Je suis assez contente.
Parce que mon film chéri Je vais bien ne t'en fais pas, a obtenu deux Césars !
Meilleur acteur dans un second rôle masculin pour Kad Merad, et jeune espoir féminin pour Mélanie Laurent.
Je suis contente. Et je ne peux que vous encourager à aller le voir.
Même si les Césars ont également récompensé le "Ne le dis à personne" qui a l'air calamiteux...
Tout le monde peut se tromper...
février 26, 2007
février 23, 2007
L'imagination ne suffit pas !

Eva Luna – Isabel Allende
1987
J’affectionne la littérature sud-américaine. J’aime l’onirisme, les rebondissements étonnants et la liberté imaginaire totale que s’offrent les auteurs. J’avais précédemment lu et beaucoup aimé « Fille du destin », du même auteur. Dans ce livre-ci, j’ai été déstabilisée par la succession vertigineuse des personnages et des situations toutes plus farfelues les unes que les autres, comme si la surenchère faisait loi. Je n’ai pas réussi à m’attacher à cette enfant, puis jeune fille et jeune femme ballottée par les événements. J’ai trouvé beaucoup plus attachants certains personnages secondaires. La particularité d’Eva Luna est de savoir inventer et raconter des histoires, avec une imagination débordante que l’auteur n’a rien à lui envier. Finalement, au milieu des rebondissements politiques et autres récits de la vie des uns et des autres, l’auteur nous livre à la toute fin du récit, une sorte de résumé de l’histoire tout en passant en revue les personnages :
« Mais la Télévision nationale ne laissa pas souffler les patients téléspectateurs, et enchaîna aussitôt sur la diffusion de mon propre feuilleton, que dans un élan sentimental, j’avais intitulé Boléro, en hommage à ces airs qui avaient bercé mon enfance et qui avaient servi de point de départ à un grand nombre de mes histoires. Le public fut interloqué par le premier épisode et ne parvient pas à s’en remettre au cours des suivants. Je crois bien que personne ne compris à quoi rimait cette histoire abracadabrante, les gens étaient habitués à ce qu’on leur servît de la jalousie, du dépit, de l’ambition ou pour le moins de la virginité, or rien de tout cela n’apparaissait sur le petit écran et ils s’endormaient chaque soir, l’esprit emberlificoté par un méli-mélo d’indiens empoisonnés, d’embaumeurs dans leurs chaises roulantes, de maîtres d’école pendus par leur propres élèves, de ministres déféquant sur des sièges de velours épiscopal, entre autres atrocités qui ne résistaient à aucune analyse logique et échappaient à toutes les lois connues du feuilleton commercial. »
Et là, je me suis reconnue dans le téléspectateur largué à l’esprit emberlificoté. J’ai repensé à ces pages entières relues faute de concentration, pleines à craquer de rebondissements, de sorte qu’on craint à un moment qu’ils nous sautent à la figure au détour d’une page. Bon, je ne trouve pas ça très agréable que l’auteur nous explique que si on a du mal à suivre ses élucubrations foisonnantes, c’est parce qu’on est conditionné pour du commercial. Je suis très susceptible.
Puis, à peine plus loin, elle décrit le processus créateur dans lequel j’imagine très bien l’auteur devant son texte se confondre avec Eva Luna :
« Je rédigeais chaque jour un nouvel épisode, totalement immergée dans le monde que je créais grâce au pouvoir universel des mots, devenue moi-même un être éparpillé, reproduite à l’infini, contemplant mon propre reflet dans de multiples miroirs, vivant des vies sans nombre, m’exprimant par une kyrielle de voix. »
Bon, j’en conclue que l’auteur se retrouve complètement dans son univers, qu’elle est tout le monde à la fois et qu’elle se sent hyper puissante. Mais on a aussi l’impression qu’elle se fiche éperdument que son lecteur suive. Ou passe un bon moment à sa lecture.
Personnellement je me suis accrochée par curiosité. Je crois que j’ai bien aimé, finalement. Mais il manque quand même une sacrée trame que la vie de l’héroïne ne suffit pas à former.
Si j'avais un million

If I Had a Million (1932)
Réalisé par James Cruze, H. Bruce Humberstone, Ernst Lubitsch, Norman McLeod, Stephen Roberts, William A.Seiter, Norman Taurog, Lothar Mendes.
Avec :
Gary Cooper
Charles Laughton
George Raft
Jack Oakie
Richard Bennett (John Glidden)
Charles Ruggles
Alison Skipworth (Emily La Rue)
W.C. Fields
Mary Boland (Mrs. Peabody)
Roscoe Karns (le soldat O'Brien)
May Robson (Mrs. Mary Walker)
Un bien joli petit film qui réunit une palanquée de réalisateurs, de scénaristes et d’acteurs pour une histoire qui repose sur une idée simple : que feraient les premiers venus si on leur offrait à l’improviste un million de dollars.
Un milliardaire mourant décide de distribuer sa richesse de son vivant afin que ses héritiers n’aient pas la possibilité de contester sa décision. Il choisit huit personnes au hasard de l’annuaire et va lui-même leur porter un chèque d’un million de dollars.
S’ensuivent huit sketches aussi différents que le sont leurs personnages principaux : du faussaire au militaire et du vendeur de porcelaine martyrisé par sa femme à la jeune prostitué, tous ont un usage bien personnel de ce chèque providentiel. Les sketches ne sont pas tous d’égale qualité, mais les idées sont bonnes et les personnages excellents. J’ai tout particulièrement aimé la vieille retraitée au caractère bien trempé jouée par May Robson qui aurait pu quitter fissa la maison de retraite austère où elle étouffait, et qui choisit plutôt de la transformer en club pour dames âgées où le plaisir est roi. Les choix des uns et des autres sont relativement inattendus, et c’est chaque fois un plaisir de changer d’univers et de se laisser surprendre. À noter également la composition de Richard Bennett, complètement excessif dans son rôle de vieux milliardaire caractériel. Un régal.
février 20, 2007
Le mois de janvier
Au mois de janvier, j'ai eu un temps fou. Ce n'est pas si fréquent.
Je n'avais pas la possibilité de faire certaines choses comme :
- du sport
- surfer, donc bloguer
- voyager
- m'agiter en général.
Conclusion, me voilà astreinte à me reposer, dans lit, tant qu'à faire, et face à ma bibliothèque, fraîchement déménagée et rangée par un homme tendre et parfois (trop rarement cependant) ordonné.
Je suis donc tombée dans certains livres. D'autres me sont tombés des mains.
Petit résumé :
La rose pourpre et le lys. Michel Faber


