Quand il faut aussi froid qu'en ce moment, on a tendance à se calfeutrer, à ne plus ouvrir les fenêtres, à vivre rideaux fermés et à passer son temps sous la couette (ou au moins à en rêver).
Et fatalement, le moment arrive où l'on émerge brutalement, et on ouvre les yeux sur son monde. On s'aperçoit alors avec effroi que le loft douillet s'est transformé en bouge infâme et que l'on est au bord de la mutation, puisque vous trouvez des poils de votre chapka jusque sous vos bras.
L'heure de la reprise en main a sonné, et pas qu'un peu.
(oui, je vous ai entendu vous récrier que non, vous ne voyez pas de quoi je parle. Mais de vous à moi, votre dénégation est adorable).
Comment demeurer une icône de sexitude quand la simple idée d'un centimètre carré de peau nue vous fait frémir jusqu'au bas du dos ?
La froidure qui nous tombe dessus nous oblige à lutter avec nos petits poings à nous (investir dans la plume, adopter une fourrure, se résoudre aux UGG malgré le nez plissé de l'homme qui partage vos nuits et qui trouve que la UGG vous fait la patte plantigrade (il n'y connaît rien en mode mais s'y entend en mammifères)).
Coup de bol, l'hiver est là pour nous faire (re-)découvrir des vertus du caché-dévoilé. Ce que j'entends par là ? Souvenez-vous ce film, L'étudiante, lorsque Sophie Marceau se défait de ses multiples protections, bonnet, écharpe, cagoule, capuche, rappelez-vous de l'apparition.
Sans forcément se planquer sous un passe-montagne, renouons avec l'art du regard de velours, la puissance calorifère du sourire, la surprise de découvrir une femme sous l'amoncellement de maille.
Quand les nuits s'allongent, je suis au bord de l'asphyxie.
J'essaie d'apprivoiser le froid, de ne pas avoir peur la nuit quand les ombres que je croise doivent tout à mon imagination, de tolérer la pluie façon "la pluie c'est la vie, surtout quand elle me baigne le visage façon scène dramatique dans un film d'amour".
Je vous jure que j'essaie.
Mais l'automne est plus fort que moi, et me colle tous les soirs un petit coup de taquet vicieux derrière les genoux, juste au moment où la nuit sepointe pour me cueillir.
Si j'étais seule, je crois que j'irais me coucher à 21 heures pour me lever sur les coups de cinq heures, et profiter d'une longue journée bien méritée.
Mais là... c'est enfin la fin du mois de novembre. Le début du mois de Noël, et ses odeurs de clémentine, de surchauffe, de cadeaux, de fêtes.
Bientôt l'hiver et la neige.
Ce matin j'ai rencontré quelqu'un qui déteste la neige. Parce qu'elle l'empêche de rouler tranquillement. C'est donc possible de détester la neige. Incroyable. J'adore ça, ça m'émerveille de voir le monde prendre un nouveau visage en une nuit. Et j'adore avoir quitté Paris pour ça (pour une fois que je dis que j'adore avoir quitté Paris !)
La fin d'une année et les promesses d'une autre.
Petit coup d'oeil à mes envies pour 2010.
Certaines plutôt pas mal réalisées "Envie d'écrire matin et soir" (BEAUCOUP plus facile en arrêt, évidemment), d'autres contrecarrées (Envie de changer de job...) mais affirmée : changer de job : impératif.
D'autres encore, en chute libre "Envie de dire moins de grossièretés", mes pauvres enfants, si vous saviez ce que je jure en ce moment... C'est probablement la faute au lâcher prise.
Et les enfants, justement, qui ne répètent pas. Le petit me traite de "costume" quand je l'embête en ce moment.
Il passe son temps à dire "déteste !"
Moi aussi, je déteste l'automne, mais la bonne nouvelle, c'est qu'il est poli, l'automne, et qu'il va laisser sa place à l'hiver fissa !
Le dernier livre d'AntoineBello "Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet" est assez original, mais il m'a laissée sur ma faim.
Le sujet : Émilie Brunet et son amant ont disparu. L'enquête est confiée à AchilleDunot, un détective brillant qui souffre hélas de trouble de la mémoire : il est incapable de nouveaux souvenirs, si bien qu'il se couche chaque soir en sachant qu'il aura oublié au matin ce qu'il a fait dans la journée.
Son principale suspect est le mari d'Emilie Brunet, un neurologue brillant qui s'amuse à remettre en question l'oeuvre d'AgathaChristie, dont Dunot est un grand admirateur.
L'enquête avance cahin-caha, entre les observations et les pertes de mémoires de Dunot et les fanfaronnades de Brunet.
C'est assurément un bel hommage à AgathaChristie, mais le recours à son oeuvre mange un peu trop l'enquête qui nous intéresse et le troisième tiers du livre dilue complètement l'enquête dans les préoccupations du personnage principal.
L'idée de départ était ambitieuse mais la pirouette finale de Bello me laisse pantoise, bien que je doive reconnaître qu'elle est tout de même bien trouvée.
A lire plutôt comme un hommage à la reine du crime que comme un polar, donc.
AntoineBello, Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, Gallimard 2010.
Quand il fait froid je rêve d'avoir des choses sur la tête.
Le plus chaud reste la chapka en lapin et... les cheveux, ce qui tombe bien puisque depuis cet été, je les laisse repousser. Et croyez-moi, ce n'est pas une mince affaire.
Car tout le monde n'a pas la chevelure d'Isabelle Giordano que je viens d'apercevoir en une du site de France Inter et qui la joue grosse boucle à faire se pâmer la fille aux baguettes que je suis.
Moi ça fait tellement longtemps que je n'ai pas eu le cheveu long que j'ai peur de ne pas les reconnaître. Ou de trop bien les connaître. On sous-estime trop souvent les conflits capillaires que connaissent les femmes, je suis étonnée qu'aucune cellule de soutien psychologique ne soit proposée par certains coiffeurs.
J'entends en cet instant qu'il ne reste plus que 500 jours à Nico pour gagner 2012. J'aime le "plus que"...
Tout ça pour dire qu'en 2012, à mon avis, je devrai être pourvu de la chevelure de Raiponce, et qu'au cas où Nico soit victorieux, je pourrai toujours m'échapper de ma tour de France avec mes cheveux lasso.
