avril 08, 2007

En forme de quoi ?

Hier soir on a joué à se transformer, en jolies dames de tableaux, en bébé, en homme, en vieille (horrible, vous ne verrez pas !), en singe. Merci lamousmé de nous avoir fait connaître ce lien, ma fille et moi nous sommes amusées et avons ri comme des bossues !

D'ailleurs j'en fait une parenthèse, si on dit rire comme un bossu, c'est qu'on est tellement plié que le dos se courbe. J'adore connaître l'origine des expressions qui a priori semblent alambiquées et que l'on entend parfois même plus tant elles sont passées dans le langage courant. Ou passées de mode, c'est au choix ;-) Vous en auriez une en réserve ?

Bref, les transformations surnaturelles, chez moi, ça donne donc ça :

Botticelli :

Modigliani :
Manga :


Chimpanzé (profitez-en, c'est pas tous les jours. Et pour tout vous dire, j'étais encore pire en vieille, ça donne envie de gagner des années non ? :)


Mucha (pour regagner un peu de faveurs dans vos coeurs) :




L'adresse du site :

http://morph.cs.st-andrews.ac.uk//Transformer/index.html





avril 05, 2007

Chapeautée !


J'ai reçu cette semaine les jolis cabochons de M'âme Bouillotte, et j'en connais une qui ne quitte plus le sien !

Merci Bouillotte !

avril 03, 2007

A mi me gusto !

Parce que !

J'avais un GROS besoin de me vider la tête, rapport à un individu pénible déjà mentionné plus tôt, et que je ne voulais pas en parler encore, et encore, et m'énerver, encore, et encore...

avril 02, 2007

Les chutes - Joyce Carol Oates


Les Chutes, avec une capitale, puisqu'il est question des Chutes du Niagara, et de l'étrange fascination qu'elles exercent sur les personnes qui les approchent d'un peu trop près.

En prologue, l'auteur cite ce passage de l'ouvrage Une brève histoire de Niagara Falls, daté de 1969 :
"En 1900, à la consternation de ses habitants et des promoteurs d'une industrie touristique florissante, Niagara Falls avait acquis la réputation du "Paradis du suicide".

Un charme insidieux émane de ces tonnes d'eau, qui tombent sans jamais s'épuiser, en érodant la terre, en dégageant continuellement une brume qui habille le paysage d'un manteau fantomatique, vision d'une puissance qui incite les victimes à se jeter dans le vide, à rejoindre les rapides, en quête d'une hypothétique immortalité, comme l'imagine un médecin de Niagara Falls également cité au début de l'ouvrage. (Cela vous rappelle la "chute" d'un film ?)

Parlons du roman, il débute par une chute, je ne dévoile rien, c'est dit dans tous les résumés et en 4e de couverture, celle d'un homme marié de la veille, venu à Niagara falls passer sa lune de miel. Il laisse donc une veuve, isolée dans cet endroit qu'elle ne connaissait pas la veille, qui durant sept jours et nuits va guetter la remontée du corps de son mari. Elle sera protégée par un jeune avocat qui s'étonnera de tomber amoureux de cette femme étrange bien loin de ses canons féminins habituels.
S'ensuit le récit d'un amour puis d'une vie de famille qui toujours tourne autour de ces chutes. Existe-t-il une malédiction qui lie ces Chutes à cette famille ?
Ce titre est également une métaphore des chutes des personnages, qui à leur manière vont tous à un moment tourner brutalement le dos à leur vie, renoncement peut-être nécessaire à leur survie, ou qui causera leur perte.

De Joyce Carol Oates, je n'avais lu que la moitié de Blonde, à deux reprises commencé, jamais achevé. Dans ce roman, elle nous emmène à la suite d'un personnage féminin étrange, auquel on ne s'identifie pas vraiment, mais autour duquel elle parvient à nouer une histoire originale. A mon goût, l'auteur se perd parfois dans des digressions longuettes, chaque personnage secondaire est minutieusement présenté, sa vie, son passé, sa famille, son univers, c'est un genre. Personnellement je ne trouve pas qu'il soit utile de nourrir le lecteur de force détails pour lui permettre de cerner un personnage, surtout secondaire, mais pourquoi pas.
Pour conclure, Les Chutes est un roman agréable, un peu long donc, mais aux personnages attachants, le plus fascinant étant ces Chutes, omniprésentes, rappel constant aux hommes qu'ils ne sont que de passage dans le coin, et qu'il existe une force bien au-delà de ce qu'ils sont capables d'imaginer.

A consulter également, le message de Loupiote, qui m'a donné envie de lire ce livre :
Les Chutes, par Loupiote


Bonus...

Après avoir écrit ce billet, je suis allée consulter des critiques par curiosité et je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous la critique de Vogue :

Fluette et implacable, Mrs Oates a le sens de la tragédie. On la révère pour ce goût du drame qui sculpte des reliefs dans les existences les plus banales. Depuis 1970, cette grande dame de la littérature désosse les mythes du rêve américain.

Trois lignes qui caricaturent la critique littéraire...



mars 27, 2007

L'ancre des reves, Gaelle Nohant

Voilà un roman qui en a dans les voiles !

Embarqué dès les premières pages dans les cauchemars des enfants Guérindel, vous vous laisserez dériver à la suite de Lunaire, à la poursuite de personnages étonnants au passé mystérieux.
Des images riches de poésie, un style élégant et vraiment original, un onirisme dont on ne se lasse pas, Gaëlle sait où elle mène ses lecteurs : des terras-neuvas aux lignes ennemies, le tout en compagnie de personnages aux caractères de granit, attachants, forcément attachants.

Et quand à la fin de votre lecture, vous repenserez que c'est un premier roman, vous serez les premiers surpris.

J'aimerais vous en dire plus sans déflorer l'intrigue mais ce n'est guère possible, je ne peux que vous inviter chaleureusement à l'ouvrir sans tarder, vous ne serez pas déçus, c'est sûr et certain, foi de May !


