mai 23, 2011

Everybody has a DJ


"C'est quoi ton dream job ?" m'a-t-on demandé récemment et sérieusement.

(Sauf que moi j'ai pouffé, j'ai cru que c'était une joke, le coup du dream job, parce que bon, ça fait quelque jours que je sais qu'il y a un homme dans Casimir (sauf que peut-être, c'est une femme), donc moi quand on me demande "C'est quoi ton dream job ?", c'est un peu comme si on me demandait ce que je voudrai faire quand je serai grande. Dans trois ans. Deux ans et demi et un mois et dix jours, pour être exacte.)

Comme je ne peux pas souffler bruyamment pour signifier au drôle que sa question me désempare, je souris et je répète d'un air profond "mon dream job..." en levant les yeux au ciel et en plissant les paupières, pour voir si le plafond m'offrirait une révélation - on ne se tourne jamais assez vers les plafonds -, en espérant que ça me donne l'air rêveur de la fille qui a tellement de dream job qu'elle ne sait plus lequel choisir tant elle déborde d'envies et d'imagination.

C'est embarrassant ce genre de question. ça m'a rappelé ce dîner où l'ami de mon mari m'a demandé "Et alors ? Tu es heureuse dans la vie ?".
Je lui demande, moi, s'il a trouvé le sens de la sienne ? Peut-on se contenter de parler du contenu de nos assiettes, comme tout bon français à table, plutôt que d'aborder les questions existentielles dès l'apéro (qui, soit dit en passant, devait plutôt lui tenir lieu de digeo).

En plus, c'est pas comme si je venais demander du boulot, hein, le gars me demande cash "C'est quoi ton dream job ," un peu comme si son job à lui, dans la vie, c'était père Noël (alors que bon, si ça se trouve, c'est une femme, lui aussi) (le père Noël, je veux dire).



Vous me voyez expliquer à cet homme, employeur potentiel, que le job de mes rêves c'est de rêver et de raconter des histoires ?!
Que là je suis tellement fatiguée, que le job de mes rêves, c'est gardien de phare ?!
Que dans la vraie vie, moi, je suis une sirène ?!
(On a le droit de rêver ou pas alors ? Non, faudrait se décider, à un moment, quand même).

J'aurais dû lui répondre. J'aurais pu lui dire la presque vérité, un dream job que j'ai presque envie de faire, comme os à ronger, quoi.
Dessinateur judiciaire. Croquer les personnes en salle d'audience, en deux coups de crayon, en trois coups de pinceaux. En plus je suis certaine que ça pourrait m'être utile pour mon dream job.

Parce que oui, j'en ai un, de dream job, mais comme son nom l'indique, c'est un dream.
C'est aussi un job. Mais c'est plus un dream pour le commun des mortels et un job pour quelques élus. Et personne ne peut me l'offrir comme ça sur un plateau. Et je n'ai aucune envie de passer pour la fille qui rêve puisque, comme je disais donc, je suis redescendue du village dans les nuages il y a quelques mois, je suis donc parfaitement consciente du fait que ça n'arrivera pas. Même pas sur un malentendu.
Et non, mon dream job n'est pas d'habiter dans Casimir pour passer mes journées à bâfrer et à pioncer. Quoique.
Non, définitivement, moi, mon dream job, c'est sirène.


mai 10, 2011

Daphnis é Chloé par Gallotta


La semaine dernière (ou elle d'avant peut-être), je suis allée voir Gallotta et son Daphnis é Chloé, reprise d'un de ses spectacles dans lequel il dansait il y a quelques années (dans le rôle de Pan, pas dans celui de Daphnis, ndlr).

Il faut voir l'énergie de la danseuse, le charme et l'intimité de ces trois danseurs, c'était un bonheur, la musique non moins plaisante. Voilà un spectacle qui clôture en beauté mon abonnement au Théâtre de la Ville.

En revanche je suis moins fan de l'intro "Faut qu'je danse" par le sieur Gallotta lui-même. Quelques souvenirs, un récit, au sujet de cette pièce Daphnis é Chloé, le tout qui fleure bon la nostalgie, mais était un peu trop éthéré à mon goût.

C'était sublime, envoûtant, plaisant, et de savoir que Lionel Jospin était dans la salle et regardait le même spectacle que moi, ben ça m'a fait un petit quelque chose.

D'ailleurs, en entrant, j'ai fait semblant de ne pas le voir. Lui avait le regard scotché sur le pantalon improbable de ma copine (motif chinois version futal, un improbable grande classe que je lui aurais déjà piqué si elle ne faisait pas un mètre de plus que moi).

Pour en revenir à Gallotta et à Daphnis é Chloé, mention spécial à une chorégraphie moderne qui se tient, à une musique composée au piano à mesure que Gallotta élaborait la chorégraphie, à la danseuse qui cassait tout tellement elle avait la pêche (même si certaines la trouvaient bof à cause de sa jupe moche : à quoi tient l'art ?), à une histoire qui nous a laissés divisés à la sortie "Mais quoi, j'ai pas bien compris ce qu'ils faisaient les garçons à un moment" "Ben... ils flirtaient" "ah ben j'ai pas du tout aimé ! Je ne suis pas très bi, il faut dire."

Vous l'aurez compris, nous avons vécu là un moment tout en sensualité et en charme. Dommage cependant, c'était la dernière.

Ici une présentation du spectacle, des extraits :

Le retour de

Découvrez Le retour de "Daphnis é Chloé" de Jean-Claude Gallotta à Grenoble sur Culturebox !


Et sinon, le retour du soleil et des brunchs, j'avoue, est parfaitement résumé en version parisienne par l'amie Violette, vous ne trouvez pas ?

mai 05, 2011

Maison-Blanche et mal du travail

Aujourd'hui je suis fière de Barack, qui a décidé de ne pas publier les photos d'Oussama. Moi qui pensais qu'elles sortiraient parce que des saletés, on en voit tous les jours, eh bien je suis ravie d'être détrompée. Elles ne sortiront donc pas, pour ne pas inciter à la violence et éviter qu'elles deviennent outils de propagande. La Maison-Blanche a d'autres preuves, je m'en félicite.