Me voici à nouveau avec du temps devant moi pour avancer, faire, réaliser.
Est-ce que je réalise, justement, que je vais quand même finir par reprendre mon boulot ?
Non. J'attends qu'un miracle m'en délivre, in extremis, comme dans les films.
Je serais déliée de mon contrat, et je pourrais disposer de mon temps comme je le souhaite.
Pas toute la vie, non, mais quelques mois.
J'ai une envie de liberté et de solitude (cocasse pour une fille qui passe ses journées seule depuis plus d'un mois et demi, non ?).
Pour une fois, je ne me projette pas dans ce qui sera.
Je profite, je savoure. C'est suffisamment rare pour que je m'en félicite.
A côté de ça, je marche toujours comme une vieille femme et je sors peu de chez moi. Coup de bol, pour écrire, on a pas besoin des pieds. (enfin, ça dépend pour qui (sans rancune Guillaume)).
A la sortie de l'école, elle est grande, mince, altière et porte une cape en fourrure ravissante.
Le genre de poncho en queues de renard qui me fait complètement triper.
Sur elle c'est divin.
Sur moi je pense que ça me donnerait juste une allure Peau d'âne.
C'est une joke, évidemment. Moi aussi j'aurais du chien avec ce genre de pelisse .
J'entre dans la cour derrière elle, nous croisons deux ados, l'une dit à l'autre :
- elle s'habille avec de la fourrure !...
Son nez froncé crie que son dédain pour cette femme est sans bornes.
Et voilà, exactement le genre de truc qui fait que je n'assumerais pas, altière, ce genre de cape.
Pourtant, j'assume à mort mon étole en renard argenté. Même quand ma copine mime le renardeau qui couine pour me faire pleurer l'âme. C'est super chaud, super doux, super léger... J'ai rarement porté quelque chose d'aussi agréable.
C'est quoi la différence ? La quantité de poils ? Le fait que mon étole est un cadeau et me disculpe d'emblée ? (mais si ! ça me disculpe, je vous dis !)(mais si...)
Y'en a pas, en fait, je le sais bien.
Et je me plais à penser que mon renard était vieux et très malade...
Je ne vous explique pas comment j'en suis venue à lui parler de ça, ni comment j'ai repensé à ce groupe à la virilité débridée toute entière contenue dans leurs tresses (à concurrence presque égale avec les épaulettes), toujours est-il qu'il ne voyait pas, de près ou de loin, de quoi je pouvais bien parler.
Dans un premier temps j'ai supposé qu'il avait grandi dans les steppes mongoles et échappé au plus gros scandale du monde de la pop des années 80, mais il m'a détrompée en me disant qu'il était né en 1986.
Voilà voilà voilà...
La mauvaise nouvelle (pour moi) c'est que ce petit air de vieille que je me trouvais dans l'ascenseur n'était pas qu'une illusion.
La mauvaise nouvelle (pour lui), c'est que je lui donnais vraiment plus de 24 ans.
La bonne nouvelle c'est que ça ne nous a pas empêché de continuer à ricaner.
Du coup on a parlé sport.
Soit dit en passant, le clip est un monument. Je vous défie de trouver quelque chose qui ne sonne pas faux.
Depuis que je suis arrêtée, une éternité (ma vie sociale s'est brutalement interrompue lorsque nous étions à peine en post-rentrée, vous imaginez ?), j'ai découvert plein de choses, certaines aussi peu glamour que les conséquences de l'arrêt prolongé sur mes réflexes vestimentaires, d'autres plus rigolotes (j'arrive à me faire rire moi-même, parfois jusqu'à plusieurs fois par jour, si c'est pas un vrai pouvoir, ça !).
Rassurez-vous, j'ai réagit et le jogging ne passe plus par moi (et vous devrez me croire sur parole, puisque je vous le dis, c'est que c'est vrai (reconnaissons cependant que le jogging est le vêtement le plus confortable et pratique que je connaisse, surtout quand il est doublé en molleton comme le mien))
J'ai découvert que le sourire n'est pas un réflexe chez moi. Quand je sors, je me remémore les précautions d'usage : sourire est ce que font deux personnes qui se connaissent de près ou de loin quand elles se croisent. Ensuite elles se parlent. Eventuellement.
J'avoue avec effroi, chers amis, que je suis en train de virer à l'ours. Aucune menace en matière de pelage, rassurez-vous (quoiqu'avec la chute des températures que nous connaissons, cela pourrait être salvateur). J'ai donc mis en place des mécanismes de parade afin que lorsque je ferai mon retour dans le monde (et là j'ai deux minutes devant moi, je vous prie de compatir) je ne sois pas complètement déshabituée et qu'on ne me surnomme pas "May Robinson" (coo-coo ca-chou, Mrs. Robinson n'a rien à voir dans cette histoire. Je suis beaucoup moins âgée qu'elle. C'est ma mère, en fait.).
Enfin voilà.
Donc je souris à mon bananier à chaque fois que je le croise (172 fois par jour les jours de sieste), je parle à mon micro-ondes pendant qu'il chauffe, je répète avec ma fourchette les pas du ballet des petits pains de Chaplin et, clou de ma semaine, j'organise des "nails parties" avec mes vernis à ongles pendant lesquelles nous dissertons des derniers potins de la presse populaire.
Avec tout ça, mes journées passent en une seconde et je suis certaine de revenir comme une fleur me réintégrer dans la tendre pelouse de mon univers social.
Au XIXe siècle, dans un domaine de l'Ouest de la France, Lambert, un garde-chasse voit arriver son nouveau maître, le baron de l'Aubépine.
Celui-ci, absent depuis quinze ans, se révèle très différent de son père, nourrissant notamment des idéaux révolutionnaires, il partira se battre à Paris laissant ses gens dans le besoin.
A son retour, le baron entretient des relations pour le moins surprenantes avec de jeunes femmes puis bâtit des projets délirants autour du personnage de VictorHugo.
Lambert, sa femme Eugénie et leur fille Magdeleine, se trouvent là les témoins d'agissements qui remettent en cause leur honnêteté puisqu'ils se trouvent contraints de les taire par obéissance tout d'abord, puis pour sauvegarder leur place.
Entre les non-dits et les menaces, les coeurs couvent, mais ils ne peuvent se taire éternellement.