Mais aussi :
foi de thom
et foi de Choupynette
Vous pouvez également (re-)découvrir içi The Famous Gaëlle ;-)

mars 22, 2007

Petite confession

Depuis que je suis petite, ce qui n'a pas d'autre sens chez moi que "depuis que je suis jeune", puisque je fais 1 mètre 56, je suis dingue de Magnum. La série, bien sûr, mais surtout le mec. Le vrai, le poilu, le moustachu qui porte short court et Stan Smi*h sans chaussettes. L'homme viril à la jambe élancée, au mollet galbé, au dynamisme ébouriffant et à la pors*he rouge.
J'en suis dingue. C'est bien simple, je regarde les vieux épisodes de Friends rien que pour lui, pour son come-back dans le rôle du boy-friend de Monica. Il est trop. Trop doux, trop masculin comme je les aime.
Bon avant, il y avait bien Colt Silver, l'homme qui valait trois milliards qui tombaient à pic, mais lui c'est pas pareil, à peine une amourette de jeunesse. Non, Magnum, c'était The Man. ça l'est toujours en réalité. Rien que pour le plaisir, je suis allée chercher le générique sur Utube. Parce qu'il y apparaît en costume de la navy -et là je craque-, qu'il apprend à nager à une poulette que j'aurais bien aimé être (d'autant plus qu'elle a un cul d'enfer, je vous vois venir !), qu'il conduit comme un grand fou sa Pors*he à bord de laquelle j'aurais aimé être, même les cheveux complètement ébouriffés (vous êtes déjà montées dans une décapotable avec des cheveux longs ? C'est le cauchemar du peigne, je vous le dis).
Pour tout vous dire, je crois que j'aurais pu être Higgins, rien que pour vivre à ses côtés.
Et surtout, enfin, à la fin dudit générique, il y a ce mouvement de sourcils, qui est à lui seul la quintessence du charme masculin. Argh, je tombe.




Bonus :
Qui a dit que la moustache c'est ringard ? C'est la classe, oui !

mars 15, 2007

Mon collègue pénible

Certains ont des chiens stupides, moi j'ai un collègue pénible.
En apparence, il ressemble à un garçon de son époque, jeune homme bien mis de 29 ans, la mèche alerte et à la mode, très surveillée surtout. Souvent accompagnée d'une main droite qui tel le garde-chiourme, est toujours prète à la remettre en place d'un mouvement habile et presque aussi célèbre que ladite mèche.
En apparence, ce garçon a tout du parisien gentiment moderne, übersexuel comme dirait un magazine que j'affectionne.
En apparence, c'est un être gentil et attentionné. La plupart des personnes de son entourage se sont laissées aller à le trouver délicat, séduisant... drôle ? Non, quand même.
Les apparences sont parfois trompeuses. Mais il arrive aussi qu'elles fassent long feu. Le pire ennemi de ce jeune garçon est son ego, son moi démesuré, son sens du Je exacerbé et tout puissant. Sa force de conviction quand il s'affirme.
Sans son ego, il aurait tout pour être sympatique. On lui pardonnerait même sa préoccupation constante de son pouvoir de séduction et son besoin de le tester sur toute la gente féminine.
Mais cet ego ! Ma doué !
C'est bien simple, plus il se gonfle d'orgueil, plus il se fait moquer. En bon petit coq, il prend alors la mouche et envoie des mails. De longs mails argumentés, qui ne manquent jamais de mouiller l'un ou l'autre en pointant du clavier tel défaut que nous aurions éventuellement omis de trouver risible. Hélas, sa tactique de défense est l'attaque pitoyable, de ses propres collègues. Il n'a toujours pas compris que nos défauts nous font rire. Vous pensez peut-être "Z'êtes pas débordés là-bas ! ça ricanne, ça écrit des mails longs comme le bras pendant les zheures de travail". Ce n'est pas faux. On rit bien. C'est important de bien rire, et nous n'en travaillons que mieux une fois bien détendus, mh ?
Pour revenir au sujet, je n'ai jamais vu une personne affublée d'autant de surnoms. C'est bien simple, ça vient tout seul. D'abord il est blond, donc évidemment, c'est facile, "l'esprit bonde" se décline très bien au masculin, qui l'eût cru ?
Ensuite, il est perpétuellement débordé, toujours en train de courir pour aller chercher un doc à droite à gauche, toujours très affairé, il n'arrète pas. De brasser de l'air. Tous les gens qui l'ont cotoyé de près sont impressionnés par sa faculté à donner l'impression qu'il travaille d'arrache-pied, alors qu'il passe environ 50% de son temps à faire des listes de ses tâches à venir. 25% à faire des mails vengeurs ou explicatifs. Car le jeune homme doit avoir le dernier mot. C'est pénible ? C'est pénible. Que ce soit à l'écrit ou à l'oral, il y a toujours du répondant. ça ne se termine pas, vous le branchez en lui envoyant un mail un peu sec, et c'est parti. Je ne connais qu'une personne qui parvient à le faire taire à coup d'humour saignant, c'est brillant, j'adore.
Pour vous donner un exemple, je vois bien que je reste dans les généralités, ce garçon est capable d'envoyer un mail à la moitié de la boîte pour dire à une personne qu'une autre le trouve vraiment sympatique. En tant que destinataire dudit mail, je me suis retenue de souligner que cette personne est dans l'entreprise depuis au moins un mois et demi, et a donc certainement eu le temps de se faire une haute opinion de cet être magnifique alors que nous ne sommes que de vils railleurs incapables de reconnaître sa valeur. Peut-être sommes nous tout simplement jaloux.
Je me suis retenue, mais je n'ai aucun mérite, je suis son manager.
Oui, je souffre. Car je suis femme. Il est homme. Tellement plus fort, homme, costaud, musculo, cerveau.
Si au terme de mois de prise de recul, de respiration sophrologique et de points avec ma hiérarchie je viens à lui faire une remarque un peu pète-sec (les femmes le sont, non ?), je me vois gratifiée d'un "Ne me parle pas comme ça, je ne suis pas ta fille !".
J'aimerais pouvoir lui dire que mes relations avec ma fille de 4 ans sont beaucoup plus simples, claires et saines que les relations avec lui. Parce que quand on discute, on s'écoute toutes les deux.
Il est constamment sur la défensive. Je vous jure, Marie-Thérèse, j'ai tout essayé. Je pratique le blond égotique depuis bientôt deux ans, au quotidien. Sans rire, j'ai vraiment eu des semaines difficiles de remise en question. Jusqu'à épuisement, au terme duquel j'ai décidé que le jour où il serait capable de se remettre en question, je me poserai peut-être de nouveau des questions sur moi.
Depuis ça va beaucoup mieux.
Il s'énerve toujours un peu, mais tout seul. Je ne suis plus pète-sec, je suis presque zen (faut pas charrier).
Je suis sûre que les collègues pénibles sont partout, mais lui, je vous jure, il est énorme.

mars 12, 2007

Naissance des fantômes

Naissance des fantômes, Marie Darrieussecq (1999)

Un soir, son mari part chercher du pain (elle a oublié, pour la énième fois, d'en acheter), et ne revient pas. Voici le point de départ de ce livre. L'auteure aurait pu décrire les circonstances dramatiques et pratiques de cet abandon, comme les recherches policières ou l'incompréhension de l'entourage, elle y fait allusion, mais ne s'y attarde pas. Parce qu'elle a choisi de nous emmener là où l'esprit souvent peine à reprendre pied. La jeune femme vit l'absence de cet homme, jamais appelé autrement que "mon mari", comme prise dans les tempètes de la pensée, là où l'esprit n'a plus nulle prise dans la réalité. D'une scène réaliste, comme un diner, elle se laisse sombrer dans les méandres de son imagination, où sa souffrance et son isolement l'emmènent voir plus loin, si "mon mari" se cache derrière les murs multiformes de la ville.