Deux volumes recommandés par mon amis Gaëlle, en qui j'ai une confiance aveugle (C'est içi). J'avais acheté le tome 1 (je suis comme ça, j'achète toujours "à moitié. Et je le regrette souvent. Je pense que j'aime être un peu frustrée ;-)
Hé bien c'est sans aucune surprise que je suis tombée dedans, renouant avec les longues heures de lecture planquée sous la couette, ne me levant que pour boire et manger (et encore). Les deux tomes m'ont fait dix jours, fait rare ces dernières années, j'ai dévoré. C'est bien écrit, bien documenté, les personnages sont attachants, c'est un fait, et on regrette de ne pouvoir aller faire un tour dans le Londres de cette époque où l'auteur nous balade sans relâche.
Au début, j'étais un peu sceptique face aux intrusions de l'auteur qui nous dit volontiers de suivre tel personnage ou de ne pas nous laisser aller à imaginer ceci car "ça n'arrivera pas". Mais ces interventions ne sont pas si fréquentes et servent même la narration à plusieurs reprises. Le procédé est maîtrisé et utilisé avec parcimonie donc tout va bien.
Une amie m'avait dit "Ah oui, c'est l'histoire classique de la rédemption de la prostituée !" Peut-être, je n'en ai pas lu d'autres, donc je me garderais de me prononcer sur le sujet, mais je pense que quitte à en lire une, celle-ci vaut le détour.
Ensuite, c'est toujours un peu difficile de passer d'un bouquin emballant comme ça à un autre, et là, une amie m'en avait prêté un.
Le livre de Joe. Jonathan Tropper
C'est t
oujours le souci avec certains amis, ils ont adoré un livre alors ils vous le prêtent, sans se soucier de savoir si vous avez envie de le lire ou si vous avez déjà des tonnes de bouquins de rêve qui attendent sagement dans votre biblioque qu'une occasion se présente pour eux d'être enfin lus. Enfin bref, je suis terriblement curieuse, et ce livre-ci a fait l'objet de transition parfait : vite lu, pas trop dérangeant. Quoique. Ce bouquin regorge de cette tournure que je déteste : "je n'ai pas le temps, pensé-je" "Il va me tuer, supposé-je". Je n'ai aucune idée de la pertinence de cette conjugaison, mais elle me colle des boutons. Et là c'était véritablement trop, en moyenne trois utilisation par double-page, jusqu'à la dernière phrase !
Sinon l'histoire : un homme d'une trentaine d'années a écrit un best seller en prenant appui sur le village de sa jeunesse et ses habitants dont il fait des portraits corrosifs et largement caricaturaux. Le livre commence quand Joe, paumé dans son appartement de Manhattan cherche à rebondir après le succès de ce livre qui fut également adapté au cinéma. Son père est mourrant, il doit retourner sur les lieux de sa jeunesse qu'il a fuis depuis une dizaine d'années. Bien sûr, tout le monde lui fait payer sa "liberté narratrice", mais le temps a passé et les gens ont changé, Joe trouve là la source d'inspiration pour un deuxième livre. Bof. Mouai.
Parfait livre de transition, mais je ne le recommande pas.
Second livre de transition.
Oui,
La rose pourpre m'a laissé cette empreinte telle qu'il me faut deux livres de transition.
L'homme qui voulait vivre sa vie.
Douglas Kennedy.
Acheté dans l'optique "quand je serai fatiguée et que je n'aurais pas envie de m'investir dans un livre fort". On va dire.
j'ai découvert D. Kennedy par La poursuite du bonheur, que j'avais bien aimé. Mais depuis, j'ai été déçue par tous ceux que j'ai lus : Une relation dangereuse (super prévisible), Les charmes discrets de la vie conjugale, Rien ne va plus... Bref, il me reste Cul-de-sac. On verra bien. Après je pense que je jetterai l'éponge.
L'histoire est celle d'un homme qui vit une vie malgré lui, il est avocat friqué à Wall Street, marié, deux enfants, et possède une jolie maison en banlieue. Son drame : il aurait voulu être photographe.
Je vous passe les péripéties, les exagérations à tous les étages et autres raccourcis. ça détend, ça se lit vite et puis c'est tout.
En ce moment je lis ça :
Eva Luna. Isabel Allende
C'est pas mal, j'adore la littérature sud-américaine, onirique à souhait, mais le problème c'est qu'il faut que je m'enchaîne à ce livre pour ne pas le lâcher au bout de trois pages. Les événements se poursuivent trop vite pour moi, les personnages se succèdent autour de l'héroïne Eva, on a du mal à la cerner, bref, je n'arrive pas à entrer dedans. C'est la seconde fois que je m'y efforce, et je n'aime pas lâcher un livre en cours de route, j'ai horreur de ça. J'ai peu de passer à côté de quelquechose de bien, et j'ai un sentiment de gâchis terrible. Enfin, on verra bien si je persiste ou non.
bref, au milieu de tout cela, et pour finir sur une notre positive, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee) a été une parenthèse enchantée, douce et dépaysante. Pas de violence gratuite, une histoire simple servie par des personnages attachants et intéressants. Un livre prêté par la même amie que celle du Livre du Joe. Je continue à être curieuse.
Je n'avais pas la possibilité de faire certaines choses comme :
- du sport
- surfer, donc bloguer
- voyager
- m'agiter en général.
Conclusion, me voilà astreinte à me reposer, dans lit, tant qu'à faire, et face à ma bibliothèque, fraîchement déménagée et rangée par un homme tendre et parfois (trop rarement cependant) ordonné.
Je suis donc tombée dans certains livres. D'autres me sont tombés des mains.
Petit résumé :
La rose pourpre et le lys. Michel Faber