Après avoir longtemps tourné autour de cette couverture que je trouvais intrigante, voici que j'ai cédé à l'appel du livre, dont le sujet ne me tentait pas plus que ça.
Annoncé comme un huit-clos, ce récit est mené avec bon train, notamment grâce à une écriture extrêmement rythmée et vivante qui reflète avec beaucoup de justesse les caractères des personnages. L'ensemble est authentique, tant le respect que les gens portent à leur maître que l'ambiance des lieux, l'Ouest étant à la fois ici le décor des lieux et un acteur à part entière.
Au cours de l'histoire, nous pataugeons au côté de Lambert lors de ses chasses, à la tête de la meute qu'il nous semble entendre gueuler et respirer derrière notre épaule tout au long du roman. Leurs crocs et le fusil de leur maître sont omniprésents, ils appartiennent au décor au même titre que les bois, l'étang et l'humidité.
Nous subissons les assauts délirants du maître, dont les idées révolutionnaires sont aussi fantasques que ses fantasmes sexuels sont inquiétants.
Nous le voyons nourris des espoirs farfelus autour de la personnalité de VictorHugo, et comme la famille de Lambert, nous observons la folie du maître s'insinuer, s'imposer à ses gens, jusqu'à les contraindre à agir, à la fois de bon et de mauvais gré.
L'ensemble sent la terre, les sous-bois, le chien mouillé et la moisissure, mais si à cette description il semblerait que l'on ne souhaite qu'y échapper, ce qui se noue là ne nous laisse pas d'autre choix que de poursuivre, haletant, de courir dans les pas de Lambert afin de savoir ce qu'il adviendra, finalement.
Voici un auteur que je découvre et que je lirai encore avec grand plaisir.
Un très bon roman, de ceux que l'on termine vite, qui s'impriment dans notre esprit et laissent une trace, crottée et baveuse pour celui-ci !
Ouest, François Vallejo, aux éditions VivianeHamy.
Vous voici coincé avec la jambe dans le plâtre, vous êtes désespéré, vous ne savez pas quoi faire de vos dix doigts réduits au statut de simples crochets à béquilles. Voici, en quelques lignes de quoi voir le plâtre en rose.
. Le plâtre vous empêcher d'aller travailler.
Réjouissez-vous ! Au lieu de sortir jouer des coudes dans les transports puis au bureau, vous pourrez librement passer des heures à tchater sur des forums sur des sujets aussi intéressants que "Mon vieux chat n'arrête pas de vomir".
. Le plâtre a un bon potentiel sympathie.
A l'égal des bébés ou des chiots, le plâtre vous attirera des regards souriants, et vous permettra d'engager la conversation avec toutes les vieilles dames que vous croiserez dans la rue en pleine journée quand vous irez chercher votre journal. Vous ne verrez plus votre quartier comme avant.
. Le plâtre vous dispense de certaines corvées.
Comment pourriez-vous cuisiner, ou encore passer l'aspirateur ? Je vous le demande. (Demande rhétorique, s'il en est.)
. Le plâtre peut vous faire passer pour un aventurier.
On vous croyait plan plan, vous voici devenu aventurier : ah bon, tu ne savais pas ? Ben si, je fais du close combat tous les vendredis soir...
Qui a besoin de savoir que vous vous êtes pété la cheville en ratant la marche de l'escalator chez Carrefour ?
. Le plâtre vous permet de vous faire plaindre.
Et qui, à notre époque, n'a pas besoin de se faire un maximum dorloter ?
IF you can keep your head when all about you Are losing theirs and blaming it on you, If you can trust yourself when all men doubt you, But make allowance for their doubting too; If you can wait and not be tired by waiting, Or being lied about, don't deal in lies,Or being hated, don't give way to hating, And yet don't look too good, nor talk too wise:
If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim; If you can meet with Triumph and Disaster And treat those two impostors just the same; If you can bear to hear the truth you've spoken Twisted by knaves to make a trap for fools, Or watch the things you gave your life to, broken, And stoop and build 'em up with worn-out tools:
If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss, And lose, and start again at your beginnings And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew To serve your turn long after they are gone, And so hold on when there is nothing in you Except the Will which says to them: 'Hold on!'
If you can talk with crowds and keep your virtue, ' Or walk with Kings - nor lose the common touch, if neither foes nor loving friends can hurt you, If all men count with you, but none too much; If you can fill the unforgiving minute With sixty seconds' worth of distance run, Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man, my son!
Joseph Rudyard Kipling (Bombay, Inde britannique, le 30 décembre 1865 - Londres, le 18 janvier 1936) pour "La citation du jeudi", imaginé par Chiffonnette.
La blogosphère, c'est un peu comme Disneyland (si on avait 5 ans) : on court dans tous les sens, avides de découvrir les nouveaux venus, les anciens à côté desquels on est passé jusqu'à présent, les talentueux qui ne restent pas planqués longtemps, les touristes du blog (ouais, moi aussi j'ai connu ça), les têtes connues qu'on retrouve avec plaisir, les frères et soeurs de blog, qui ont ouvert la boutique en même temps que nous, ceux avec lesquels on a sympathisé au-delà des commentaires, ceux qui ont fermé mais restent ouverts et ceux qu'on ne reviendra pas voir parce que bon, pas que ça à faire, quand même et ceux auxquels on adhère sans réserve.
La blogosphère c'est comme un labyrinthe dans lequel on se perd, on se balade, on revient en arrière, on explore un peu plus loin. Y' ales modeuses, les pipelettes, les rigolotes (parfois les trois sont réunies, c'est chouette), les lecteurs, les illustrateurs, les politiques les philosophes, les photographes, les cuisinières (certains masculins-féminins sont des partis pris parfaitement subjectifs, j'assume).
La blogosphère a ses festivals, ses manifestations, ses stars.
Ses communautés, ses fans, ses détracteurs.
Autour de vous, il y a ceux qui en sont, et les autres. C'est bien comme ça.
On y passe un temps fou ou trois minutes selon les périodes, la vie reprend parfois ses droits.
Quand on voit l'ampleur de la blogsphère, c'est à se demander ce que l'on faisait avant.
JustinBieber, tout le monde ne parle que de lui. Mue par la curiosité et l'impression d'avoir raté le train de l'été, je vais sur Internet, où j'apprends, dans les premières lignes de Wikipédia, que Justin est né en... 1994 !