Voici un livre qui ne m'a pas "tenue" à proprement parler, mais qui ne m'a pas non plus laissée indifférente. L'écriture est riche en images, et en formules étonnantes. Malgré cela, la distance entre la narratrice et son mari m'a gênée. Dès le début ce personnage est absent, je me suis demandé pendant une bonne partie de la lecture si l'héroïne était réellement mariée avec cet homme, ou si elle était en proie à une folie imaginaire lui faisant croire qu'elle était mariée.
J'ai eu le sentimenet que le livre avait été écrit rapidement. Un peu comme un carnet dans lequel l'auteure aurait noté ses rêves, qui mis bout-à-bout et un peu arrangés aurait fini par s'intituler roman.




Le concert de Michel

Heureusement, avant de savoir que le livre de Gaëlle était presque disponible (L'ancre des rêves, chez Robert Laffont) - qui ne sortira que jeudi mais que thom et d'autres ont déjà lu, les gros veinards - , je pouvais encore savourer tous les plaisirs que m'offre la vie. Donc, samedi soir, je suis allée là :



Non, ce n'est pas le concert d'un vieux beau, comme m'ont dit certains de mes amis sceptiques. Oui, j'appréhendais de retrouver l'homme de LA chanson de mon enfance "Tous les bateaux tous les oiseaux", oui, je craignais que sa voix tire un peu. Et non, oh non, je n'ai pas été déçue. Je ne le connaissais pas bien, en tant qu'homme et artiste, forcément, j'étais jeune quand il a quitté le pays, mais qu'est-ce qu'il assure, le garçon !
D'abord il n'y a pas eu de première partie. Ce qui tombe assez bien. Je vais très rarement à des concerts, et les deux derniers auxquels j'ai assisté, à plein d'années d'intervalles, ce fut surprenant. Evidemment, le premier concert, c'était Sinclair, il y a dix ans, on ne s'attendait pas vraiment à voir débarquer un couple de chanteurs maliens - Amadou et Mariam -, on ne les connaissait pas, bref, on a été un peu surpris. Pas autant ceci dit que lorsque je suis allée voir M à Bercy il y a deux ans, et que la première partie était assurée par... Amadou et Mariam.Sachant que M accompagna Sinclair dans le temps, ce n'était pas si surprenant, sauf de mon point de vue, finalement...
Bon bref, là, il était plus improbable qu'Amadou et Mariam fassent la première partie de Polnareff. Donc y'a pas eu de première partie. Ce qui m'a permis d'observer un peu mes co-concertistes, qui portant une perruque blonde, qui les lunettes blanches mythiques, qui les deux, plus une énorme barbe châtain. Appelant tous "Michel". Pour moi, Michel, c'est les bronzés "Mifffffèl", mais pas Polnareff. Bref, il arrive en faisant mine d'ôter son pantalon en ombre chinoise, puis il lance "Je suis un homme". L'atmosphère est tantôt rock, tantôt piano et lumières, et franchement, que ce soit "Lettre à France" ou "Dans la rue", on est pris dedans. La voix, ben c'est Michel, quoi, tel que je l'aime, tout en envolées et en rapidité. Il laisse la place belle à ses musciens, et ses choeurs. C'est bien simple, je me suis dit que c'était ça, le prochain boulot que je voulais faire : choeur de Michel Polnareff. Bon, elles sont toutes plus ou moins noires, mais à notre époque ce détail ne devrait pas poser de souci majeur. Vous en pensez quoi ?

Le livre de Gaëlle

ARGH ! LE LIVRE DE GAËLLE est déjà lu et chroniqué chez thom et bien d'autres, et puis moi je suis face à mon écran qui me dit "livre à paraître", désarroi.
Que vais-je faire en attendant de pouvoir le lire, pour me retenir de lire tout ce qui a été blogué dessus !!!?

mars 08, 2007

Haïku ?

Lente, elle sombra,
pour mieux ressurgir au jour,
et donner l'amour

J'ai enfin tenté le haïku. Et je crois que ça me plaît bien.
Comme j'ai décidé d'écrire un peu plus sérieusement, ça me fait du bien de découvrir une nouvelle forme sans prétention et pourtant non dénuée de complexité.
Après avoir fouiné un peu, voici les quelques principes que j'ai retenus :
un rythme (5-7-5), une évocation de la nature, la quintessence.

Vous voulez essayer ?

W' day

"(...) alors, n'ayons pas peur de le dire, la femme est un animal politique comme les hommes". S. Royal, ce jour


Le débat sur France 3 "La femme apporte-t-elle un plus en politique ?"

C'est moi ou on marche sur la tête ?
Il me semble évident que le point de vue d'une femme en politique peut apporter autant de matière à débat donc à avancée que celui d'un homme. J'hallucine que ce genre de question se pose encore. Je suis sûrement naïve. J'apprends par ailleurs qu'un sondage fait auprès d'anciens élèves de grandes écoles parisiennes révèle que 62% des hommes ne voient pas de différence entre leur carrière et celle des femmes.
Alors que 65% des femmes ont elles constaté des différences.
le tout pour une même ambition et un même investissement de départ.

Je crois que définitivement je suis naïve.
Cette journée de la femme a peut-être du bon finalement.

Mais à quand la journée de l'homme. Qu'on parle d'eux un peu ?

mars 05, 2007

Marilyn, dernières séances


Marilyn, dernières séances
Michel Schneider
roman paru en septembre 2006, aux éditions Grasset



Que dire de ce roman, puisque c’en est un.
Le projet de l’auteur :
Présenter la relation de Ralph Greenson, « psychanalyste freudien » et de Marilyn Monroe « déesse du sexe » durant un an et demi à Hollywood. Comment le psychanalyste a soutenu Marylin, lui offrant l’accueil d’une famille qu’elle n’avait jamais eu, cherchant en la psychanalyse le moyen de la soulager, alors même qu’il semble conscient qu’elle est très loin de pouvoir assumer une analyse. Une relation complexe se noue entre ces deux personnes. Lui, engagé auprès des studios à la mettre « en état de tourner », elle, qui tous les jours trouve refuge dans son cabinet comme dans son foyer.