Mais aujourd'hui, je me demande vraiment quand est-ce que le délire du monde du travail va prendre fin. Encore un suicide sur lieu de travail annoncé, et une préoccupation grandissante : le travail ne devrait pas tuer. Au XIXe on se tuait à la tâche, on mourrait dans les mines, au XXIe on se tue à la tâche mais l'épuisement est moral, plus physique. Et il est évitable. Il
est surtout le symptôme d'une société qui va mal, d'un monde qui court trop vite pour l'homme, qui refuse de l'admettre. Comment fait-on pour ralentir le monde ?

Je milite pour le slow life, tout en ne parvenant pas moi-même à l'appliquer. Je sens une paire de bras me pousser dans le dos (ça pique), et dans ma tête, je rêve de ça :




Hé oui, sorry, le fantasme du hamac is back ! AHAHAHAHAH !!!!!!!!!

(Oui, c'est le grand écart, dans ce billet, mais la vie, c'est ça aussi.)

mai 04, 2011

Geronimo ?


Aujourd'hui, je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à avoir franchement tiqué sur le nom de code donné à Ben Laden pour l'opé commando.

"Géronimo"

Géronimo, l'apache qui a combattu les américains qui voulaient lui prendre ses terres. Celui qui a vu ses deux familles assassinées par les Mexicains. Géronimo, quoi.
Alors certes, ils ont lancé des milliers d'hommes à ses trousses avant d'obtenir sa réddition, en cela il est comparable à Ben Laden. Pour le reste, je suis sceptique.

C'est bizarre comme parfois je me sens loin des américains.
Lorsque j'ai entendu lundi matin que Time Square était envahi par la liesse, j'ai immédiatement pensé que j'aurais détesté être là-bas à ce moment-là. Je n'arrive pas à comprendre que l'on puisse se réjouir de la mort d'un homme.
Si je comprends, le soulagement, le besoin de revanche me dépasse.


mai 03, 2011

Du rêve

Dites donc, on aurait dit que j'étais tombée dans un trou ces derniers jours, et qu'en fait, chez moi, c'est presque comme s'il faisait nuit tellement j'ai l'impression de ne pas mettre le nez dehors.

Impression, impression, pas seulement, la vérité c'est que je vis les affres des produits d'édition dans leur dernière ligne droite, celle dont il semble qu'on a beau courir, on n'atteindra jamais la petite lumière au bout du tunnel.

Bon, voilà, je suis crevée, je n'aurai pas de vacances avant juin, ça me fait suer mais c'est comme ça. (Vous avez vu comme je prends sur moi ?) Parlons plutôt que ce que j'ai fait ces derniers temps de mes loisirs, car il m'en reste, la vie n'est donc pas totalement unfair (ceci est un clin d'œil pour H.).



L'expo "Odilon Redon, prince du rêve", au Grand Palais.

Odilon et moi, c'est une histoire d'amour sans nuages depuis que je l'ai découvert sur les couvertures des bouquins de Huysmans, Lautréamont et Bauchau à la fac (un de ces trois auteurs n'était pas au programme, je vous laisse deviner, too bad). Évidemment, Odilon n'est pas si connu, et c'est là une bien grande perte, mais si j'en juge par la couverture médiatique de l'expo, ce tort devrait être rapidement réparé.

L'expo au grand Palais est une bénédiction, qui tombe, c'est amusant, l'année de nos dix ans de mariage, alors même que nous avions choisi un mélange de ses toiles pour notre faire-part. La vie fait de ces clins d'œil... Et hop, transition (subtile) sur la première des trois périodes de l'artiste, précurseur des surréaliste, ses litho et fusains peuplés de créatures fantastiques, d'yeux ballons et d'araignées souriantes.

Une première période marquée par l'enfance solitaire du peintre, qui fut malade et isolé et en conçut un imaginaire tout personnel. (A se demander si enfermer ses enfants dans le placard sous l'évier ne serait pas plus profitable à leur sens artistique que de les laisser mariner devant la télé, j'y réfléchis et je vous dit).
Ce ne sont pas là les œuvres les plus faciles d'accès d'Odilon Redon, j'en conviens, mais dites-vous bien que l'araignée qui sourit, vue en vrai, est sympath
ique.




L'oeil-ballon, 1878.




L'araignée qui sourit
(1881).



Autre période, par laquelle arriva le succès, les bouquets. Je vous laisse imaginer les couleurs, les tableaux en vrai dépassent largement ces repro, ce ne sont que couleurs éclatantes et finesse du traits. Les coquelicots sont si troublants que la nature ne s'en est pas encore remise.



Coquelicots et marguerites dans un vase bleu - Pastel sur papier


Et voilà, vous voyez les couleurs ? Les pastels. L'huile.
Odilon Redon est méconnu parce qu'il refusa, à maintes occasions, de voir ses toiles accrochées. Voilà, il l'a bien cherché. Mais malgré cela, je vous signale qu'il a tout de même rencontré un certain succès, au point de réaliser le décore de la bibliothèque de l'abbaye de Fontfroide (abbaye qui sera ouverte exceptionnellement pour la durée de l'expo dans la région). Et de réaliser des motifs floraux pour des fauteuils et tapis. Quand même. La mise en scène de l'exposition est magnifique, les marie-Louise récupérées de l'expo Monet mettent particulièrement bien en valeur les albums de Redon, et les toiles aux profils colorés et, de façon assez surprenante, souvent au second plan, sont fascinantes. Tout simplement.
Je cite Tolstoï, parce qu'il donne une idée parlante de l'incompréhension de ses contemporains "L'un d'eux, qui avait un nom dans le genre de Redon, avait peint, de profil, un visage tout bleu." On a envie de lui dire "Et alors ? Laisse-toi porter, Léon", mais il faut croire qu'à l'époque, ça ne marchait pas comme ça.