Jusqu'à présent, quand je découvrais que des acteurs ou des chanteurs étaient plus jeunes que moi, ils étaient généralement nés en 198...
ça fait mal. Dans ta face de vieille, le Justin.
Je vais voir quelques clips, et oh ! C'est un baby Justin !
Bref, le JustinBieber est un enfant à la voix un brin nasillarde (l'article de Wikipédia précise qu'il vient de finir de muer, j'ai des doutes, et qu'il ne peut donc plus atteindre certaines notes de son single "Baby", gosh!).
MAIS, et c'est là qu'on touche au sommet de ce post hautement culturel, je lis également qu'il est en passe d'atteindre le milliard de vidéos vues sur Youtube, en compétition avec Lady Gaga-Didi-dododo-dadada...
Saint Michael, que faites-vous donc là-haut !!!! (Si tu me lis, Michael, always in myheart)
Finalement, je préfère avoir l'âge que j'ai et retourner à mes Georges et autres charmes matures et non moins virils.
- Ouais... Presque... Mais c'pas ma faute, on m'a téléphoné.
- Et alors, ça ne t'empêche pas de t'y remettre après.
- Nan mais après on ma re-téléphoné, il fallu que je me lève. Et puis j'avais envie de faire pipi, et puis j'avais soif et après j'avais envie de faire plein de choses, c'est vrai, un nouveau jour commence, j'avais plein de curiosité de la nuit à aller dilapider partout sur Internet, moi !
- Mais bon sang, tu sais comment ça se passe ! Tu te balades sur Internet et quand tu relèves le nez, il est midi passé ! T'es pas lavée, t'as rien fait, t'es assommée par la lumière de l'écran et soûlée de tout ce que tu as vu !!! Tu le sais ça, oui ou non ??!!!
- Oui... je le sais.
- Alors qu'est-ce que tu attends pour t'y mettre ?! T'y mettre vraiment je veux dire !
- C'est que... A chaque fois il faut que je ramasse mon courage éparpillé partout en moi, et puis dès que je suis dérangée, il se vaporise dans l'air "pouf !" et il faut que je le rassemble à nouveau, et puis... c'est duuuuurrr
- Ouais ouais, "c'est duuuuurrrr" ben tu viendras pas te plaindre de n'avoir jamais réalisé ton rêve, hein, tu sauras à qui t'en prendre !
- Vii... je sais, tu es la voix de la raison, et moi je suis faible et volage. C'est mal.
- C'est pas ça, tu sais bien, et puis j'en ai marre de te reprendre constamment. Prends-toi en main. Et si tu dis "c'est ton destin !", c'est celui qui dit qu'y est ! Allez... écris !
il n’est pas encore bien réveillé, le monde non plus, qui ne fait pas de bruit
il sort sentir sa respiration nocturne, la rosée, la fraîcheur de la nuit qui s’enfuit sous les premières lueurs du jour
le monde crépite autour de lui
dans sa tête, ça crépite aussi un peu, il n’est pas habitué à se lever si tôt
il avance sur les pierres de la terrasse qui lui réveillent les pieds et marche jusqu’à l’herbe, froisse quelques brins encore mouillés, fouler le jardin, être le premier à marcher sur le gazon pour aujourd’hui, être le premier à voir le monde ce matin
il est seul, unique, et malgré l’engourdissement matinal, il se sent plus vivant que jamais
il hésite un instant à rentrer prendre ses chaussures, mais finalement avance, nu pieds, jusqu’au fond du jardin. Il escalade la petite barrière de bois, arrive dans le chemin de terre, essaie d’éviter les gros cailloux censés tenir la terre et les petits graviers qui s’impriment dans sa peau
Il a un peu mal aux pieds mais il s’en fout, il respire à fond l’odeur de mûres, de sous-bois et de terre et avance. Tout est encore humide, la nature craque, comme lui
Sur la plage aussi, le sable est lourd, trempé, vierge.
Il a mis les mains dans les poches de son pantalon, il commence à avoir froid.
la mer redescend gentiment après avoir pris entièrement possession de la plage, déposé quelques algues et déchets de bois, de plastique
Il ôte son tee-shirt en marchant et frissonne un peu
Rapidement il jette du bout du pied son pantalon sur le sable humide et avance vers elle
Sans ralentir, il entre, il a froid, mais n’hésite pas et se laisse glisser dans l’eau jusqu’aux épaules.
La mer le caresse doucement, le berce et l’accueille
il nage un peu, plonge dans son silence, ses bruits énigmatiques
ressort, la tête pressée par le froid
et recommence
il nage à grandes brasses sous l’eau et se replie sur lui-même, expire l’air à grosses bulles bruyantes
fait quelques roulades sur lui-même, sort la tête, reprend de l’air à fond et redescend
il a mal aux muscles à cause du froid et sa poitrine le brûle, à cause de l’air
quand il sort, il se sent vide et plein, réchauffé et glacé
Saviez-vous que la plupart des neurones, pour ne pas dire la quasi-totalité, se trouve dans le pied ?
Gauche, plus précisément.
C'est une des constatations que j'ai eu le loisir de faire au cours de la semaine passée.
Il faut savoir que les neurones les plus actifs sont les premiers à vous lâcher en cas d'arrêt machine brutal.
Personnellement, j'ai immédiatement cessé de penser.
D'ailleurs je suis incapable de vous dire ce que j'ai fait de la semaine passée.
Ai-je regardé la première saison de Dollhouse ?
Ai-je ouvert un livre, une fois ?
Ai-je fais des siestes tout les après-midi ?
Ai-je envoyé un record de mails, donné des nouvelles de mon plâtre sur Facebook et trouvé le moyen de ne pas écrire une ligne ?
Je ne sais pas. Peut-être.
Une semaine plus tard il me semble revenir lentement à la conscience. J'ai donc expérimenté l'absence de soi au monde, et parfois à soi-même, j'ai nommé : la déconnexion.
En phase de déconnexion, vous ne voyez pas passer les heures. Vous n'avez pas d'échéance, le monde tourne parfaitement bien sans vous. Ne serait-ce les enfants qui rentrent de l'école, vous pourriez enchaîner les jours et les nuits sans mollir. Attention, danger, la fonte du cerveau guette.