Deux volumes recommandés par mon amis Gaëlle, en qui j'ai une confiance aveugle (C'est içi). J'avais acheté le tome 1 (je suis comme ça, j'achète toujours "à moitié. Et je le regrette souvent. Je pense que j'aime être un peu frustrée ;-)
Hé bien c'est sans aucune surprise que je suis tombée dedans, renouant avec les longues heures de lecture planquée sous la couette, ne me levant que pour boire et manger (et encore). Les deux tomes m'ont fait dix jours, fait rare ces dernières années, j'ai dévoré. C'est bien écrit, bien documenté, les personnages sont attachants, c'est un fait, et on regrette de ne pouvoir aller faire un tour dans le Londres de cette époque où l'auteur nous balade sans relâche.
Au début, j'étais un peu sceptique face aux intrusions de l'auteur qui nous dit volontiers de suivre tel personnage ou de ne pas nous laisser aller à imaginer ceci car "ça n'arrivera pas". Mais ces interventions ne sont pas si fréquentes et servent même la narration à plusieurs reprises. Le procédé est maîtrisé et utilisé avec parcimonie donc tout va bien.
Une amie m'avait dit "Ah oui, c'est l'histoire classique de la rédemption de la prostituée !" Peut-être, je n'en ai pas lu d'autres, donc je me garderais de me prononcer sur le sujet, mais je pense que quitte à en lire une, celle-ci vaut le détour.
Ensuite, c'est toujours un peu difficile de passer d'un bouquin emballant comme ça à un autre, et là, une amie m'en avait prêté un.
Le livre de Joe. Jonathan Tropper
C'est t
oujours le souci avec certains amis, ils ont adoré un livre alors ils vous le prêtent, sans se soucier de savoir si vous avez envie de le lire ou si vous avez déjà des tonnes de bouquins de rêve qui attendent sagement dans votre biblioque qu'une occasion se présente pour eux d'être enfin lus. Enfin bref, je suis terriblement curieuse, et ce livre-ci a fait l'objet de transition parfait : vite lu, pas trop dérangeant. Quoique. Ce bouquin regorge de cette tournure que je déteste : "je n'ai pas le temps, pensé-je" "Il va me tuer, supposé-je". Je n'ai aucune idée de la pertinence de cette conjugaison, mais elle me colle des boutons. Et là c'était véritablement trop, en moyenne trois utilisation par double-page, jusqu'à la dernière phrase !Sinon l'histoire : un homme d'une trentaine d'années a écrit un best seller en prenant appui sur le village de sa jeunesse et ses habitants dont il fait des portraits corrosifs et largement caricaturaux. Le livre commence quand Joe, paumé dans son appartement de Manhattan cherche à rebondir après le succès de ce livre qui fut également adapté au cinéma. Son père est mourrant, il doit retourner sur les lieux de sa jeunesse qu'il a fuis depuis une dizaine d'années. Bien sûr, tout le monde lui fait payer sa "liberté narratrice", mais le temps a passé et les gens ont changé, Joe trouve là la source d'inspiration pour un deuxième livre. Bof. Mouai.
Parfait livre de transition, mais je ne le recommande pas.
Second livre de transition.
Oui,
La rose pourpre m'a laissé cette empreinte telle qu'il me faut deux livres de transition.L'homme qui voulait vivre sa vie.
Douglas Kennedy.
Acheté dans l'optique "quand je serai fatiguée et que je n'aurais pas envie de m'investir dans un livre fort". On va dire.
j'ai découvert D. Kennedy par La poursuite du bonheur, que j'avais bien aimé. Mais depuis, j'ai été déçue par tous ceux que j'ai lus : Une relation dangereuse (super prévisible), Les charmes discrets de la vie conjugale, Rien ne va plus... Bref, il me reste Cul-de-sac. On verra bien. Après je pense que je jetterai l'éponge.
L'histoire est celle d'un homme qui vit une vie malgré lui, il est avocat friqué à Wall Street, marié, deux enfants, et possède une jolie maison en banlieue. Son drame : il aurait voulu être photographe.
Je vous passe les péripéties, les exagérations à tous les étages et autres raccourcis. ça détend, ça se lit vite et puis c'est tout.
En ce moment je lis ça :
Eva Luna. Isabel Allende
C'est pas mal, j'adore la littérature sud-américaine, onirique à souhait, mais le problème c'est qu'il faut que je m'enchaîne à ce livre pour ne pas le lâcher au bout de trois pages. Les événements se poursuivent trop vite pour moi, les personnages se succèdent autour de l'héroïne Eva, on a du mal à la cerner, bref, je n'arrive pas à entrer dedans. C'est la seconde fois que je m'y efforce, et je n'aime pas lâcher un livre en cours de route, j'ai horreur de ça. J'ai peu de passer à côté de quelquechose de bien, et j'ai un sentiment de gâchis terrible. Enfin, on verra bien si je persiste ou non.bref, au milieu de tout cela, et pour finir sur une notre positive, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee) a été une parenthèse enchantée, douce et dépaysante. Pas de violence gratuite, une histoire simple servie par des personnages attachants et intéressants. Un livre prêté par la même amie que celle du Livre du Joe. Je continue à être curieuse.
février 07, 2007
Sweet home, Alabama
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
(Nell) Harper Lee - 1960

Voilà une jolie rencontre avec l'Amérique sudiste des années de la Dépression, un beau livre, prix Pulitzer en 1961, qui eut un franc succès en Amérique où il est une référence littéraire.
L'intrigue est racontée par la jeune Scout, petite fille qui vit avec son grand frère Jem, et son père, Atticus, avocat, personnage droit qui élève seul ses deux enfants. J'ai tout particulièrement apprécié les valeurs qu'il tâche de leur transmettre, même si certains lecteurs critiquèrent le manque de crédibilité du ton de la narratrice, du fait de son âge. Oui, cet homme vit dans un monde idéalisé, mais c'est certainement ce qui lui permet de sauvegarder cet esprit libre et puis après ?
Au milieu des trois années qui rythment le livre, au milieu des jeux d'enfants de Scout et Jem et de la découverte de l'école par Scout, Atticus est commis d'office. Il est chargé de défendre un Noir menacé de la peine de mort pour avoir violé une Blanche. Ce procès est bien sûr l'occasion d'aborder les questions du racisme, des préjugés et les conditions de vie des Noirs dans le sud de l'époque. Il est également l'occasion pour Scout et Jem de découvrir le monde de la justice.
Atticus sera décrié alors même qu'il n'a pas fait le choix de défendre cet homme. Scout apprendra à ne pas se battre pour défendre son père et sa famille, et à grandir sans nécessairement devenir la "dame" que voudrait sa tante, elle apprendra aussi à connaître les gens au-delà de l'image que tout le monde a d'eux.
Bref, ce roman est doux, agréable, il fait du bien.
La voix de Scout est rafraîchissante sans être mièvre et l'atmosphère du sud donne envie d'aller faire une virée en Alabama !
(Nell) Harper Lee - 1960