Odilon Redon, La Cellule d’Or, 1892 ou 1893
© The British Museum, Londres, Dist Rmn

Je me demande si, en tant que contemporaine, j'aurais autant aimé ?
Les couleurs sont tellement profondes, mêlant or et bleu, rouge vif, les traits des personnes représentées m'émeuvent.



Femme voilée -vers 1896-1900) - pastels et craie sur papier bleu.

Une de mes toiles préférées, mais qui ne figure pas dans la rétrospective.




Sita (1893)
- pastels sur fusain.



Bref, je vais vous dire, après 1h30 de voyage à travers son œuvre, je suis arrivée le cœur battant devant la dernière toile, inachevée, que son fils trouva en rentrant de permission en 1916, deux jours après la mort de son père, âgé de 70 ans, j'étais émue comme tout.




Vierge (1916)
- Huile sur toile.

L'expo est visible jusqu'au 20 juin. Courrez-y vite.

avril 20, 2011

Si l'on m'avait dit que les phoques m'achèveraient

Le prochain qui cause vacances, je l'éclate.

C'est ce que je songe en mon fort intérieur à chaque fois que je vois les photos de ski de l'une sur facebook (je n'y vais plus, c'est fait) ou quand l'autre me parle maillot de bains, 27 degrés et sable chaud.

Bien entendu, la bonne éducation qui est la mienne m'interdit de me plaindre, et encore plus de montrer l'ombre d'un reproche, mais je n'en pense pas moins, vous commencez à me connaître.

Alors quand mon cher petit mari m'a appelée d'Irlande lundi soir en me disant qu'ils étaient allés se promener sur cette petite île, et qu'après avoir pris le ferry, ils sont arrivés sur un plage où séjournait un ban de 50 phoques, je me suis réjouie pour eux, sincèrement.
Et lorsqu'il m'a ditqu'il faisait un temps inoui pour l'Irlande à cette époque de l'année, j'étais vraiment heureuse pour eux.
Lorsqu'il m'a avoué qu'ils ne se baignaient tout de même pas, l'eau devant être à 10 degré, j'ai soufflé, soulagée, songeant qu'il y a quand même une justice sur cette pauvre terre.

Si je trouve que voir un ban de phoques est nettement plus sympathique, comme activité du lundi, que de relire le rapport annuel d'un gros groupe pétrolier ?

Même si je ne nourris pas une passion folle pour les phoques, oui, il me semble, hein.

(En plus, à la vitesse à laquelle vont les choses, le pétrole va finir par tous les tuer, ces pauvres phoques. Entre autres choses.)

Mais tête haute et cœur down, j'ai tiré ma journée, en femme forte du XXIe siècle que je suis.

Hé oui, parce que, figurez-vous que, une fois passé le we en célibataire parisienne composé de brunch, de glande et de soleil, il a fallu y retourner, lundi, au turbin.

Mais ça, c'est une autre histoire.






En plus, convenez-en avec moi, c'est moche, là où il sont, non ?

avril 18, 2011

Etre ou ne pas être seule

Bon, je vais vous la faire courte : en ce moment, je suis seule avec moi-même.

Au début, c'est inconfortable.
La solitude résonne beaucoup trop profond en moi, et je ne vous parle pas de la frustration de ne pas partager ces congés, ce voyage, cette semaine avec mon mari, mes enfants et les copains.
Rapidement, je me retrouve dans mon canapé, à écouter le silence résonner, à penser "Alors ce sera ça, la retraite ?"
Oui, je sais, je pense trop.


En fait, quand ils sont montés dans l'avion..
J'ai bien eu quelques heures de flottement, oui.
Mais je suis allée nager, et là, paie ta fierté, comme diraient les blogueuses en vue, j'ai nagé 1 kilomètre 250 (et tous mes muscles s'en souviennent deux jours plus tard encore).
J'ai hurlé de plaisir en entendant les enfants des autres crier, hurler, parler mal à leurs parents. Ces gosses se prennent pour qui ?
Au bout de douze heures, je me sens aussi libre que Georges Clooney (vous saviez que son instinct paternel est comblé par ses chiens ?).

J'ai dormi onze heures, j'ai bouquiné dans mon pieu au réveil, j'ai passé des heures en terrasse à rire à gorge déployée avec Scarlett et Miss L, puis j'ai refait le monde avec ma Soph et une bouteille de rouge.

Alors ce sera ça, la retraite ?


Vous connaissez Mamika ? Cette grand-mère dépressive de 90 ans a retrouvé goût à la vie après que son petit-fils a décidé de la prendre en photo dans des situations drôlatiques ?
Encore une bonne raison de faire des gosses ! Finir à 90 ans en mannequin et se marrer, c'est bon, non?




avril 12, 2011

ça m'échappe


Avec 1.385.000 exemplaires en 2009, Guillaume Musso est aujourd’hui le deuxième romancier français le plus vendeur. Ses livres sont traduits dans 34 langues et les ventes totales de ses romans dépassent les 10 millions d’exemplaires.


Good for him.

Il est en tête des ventes avec le dernier.
Je ne comprends toujours pas comment.
Ah si, De Gaulle, "Les Français sont des veaux", tout ça. Mais quand même. C'est de la junk littérature.

(Et non, je ne suis pas tolérante au point de dire que tout le monde a sa place, il y a ici une énigme pour moi.)

avril 07, 2011

S'habiller ou pas

(Ce billet est dédicacé à Lady Godiva, qui avait tout compris à la complexité de s'habiller quand on est une femme de son siècle).

Ce matin, mon petit mari* me dit, au sujet de ma tenue vestimentaire : "Tu es habillée comme ils disent, là, dans ELLE."

Ce qui me conduit à une réflexion intense depuis qu'il a fait cette presque anodine déclaration.

Comment dois-je le comprendre ?