Hé oui : je suis incapable de rester à côté de mon ordinateur sans l'allumer et passer mon temps à surfer et à envoyer des mails.
Une chance pour moi, à force de ne rien faire, je n'ai plus grand chose à raconter, donc mes mails sont plus concis. Mes amis cessent peu à peu de m'écrire, et tout revient dans l'ordre, je peux recommencer à lire des pages imprimées.
Quant à Internet, la quantité de sites est infinie, ma patience et ma curiosité moins. Et puis reconnaissons-le, les blogs ne sont pas tous enrichissants, et encore moins originaux.
Donc il m'aura fallu une semaine pour fondre de la caboche et revenir au monde.
Une semaine pour finir par m'ennuyer et avoir envie de faire vraiment quelque chose.
C'est à l'initiative de Chiffonnette, ça faisait un moment que je voulais participer, et puis ce matin, j'ai ouvert Gros-Câlin, de Romain Gary et j'ai lu ceci :
"On ne sait pas assez que la faiblesse est une force extraordinaire et qu'il est très difficile de lui résister."
Romain Gary qui ne figure pas dans le Robert des grands écrivains de langue française. Je me demande bien pourquoi.
Ce n'est pas la première fois que je suis alitée. Je me suis déjà fait mal au pied (mais l'autre), et mes deux grossesses ont été l'occasion de rester des mois sur mon canapé.
Quand on court tout le temps, on cultive ce fantasme de rester sous la couette, au chaud, de pouvoir ne rien faire, de prendre sa douche mais que si on a envie, de manger mais juste si on a le temps.
Un fantasme qui a la peau dure tant il est vrai qu'une bonne journée au lit n'a pas son pareil pour nous requinquer.
Un fantasme qui comme toute chose en ce monde, a ses limites. Il faudrait pouvoir bouger, il faudrait pouvoir décider du moment.
En l'occurrence, je n'aurais pas choisi maintenant, alors que je commence à peine à reprendre un vrai rythme au boulot et que je n'ai que deux cours d'aïkido à mon actif.
Mais comme c'est un accident, on ne choisi pas, par définition.
Alors me voilà, scotchée dans mon lit, la jambe dans le plâtre. Et plein de temps devant moi, mais des capacités limitées.
Et le retour de cette anxiété (je ne peux décemment pas parler d'angoisse, à part ça tout va bien) : "vais-je réussir à en profiter ?"
En profiter c'est quoi ?
En profiter c'est mettre à profit : lire beaucoup, écrire beaucoup, me cultiver, apprendre une langue, ou pourquoi pas, le violoncelle (oui, je suis comme ça, j'ai des aspirations tout à fait réalistes).
Car quoi ? Pour le moment je suis arrêtée dix jours. Mais ne rêvons pas, si la fracture est confirmée, je ne serai pas déplâtrée si vite.
Et finalement, si j'arrive à me reposer, c'est déjà bien non ?
D'où vient cette nécessité pressante, cette exigence impérieuse de rentabiliser son temps ?
Et cette culpabilité vague qui nous envahis le soir, quand on se rend compte qu'on a guère fait autre chose de la journée que regarder des séries. Même pas lire. Même pas ça.
Et puis le boulot qui appelle. Qui aimerait vous faire travailler à distance, finalement, vous n'avez que ça à faire. Mais qui laisse la Sécu vous payer.
Naît un autre fantasme : celui de ne pas avoir besoin de se défendre.
Passer la journée au lit, ça permet de rêver un max.
Le petit ce matin, voulait planter des bulbes de sapins de Noël.
"On le mettra là, le sapin de Noël !"
En fait ce sont des bulbes de tulipes que nous avons à planter.
Mais à mon avis, il n'est pas encore trop tard pour mettre en terre nos pignons, le temps que les guirlandes mûrissent et que les boules sortent, nous serons à Noël, non ?
le ciel est lourd, tendu, c'est presque la nuit. Le petit l'a bien remarqué ce matin "c'est la nuit, on peut dormir encore ?". Éclat dans le regard, pointe de la langue entre les quenottes, grand sourire.
Le ciel ardoise descend chaque jour un peu plus et les températures s'écrasent sous le poids. L'air est humide, dans la rue une effluve, le trottoir disparaît, je suis sur le chemin des douaniers, la mer en bas, le sel dans l'air... La pluie ici, la pluie là-bas. Chaussée humide ici, sable odorant là bas.
Le ciel est souris, la pluie a fini, les nuages stagnent, traînent encore un peu, jouent les durs. Annoncent la couleur des ciels d'automne.
Ethan Muller, 32 ans, tient une galerie d’art à New York. Il tombe un jour sur une quantité astronomique de dessins abandonnés dans un appartements. Le sens de ces dessins, leur ordonnancement et leur auteur, un certain Victor Cracke dont personne ne sait grand chose, ne tardent pas à devenir pour lui une obsession. En cherchant à le retrouver et à donner un sens à cette fresque gigantesque, il perd de vue ce qui constituait l’essentiel de sa vie… pour mieux se trouver lui-même, comme on dit dans ce genre de circonstances.
Plusieurs choses sur ce livre :
Tout d’abord, contrairement à ce qu’on lit partout, ce n’est pas son premier roman, mais le premier de ses romans traduit et publié en France sur les six ouvrages à son actif. Du coup le concept « superbe maîtrise pour un premier essai » perd un peu de son poids.
Cependant, les personnages, l’écriture et les dialogues sonnent justes, la construction est élaborée et sans accrocs, la maîtrise est remarquable. La description du milieu de l’art est intéressante, le ton du protagoniste qui prend ses lecteurs à partie sans trop en faire est original, les incises sont étonnantes et intrigantes, et l’ensemble fonctionne bien.
En revanche, certains passages manquent de rythme, on se sent parfois dériver lentement, et même si ce n’est pas désagréable, ce n’est généralement pas ce que l’on attend d’un livre à suspens. Quant au dénouement, pas de surprise véritable ni de révélation, vous êtes prévenus. Bon, peut-être un rebondissement dans le deuxième tiers du livre, mais pas plus.
A lire pour sa construction et le milieu dans lequel il se déroule, mais n’en attendez pas de sueurs froides, ni de suspens.