Voilà une jolie rencontre avec l'Amérique sudiste des années de la Dépression, un beau livre, prix Pulitzer en 1961, qui eut un franc succès en Amérique où il est une référence littéraire.
L'intrigue est racontée par la jeune Scout, petite fille qui vit avec son grand frère Jem, et son père, Atticus, avocat, personnage droit qui élève seul ses deux enfants. J'ai tout particulièrement apprécié les valeurs qu'il tâche de leur transmettre, même si certains lecteurs critiquèrent le manque de crédibilité du ton de la narratrice, du fait de son âge. Oui, cet homme vit dans un monde idéalisé, mais c'est certainement ce qui lui permet de sauvegarder cet esprit libre et puis après ?
Au milieu des trois années qui rythment le livre, au milieu des jeux d'enfants de Scout et Jem et de la découverte de l'école par Scout, Atticus est commis d'office. Il est chargé de défendre un Noir menacé de la peine de mort pour avoir violé une Blanche. Ce procès est bien sûr l'occasion d'aborder les questions du racisme, des préjugés et les conditions de vie des Noirs dans le sud de l'époque. Il est également l'occasion pour Scout et Jem de découvrir le monde de la justice.
Atticus sera décrié alors même qu'il n'a pas fait le choix de défendre cet homme. Scout apprendra à ne pas se battre pour défendre son père et sa famille, et à grandir sans nécessairement devenir la "dame" que voudrait sa tante, elle apprendra aussi à connaître les gens au-delà de l'image que tout le monde a d'eux.
Bref, ce roman est doux, agréable, il fait du bien.
La voix de Scout est rafraîchissante sans être mièvre et l'atmosphère du sud donne envie d'aller faire une virée en Alabama !
décembre 11, 2006
Madeleines : Deuxième : Rabbi Jacob
En cette période propice aux souvenirs d'enfance et au laisser-aller régressif, je me laisse lentement mais très sûrement glisser dans une torpeur toute invernale et infantile, petite parenthèse au coeur de la vie.
Alors en deuze, et dans le désorde, un extrait de mes favoris : Rabbi Jacob (film de Gérard Oury, 1973, pour les gens qui ne connaissent pas).
Personnellement, et encore une fois, je ne m'en lasse pas !
Alors en deuze, et dans le désorde, un extrait de mes favoris : Rabbi Jacob (film de Gérard Oury, 1973, pour les gens qui ne connaissent pas).
Personnellement, et encore une fois, je ne m'en lasse pas !
décembre 08, 2006
La déferlante pin-up
Bettie Page, Betty Grable, sont des icônes de la vague pin-up qui déferla sur les États-Unis en particulier, dans les années 40.
Cette image de la femme sexy me plaît parce qu'elle n'est pas vulgaire.
Donc les pin-up dont plus personne n'ignore l'origine du nom puisque ces dessins étaient à l'époque punaisées sur les murs, et les cabines des camionneurs, mais également dessinées sur les carlingues des avions.
Il n'y a pas beaucoup plus à en dire, mieux vaut en voir, ma foi :







Cette image de la femme sexy me plaît parce qu'elle n'est pas vulgaire.
Donc les pin-up dont plus personne n'ignore l'origine du nom puisque ces dessins étaient à l'époque punaisées sur les murs, et les cabines des camionneurs, mais également dessinées sur les carlingues des avions.
Il n'y a pas beaucoup plus à en dire, mieux vaut en voir, ma foi :







Madeleines : Première ! Le Jerry Lewis de mon enfance
Je suis quelqu'un de très nostalgique et j'ai un milliard de madeleines dont je pense que je ne me lasserai jamais.
En premier épisode : Jerry Lewis. Il me fait rire. C'est comme ça.
Pour moi il est l'archétype du comique, le roi du "slapstick" (autrement dit de la grosse farce), et une vraie source d'inspiration pour tout un tas d'acteurs comiques actuels (Jim Carrey, au hasard). Il en fait des tonnes, mais ne me lasse pas.
Et oui, quand je le regarde, j'ai 12 ans et demi !
En 1946, sa rencontre avec Dean Martin donne lieu à des duos hilarants où clairement ils n'avaient pas l'air de s'ennuyer :
Et un de mes extraits préférés, du film "Nutty Professor" (Docteur Jerry et Mister Love) :
En premier épisode : Jerry Lewis. Il me fait rire. C'est comme ça.
Pour moi il est l'archétype du comique, le roi du "slapstick" (autrement dit de la grosse farce), et une vraie source d'inspiration pour tout un tas d'acteurs comiques actuels (Jim Carrey, au hasard). Il en fait des tonnes, mais ne me lasse pas.
Et oui, quand je le regarde, j'ai 12 ans et demi !
En 1946, sa rencontre avec Dean Martin donne lieu à des duos hilarants où clairement ils n'avaient pas l'air de s'ennuyer :
Et un de mes extraits préférés, du film "Nutty Professor" (Docteur Jerry et Mister Love) :
novembre 23, 2006
La promesse de l'aube