L’auteur est probablement très documenté. Le plan du livre suit hélas l’éparpillement de cette documentation. Les chapitres se succèdent, et le lecteur valse d’un lieu, d’une date, d’un personnage, d’un milieu à un autre. Il n’y a pas de logique apparente et l’on fini par ne plus savoir où et quand se situe le propos. L’on finit d’ailleurs par totalement s’en moquer.

L’auteur ne défend aucune thèse sur la cause de la mort de MM. Ce qui est appréciable dans la mesure où on ne poursuit pas la lecture en ayant à l’esprit que la fin du roman devrait révéler le nom d’une organisation coupable.

L’éditeur cite Flaubert à propos de L'Éducation sentimentale :
« Mes premiers plans sont inventés et mes fonds réels ». La nuance en l’occurrence, réside en ce que le premier plan de ce roman sont des personnes qui ont réellement existé. En mêlant documentation réelle et fiction, l’auteur ne prend finalement aucun parti, c’est probablement la solution la plus simple. Celle qui permet à l’auteur de donner à voir la détresse d’une Marilyn perdue au milieu de gens trop intéressés ou trop désintéressés.
J’ai apprécié cette lecture, mais la solution du vrai-faux m’a laissée plusieurs fois un peu en bascule, ce qui n’est pas très agréable.
Faut-il nécessairement être dans le tout vrai ou le tout faux ?
Je n’en sais rien. Mais partir d’une documentation aussi détaillée pour arriver à du roman, j’ai presque envie de dire que ce n’est pas fair-play. Cela fait du roman un masque de la vérité, et c’est presque dommage.

Ma conclusion. Oui, pour découvrir la dépendance de Marylin aux analyses et aux analystes, en particulier R. Greenson. Oui pour toucher du doigt les profondes fêlures qui ont fait d’elle ce personnage de fantasmes auquel elle se sentait elle-même étrangère. Ce n’est déjà pas si mal. Il semble que cette affaire a été très loin, à telle enseigne qu’on se demande légitimement si la vérité sera connue un jour, et si vérité il devait y avoir, quel crédit lui accorder.

(Pour un souci du détail « vrai », préférer Marylin Monroe, enquête sur un assassinat, de Don Wolfe, qui regorge de témoignages et d’anecdotes. Le tout dans un style très Hollywoodien !)

février 26, 2007

Toujours bien !

Je suis assez contente.
Parce que mon film chéri Je vais bien ne t'en fais pas, a obtenu deux Césars !
Meilleur acteur dans un second rôle masculin pour Kad Merad, et jeune espoir féminin pour Mélanie Laurent.
Je suis contente. Et je ne peux que vous encourager à aller le voir.
Même si les Césars ont également récompensé le "Ne le dis à personne" qui a l'air calamiteux...
Tout le monde peut se tromper...

février 23, 2007

L'imagination ne suffit pas !


Eva Luna – Isabel Allende
1987

J’affectionne la littérature sud-américaine. J’aime l’onirisme, les rebondissements étonnants et la liberté imaginaire totale que s’offrent les auteurs. J’avais précédemment lu et beaucoup aimé « Fille du destin », du même auteur. Dans ce livre-ci, j’ai été déstabilisée par la succession vertigineuse des personnages et des situations toutes plus farfelues les unes que les autres, comme si la surenchère faisait loi. Je n’ai pas réussi à m’attacher à cette enfant, puis jeune fille et jeune femme ballottée par les événements. J’ai trouvé beaucoup plus attachants certains personnages secondaires. La particularité d’Eva Luna est de savoir inventer et raconter des histoires, avec une imagination débordante que l’auteur n’a rien à lui envier. Finalement, au milieu des rebondissements politiques et autres récits de la vie des uns et des autres, l’auteur nous livre à la toute fin du récit, une sorte de résumé de l’histoire tout en passant en revue les personnages :

« Mais la Télévision nationale ne laissa pas souffler les patients téléspectateurs, et enchaîna aussitôt sur la diffusion de mon propre feuilleton, que dans un élan sentimental, j’avais intitulé Boléro, en hommage à ces airs qui avaient bercé mon enfance et qui avaient servi de point de départ à un grand nombre de mes histoires. Le public fut interloqué par le premier épisode et ne parvient pas à s’en remettre au cours des suivants. Je crois bien que personne ne compris à quoi rimait cette histoire abracadabrante, les gens étaient habitués à ce qu’on leur servît de la jalousie, du dépit, de l’ambition ou pour le moins de la virginité, or rien de tout cela n’apparaissait sur le petit écran et ils s’endormaient chaque soir, l’esprit emberlificoté par un méli-mélo d’indiens empoisonnés, d’embaumeurs dans leurs chaises roulantes, de maîtres d’école pendus par leur propres élèves, de ministres déféquant sur des sièges de velours épiscopal, entre autres atrocités qui ne résistaient à aucune analyse logique et échappaient à toutes les lois connues du feuilleton commercial. »
Et là, je me suis reconnue dans le téléspectateur largué à l’esprit emberlificoté. J’ai repensé à ces pages entières relues faute de concentration, pleines à craquer de rebondissements, de sorte qu’on craint à un moment qu’ils nous sautent à la figure au détour d’une page. Bon, je ne trouve pas ça très agréable que l’auteur nous explique que si on a du mal à suivre ses élucubrations foisonnantes, c’est parce qu’on est conditionné pour du commercial. Je suis très susceptible.

Puis, à peine plus loin, elle décrit le processus créateur dans lequel j’imagine très bien l’auteur devant son texte se confondre avec Eva Luna :
« Je rédigeais chaque jour un nouvel épisode, totalement immergée dans le monde que je créais grâce au pouvoir universel des mots, devenue moi-même un être éparpillé, reproduite à l’infini, contemplant mon propre reflet dans de multiples miroirs, vivant des vies sans nombre, m’exprimant par une kyrielle de voix. »

Bon, j’en conclue que l’auteur se retrouve complètement dans son univers, qu’elle est tout le monde à la fois et qu’elle se sent hyper puissante. Mais on a aussi l’impression qu’elle se fiche éperdument que son lecteur suive. Ou passe un bon moment à sa lecture.
Personnellement je me suis accrochée par curiosité. Je crois que j’ai bien aimé, finalement. Mais il manque quand même une sacrée trame que la vie de l’héroïne ne suffit pas à former.