Ce livre a été élu « meilleur thriller de l’année » par le New York Times, et a reçu le grand prix des lectrices de ELLE catégorie Policier (certaines mauvaises langues diraient même qu’on ne peut vraiment pas se fier aux lectrices de ELLE ;o)
Les visages, Jesse Kellerman, éditions Sonatine, 2009.
La rentrée littéraire devrait être livrée avec un mode d’emploi.
Sérieusement. Plus de 700 bouquins. Ce qui nous donne : 2010 + une rentrée = 701 bouquins.
(Et c'est la crise - du livre - certains ne doivent pas être au courant, ils ont publié, tiré jusqu'à 50 000 exemplaires, les inconscients !)
Autant vous dire que quand on est « apprenti écrivant », C'est impressionnant de voir que tant de gens parviennent à écrire jusqu’au bout et à faire publier leurs livres.
700 nouveaux livres. ça fait limite un peu peur. Et à quoi ça sert de déverser comme ça un tsunami de pages sur le marché ?
(Cela dit, si je devais un jour être publiée, j’aimerais autant que mon bouquin ne sorte pas en pleine rentrée littéraire).
Ne sachant jamais par quel bout la prendre, cette rentrée littéraire, j’ai opté cette année pour le petit bout de la lorgnette et pour changer un peu, à savoir les titres.
Un titre, on sait tous que ça peut survendre un livre, ou le casser complètement.
D’ailleurs, si j’étais journaliste littéraire (beaucoup de si dans ce billet !), je me lancerais dans une grande enquête « Comment les auteurs choisissent-ils leurs titres ? »
Les auteurs choisissent-ils vraiment leurs titres ou sont-ils soumis aux contraintes de leurs éditeurs ?
J’imagine que ça dépend des auteurs et des éditeurs.
Pour moi un titre est une illumination. Quand on écrit, à un moment ou un autre, il nous tombe dessus. Et c'est parfois très inconfortable car ce damné titre peut se pointer en dernière extrémité. En tous cas, il me semble qu'on ne choisit par un titre par dépit, il doit s'imposer par son évidence.
Voici donc une petite sélection des titres qui m’ont étonnée ou amusée et de ceux qui me font rêver.
Le titre clin d'œil : Le joli mois de mai d’Émilie de Turckheim, aux éditions Héloise d’Ormesson
Le titre qui sonne déjà lu : Rosa Candida de AudurAvaOlafsdottir, aux éditions Zulma
Le titre chantant : Pourvu qu'elle soit rousse, Stéphane Rose, aux éditions Archipel
Le titre préventif (et certainement le plus long) (et qu'on ne peut pas lire d'une seule traite du premier coup, vous allez voir) : On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux, Bobert Robert, POL (c'est un pseudo vous croyez, Robert Bobert ?)
Le titre prédicateur : En attendant la montée des eaux, Maryse Condé, aux éditions JC Lattes mais aussi Catherine, Nostradamus et le triangle noir, Claude Mosse, aux éditions Alphée
Le titre qui tourne : Des gifles au vinaigre, CartanoTony, aux éditions Albin Michel
Le titre informatif : Les aigles puent, LuzzBassmann, aux éditions verdier
Et puis on y parle beaucoup nuit, de rêves et d'étoiles, dans cette rentrée : En règle avec la nuit, JustineAugier, aux éditions Stock
Des étoiles dans la main, Isabelle Chabanel, aux éditions Plaisir de lire
Dans la nuit brune, AgnèsDesarthe, aux éditions de l'Olivier
Des feux fragiles dans la nuit qui vient, XavierHanotte, aux éditions Belfond
Les jeux de la nuit, JimHarisson, aux éditions Flammarion
Onze rêves de suie, ManuelaDraege, aux éditions de l'Olivier
Deux titres qui m'intriguent : Les trois saisons de la rage, VictorCohenAdria, aux éditions Albin Michel et Où j'ai laissé mon âme, de JérômeFerrari, aux éditions Actes sud.
Enfin, mon préféré : L'insomnie des étoiles, Marc Dugain, aux éditions Gallimard
Et si vous deviez choisir des titres de la rentrée littéraire, lesquels éliriez-vous ?
Hier soir c'était très étrange on était bien dimanche soir mais je me sentais comme un soir que je n'identifiais pas détendue, pas trop crevée Pas de boule d'angoisse à l'idée de revoir certaines personnes au boulot Pas de remise en question proff-existentielle Pas de conscience aiguë que nous étions dimanche et que le lendemain se remettrait en route la semaine qui ne perd pas de vue, elle, qu'après le dimanche vient le lundi Vraiment, c'était une sensation très étrange Et je ne sais pas expliquer pourquoi Si encore j'avais une semaine de folie avec trop de beaux projets qui m'aurait vraiment donné envie mais non, rien à signaler de particulier Je n'ai rien fait de mon week-end et un autre dimanche cela m'aurait accablé J'ai voulu voir si faire du repassage me permettait de philosopher comme le pliage du linge, mais je crois que je suis trop une femme du XXIe siècle, ça n'a pas marché J'ai beaucoup joué avec mes cheveux pour les faire pousser J'ai fait de mauvais pancakes, les commentaires des internautes disaient que c'était délicieux, on ne peut vraiment pas vous faire confiance Bref, j'ai toutes les peines du monde à savoir ce que j'ai bien pu faire pour ne pas avoir à ferrailler avec le cafard du dimanche soir Mais dès que je trouve, je vous le dis !
Fleuve Congo - musée du quai Branly (rien à voir avec le sujet mais c'est une chouette expo)
Après ses dessins vignettes publiés sur son blog et les deux tomes de Joséphine qui proposent des planches d'une page, PénélopeBagieu se lance dans la BD long format.
Cadavre exquis est le récit d'une rencontre entre un écrivain à succès (Thomas) et une jeune femme hôtesse de salon qui ne lit pas (Zoé).
Côté dessin
Pénélope ne change pas de style, mais pour ce qui est du trait, je l'ai trouvé plus épais, plus confortable que d'habitude, notamment dans Joséphine. Pour ce qui est des couleurs, j'ai beaucoup aimé leur profondeur. Les bleus notamment sont francs et ça m'a plu. Quelques associations tranchées construisent un univers et surtout une ambiance (kaki et bordeaux pour l'appartement de l'auteur, grisâtre pour celui de Zoé) Des détails attirent l'œil, un regard, un sourire en coin, et touchent. Certaines planches sont vraiment plaisantes (Zoé en pleine page au marché, j'adorerais l'avoir en grand format !).