Je suis dans La promesse de l’aube, de Romain Gary
Romain Gary qui n’a de cesse de raconter sa vie d’enfant unique d’une mère délaissée et totalement dévouée à l’œuvre de sa vie : lui.
Ainsi décrit-il l’amour maternel exclusif. Je dois dire que je n’ai pas vécu cet amour enfant, mais que devenue maman, je me suis trouvée riche de cette source qu’il décrit, et que j’appelle moi mon « puit sans fond d’amour », qui fait parfois peur, qui déstabilise, mais qui tient tellement chaud au cœur. Je partage avec vous :
« Ce fut seulement aux abords de la quarantaine que je commençai à comprendre. Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras, vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous les côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l’aube, une étude très serrée de l’amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu.
Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer les petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants. »
novembre 17, 2006
Une présence à exploser l'objectif
novembre 16, 2006
L'ombre de moi-meme
Y’a des jours comme ça où on est l’ombre de soi-même.
Le réveil ne vous agresse même pas : vous ne l’entendez pas.
Ma première pensée fut « On est quoi ? jeudi. QUE jeudi noooooooooon ! Au secours ! » Ensuite on se met sous la douche, ça ne fait rien de plus que vous mouiller. Même froide. Mais là encore vous ne réalisez pas qu’il y a un souci. Puis café, enfant, école « Je veux rester avec toi à la maison ». Vous pensez « Oui, moi aussi, chérie, moi aussi », imaginant un instant le bonheur sans limite que serait une grasse mat’ au lit avec un café et un bouquin, mais vous dites « mais non, ma chérie, ta place est à l’école, avec tous tes copains qui t’attendent, là, regarde ! » Trente paires d’yeux nous entourent en effet, puis quelques réflexions fusent « qu’est-ce qu’elle a ? » « Elle veut peut-être rester avec toi » me suggère une brunette à couettes (...)
Le petit matin n’en finit plus de vous bousculer avec son cortège d’horaires qui se suivent sans vous laisser de répit. Les gens vous poussent, vous pressent, vous dépassent, vous envahissent.
À la boulangerie, je laisse passer une bonne femme (y’a pas d’autre mot), « Je suis pressée !!!! ». Je préfère la laisser faire son show devant moi que de la sentir piailler et trépigner pendant que je cherche des sous dans mon sac sans fond (vous voyez le cabas de Mary Poppins ? Je suis sûre qu’avec un peu de concentration, je pourrais comme elle extraire de mon sac un porte-manteaux, un miroir ou une plante verte). Bref, elle est tellement pressée, la Bonne-Femme, qu’elle met dix minutes à acheter ses trois croissants. C’est normal, je lui ai laissé mon tour, il est tout naturel qu’elle en jouisse à son aise sans que je proteste, et puis j’avoue, je n’ai pas envie, ça me passe au-dessus du crâne : je suis à l’ouest.
Vous arrivez au bureau martelé, roué, contusionné ; le téléphone prend le relais, des questions, des réponses, des choses à relire, des gens, partout, encore. Des vannes, plus ou moins drôles (un open space de dix personnes n’est pas une situation toujours facile à vivre, je ne vous apprend rien).
Ce midi un médecin me conseille de tuer quelqu’un « Faites-le, vous verrez, ça soulage ». Qu'est-ce qu'il dit ?
Je n’émets aucune objection, j’y avais bien pensé avant qu’il me le suggère. Mais ce n’est pas parce que les gens sont cons que ça m’autorise à les tuer. J'ai expliqué ça il n'y a pas longtemps à ma poulette. Je dois m'y tenir.
Bref, après une course de vitesse d’une heure quinze pour cinq minutes de rendez-vous, je suis enfin réveillée pour attaquer une après-midi qui sera certainement fascinante.
Je trouve ça impossible de raisonner en se disant "Et demain quoi ? Demain pareil. Sauf qu'on sera vendredi."
Non, je ne trouve ça pas possible.
Le réveil ne vous agresse même pas : vous ne l’entendez pas.
Ma première pensée fut « On est quoi ? jeudi. QUE jeudi noooooooooon ! Au secours ! » Ensuite on se met sous la douche, ça ne fait rien de plus que vous mouiller. Même froide. Mais là encore vous ne réalisez pas qu’il y a un souci. Puis café, enfant, école « Je veux rester avec toi à la maison ». Vous pensez « Oui, moi aussi, chérie, moi aussi », imaginant un instant le bonheur sans limite que serait une grasse mat’ au lit avec un café et un bouquin, mais vous dites « mais non, ma chérie, ta place est à l’école, avec tous tes copains qui t’attendent, là, regarde ! » Trente paires d’yeux nous entourent en effet, puis quelques réflexions fusent « qu’est-ce qu’elle a ? » « Elle veut peut-être rester avec toi » me suggère une brunette à couettes (...)
Le petit matin n’en finit plus de vous bousculer avec son cortège d’horaires qui se suivent sans vous laisser de répit. Les gens vous poussent, vous pressent, vous dépassent, vous envahissent.
À la boulangerie, je laisse passer une bonne femme (y’a pas d’autre mot), « Je suis pressée !!!! ». Je préfère la laisser faire son show devant moi que de la sentir piailler et trépigner pendant que je cherche des sous dans mon sac sans fond (vous voyez le cabas de Mary Poppins ? Je suis sûre qu’avec un peu de concentration, je pourrais comme elle extraire de mon sac un porte-manteaux, un miroir ou une plante verte). Bref, elle est tellement pressée, la Bonne-Femme, qu’elle met dix minutes à acheter ses trois croissants. C’est normal, je lui ai laissé mon tour, il est tout naturel qu’elle en jouisse à son aise sans que je proteste, et puis j’avoue, je n’ai pas envie, ça me passe au-dessus du crâne : je suis à l’ouest.
Vous arrivez au bureau martelé, roué, contusionné ; le téléphone prend le relais, des questions, des réponses, des choses à relire, des gens, partout, encore. Des vannes, plus ou moins drôles (un open space de dix personnes n’est pas une situation toujours facile à vivre, je ne vous apprend rien).
Ce midi un médecin me conseille de tuer quelqu’un « Faites-le, vous verrez, ça soulage ». Qu'est-ce qu'il dit ?
Je n’émets aucune objection, j’y avais bien pensé avant qu’il me le suggère. Mais ce n’est pas parce que les gens sont cons que ça m’autorise à les tuer. J'ai expliqué ça il n'y a pas longtemps à ma poulette. Je dois m'y tenir.
Bref, après une course de vitesse d’une heure quinze pour cinq minutes de rendez-vous, je suis enfin réveillée pour attaquer une après-midi qui sera certainement fascinante.
Je trouve ça impossible de raisonner en se disant "Et demain quoi ? Demain pareil. Sauf qu'on sera vendredi."
Non, je ne trouve ça pas possible.
novembre 14, 2006
Littéralement happée
Ce matin j'ai littéralement plané sur cette chanson d'Alain Bashung.
Un morceau de ciel bleu au bout des yeux et je flottais dans la rue
Tu vois ce convoi
Qui s’ébranle
Non tu vois pas
Tu n’es pas dans l’angle
Pas dans le triangle
Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand j’te volais dans les plumes
Entre les dunes
Par la porte entrebâillée
Je te vois rêver
A des ébats qui me blessent
A des ébats qui ne cessent
Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d’auréole
Les cymbales les symboles
Collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe
Les vents de l’orgueil
Peu apaisés
Peu apaisés
Une poussière dans l’œil
Et le monde entier soudain se trouble
Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand j’te volais dans les plumes
Entre les dunes
Par la porte entrebaîllée
Je te vois pleurer
Des romans-fleuves asséchés
Où jadis on nageait
Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d’auréole
Les cymbales les symboles
Collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe
Un morceau de ciel bleu au bout des yeux et je flottais dans la rue
Tu vois ce convoi
Qui s’ébranle
Non tu vois pas
Tu n’es pas dans l’angle
Pas dans le triangle
Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand j’te volais dans les plumes
Entre les dunes
Par la porte entrebâillée
Je te vois rêver
A des ébats qui me blessent
A des ébats qui ne cessent
Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d’auréole
Les cymbales les symboles
Collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe
Les vents de l’orgueil
Peu apaisés
Peu apaisés
Une poussière dans l’œil
Et le monde entier soudain se trouble
Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand j’te volais dans les plumes
Entre les dunes
Par la porte entrebaîllée
Je te vois pleurer
Des romans-fleuves asséchés
Où jadis on nageait
Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d’auréole
Les cymbales les symboles
Collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe
novembre 09, 2006
Kressmann Taylor, la sensitive