Je fais tout bien comme dit mon magazine féminin : c'est positif ou pas ?
Rapport au fait que moi je n'aime pas trop l'idée de suivre des prescripteur de mode sur papier glacé.
Rapport au fait que des fois, je trouve que la mode c'est du grand n'importe quoi. Et que si j'aime ma tenue du jour, je dois reconnaître que le blouson en cuir vert à clous, la grande étole, les chaussures gris argent et les lunettes rouge, faut y aller. (Même si ma grande étole est rouge, argent et vert et que l'ensemble constitue à mes yeux une belle harmonie).

Rapport au fait que je ne sais pas bien comment mon petit mari comprend les prescriptions de mode des journalistes de ELLE.
ça tombe bien, j'ai plus le temps de toucher à rien.
En plus, il fait beau.

Partant du principe qu'au bureau, de toutes façons, tu prends des réflexions même quand tu mets une marinière à la con que ma grand-mère portait la même.
"Han, t'es supporter de l'équipe de France !"
"Han, t'as jamais vu une marinière, grand con, et en plus t'es le deuxième à me la faire dans la demi-heure" ("Lutin de pordel de verde, ça y est, ils m'ont mise de mauvais poil, ah les thons !")

Demain, je viens à poil, on verra s'ils ont des trucs plus originaux à dire.
(Mais je ne suis pas sûre que le jeu en vaille la chandelle, ils manquent vraiment d'originalité et je ne suis pas Lady Godiva dans l'âme (en plus, j'ai les cheveux courts)).

Je parle beaucoup de poils dans ce billet, vous croyez que c'est rapport au printemps ?

*Celui-là même qui conspue mon magazine féminin, et dont je découvre, au travers de cette déclaration, qu'il le lit. Donc.



avril 05, 2011

Un livre par semaine

A l'époque des bonnes résolutions, j'avais donc dit que je lirais un livre par semaine cette année.

Si je compte les BD, qui sont des livres, parfaitement, puisque ce ne sont pas des tranches de veau (et allez dire à un auteur de BD qu'il n'a pas crée un livre, pour voir...), et compte-tenu du fait que je suis en train de me faire un Irving qui compte environ 851 pages, le compte est bon, les amis !

Comme je ne vais pas pouvoir lire un livre par semaine et faire une critique fournie pour chacun d'entre eux, voici un titre, un court résumé, et mon avis, what else...


Moi Matthew, flibustier des Caraïbes, Isabelle Le Charpentier- L'Harmattan 2010
Un jeune soldat découvre la flibuste et les mœurs de caribéens.
Mon amie Isabelle signe là un très beau récit, réaliste à souhait et plein de souffle, ce qui fait beaucoup pour une première publication !
Mon premier livre de pirates, l'émotion m'étreint.


L'étoffe de l'univers, Andrée Chedid - Flammarion 2010
Courte autobiographie de l'auteure illustrée de poèmes parfois simples, toujours touchants.
Voilà une femme généreuse et simple, comme je les aime.


La parenthèse, Elodie Durand - Delcourt 2010
Atteinte d'une maladie qui affecte entre autres sa mémoire, l'illustratrice raconte cette période de sa vie au moyen de dessins très suggestifs, dont certains saisissants réalisés alors qu'elle était malade et presque incapable d'exprimer ce qu'elle ressentait autrement que par le dessin. Un sujet grave traité avec recul. Très touchant.



La théorie de la contorsion
, Margaux Motin - Marabout 2010
Reprise des illustrations du blog de l'illustratrice au langage fleuri.
Très souvent drôle, poignant parfois.


La fin des temps, Haruki Murakami - Seuil 2009
Deux personnages, l'un crypte des données en déconnectant les deux hémisphères de son cerveau, l'autre débarque dans une ville hyper normée à l'entrée de laquelle il doit renoncer à son ombre, et par là, à son cœur. Une progression parallèle et étonnante, une écriture souple et limpide. Mon premier Murakami, mais pas le dernier, loin de là !


King kong théorie, Virginie Despentes - Le livre de poche 2007
Un essai sur les femmes, le viol, leur rapport aux hommes, à leur corps et à la prostitution.
Très documenté, saisissant.


La carte et le territoire
, Michel Houellebecq - Flammarion 2010
Un peintre rencontre le succès et Houellebecq lui-même en capturant le réel et les cartes Michelin avec son appareil photo.
Mon premier livre d'un auteur confirmé (sic). Un style clair, des personnages réalistes, mais sans grande épaisseur, une vision lucide de notre époque. Loin de cet auteur que j'imaginais plus sulfureux. Dans ses autres titres, peut-être.


J'ai 15 ans et je l'ai jamais fait, Maud Lethielleux - Thierry Magnier 2010
Deux ado, un garçon et une fille, tournent autour de leurs premières fois : première scène pour l'un, premier amour pour l'une, le tout forme un joli ballet illuminé d'images douces et donne une vision intéressante des hésitations et des élans de l'adolescence.
Un roman d'ados qui vaut le coup, dont je me demande si son titre ne le dessert pas en même temps qu'il intrigue, je n'ai pas encore tranché la question. En tous cas, l'auteure a écrit d'autres titres qui me font de l'œil depuis un moment, donc j'y reviendrai.


Cannibale, Didier Daeninckx - Poche 2000
Exposition coloniale de Paris, 1931, des canaques sont importés de Nouvelle-Calédonie pour être "exposés", mais suite à l'empoisonnement des crocodiles, ils sont échangés à un cirque allemand... Le Paris des années 30 tout juste esquissé et une mentalité française qui en dit long sur l'obscurantisme de l'époque.


Un jeune garçon enquête sur la mort du chien de sa voisine sans imaginer jusqu'où le conduiront ses interrogations. Un personnage très attachant, une écriture touchante, j'ai beaucoup aimé.



Les bonnes intentions, Agnès Desarthe - Seuil 2001
Un sujet quotidien (la copropriété), une écriture poétique et imaginative pour décrire les travers humains, du plus inoffensif au plus abject. J'adore décidément Desarthe.


