fatigué. Vous sentez que vous n'en pouvez plus, vous tirez sur la corde, mais vous ne voulez surtout pas vous arrêter : vous avez trop envie, trop d'appétit, et aucun désir pour le repos : vous êtes harassés par l'envie de vivre, d'apprendre et de découvrir.
Fatigués physiquement, la tête vide, mais les jambes qui galopent, vous reprenez de temps en temps votre souffle, juste histoire de tenter dans un vain effort, de décrisper les muscles de votre dos, qui se nouent et tirent sans relâche.

Et puis il y a ces périodes où vous ne vous sentez ni particulièrement fatigué ou reposé, ni particulièrement émotif ou heureux, mais pas malheureux.
Le ciel est gris, bleu ou noir selon qu'il fait gris, beau ou nuit.
Les choses désagréables n'ont pas prise sur vous. Les choses agréables non plus.
Tout glisse, tout est lisse. Le monde est étrangement calme.

Je me sens dans cet état de passivité en ce moment. Des chose
s qui m'agacent terriblement d'habitude ne me font plus rien. Cela ne signifie pas que je sois complètement passive, mais j'ai une forme de détachement un peu désagréable parfois (j'aimerais vibrer un peu plus), franchement appréciable d'autres fois.

Je n'ai pas d'envies particulières, ni d'idées à revendre, l'écriture ne coule pas, elle rame, mon crayon de bois est sec, la mine rugueuse accroche le papier, consentant à laisser une trace sèche et peu généreuse tel un escargot à sec.
Ma tête résonne des quelques idées que j'ai eu jusqu'à présent pour mon projet de bouquin, mais, chaque fois, chaque jour, j'ai peur de m'y remettre et de me trouver confrontée au silence et à l'horizon vide de mon synopsis.
J'ai peur, je n'ai jamais eu si peur de ne pas aller au bout, de ne pas réussir à avancer, de ne pas mener à bien ce projet. Je me mets la pression, je place la barre trop haut, je ne me facilite pas la tâche.
Mais quel bonheur, tout de même, de croiser une photo d'époque, d'imaginer une réaction, de trouver une formule.
Alors je sais que tout inspiration ne m'a pas totalement dé
serté. Qu'il me faut débusquer ces quelques sursauts. Dans la collection de dunes lisses que j'ai dans le crâne en ce moment, trouverai-je bientôt ce monde que j'imagine ? Vais-je parvenir à croiser mes personnages, et à saisir l'essence qui les anime, le bois dont ils sont faits ?





octobre 28, 2009

Perdue attachée

Gare de Colombes. Les enfants s'agitent et lui demandent de choisir son dessin préféré, elle en élit trois. Je regarde mes ongles dont le vernis rouge se fait la malle. Il est temps de s'en débarrasser, et j'en ai assez. J'ai le coeur au bord des lèvres ; un détail, des broutilles, qui mis bout à bout forment une jolie chaîne de métal, de plus en plus lourde, de plus en plus longue. Je résiste, je la tire à mains nues, j'en ai connu d'autres, je m'en fait un sautoir, un peu brut, c'est tendance. Le métal rouillé grince, les maillons sont trop lourds, trop nombreux. Je la repose au sol. Que pourrais-je inventer encore pour voir la vie autrement qu'une succession de jours et de déconvenues ? Des projets, il me faut des projets. Un seul suffira peut-être. Je regarde ma chaîne, elle n'est plus si tendance, elle n'est plus que rouille. Une longue laisse rouillée devenue inutile et encombrante. il va falloir vous en séparer madame, mais rassurez-vous, vous ne sentiez rien. Je sais que c'est faux. Mais je veux croire que ça ira mieux après. Je saisis les anneaux, mes mains sont pleines de rouille ocre, je les frotte et je barbouille les apparences, la nuit n'est plus si noire. Recouverte de poussière terracota, ses ombres sont moins effrayantes et je me dis que je pourrais l'aimer ainsi.
Gare de chez moi, je descends du train, je pose le pied à terre, la chaîne grince, elle me mord la peau mais me rassure, je lui suis reconnaissante de me tenir mais je sais qu'elle me retient. J'aimerais la briser mais elle me serre, je rêve de l'ôter mais elle elle me sert. Je ne suis pas prête, pas encore, il faut attendre.
J'avance, le sol est là, la nuit, l'envie aussi, la peur, toujours. Mais moins.




Edit du 29/10 à 12:25
C'est dur, ce post, mais c'est surtout très imagé. Ne vous sentez pas obligés de dire quelque chose, ça va mieux que ça en a l'air.


Je suis juste en pleine période de doutes pro. Ce n'est pas plus grave que ça.