Si j'avais un million


If I Had a Million (1932)

Réalisé par James Cruze, H. Bruce Humberstone, Ernst Lubitsch, Norman McLeod, Stephen Roberts, William A.Seiter, Norman Taurog, Lothar Mendes.
Avec :
Gary Cooper
Charles Laughton
George Raft
Jack Oakie
Richard Bennett (John Glidden)
Charles Ruggles
Alison Skipworth (Emily La Rue)
W.C. Fields
Mary Boland (Mrs. Peabody)
Roscoe Karns (le soldat O'Brien)
May Robson (Mrs. Mary Walker)

Un bien joli petit film qui réunit une palanquée de réalisateurs, de scénaristes et d’acteurs pour une histoire qui repose sur une idée simple : que feraient les premiers venus si on leur offrait à l’improviste un million de dollars.
Un milliardaire mourant décide de distribuer sa richesse de son vivant afin que ses héritiers n’aient pas la possibilité de contester sa décision. Il choisit huit personnes au hasard de l’annuaire et va lui-même leur porter un chèque d’un million de dollars.
S’ensuivent huit sketches aussi différents que le sont leurs personnages principaux : du faussaire au militaire et du vendeur de porcelaine martyrisé par sa femme à la jeune prostitué, tous ont un usage bien personnel de ce chèque providentiel. Les sketches ne sont pas tous d’égale qualité, mais les idées sont bonnes et les personnages excellents. J’ai tout particulièrement aimé la vieille retraitée au caractère bien trempé jouée par May Robson qui aurait pu quitter fissa la maison de retraite austère où elle étouffait, et qui choisit plutôt de la transformer en club pour dames âgées où le plaisir est roi. Les choix des uns et des autres sont relativement inattendus, et c’est chaque fois un plaisir de changer d’univers et de se laisser surprendre. À noter également la composition de Richard Bennett, complètement excessif dans son rôle de vieux milliardaire caractériel. Un régal.

février 20, 2007

Le mois de janvier

Au mois de janvier, j'ai eu un temps fou. Ce n'est pas si fréquent.
Je n'avais pas la possibilité de faire certaines choses comme :
- du sport
- surfer, donc bloguer
- voyager
- m'agiter en général.
Conclusion, me voilà astreinte à me reposer, dans lit, tant qu'à faire, et face à ma bibliothèque, fraîchement déménagée et rangée par un homme tendre et parfois (trop rarement cependant) ordonné.
Je suis donc tombée dans certains livres. D'autres me sont tombés des mains.

Petit résumé :

La rose pourpre et le lys. Michel Faber



Deux volumes recommandés par mon amis Gaëlle, en qui j'ai une confiance aveugle (C'est içi). J'avais acheté le tome 1 (je suis comme ça, j'achète toujours "à moitié. Et je le regrette souvent. Je pense que j'aime être un peu frustrée ;-)
Hé bien c'est sans aucune surprise que je suis tombée dedans, renouant avec les longues heures de lecture planquée sous la couette, ne me levant que pour boire et manger (et encore). Les deux tomes m'ont fait dix jours, fait rare ces dernières années, j'ai dévoré. C'est bien écrit, bien documenté, les personnages sont attachants, c'est un fait, et on regrette de ne pouvoir aller faire un tour dans le Londres de cette époque où l'auteur nous balade sans relâche.
Au début, j'étais un peu sceptique face aux intrusions de l'auteur qui nous dit volontiers de suivre tel personnage ou de ne pas nous laisser aller à imaginer ceci car "ça n'arrivera pas". Mais ces interventions ne sont pas si fréquentes et servent même la narration à plusieurs reprises. Le procédé est maîtrisé et utilisé avec parcimonie donc tout va bien.
Une amie m'avait dit "Ah oui, c'est l'histoire classique de la rédemption de la prostituée !" Peut-être, je n'en ai pas lu d'autres, donc je me garderais de me prononcer sur le sujet, mais je pense que quitte à en lire une, celle-ci vaut le détour.

Ensuite, c'est toujours un peu difficile de passer d'un bouquin emballant comme ça à un autre, et là, une amie m'en avait prêté un.
Le livre de Joe. Jonathan Tropper
C'est toujours le souci avec certains amis, ils ont adoré un livre alors ils vous le prêtent, sans se soucier de savoir si vous avez envie de le lire ou si vous avez déjà des tonnes de bouquins de rêve qui attendent sagement dans votre biblioque qu'une occasion se présente pour eux d'être enfin lus. Enfin bref, je suis terriblement curieuse, et ce livre-ci a fait l'objet de transition parfait : vite lu, pas trop dérangeant. Quoique. Ce bouquin regorge de cette tournure que je déteste : "je n'ai pas le temps, pensé-je" "Il va me tuer, supposé-je". Je n'ai aucune idée de la pertinence de cette conjugaison, mais elle me colle des boutons. Et là c'était véritablement trop, en moyenne trois utilisation par double-page, jusqu'à la dernière phrase !
Sinon l'histoire : un homme d'une trentaine d'années a écrit un best seller en prenant appui sur le village de sa jeunesse et ses habitants dont il fait des portraits corrosifs et largement caricaturaux. Le livre commence quand Joe, paumé dans son appartement de Manhattan cherche à rebondir après le succès de ce livre qui fut également adapté au cinéma. Son père est mourrant, il doit retourner sur les lieux de sa jeunesse qu'il a fuis depuis une dizaine d'années. Bien sûr, tout le monde lui fait payer sa "liberté narratrice", mais le temps a passé et les gens ont changé, Joe trouve là la source d'inspiration pour un deuxième livre. Bof. Mouai.
Parfait livre de transition, mais je ne le recommande pas.

Second livre de transition.
Oui, La rose pourpre m'a laissé cette empreinte telle qu'il me faut deux livres de transition.
L'homme qui voulait vivre sa vie.
Douglas Kennedy.
Acheté dans l'optique "quand je serai fatiguée et que je n'aurais pas envie de m'investir dans un livre fort". On va dire.
j'ai découvert D. Kennedy par La poursuite du bonheur, que j'avais bien aimé. Mais depuis, j'ai été déçue par tous ceux que j'ai lus : Une relation dangereuse (super prévisible), Les charmes discrets de la vie conjugale, Rien ne va plus... Bref, il me reste Cul-de-sac. On verra bien. Après je pense que je jetterai l'éponge.
L'histoire est celle d'un homme qui vit une vie malgré lui, il est avocat friqué à Wall Street, marié, deux enfants, et possède une jolie maison en banlieue. Son drame : il aurait voulu être photographe.
Je vous passe les péripéties, les exagérations à tous les étages et autres raccourcis. ça détend, ça se lit vite et puis c'est tout.