Côté personnages
La psychologie n'est pas mal vue, (le complexe de l'écrivain, son ego, l'estime de soi des unes, l'ambition des autres... ), Même si les personnages sont un peu caricaturaux à mon goût, ils sont, je pense, adaptés au format de la BD.
Côté scénario
Une bonne idée de départ, une situation complètement crédible, qui verse petit à petit dans la fiction complète. A mon sens, on se laisse prendre au jeu ou non, je n'ai pas trouvé ça très difficile d'adhérer, en revanche, et ce sera mon gros bémol, je trouve que la fin est complètement bâclée. C'est lâché, je déteste être prise par une histoire et finir cul par dessus tête sur une pirouette en ayant le sentiment que l'auteur a été obligé de boucler deux semaines plus tôt que prévu.
Conclusion : un bon plaisir de lecture qui tient bien ses promesses sur le plan graphique mais qui aurait mérité un approfondissement sur le plan du scénario.
j'aurais vraiment aimé savoir dessiner (comme... Garance, par exemple, restons simple) pour que la princesse que j'ai fait sur un coin de table en déposant mon fils au centre de loisirs soit un peu moins... bizarre... (elle avait des mains tellement grosses que j'ai dit que c'est parce qu'elle a des super pouvoirs... et des pieds... dans de grandes chaussures à talons. A quoi la petite blonde m'a dit "Mais ! Les princesses ne mettent pas des chaussures à talons, elles portent de pantoufles de vair !!! Les diktats, déjà !)
Mais la petite fille aux boucles blondes était ravie Et ça m'a fait plaisir
Je devrais dessiner des princesses pour les petites filles blondes plus souvent
J'ai longtemps sous-estimé les révélations quasi-extatiques que peut nous apporter le fait de plier la lessive. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est pourtant un acte qui vous révèle à vous même, par le jeu de quelques constatations étonnement pragmatiques et néanmoins criantes de vérité. Par exemple. Vous pliez votre maillot de bain. Vous êtes rentrée depuis une semaine et demie. Onze jours en fait. Vous allez ranger votre maillot de bain de plage, vous prenez conscience qu'il ne reverra pas le sable chaud avant un bail. Comme vous. Cette fois, c'est certain, vous êtes vraiment rentrée.
Par exemple. Vous pliez un tee-shirt qui appartient à votre fille. Elle est toute petite, elle n'a que sept ans et demi, et malgré tout, vous constatez qu'elle sera bientôt en mesure de vous emprunter vos tee-shirts. Que conclure ? Que vous êtes petite aussi. Que vous avez beaucoup vieilli. Qu'elle a beaucoup grandi. Que vous n'avez pas du tout envie qu'elle vous pique vos fringues. Que vous êtes un poil égoïste. Mais que si elle reluque du côté de votre penderie, c'est que finalement, vous avez du goût et vous êtes dans le coup.
Viendront ensuite prolonger la liste les constats du type "En fait, *La redoutée*, c'est pas pire comme marque" ou encore "En revanche, les fringues *Monoprice*, ça ne tient pas".
Les accès de culpabilité rondement rejetés : "Quand même celui-là, je pourrais faire un effort pour le repasser... mais quel simple bout de coton pour vouloir me renvoyer derrière mon fer, j'ai dit que j'étais une femme du XXIe siècle, oui ou non ? Et puis je suis déjà victime de la mode, je ne vais pas, en plus, être victime des plis ! Que trépasse si je repasse !"
Et les constats plus basiques "Moi qui pensais porter beaucoup de noir, il y a quand même une majorité de blanc dans mes affaires."
Vous tirez ainsi tout un tas de constatations du pliage de linge, qui sont autant qu'une séance de méditation, mais au terme duquel vos penderies et vos idées seront bien mieux rangées qu'après quelques hoooooooommm poussifs. Vous serez ainsi armée pour affronter la rentrée, les tentatives précoces de votre fille (vous aviez eu du mal à vous remettre du "Maman, ta robe, elle est trop belle !... Je pourrai l'avoir quand tu seras morte ?, cette fois, vous serez bien préparée, de même, vous saurez couper l'herbe sous le pieds aux personnes qui jettent ostensiblement des coups d'oeil à vos plis encore frais.
En sommes, étendez, pliez, vos aurez fait le plus gros du boulot.
La rentrée je fais avec. Nous cohabitons toutes les deux depuis maintenant 33 ans et ça se passe plutôt bien.
Non pas que je ne l'aime pas, non (à part son parfum de plastique neuf qui me heurte les sens après des semaines de verdure et d'embruns, j'avoue).
Mais avouez quand même: entre la rentrée des classes, la rentrée du gouvernement et la rentrée littéraire, on en prend jusqu'en novembre, jusqu'à la nausée, et au point de se demander s'il y a vraiment une vie après la rentrée ?!
On enchaîne ensuite directement sur Halloween (vite fait, le folklore) et on atterrit direct sur Noël. A croire que les gens sont perdus sans repères forts pour scander leur année, et alors même que le vide est par excellence source de bien être, tout le monde sait ça.
La rentrée des classes...
Des heures passées, hagards, enfermés sous la lumière des néons à chercher les fournitures nécessaires à l'apprentissage de nos enfants, en priant intérieurement que cela les aide à travailler correctement et à s'appliquer un peu.
Les heures passées à baptiser les mêmes fournitures, quand on se félicite d'avoir choisi des prénoms à deux consonnes et de n'en avoir que deux et pas huit (comment procèdent les mères de huit enfants ?????)
Le Jour Redouté finalement, quand les mômes endossent leurs cartables, le sourire aux lèvres et la paupière encore gonflée, inconscients encore du processus infernal dans lequel ils vont pénétrer, puis réalisant avec effroi, arrivés devant la grille et debout sur les freins, ils s'écrient alors : au choix cette année : "Monpapamamamamanàmoiiii !!!" "Je ne PEUX PAS Y ALLER EN ESPADRILLES !"
Bref. L'un n'est pas assez expérimenté pour savoir que la maîtresse fera son boulot de remplaçante de monpapamamamanàmoi très vite et très bien (et qu'elle aura plus d'un tour dans son sac pour l'occuper toute la journée. Elle.)