Portraits d'après nature, Jane Smiley - Rivages 1995
Un recueil de deux longues nouvelles dont je n'ai lu que la première "Un amour ordinaire", qui m'a beaucoup touchée, sur laquelle je n'ai pas eu envie d'enchaîner la suivante, pour tout vous dire. Le récit de cette femme au retour d'un de ses fils d'Inde, et à l'occasion de ces retrouvailles, l'histoire familiale remise en perspective.
Je renoue avec Jane Smiley, un auteur dont j'avais déjà adoré L'exploitation et Un appartement à New-York.


L'homme qui voulait être heureux, Laurent Gounel - Pocket 2010
L'homme en question est à Bali et va voir un vieux sage qui partage avec lui une conception du bonheur fondée plutôt sur la définition du bonheur recherché que sur les résultats.
Sans plus.


Quant au bouquin en cours, Je te retrouverai, d'Irving, c'est un pur régal que je dévore en sachant qu'une fois le pavé avalé, j'en réclamerai encore...



avril 01, 2011

Do you know la semaine 13 ?

La semaine 13... je l'ai rencontrée en 2005.
A l'époque je travaillais dans une agence où mars était un pic d'activité.
Je n'ai pas compris tout de suite que j'étais débordée.
Sauf la semaine 13, où là...

La semaine 13 en quelques mots :

C'est la semaine où le grand astronome de l'univers appuie sur le bouton "Apesanteur : ON", pour se marrer à vous regarder vous démener quand votre univers a basculé cul par-dessus tête.
C'est la semaine où vous ne savez plus quel jour vous êtes. Et ça, c'est tous les jours.
C'est la semaine où vous pensez une millaine de fois par jour, au moins, que vous avez atteint vos limites.
C'est la semaine où vous n'envisagez l'avenir qu'à travers une liste d'étapes toutes plus éprouvantes les unes que les autres (non, vous ne faites pas vraiment preuve d'optimiste, en semaine 13).
C'est la semaine, c'est la semaine où... qu'est-ce que vous vouliez dire, déjà ?
C'est la semaine où vous dites "Ah, mais c'est toi qui dors dans la tasse de Denis !"
C'est la semaine où au milieu, vous faites la plus grosse insomnie de ces dix dernières années.
C'est la semaine où vous annulez tous les projets des semaines à venir, parce que vous n'êtes plus étanche.
C'est la semaine où la moindre incartade a le parfum des plus grands moments de liberté (Hier, quand je suis allée poster une lettre au milieu de la journée)
C'est la semaine où vous ne savez plus bien quelle heure, quel mois, quel saison : tout change en quelques jours : heure d'été + plus mois d 'avril + printemps : comment voulez-vous vous y retrouver ?!

Depuis 2005, je le constate tous les ans : la semaine 13 est la pire de l'année.

Ce billet est dédicacé à mon amie qui connaît la semaine 13 comme son ombre, et court toutes les heures qu'elle compte pour échapper à ses roues chaque année...
Je t'embrasse, ma Scarlett.

mars 31, 2011

Faut-il chercher à faire entendre raison aux cons ?

Dites donc, qu'est-ce que les cons sont en forme en ce moment, c'est impressionnant.
Ces derniers jours, les exemples se sont bousculés au portillon, de sorte que j'en viens à redouter une prolifération massive due à je ne sais quelle montée récente températures, FN, radioactivité, pollens...
Et face à eux, quelle attitude adopter ?
Enfin, c'est une question rhétorique, dans la plupart des cas qui suivent, je ne suis pas concernée directement, mais l'envie de répondre me chatouille parfois.
Dans ces cas-là je grattouille plutôt deux fois qu'une, partant de ce principe : "Ai-je vraiment besoin d'avoir le dernier mot face à un con ?" Généralement, la réponse s'impose, c'est Non.

Cette semaine, mes voisins qui se tirent dessus à grands coups de mails insultants et rejouent Les rivaux de Painfull Gulch (vous me la copierez celle-là) : je suis effarée de les voir s'éreinter en mettant en copies tous les autres, alors qu'ils habitent sur le même pallier (évidemment, on en prend au passage, ça s'appelle les dégâts collatéraux, mais loin de moi l'idée de me sentir atteinte, faut pas pousser).
Ambiance "C'est lui qui a commencé, j'aime pas les cons !"
Vraiment, les gars ?!


Les hurlements dans le bureau entre collègues, dont émerge un superbe "Je ne te demande pas de penser !" suivi d'un "De toutes façons, vous me faites chier, là, les intellos à tout compliquer !!"


Les ronflements d'un groupe de gros frustes au milieu du concert hier soir alors que la chanteuse entonne une balade, nombreuses dans son répertoire.
Quoi les gars, vous ne le saviez pas en venant ?
Bref, ceux-là, on leur a quand même dit à la sortie que ça ne se faisait pas, de pourrir le spectacle à tout le monde.
A quoi nous nous sommes entendu répondre "Sacralise pas tout, mec, on est pas dans une église."
Et voilà.
La preuve par l'exemple.

Il faudrait pouvoir ne pas parler aux cons. Oui mais voilà, ils sont nombreux, et leurs ressources sont infinies (oui, je sais, ça fait peur, but let's face it !).

Plusieurs stratégies se présentent à nous :
1/ les ignorer : demande de prendre plus ou moins sur soi, selon le degré d'implication que l'on veut mettre dans la conversation (trèèès important, j'y reviendrai).

2/ leur répondre pour faire avancer le débat : demande d'avoir de la ressource, ça peut vous mener loin. Ressources pédagogiques et ressources de patience.

3/ se mettre à leur niveau : ça demande parfois pas mal d'imagination, mais ça peut être divertissant. Attention toutefois, la frontière est ténue entre divertissant et avilissant.

Et puis évidement, si ne pas répondre aux cons est un bon moyen d'avoir la paix, certaines situations ne peuvent tolérer le silence. La tolérance demande de faire des efforts, défendre ses convictions aussi.