En ce moment je lis ça :
Eva Luna. Isabel Allende
C'est pas mal, j'adore la littérature sud-américaine, onirique à souhait, mais le problème c'est qu'il faut que je m'enchaîne à ce livre pour ne pas le lâcher au bout de trois pages. Les événements se poursuivent trop vite pour moi, les personnages se succèdent autour de l'héroïne Eva, on a du mal à la cerner, bref, je n'arrive pas à entrer dedans. C'est la seconde fois que je m'y efforce, et je n'aime pas lâcher un livre en cours de route, j'ai horreur de ça. J'ai peu de passer à côté de quelquechose de bien, et j'ai un sentiment de gâchis terrible. Enfin, on verra bien si je persiste ou non.

bref, au milieu de tout cela, et pour finir sur une notre positive, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (Harper Lee) a été une parenthèse enchantée, douce et dépaysante. Pas de violence gratuite, une histoire simple servie par des personnages attachants et intéressants. Un livre prêté par la même amie que celle du Livre du Joe. Je continue à être curieuse.

février 07, 2007

Sweet home, Alabama

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

(Nell) Harper Lee - 1960




Voilà une jolie rencontre avec l'Amérique sudiste des années de la Dépression, un beau livre, prix Pulitzer en 1961, qui eut un franc succès en Amérique où il est une référence littéraire.
L'intrigue est racontée par la jeune Scout, petite fille qui vit avec son grand frère Jem, et son père, Atticus, avocat, personnage droit qui élève seul ses deux enfants. J'ai tout particulièrement apprécié les valeurs qu'il tâche de leur transmettre, même si certains lecteurs critiquèrent le manque de crédibilité du ton de la narratrice, du fait de son âge. Oui, cet homme vit dans un monde idéalisé, mais c'est certainement ce qui lui permet de sauvegarder cet esprit libre et puis après ?

Au milieu des trois années qui rythment le livre, au milieu des jeux d'enfants de Scout et Jem et de la découverte de l'école par Scout, Atticus est commis d'office. Il est chargé de défendre un Noir menacé de la peine de mort pour avoir violé une Blanche. Ce procès est bien sûr l'occasion d'aborder les questions du racisme, des préjugés et les conditions de vie des Noirs dans le sud de l'époque. Il est également l'occasion pour Scout et Jem de découvrir le monde de la justice.
Atticus sera décrié alors même qu'il n'a pas fait le choix de défendre cet homme. Scout apprendra à ne pas se battre pour défendre son père et sa famille, et à grandir sans nécessairement devenir la "dame" que voudrait sa tante, elle apprendra aussi à connaître les gens au-delà de l'image que tout le monde a d'eux.
Bref, ce roman est doux, agréable, il fait du bien.
La voix de Scout est rafraîchissante sans être mièvre et l'atmosphère du sud donne envie d'aller faire une virée en Alabama !

décembre 11, 2006

Madeleines : Deuxième : Rabbi Jacob

En cette période propice aux souvenirs d'enfance et au laisser-aller régressif, je me laisse lentement mais très sûrement glisser dans une torpeur toute invernale et infantile, petite parenthèse au coeur de la vie.

Alors en deuze, et dans le désorde, un extrait de mes favoris : Rabbi Jacob (film de Gérard Oury, 1973, pour les gens qui ne connaissent pas).




Personnellement, et encore une fois, je ne m'en lasse pas !

décembre 08, 2006

La déferlante pin-up

Bettie Page, Betty Grable, sont des icônes de la vague pin-up qui déferla sur les États-Unis en particulier, dans les années 40.

Cette image de la femme sexy me plaît parce qu'elle n'est pas vulgaire.

Donc les pin-up dont plus personne n'ignore l'origine du nom puisque ces dessins étaient à l'époque punaisées sur les murs, et les cabines des camionneurs, mais également dessinées sur les carlingues des avions.

Il n'y a pas beaucoup plus à en dire, mieux vaut en voir, ma foi :









Madeleines : Première ! Le Jerry Lewis de mon enfance

Je suis quelqu'un de très nostalgique et j'ai un milliard de madeleines dont je pense que je ne me lasserai jamais.

En premier épisode : Jerry Lewis. Il me fait rire. C'est comme ça.

Pour moi il est l'archétype du comique, le roi du "slapstick" (autrement dit de la grosse farce), et une vraie source d'inspiration pour tout un tas d'acteurs comiques actuels (Jim Carrey, au hasard). Il en fait des tonnes, mais ne me lasse pas.
Et oui, quand je le regarde, j'ai 12 ans et demi !

En 1946, sa rencontre avec Dean Martin donne lieu à des duos hilarants où clairement ils n'avaient pas l'air de s'ennuyer :




Et un de mes extraits préférés, du film "Nutty Professor" (Docteur Jerry et Mister Love) :

novembre 23, 2006

La promesse de l'aube


Je suis dans La promesse de l’aube, de Romain Gary

Romain Gary qui n’a de cesse de raconter sa vie d’enfant unique d’une mère délaissée et totalement dévouée à l’œuvre de sa vie : lui.
Ainsi décrit-il l’amour maternel exclusif. Je dois dire que je n’ai pas vécu cet amour enfant, mais que devenue maman, je me suis trouvée riche de cette source qu’il décrit, et que j’appelle moi mon « puit sans fond d’amour », qui fait parfois peur, qui déstabilise, mais qui tient tellement chaud au cœur. Je partage avec vous :


« Ce fut seulement aux abords de la quarantaine que je commençai à comprendre. Il n’est pas bon d’être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c’est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l’amour maternel, la vie fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras, vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous les côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l’aube, une étude très serrée de l’amour et vous avez sur vous de la documentation. Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu.
Je ne dis pas qu’il faille empêcher les mères d’aimer les petits. Je dis simplement qu’il vaut mieux que les mères aient encore quelqu’un d’autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants. »

novembre 17, 2006

Une présence à exploser l'objectif

En parlant de force et de fragilité, je pensais tout particulièrement à ces deux photos. Elle est éblouissante sur la première. Ultra émouvante sur la deuxième.