L'autre, trop jeune encore pour comprendre que les espadrilles sont un talisman pour lutter contre l'odeur de plastique beaucoup trop prégnante et maintenir les pieds, à défaut de l'esprit, encore un peu en vacances...
Moi, les jours de rentrée, je n'allume pas la radio, je ne regarde pas les infos, je fais comme si de rien n'était et s'il n'y avait pas les enfants, je pense même que ce jour-là, je partirai en vacances, loin.
"Je suis une femme du 21ème siècle" déclare Charlotte Gainsbourg dans une lettre destinée à soutenir Sakineh Mohammadi, condamnée à mort par la justice iranienne après cinq ans d'emprisonnement.
Et moi je le trouve bizarre, ce 21e siècle.
La semaine dernière, ma fille de 7 ans me demandait si elle serait morte quand ce sera la fin du monde.
J'ai répondu instantanément que oui, elle serait morte, que non, elle ne verrait pas la fin du monde. En le disant je ne pouvais m'empêcher d'en douter.
Parce qu'avec ce genre de monde, j'ai du mal à être optimiste.
La modernité devrait nous humaniser mais c'est l'exact opposé qui se produit. La modernité creuse le fossé entre notre humanité et nous.
Et alors qu'on espère être sauvés par la technologie, nous sommes rattrapés par l'archaïsme de notre statut d'hommes.
Je suis une femme du 21e siècle et ça me fiche un peu la trouille.
En revanche, entre deux galettes de soja et un petit déjeuner varié, mes résolutions de la rentrée s'avèrent bien plus contraignantes que ce que j'imaginais
manger équilibré passe encore
ramasser les chaussettes des enfants, soit
dormir plus pour rêver plus, très bien (dès que j'aurai une couette plus épaisse, novembre est si vite arrivé)
(mais est-ce que nager plus sera vraiment profitable ?) (il faudrait que j'essaie)
Sinon j'arrive très bien à ne pas trop m'esquinter au boulot et à coordonner la couleur de mes chaussures à celle de mon sac c'est important, je vous signale
Et dans la liste de mes grands résolvolutions de la rentrée, je dois aussi trouver des néogrosmots j'ai pensé à "bachibouzouk" et à "poutargue" je teste en ce moment "ventre saint-gris"
Je me suis souvent demandé comment serait la vie sur une île
En l'instant présent, j'aimerais être une héroïne de série, dont le job serait de faire l'expérience suivante, en vue d'écrire un reportage qui serait diffusé sous forme de feuilleton dans un grand quotidien.
Je recevrais un jour un courrier de mon employeur bienveillant :
***
Chère MayBradshow,
voici l'objet de votre prochain reportage :
"Passez un mois sur l'île d'Yeu en ré en l'absence de vos amis ou de quelque connaissance que ce soit, sans connexion Internet et sans portable.
Vous serez priée de vous lever chaque matin avec le soleil, mais vous coucherez à l'heure de votre choix. Vous vous emploierez à diversifier au maximum la nature de vos activités, le but de ce reportage étant de faire connaître à notre lectorat les affres et plaisirs de la vie insulaire.
Vous nous enverrez chaque jour, par courrier, le récit de vos aventures, qui, nous n'en doutons pas une seconde, ne manqueront pas de sel. Vous partez dans trois jours par le bateau de 6h15.
Nous avons hâte de vous lire, bon séjour
Votre rédacteur en chef
nb : vous pourrez vous munir de vos stilettos si vraiment la séparation vous est trop coûteuse. Mais ce sera tout.
nbb : Vous ne manquerez pas, par ailleurs, d'avancer votre dernier ouvrage, nous attendons le premier jet de votre manuscrit à votre retour.
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Quel bonheur !
Je me vois déjà, me baignant tous les jours, allant à la rencontre des insulaires, m'essayant à diverses activités, jouer la citadine un peu quiche de pour faire rire les lecteurs en provoquant des situations ubuesques. OU ALORS Je me vois déjà, écrivant sur la rude solitude de ces gens d'ailleurs qui ont choisi une vie d'exil et qui trouveraient en moi un peu d'air de la civilisation, qu'il respireraient avidement ou rejetteraient avec effroi.
Hé oui, je suis une femme de clichés.
La vie sur une île, c'est un truc que j'aimerais quand même bien tenter.
Je repense à cette peintre qui vit apparemment de ses tableaux, et donne des cours de peintures et ouvre une galerie à Stockholm. Je repense à cette femme qui, avec son mari, a réhabilité un vallon sur cette île chère à mon cœur. Et qui, après la mort de son mari, continue de faire vivre ce projet avec une passion douce que rien ne semble pouvoir entamer.
Sur une île, il semble que les gens sont plus accessibles, même s'ils sont en réalité si lointains que rien ne parait pouvoir les atteindre vraiment.
C'est à la fois très attirant, fascinant, et dans le même temps un peu étrange. C'est mon impression. Je ne demande qu'à la préciser, la démentir ou la conforter.
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C'était le 250e message de ce blog, et je suis empreinte d'une certaine émotion, cela va sans dire. Merci de me lire
Puisqu'il faut revenir, me voici le ressac m'a ramenée sur le sable les bagages pleins d'idées et surtout pleins de souffle de ce souffle qui nettoie et qui secoue réveillée par la mer glacée de mon île ragaillardie j'ai eu quelques révélations dans mon hamac, où j'entendais les papillons battre des ailes quelques sursauts dans l'eau à 16 et quelques frissons aussi Et puis j'ai compris le lâcher prise et ça... j'avoue que c'était la révélation des vacances un vrai chambardement mais en douceur, semblable à la fin de la vague qui gomme doucement les traces laissées sur le sable humide dans un crépitement de bulles et laisse une surface parfaitement vierge
voilà, je me sens comme la plage à cet instant précis toute neuve
La première fois que j'ai vu une mouette, j'ai trouvé ça chouette. La première fois que j'ai vu une chouette, j'ai trouvé ça chouette aussi.
Beaucoup de poésie dans ce livre aux illustration au trait épais et simple et aux couleurs douces, qui propose une vision émouvante des premières fois de petite fille à grande fille.
A lire, même si vous êtes un garçon !
Vincent Cuvellier pour le texte Charles Dutertre pour les illustrations Editions Gallimard jeunesse Giboulées, 2006.