Kathrine Kressmann Taylor
(1903-1997)
J'ai rencontré Kressmann Taylor dans un supermarché du Nord.
Je ne suis pas fan des livres au supermarché, mais là, je suis littéralement tombée en arrêt sur la couverture de son recueil intitulé « Ainsi rêvent les femmes », qui réunit quatre nouvelles dont les personnages débordent d'émotions.

Son écriture est riche, douce, émouvante. Elle donne le sentiment de quelqu'un d'une grande bonté, et d’une profonde sensibilité.
Je ne parlerai pas du gros succès de Kressmann Taylor Inconnu à cette adresse, parce que j'ai choisi de me concentrer sur ces deux recueils de nouvelles.
Dans la première nouvelle, Harriet rêve, justement. Mais de ces rêves qui mêlent si finement des éléments absurdes à la réalité qu’on perd tout à fait pied. Ici, nous savons et ressentons l'essentiel de ce que vit cette femme, en cinq petites pages. Je trouve ça magique.
« - Il faut que tu regardes ma nouvelle machine à faire les boutonnières, dit Leila. Tu n'as jamais rien vu de tel. Harry m'achète toutes les machines dont j'ai envie.
Et elle se mit à fabriquer des boutonnières à toute allure, l'une après l'autre.
Harriet gardait les yeux fixés sur cette course de boutonnières, mais entre ses côtes, une crainte froide commençait à se répandre. Tout à coup, son cœur cessa de palpiter dans sa poitrine, transi par un intolérable élancement de douleur glacé. Elle savait presque, mais luttait contre ce qu'elle savait. À ce moment-là, les flammes jaillirent au pied des murs et les yeux de Leila laissèrent échapper leur secret. Des yeux avides, satisfaits et nus. »
Dans ces quatre histoires, chacun des acteurs (car le dernier est un homme) vit un rêve. Une vie rêvée, un rêve de vie, qui prend corps ou non. Toujours est-il que la délicatesse de ses descriptions dessine chaque décor et chaque personnage avec précision, et souvent en lien avec la nature. Par exemple dans la seconde nouvelle, où une adolescente est confrontée à sa mère :
« Sa mère la connaissait par cœur, savait immédiatement ce qui lui conviendrait. Anna se disait : « Je ne mérite pas une mère comme elle, elle est trop indulgente avec moi, je deviens capricieuse et gâtée. » La voix de sa mère lui parvient de l'autre côté du corridor.
- N'oublie pas de mettre tes chaussures avant de descendre.
Aussitôt tout fut gâché, sa gratitude s'envola « Si seulement Maman me permettait d'être moi-même, ne serait-ce que dix minutes ! »
Voilà le problème en fait, sa mère arrangeait trop les choses. Elle ne laissait rien au hasard, elle imposait à tout un ordre agréable et convenable. « Je me demande s'il lui arrive de voir jusqu'aux ténébreux abîmes qui se profilent derrière les apparences, de faire face à l'effroyable, à l'insupportable fin de tout. Elle ne comprend pas que la blancheur des pivoines fait peine à voir car elle doit finir un jour. Il y a dans le monde quelque chose qui ne va pas du tout. Regardez ce qui dure, les tombes, par exemple. Ce sont les belles choses qui disparaissent en premier : les matinées comme celles-ci, les iris qui cachent à l'intérieur de leurs pétales des cavités mouchetées et duveteuses. »
Comme je restais sur ma faim, je me suis avidement jetée sur le pendant de ce volume
« Ainsi mentent les hommes ».Les femmes rêvent, les hommes mentent, pourquoi pas. Je précise toutefois que les nouvelles ont été ressemblées en volumes par l'éditeur, alors qu'elles étaient pour la plupart, parues séparément dans des magazines féminins ou des quotidiens américains dans les années 50.
Ici les mensonges dont il est question dans le titre sont autant de trahisons ou de fuites, qui ont pour principale conséquence de faire souffrir les personnes aimantes de l'entourage.
Le petit Richard vit la semaine en compagnie de sa mère. Son père est représentant, et nous assistons à son retour à la maison pour le week-end. Ce dernier se croit obligé d'imposer son autorité de père de famille en redressant l'éducation de son fils supposément négligée par la mère. Et c'est elle que Richard va trahir. Son mensonge consistera à accepter cette autorité afin d'entrer dans les faveurs paternelles, cela au détriment de sa mère, qui par voie de conséquence passe pour être trop faible avec son garçon. Heureusement cependant, leur relation ne se résume pas à cela.
« - Je t'ai demandé ce que tu faisais de bon à l'école, répéta la voix de l'homme.
- Oh ! ça va, dit il. Je pense que ça va.
- Tu penses ? demanda froidement son père. Tu n'en es pas sûr ?
- Si papa, je travaille bien. »
Sa gorge se serra aussitôt jusqu'à l'étouffement, et il eut la sensation qu'il allait vomir, parce que le visage de son père était devenu dur, comme près à le punir ; la magie de cette journée était brisée, et c'était sa faute à lui, Richard. Désespéré, il vit son père diriger son regard sévère vers sa mère.
« - Si je te laisse trop longtemps toute seule avec le gosse, tu m'en feras une femmelette. Ça te plairait, ça hein ? » dit-il avec amertume.
Richard comprit alors que sa mère allait les sauver. Elle ne prit pas l'air humble, craintif, replié, qu'elle avait habituellement lorsque le père lui parlait ainsi. Ses yeux gardèrent leur éclat joyeux, sa bouche forma une moue charmante, et elle éclata de rire. Le visage de son père devient rouge et content, il l'attira de nouveau contre lui et couvrit ses lèvres d'un long baiser persistant. Simplement, sa mère ne s'abandonna pas à cette étreinte comme elle avait pu le faire dans le jardin. Elle offrait sa bouche, mais ses épaules étaient tendues, ses mains étaient deux poings crispés tombant le long du corps au lieu de s'étaler avec bonheur sur le dos de son mari. Elle les avait sauvés, mais elle avait honte ; elle souffrait. Le petit garçon, s'accrochant éperdument aux vestiges de cette journée, qui durait encore, qui se poursuivait malgré tout, était trop soulagé pour s'en inquiéter. »
Cette scène n'est que le début, mais rassurez-vous, si Richard ne défend pas sa mère, et laisse par la suite son père lancer des répliques du meilleur goût « C'est ça les bonnes femmes, on ne peut pas leur demander d'avoir de la jugeote. », voire s'y associe, la complicité qu’il partage avec sa mère n'en sera pas effacée pour autant. (De là à dire qu'elle en sortira intacte, il ne faut pas pousser, mais l'amour fait des miracles.)
Enfin, la dernière nouvelle de ce volume réunit deux femmes, une jeune et une usée, je dirais. C'est je crois la plus touchante de toutes ces nouvelles, et je résisterais au plaisir de vous faire lire le dernier paragraphe car il prend tout son sens au terme de la lecture de ce petit texte.
Si vous avez besoin d'un peu de douceur et de délicatesse en ce début de frimas, je vous recommande la lecture de ces textes délicats comme tout.
novembre 08, 2006
Le retour de la question existentielle... ou Chronique d'une coïncidence
Et si je recrutais en ce moment des relecteurs et que je recevais le CV d'une personne qui indique avoir relu les épreuves d'un livre, succès récent de chez Gallimuch, qui a pour caractéristique d'être le livre le plus riche en fautes d'accord que j'ai jamais lu.
Cf. cette note
Est-ce que je trouve cette référence rédibitoire, au point de ne pas donner suite, ou est-ce que je tente le coup, en comptant sur le fait que les fautes ont peut-être été intégrées après sa relecture.
Est-ce seulement probable ?
Peut-être.
Je m'interroge.
Et je n'en reviens pas de cette coïncidence.
Cf. cette note
Est-ce que je trouve cette référence rédibitoire, au point de ne pas donner suite, ou est-ce que je tente le coup, en comptant sur le fait que les fautes ont peut-être été intégrées après sa relecture.
Est-ce seulement probable ?
Peut-être.
Je m'interroge.
Et je n'en reviens pas de cette coïncidence.
novembre 07, 2006
La multiplication des lapins
Il y a de cela quelque temps,
Je fus accueillie sur la souche d'une trolette,
c'est là
qui parmi mille autres beautés
faisait de ses mains, des origapins
jolis
sur une idée brillante de la non moins accueillante
lilfairy
dont le tuto suit
ici
C'était si beau que mes doigts n'y tenant plus
j'ai fait de même pour ma maison à moi
Et voici ce qu'il arriva
les lapins dans ma maison
sont devenus lumignons !