J'ai un faible

pour les photos de dos



J'y vois autant de force que de fragilité

novembre 16, 2006

L'ombre de moi-meme

Y’a des jours comme ça où on est l’ombre de soi-même.
Le réveil ne vous agresse même pas : vous ne l’entendez pas.
Ma première pensée fut « On est quoi ? jeudi. QUE jeudi noooooooooon ! Au secours ! » Ensuite on se met sous la douche, ça ne fait rien de plus que vous mouiller. Même froide. Mais là encore vous ne réalisez pas qu’il y a un souci. Puis café, enfant, école « Je veux rester avec toi à la maison ». Vous pensez « Oui, moi aussi, chérie, moi aussi », imaginant un instant le bonheur sans limite que serait une grasse mat’ au lit avec un café et un bouquin, mais vous dites « mais non, ma chérie, ta place est à l’école, avec tous tes copains qui t’attendent, là, regarde ! » Trente paires d’yeux nous entourent en effet, puis quelques réflexions fusent « qu’est-ce qu’elle a ? » « Elle veut peut-être rester avec toi » me suggère une brunette à couettes (...)
Le petit matin n’en finit plus de vous bousculer avec son cortège d’horaires qui se suivent sans vous laisser de répit. Les gens vous poussent, vous pressent, vous dépassent, vous envahissent.
À la boulangerie, je laisse passer une bonne femme (y’a pas d’autre mot), « Je suis pressée !!!! ». Je préfère la laisser faire son show devant moi que de la sentir piailler et trépigner pendant que je cherche des sous dans mon sac sans fond (vous voyez le cabas de Mary Poppins ? Je suis sûre qu’avec un peu de concentration, je pourrais comme elle extraire de mon sac un porte-manteaux, un miroir ou une plante verte). Bref, elle est tellement pressée, la Bonne-Femme, qu’elle met dix minutes à acheter ses trois croissants. C’est normal, je lui ai laissé mon tour, il est tout naturel qu’elle en jouisse à son aise sans que je proteste, et puis j’avoue, je n’ai pas envie, ça me passe au-dessus du crâne : je suis à l’ouest.
Vous arrivez au bureau martelé, roué, contusionné ; le téléphone prend le relais, des questions, des réponses, des choses à relire, des gens, partout, encore. Des vannes, plus ou moins drôles (un open space de dix personnes n’est pas une situation toujours facile à vivre, je ne vous apprend rien).
Ce midi un médecin me conseille de tuer quelqu’un « Faites-le, vous verrez, ça soulage ». Qu'est-ce qu'il dit ?
Je n’émets aucune objection, j’y avais bien pensé avant qu’il me le suggère. Mais ce n’est pas parce que les gens sont cons que ça m’autorise à les tuer. J'ai expliqué ça il n'y a pas longtemps à ma poulette. Je dois m'y tenir.
Bref, après une course de vitesse d’une heure quinze pour cinq minutes de rendez-vous, je suis enfin réveillée pour attaquer une après-midi qui sera certainement fascinante.
Je trouve ça impossible de raisonner en se disant "Et demain quoi ? Demain pareil. Sauf qu'on sera vendredi."
Non, je ne trouve ça pas possible.

novembre 14, 2006

Littéralement happée

Ce matin j'ai littéralement plané sur cette chanson d'Alain Bashung.
Un morceau de ciel bleu au bout des yeux et je flottais dans la rue

Tu vois ce convoi
Qui s’ébranle
Non tu vois pas
Tu n’es pas dans l’angle
Pas dans le triangle

Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand j’te volais dans les plumes
Entre les dunes

Par la porte entrebâillée
Je te vois rêver
A des ébats qui me blessent
A des ébats qui ne cessent

Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d’auréole
Les cymbales les symboles
Collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe

Les vents de l’orgueil
Peu apaisés
Peu apaisés
Une poussière dans l’œil
Et le monde entier soudain se trouble

Comme quand tu faisais du zèle
Comme quand j’te volais dans les plumes
Entre les dunes

Par la porte entrebaîllée
Je te vois pleurer
Des romans-fleuves asséchés
Où jadis on nageait

Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d’auréole
Les cymbales les symboles
Collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe

novembre 09, 2006

Kressmann Taylor, la sensitive










Kathrine Kressmann Taylor
(1903-1997)

J'ai rencontré Kressmann Taylor dans un supermarché du Nord.
Je ne suis pas fan des livres au supermarché, mais là, je suis littéralement tombée en arrêt sur la couverture de son recueil intitulé « Ainsi rêvent les femmes », qui réunit quatre nouvelles dont les personnages débordent d'émotions.
Son écriture est riche, douce, émouvante. Elle donne le sentiment de quelqu'un d'une grande bonté, et d’une profonde sensibilité.
Je ne parlerai pas du gros succès de Kressmann Taylor Inconnu à cette adresse, parce que j'ai choisi de me concentrer sur ces deux recueils de nouvelles.

Dans la première nouvelle, Harriet rêve, justement. Mais de ces rêves qui mêlent si finement des éléments absurdes à la réalité qu’on perd tout à fait pied. Ici, nous savons et ressentons l'essentiel de ce que vit cette femme, en cinq petites pages. Je trouve ça magique.

« - Il faut que tu regardes ma nouvelle machine à faire les boutonnières, dit Leila. Tu n'as jamais rien vu de tel. Harry m'achète toutes les machines dont j'ai envie.
Et elle se mit à fabriquer des boutonnières à toute allure, l'une après l'autre.
Harriet gardait les yeux fixés sur cette course de boutonnières, mais entre ses côtes, une crainte froide commençait à se répandre. Tout à coup, son cœur cessa de palpiter dans sa poitrine, transi par un intolérable élancement de douleur glacé. Elle savait presque, mais luttait contre ce qu'elle savait. À ce moment-là, les flammes jaillirent au pied des murs et les yeux de Leila laissèrent échapper leur secret. Des yeux avides, satisfaits et nus. »


Dans ces quatre histoires, chacun des acteurs (car le dernier est un homme) vit un rêve. Une vie rêvée, un rêve de vie, qui prend corps ou non. Toujours est-il que la délicatesse de ses descriptions dessine chaque décor et chaque personnage avec précision, et souvent en lien avec la nature. Par exemple dans la seconde nouvelle, où une adolescente est confrontée à sa mère :
« Sa mère la connaissait par cœur, savait immédiatement ce qui lui conviendrait. Anna se disait : « Je ne mérite pas une mère comme elle, elle est trop indulgente avec moi, je deviens capricieuse et gâtée. » La voix de sa mère lui parvient de l'autre côté du corridor.
- N'oublie pas de mettre tes chaussures avant de descendre.
Aussitôt tout fut gâché, sa gratitude s'envola « Si seulement Maman me permettait d'être moi-même, ne serait-ce que dix minutes ! »
Voilà le problème en fait, sa mère arrangeait trop les choses. Elle ne laissait rien au hasard, elle imposait à tout un ordre agréable et convenable. « Je me demande s'il lui arrive de voir jusqu'aux ténébreux abîmes qui se profilent derrière les apparences, de faire face à l'effroyable, à l'insupportable fin de tout. Elle ne comprend pas que la blancheur des pivoines fait peine à voir car elle doit finir un jour. Il y a dans le monde quelque chose qui ne va pas du tout. Regardez ce qui dure, les tombes, par exemple. Ce sont les belles choses qui disparaissent en premier : les matinées comme celles-ci, les iris qui cachent à l'intérieur de leurs pétales des cavités mouchetées et duveteuses. »

Comme je restais sur ma faim, je me suis avidement jetée sur le pendant de ce volume
« Ainsi mentent les hommes ».