En ce moment, je suis plutôt dans le 1/ mon implication est proche de zéro (je n'ai plus la ressource et je n'ai pas le temps. J'apprécie), les cons ne passent pas par moi.
Pourvu que ça dure.


mars 29, 2011

Charrette ou charrette pas ?

Comme à chaque fois que je suis débordée par le boulot, je me mets en veille de questionnement, et comme d'habitude, je constate que ça ne fait pas de mal de faire une pause sur les tenants et aboutissants existentiels.

Et puis autant le prendre comme ça, puisque de toutes façons, le boulot cogne à la porte, les clients n'attendent manifestement que moi, l'heure n'est pas à "qui suis-je, où vais-je".

La masse de boulot actuelle est énorme, et je remarque que dans ces cas-là, j'ai toujours l'impression que le plus dur est devant moi.
Et là, pour le moment, je n'arrive pas à me projeter sur une fin de charrette. Proche, j'entends.
C'est étonnant, d'autant plus que je sais que dans quelques mois, nous nous regarderons tous en chiens de faïence, en attendant de connaître le sort qui nous sera réservé.

En même temps, je ne peux pas m'empêcher d'attendre qu'il se passe quelque chose. J'ai tellement de mal à prendre une vraie décision, dont je sais qu'elle serait certainement un peu trop radicale... J'ai envie de que ça bouge, mais j'ai la trouille, du coup, j'attends un peu de voir ce qui va se passer. Et plus je vieillis, plus je réagis comme ça. Est-ce que ça va basculer dans un autre sens ? Est-ce qu'un jour j'arriverai à prendre les décisions radicales qui me permetteraient de bouger et de prendre de vrais risques ?

A côté de cela, j'essaie de m'accrocher côté écriture, mais comment porter un livre en plus du reste ? Je pense que mes efforts sont dérisoires, mais je sais que je ne peux pas m'arrêter. J'ai besoin d'avoir ce ressort en moi, cette échappée belle. Tout bonnement et simplement.

J'avais participé à un appel à auteurs sur une histoire pour enfants.
Je n'ai pas eu de réponse, je pense que c'est cuit.
Dommage, j'aurais vraiment été la plus heureuse des femmes de voir cette histoire, à laquelle j'étais tellement attachée, prendre vie sur des illustrations et partir aux quatre vents rejoindre les enfants dans leurs lits.

J'aimerais dire que je vais quand même la proposer à d'autres, que je vais me débrouiller pour la faire vivre ailleurs, mais... là tout de suite, je sais que je n'en ai pas le courage.

On verra demain.

mars 21, 2011

Mes collègues et moi

Quand je caresse de l'idée le projet de devenir free lance, je m'interroge souvent sur la solitude que j'éprouverais seule chez moi, à concurrence égale avec la tranquillité, évidemment.
Les dernières semaines sont tellement riches en missions de toutes sortes (je suis donc débordée), nécessité faisant loi, je prenais sur moi et je gérais les accès de stress des uns et des autres.
A savoir qu'en open space, quand quatre personnes sur cinq sont au téléphone en même temps, si vous avez le malheur d'être la cinquième, vous prenez vos pages et allez relire ailleurs.
Oui, cinq personnes, c'est un petit open space, plus open que space, en fait, nous sommes les uns sur les autres. Et forcément, des fois, ça swingue...


Ma collègue androïde (qui a finalement fini sa pomme après l'avoir laissée pourir trois jours durant sur son bureau, par provoc, je pense, après que je lui ai dit ce que j'en pense), pète les plombs plus vite que son ombre.
Il suffit qu'un planning lui résiste, ou qu'elle ne comprenne pas l'arborescence d'un doc, pour qu'elle soit en larmes, ne réponde pas ou nous hurle dessus quand on lui propose de l'aide, et prenne finalement ses clics et ses clacs sans dire au revoir un vendredi soir.
La même qui vous dira qu'elle vous connaît mieux que vous même (what else, elle a fait une analyse) et qui, quand vous lui donnez un conseil, vous répond "oui maman !"
Bon, je ne suis pas susceptible, mais si je l'étais, ça aurait vite fait de m'agacer.


Ma collègue intérimaire, elle, voulait que nous soyons amies au bout de deux jours. Pourquoi pas. Mais comme je suis un peu sauvage ("désagréable", ndlr.), l'affaire n'est pas pliée de sitôt.
Au bout de trois semaines, je me félicite de n'avoir pas encouragé ses velléités, jugez plutôt : elle explose de rire plus fort que de raison, dès que je fais l'ombre d'une blague, et quand quelqu'un viens me faire des remarques sur mon travail, se lève dans la foulée pour venir me défendre et me donner des arguments pour moucher ces gens qui osent discuter avec moi de la qualité des docs que nous réalisons.
Pire, elle me dit, "Oh May, tu as un tempérament de feu ("un sale caractère", ndlr), tu devrais être orientale !"
Ma collègue amie me dit "A ta place, je flipperais, as-tu vu JF partagerait appartement ?..."



Ma collègue martyre, elle, appelle à 19h et, d'une voix mourante, me demande si je veux qu'elle relise mon doc ce soir. La vision fugace, mais très précise, d'elle le lendemain matin, l'air épuisé, confessant dans un souffle et dans tous les couloirs qu'elle a relu le rapport machin jusqu'à tard me décide, c'est non. Je ne lui fournirai pas les clous pour la croix.



Mon collègue optimistissime refuse de reconnaître les dysfonctionnements de la boîte. Il fait la bise à la boss, il connaît ses circonstances atténuantes (il ne peut pas se permettre de dauber sur une "amie"). Sauf quand la coupe est pleine. Alors il proteste, râle et peste.
Derrière sa cloison.