Merci à La Trolette et à lilfairy de nous permettre de partager toutes ces beautés...
Je suis rose de plaisir !
Je fus accueillie sur la souche d'une trolette,
c'est là
qui parmi mille autres beautés
faisait de ses mains, des origapins
jolis
sur une idée brillante de la non moins accueillante
lilfairy
dont le tuto suit
ici
C'était si beau que mes doigts n'y tenant plus
j'ai fait de même pour ma maison à moi
Et voici ce qu'il arriva
les lapins dans ma maison
sont devenus lumignons !





Merci à La Trolette et à lilfairy de nous permettre de partager toutes ces beautés...
Je suis rose de plaisir !
octobre 30, 2006
À l'ouest d'Eden
Un américain sur deux croit que Dieu a crée l'homme (en la personne d'Adam, puis de Eve (...)).
Il y a 6 OOO ans.
Cette nouvelle théorie, le Créationnisme, divise les politiques, divise les enseignants, divise les peuples.
Née au XIXe siècle, cette théorie fut dans un premier temps une réaction contre le Darwinisme, qui rendait impossible une lecture littérale de la Bible. L'Eglise refuse l'affirmation de la science face aux écrits.
Après Vatican II, l'Église catholique reste discrète sur cette doctrine jusqu'au 23 octobre 1996 où le pape Jean-Paul II reconnaît que les théories de Darwin sont plus qu'une hypothèse.
Aujourd'hui, aux États-Unis, le Créationisme fait rage.
Au Kansas, le Darwinisme (reconnu, et prouvé scientifquement) a été délogé pour laisser place à l'enseignement du créationnisme.
J'ai personnellement toutes les peines du monde à comprendre que 50% de toute une population croit dur comme à fer qu'Adam, Eve, Noé et les autres ont été crées de la main de Dieu.
La lecture littérale de la Bible à notre époque me pose problème en ce qu'elle remet en cause trop de découvertes et d'avancées scientifiques.
Quand on se replace dans la perspective du développement des espèces, ça fait un drôle d'effet.
La naïveté,ou plutôt l'obscurantisme dont font preuve ces personne me fait froid dans le dos.
Soutenus par un chef de l'état, dont on les entend dire qu'il a été placé là "par la main de Dieu".
Ce qui ne fait auncun doute quand on voit les conditions dans lesquelles il fut élu pour son permier mandat...
Dans quel type de monde veulent vivre ces gens ?
Il y a 6 OOO ans.
Cette nouvelle théorie, le Créationnisme, divise les politiques, divise les enseignants, divise les peuples.
Née au XIXe siècle, cette théorie fut dans un premier temps une réaction contre le Darwinisme, qui rendait impossible une lecture littérale de la Bible. L'Eglise refuse l'affirmation de la science face aux écrits.
Après Vatican II, l'Église catholique reste discrète sur cette doctrine jusqu'au 23 octobre 1996 où le pape Jean-Paul II reconnaît que les théories de Darwin sont plus qu'une hypothèse.
Aujourd'hui, aux États-Unis, le Créationisme fait rage.
Au Kansas, le Darwinisme (reconnu, et prouvé scientifquement) a été délogé pour laisser place à l'enseignement du créationnisme.
J'ai personnellement toutes les peines du monde à comprendre que 50% de toute une population croit dur comme à fer qu'Adam, Eve, Noé et les autres ont été crées de la main de Dieu.
La lecture littérale de la Bible à notre époque me pose problème en ce qu'elle remet en cause trop de découvertes et d'avancées scientifiques.
Quand on se replace dans la perspective du développement des espèces, ça fait un drôle d'effet.
La naïveté,ou plutôt l'obscurantisme dont font preuve ces personne me fait froid dans le dos.
Soutenus par un chef de l'état, dont on les entend dire qu'il a été placé là "par la main de Dieu".
Ce qui ne fait auncun doute quand on voit les conditions dans lesquelles il fut élu pour son permier mandat...
Dans quel type de monde veulent vivre ces gens ?
octobre 26, 2006
Ma question existentielle
Je me pose quelquefois des questions existentielles.
Aujourd'hui, ma question existentielle est la suivante :
"Est-il normal qu'un livre de la collection Blanche de l'excellente maison Gallimuch, qui se vend aux alentours de 25 euros, soit truffé de fautes d'orthographes ?"
Spontanément, je dirais que c'est honteux.
Personne n'est à l'abri de la faute, notamment dans un mail ou sur un blog, attention, je ne suis pas en train de condamner les faiseurs de fautes (dont je ne suis pas exclue).
Mais il y a des gens dont c'est le métier, de fabuleux relecteurs-correcteurs, qui ne demandent qu'à corriger des manuscrits de chez Gallimuch.
Alors pourquoi ?
Parce que sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, quand je dis "truffé", je pèse mes mots.
je suis déçue, comme qui dirait.
Aujourd'hui, ma question existentielle est la suivante :
"Est-il normal qu'un livre de la collection Blanche de l'excellente maison Gallimuch, qui se vend aux alentours de 25 euros, soit truffé de fautes d'orthographes ?"
Spontanément, je dirais que c'est honteux.
Personne n'est à l'abri de la faute, notamment dans un mail ou sur un blog, attention, je ne suis pas en train de condamner les faiseurs de fautes (dont je ne suis pas exclue).
Mais il y a des gens dont c'est le métier, de fabuleux relecteurs-correcteurs, qui ne demandent qu'à corriger des manuscrits de chez Gallimuch.
Alors pourquoi ?
Parce que sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, quand je dis "truffé", je pèse mes mots.
je suis déçue, comme qui dirait.
octobre 17, 2006
Pompon, la lisse attitude
Monsieur François Pompon (1855-1933) est connu pour son ours, qui le révéla au public au Salon d'automne, en 1922. Il avait 67 ans. Un ours à la silhouette sobre, au pas nonchalant, à la silhouette d'une modernité échevelée pour l'époque, dont la robe lisse donne imméditament envie de toucher, de caresser.
Cet ours :