Mon collègue Ken a la voix très grave. Dès qu'il parle, il parle des heures et l'on sent que sa voix est douce à son oreille. Il se rengorge, s'écoute déblatérer, multiplie les expressions du genre "A aujourd'hui" et "Je vais ambiancer le client" (comprendre " je vais l'embrouiller agréablement").
Plus de trois interlocuteurs, il est en cours magistral: tout le monde en profite. Au bout d'1/2 heure, je lui fais remarquer qu'on essaie de bosser et qu'il faut plus de bruit que nous cinq réunis. Au bout de deux heures, il vient s'excuser. Le mal est fait. On n'excuse plus.


Ma collègue chef est harcelée par "les gens", elle est tellement incontournable qu'elle se plaint souvent de ne pouvoir faire un pas dans l'agence sans qu'on l'interpelle. C'est certainement parce qu'elle le vaut bien. Je n'aime rien autant que l'entendre trépigner de plaisir en disant dans un hoquet "Mais laissez-moi tranquille, les gens !!!"


Restent mes collègues amies, qui me manqueraient vraiment si je devais travailler chez moi. Les bons jours, je me dis qu'elles me manqueraient de insupportablement. Les mauvais jours, que j'aurais bien plus plaisir à les retrouver le midi pour déjeuner avec elles.


Conclusion ?





(Quand j'ai besoin d'air, je vais faire un tour ici)


mars 17, 2011

A mon avis, ce jeudi

Lu dans 20 minutes ce matin, dans un article sur le camp de roms de Sarcelles :
Margaretta s'indigne des banderoles affichées par les riverains à l'entrée du camp, parmi lesquelles "Stop à l'invasion des rats", et dit "On est pas des rats. On est pas des voleurs. On est des Européens, et on a le droit de rester en France", grogne-t-elle."

A mon avis, en choisissant le verbe "grogner", le journaliste ne pensait pas à un rat, mais il donne là un bel exemple de message implicite.
Oui, le diable est dans les détails.



Ma voisine de bureau, qui est une personne plutôt propre sur elle, a laissé sur son bureau il y a deux jours une pomme à moitié dévorée. Je me demande combien de temps elle restera là. Et comment font les gens pour travailler avec des trucs dégueu sous le nez.
A mon avis, c'est un androïde.
Ce qui fait que je vais pas pouvoir rester travailler ici, hein.
Des fois qu'elle disjoncte (et en écrivant ça, je réalise qu'elle disjoncte particulièrement souvent et fort. Maman j'ai peur.)


Hier mon bonhomme de trois ans et demi s'est pointé dans la cuisine avec un soutien-gorge violet en disant "C'est crè zoli ça, tu le mettras demain, d'accord ?"
A mon avis, il traverse un truc.




Je n'ai toujours pas appris à dessiner, mais vous pouvez aller voir le dernier de Margaux Motin, il est coloré printemps (et moi qui rêve d'un tatouage...).

mars 15, 2011

Rêver d'avoir le temps

bon bon bon

comme à chaque fois que je traverse une période de boulot démente, je cogite sans arrêt en arrière de mon cerveau sur les choses que je RÊVE de savoir faire / d'avoir le temps de faire / d'apprendre à faire.
ça doit être une façon que mon cerveau a de se libérer les neurones surchauffés par une activité trop intensive.

En général, ça se termine par du grand délire, du genre : je voudrais apprendre à cuisiner un nouveau plat par semaine, alors que cuisiner est une des activités qui me met le plus sur les nerfs du monde.
ça et me vernir les ongles.
Mais les ongles, c'est moins obligé que la cuisine.
et puis j'aime bien manger.

Donc, je disais que les périodes d'activité intense rendent les idées de temps libre fantasmagoriques, et là, je ne me contente plus de vouloir avoir le temps d'écrire, je voudrais aussi apprendre à dessiner en un tour de main, et apprendre le violoncelle (ou, ça me tient, et je crois pas que je vais attendre la retraite pour m'y mettre (la patience c'est pour qui, en vrai ?)).
Et aussi me mettre au jogging, mais ça il n'y a aucune chance, vu que mon pied n'est que douleur dès que je fais un peu la course avec ma fillotte.
Mais je gagne quand même à chaque fois.
bon ok, elle n'a que huit ans.

Et vous, vos délire de "quand j'aurai le temps", c'est quel genre ?

mars 14, 2011

Les turbulences

Aujourd'hui je lis que le Japon s'est déplacé de 2,4 mètres.
A côté, sur la page de Une, la photo de Kadhafi, les mains jointes, comme en prière, mais comme un homme qui ne cédera pas, surtout. De ceux qui vont au bout, mais tout le monde le sait.
Maroc, Barheïn, Yemen, le feu est partout, la révolte secoue tout.
Et au milieu de tout, je vis mon quotidien comme si de rien n'était, alors que le monde traverse une violente turbulence.
Et je ne me remets pas que ça soit possible, des concomitances pareilles.
Et je sais que c'est la vie qui est comme ça.
Et ça me fait drôle de songer que ce genre de confrontations me permet de relativiser les ridicules sources de stress de notre quotidien, surtout professionnel.

Ce matin, je me demande comment mener ma vie sans faire comme si de rien n'était, parce que cette idée me laisse dans un drôle d'état.
Comment vivre avec cette conscience et rester un peu légère sans être passive ?
Ce matin je lisais un article sur Joan Baez, sur son engagement, Luther King, toute cette période-là, elle qui conseille à Barak de foncer, d'aller jusqu'au bout sans se soucier d'être réélu ou non.

Ce matin j'ai envie d'être engagée, moi aussi, et je me demande comment je vais m'y prendre.





Joan Baez et Bob Dylan



(Et au milieu de tout cela, Fonelle me fait rêver avec un bout de tissu...)

mars 07, 2011

où sont les femmes ?

Je n'ai pas la télévision.
C'est dommage, parce que je serais vraiment curieuse de savoir si cette émission proposée par France 2 va élever le débat...


La pub pour l'émission me laisse pour le moins dubitative (c'est un euphémisme : elle m'a fait hurler) mais comme je travaille sur mon second degré en ce moment, j'essaie de faire un effort et de me dire qu'elle est complètement décalée et tendra à montrer l'évidence que les femmes ne "servent" pas uniquement à améliorer le contenu de l'assiette/du biberon/de la machine à laver.

La journée de la femme, ok, pourquoi pas : on débat du statut de la femme dans le monde,
on ouvre un peu les yeux aux gens qui ont l'impression que hommes et femmes ce n'est qu'une histoire de futilité/virilité, ou qui ont l'impression que oui oui, les salaires, les voiles, tout ça, c'est à côté, mais pas chez nous : erreur !




Alors parlons-en oui, mais aborder le sujet sous cet angle-là, avouez, ce n'est tout simplement pas possible ! Je dis non !
Bon sang, on est en 2011 et on se paie des clichés dignes des années 50, ça me rend folle.
C'est le niveau zéro de la pub, t'es bonne à autre chose qu'à faire les biberons, le dîner et la lessive, non ?
Ah si, si, c'est sûr.
C'est juste que la place des femmes n'est pas une question à aborder sous le thème de l'utilité des femmes, merde !




Mon second degré, je disais donc.
Sauf que je ne suis pas sûre de faire confiance à la télé pour dépasser le cadre des clichés.
En fait ça me fait un peu penser que France 2 va faire sa fête à l'image de la femme.
Sur ce, je vous laisse, j'ai un magazine à envoyer en impression, et après il faudra que je lance une lessive, que je sois un peu utile et que je tienne mon rang de femme, quoi.

Allez, bonne journée !


PS. sorry pour la qualité des photos, c'est la colère, ça me fait trembler.

mars 03, 2011

L'acte manqué

Ou comment mettre tous les moyens de son côté... dans une besace trouée !

Récemment, j'ai participé à un appel à auteurs pour un magazine pour enfants.
Prévenue suffisamment à l'avance, j'ai eu le temps de réfléchir, de changer d'idée 12 fois, et de rédiger un projet.
Puis de le faire lire, de le corriger, de le modifier, de l'aimer.
Arrivée proche de la date d'envoi, je me penche sur les modalités.
Surprise...

On envoie pas par mail, ma petite dame, mais par courrier, en AR, et avant la fin du mois (J+2, donc).
Et on envoie pas le texte comme ça, non plus. On séquence.
En 11 séquences.
Chacune consacrée à un temps de l'action.
Chacune de 12 lignes maximum.
Chaque ligne de 40 signes maximum.

Je défaille.

Passée la colère contre moi, passée la matinée à reprendre le texte, à le séquencer, à le couper...
Je trouve le résultat bien plus intéressant !
L'écriture est (encore) plus fluide, ça me plaît !

Je cours à la poste, j'y laisse ma chemise pour être certaine qu'il arrivera en temps et en heure.

Je suis toujours en colère après moi.

Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Pourquoi ne me suis-je pas préoccupée du règlement, alors que pendant des jours, je me suis demandé de combien de signes était le calibrage ?

Tout était là, noir sur blanc.
J'avais un numéro, j'aurais pu appeler.
Mais non, comme d'habitude, je me suis dit que j'allais bien réussir à me débrouiller toute seule.

Mais en fait, en glissant mon texte dans l'enveloppe... l'évidence.

Je n'y crois pas.

Je ne crois pas que je puisse gagner. Ni même que mon texte puisse m'amener à avoir des contacts. Je n'y crois tout simplement pas.
Et puis j'ai peur.
L'un dans l'autre, si je m'étais réveillée trop tard, ça m'aurait évité de prendre des risques. Celui de ne pas être retenue, par exemple.
Mais à raisonner comme ça, on ne fait rien, or moi, je veux que ça bouge !

Me voici donc confrontée à deux forces contraires, toutes deux intenses.
Difficile de constater que l'on est son meilleur ennemi.


février 28, 2011

"vrier"

Vous traversez une zone de turbulences, veuillez ne pas détacher vos ceintures.
Enfin si. Moi, là, je détache, parce que j'ai mal au ventre à cause de ma gastro.
Gastro qui prend la suite des rhumes, rhinites et autres grippes et sinusites.
Moi qui ne suis pas si souvent malade, je n'en peux plus.
Vive les fins d'hiver en feu d'artifice.

Enfin, ce sera toujours moins le feu d'artifice que chez Nicolas. Quelle bande de fieffés roublards, ces hommes et femmes de pouvoir. ça leur monte à la tête, c'en est honteux. Rappelez-moi de ne jamais devenir comme eux quand je serai powerfull.

Sinon que vous dire, que ma semaine sans gros mots s'est achevée tranquillement, avec la conscience des gros mots prononcés, et la force d'en taire certains. J'ai cessé le compte, mais je pense que je dois avoisiner les trente cinq euros, à la louche.
Non, je n'ai pas vœu de silence, bande de calomniateurs.

Ce mois de février touche à sa fin, espérons que le père Mars parvienne à se faire entendre et fasse dégager froid et nuages, sinon je vais devoir sévir. Dégainage de couleurs vives et petits tee-shirts, ce qui ne devrait pas arranger mes affaires.

On me dit qu'il fait très beau à Belle-île, je vais tâcher de faire diversion auprès de mon imagination, sinon je sens que l'abandon de poste est proche. Déjà que le climat délétère qui règne ici* n'a rien pour me retenir, il ne faudrait pas trop en rajouter.

A moi la méthode Coué, je ne sais pas si j'aurais moins froid, mais au moins le soleil sera dans ma tête : à ce propos, vous saviez qu'Émile a un blog ?


*ici : mon lieu de travail, car les hommes et femmes de pouvoir sont partout, et font passer leurs intérêts avant ceux des autres. C'est pas possible qu'il n'y ait que des PDG et DG comme ça, hein ? Si ? Dites-moi, vous allez me faire gagner du temps, s'il faut, je me reconvertie tout de suite en vigneronne. Ou en boulangère. Enfin, en une fonction régalienne de la vraie vie quoi.