Ours blanc, profil droit de François Pompon
1928-1929, pierre de Lens
© ADAGP
© RMN / S. Boegly


(© Alain Millot)
Excellent technicien, Pompon fut chef d'atelier de Rodin.
Il créa avec Camille Claudel, cette sculpture, "La Vague", qui est visible au Musée Rodin :


Date : entre 1987 et 1902
Outre la pureté des courbes de ses statues, Pompon sculptait le mouvement :
"C'est le mouvement qui détermine la forme, ce que j'ai essayé de rendre,
c'est le sens du mouvement.
Au Jardin des Plantes, je suis les animaux quand ils marchent...
Ce qui est intéressant, c'est l'animal qui se déplace."
Tel ce sanglier, attrapé en pleine course :

(bronze de 1925)
ou encore cette panthère à l'affût (1926)
"Je fais l'animal avec presque tous les falbalas, et puis, petit à petit, j'élimine de façon à ne plus conserver que ce qui est indispensable".
Et c'est certainement cette pureté , cet équilibre installé dans l'absence de détail qui redonne à l'attitude toute son importance (regardez l'inclination de la tête de cette chouette. Elle nous interroge du regard, non ?).
Ce tout de simplicité qui contraste tellement avec la scultpure chargée du XIXe fit sa renommée, puisque pompon connut,
suite à l'avènement de son ours, un succès de dix années.
Il s'exporta au Japon, au Brésil et aux États-Unis, par exemple.
Petite chouette (1918)
Fort de son expérience, l'humble Pompon prodiguait le conseil suivant :
"Quand vous avez un succès, enfermez-vous dans votre atelier et travaillez".
Petit ours brun, 1918 (Musée d'Orsay)
J'aime Pompon depuis toujours parce que ses oeuvres sont rondes, lisses, simples, épurées, et que ça me parle. De même que Constantin Brancusi, dont je pense que je parlerai un jour prochain. Pour moi la sculpture doit nourrir l'oeil et donner envie de toucher, de palper, de caresser. Alors c'est réussi
Cet ours :

Ours blanc, profil droit de François Pompon
1928-1929, pierre de Lens
© ADAGP
© RMN / S. Boegly


(© Alain Millot)
Excellent technicien, Pompon fut chef d'atelier de Rodin.
Il créa avec Camille Claudel, cette sculpture, "La Vague", qui est visible au Musée Rodin :


Date : entre 1987 et 1902
Artistes : François Pompon, Camille Claude
© ADAGPOutre la pureté des courbes de ses statues, Pompon sculptait le mouvement :
"C'est le mouvement qui détermine la forme, ce que j'ai essayé de rendre,
c'est le sens du mouvement.
Au Jardin des Plantes, je suis les animaux quand ils marchent...
Ce qui est intéressant, c'est l'animal qui se déplace."
Tel ce sanglier, attrapé en pleine course :

(bronze de 1925)
ou encore cette panthère à l'affût (1926)"Je fais l'animal avec presque tous les falbalas, et puis, petit à petit, j'élimine de façon à ne plus conserver que ce qui est indispensable".
Et c'est certainement cette pureté , cet équilibre installé dans l'absence de détail qui redonne à l'attitude toute son importance (regardez l'inclination de la tête de cette chouette. Elle nous interroge du regard, non ?).Ce tout de simplicité qui contraste tellement avec la scultpure chargée du XIXe fit sa renommée, puisque pompon connut,
suite à l'avènement de son ours, un succès de dix années.
Il s'exporta au Japon, au Brésil et aux États-Unis, par exemple.
Petite chouette (1918)
Fort de son expérience, l'humble Pompon prodiguait le conseil suivant :
"Quand vous avez un succès, enfermez-vous dans votre atelier et travaillez".
Petit ours brun, 1918 (Musée d'Orsay)
J'aime Pompon depuis toujours parce que ses oeuvres sont rondes, lisses, simples, épurées, et que ça me parle. De même que Constantin Brancusi, dont je pense que je parlerai un jour prochain. Pour moi la sculpture doit nourrir l'oeil et donner envie de toucher, de palper, de caresser. Alors c'est réussi
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