Les femmes rêvent, les hommes mentent, pourquoi pas. Je précise toutefois que les nouvelles ont été ressemblées en volumes par l'éditeur, alors qu'elles étaient pour la plupart, parues séparément dans des magazines féminins ou des quotidiens américains dans les années 50.
Ici les mensonges dont il est question dans le titre sont autant de trahisons ou de fuites, qui ont pour principale conséquence de faire souffrir les personnes aimantes de l'entourage.

Le petit Richard vit la semaine en compagnie de sa mère. Son père est représentant, et nous assistons à son retour à la maison pour le week-end. Ce dernier se croit obligé d'imposer son autorité de père de famille en redressant l'éducation de son fils supposément négligée par la mère. Et c'est elle que Richard va trahir. Son mensonge consistera à accepter cette autorité afin d'entrer dans les faveurs paternelles, cela au détriment de sa mère, qui par voie de conséquence passe pour être trop faible avec son garçon. Heureusement cependant, leur relation ne se résume pas à cela.
« - Je t'ai demandé ce que tu faisais de bon à l'école, répéta la voix de l'homme.
- Oh ! ça va, dit il. Je pense que ça va.
- Tu penses ? demanda froidement son père. Tu n'en es pas sûr ?
- Si papa, je travaille bien. »
Sa gorge se serra aussitôt jusqu'à l'étouffement, et il eut la sensation qu'il allait vomir, parce que le visage de son père était devenu dur, comme près à le punir ; la magie de cette journée était brisée, et c'était sa faute à lui, Richard. Désespéré, il vit son père diriger son regard sévère vers sa mère.
« - Si je te laisse trop longtemps toute seule avec le gosse, tu m'en feras une femmelette. Ça te plairait, ça hein ? » dit-il avec amertume.
Richard comprit alors que sa mère allait les sauver. Elle ne prit pas l'air humble, craintif, replié, qu'elle avait habituellement lorsque le père lui parlait ainsi. Ses yeux gardèrent leur éclat joyeux, sa bouche forma une moue charmante, et elle éclata de rire. Le visage de son père devient rouge et content, il l'attira de nouveau contre lui et couvrit ses lèvres d'un long baiser persistant. Simplement, sa mère ne s'abandonna pas à cette étreinte comme elle avait pu le faire dans le jardin. Elle offrait sa bouche, mais ses épaules étaient tendues, ses mains étaient deux poings crispés tombant le long du corps au lieu de s'étaler avec bonheur sur le dos de son mari. Elle les avait sauvés, mais elle avait honte ; elle souffrait. Le petit garçon, s'accrochant éperdument aux vestiges de cette journée, qui durait encore, qui se poursuivait malgré tout, était trop soulagé pour s'en inquiéter. »

Cette scène n'est que le début, mais rassurez-vous, si Richard ne défend pas sa mère, et laisse par la suite son père lancer des répliques du meilleur goût « C'est ça les bonnes femmes, on ne peut pas leur demander d'avoir de la jugeote. », voire s'y associe, la complicité qu’il partage avec sa mère n'en sera pas effacée pour autant. (De là à dire qu'elle en sortira intacte, il ne faut pas pousser, mais l'amour fait des miracles.)

Enfin, la dernière nouvelle de ce volume réunit deux femmes, une jeune et une usée, je dirais. C'est je crois la plus touchante de toutes ces nouvelles, et je résisterais au plaisir de vous faire lire le dernier paragraphe car il prend tout son sens au terme de la lecture de ce petit texte.

Si vous avez besoin d'un peu de douceur et de délicatesse en ce début de frimas, je vous recommande la lecture de ces textes délicats comme tout.

novembre 08, 2006

Le retour de la question existentielle... ou Chronique d'une coïncidence

Et si je recrutais en ce moment des relecteurs et que je recevais le CV d'une personne qui indique avoir relu les épreuves d'un livre, succès récent de chez Gallimuch, qui a pour caractéristique d'être le livre le plus riche en fautes d'accord que j'ai jamais lu.
Cf. cette note
Est-ce que je trouve cette référence rédibitoire, au point de ne pas donner suite, ou est-ce que je tente le coup, en comptant sur le fait que les fautes ont peut-être été intégrées après sa relecture.
Est-ce seulement probable ?
Peut-être.
Je m'interroge.
Et je n'en reviens pas de cette coïncidence.



novembre 07, 2006

A l'heure de la nuit

La nuit envahit nos jours
Heureusement que certaines fleurs éclairent encore l'automne...



La multiplication des lapins

Il y a de cela quelque temps,
Je fus accueillie sur la souche d'une trolette,

c'est là

qui parmi mille autres beautés
faisait de ses mains, des origapins
jolis

sur une idée brillante de la non moins accueillante
lilfairy
dont le tuto suit
ici


C'était si beau que mes doigts n'y tenant plus
j'ai fait de même pour ma maison à moi
Et voici ce qu'il arriva
les lapins dans ma maison
sont devenus lumignons !








Merci à La Trolette et à lilfairy de nous permettre de partager toutes ces beautés...
Je suis rose de plaisir !




octobre 30, 2006

À l'ouest d'Eden

Un américain sur deux croit que Dieu a crée l'homme (en la personne d'Adam, puis de Eve (...)).
Il y a 6 OOO ans.
Cette nouvelle théorie, le Créationnisme, divise les politiques, divise les enseignants, divise les peuples.
Née au XIXe siècle, cette théorie fut dans un premier temps une réaction contre le Darwinisme, qui rendait impossible une lecture littérale de la Bible. L'Eglise refuse l'affirmation de la science face aux écrits.

Après Vatican II, l'Église catholique reste discrète sur cette doctrine jusqu'au 23 octobre 1996 où le pape Jean-Paul II reconnaît que les théories de Darwin sont plus qu'une hypothèse.

Aujourd'hui, aux États-Unis, le Créationisme fait rage.
Au Kansas, le Darwinisme (reconnu, et prouvé scientifquement) a été délogé pour laisser place à l'enseignement du créationnisme.

J'ai personnellement toutes les peines du monde à comprendre que 50% de toute une population croit dur comme à fer qu'Adam, Eve, Noé et les autres ont été crées de la main de Dieu.
La lecture littérale de la Bible à notre époque me pose problème en ce qu'elle remet en cause trop de découvertes et d'avancées scientifiques.
Quand on se replace dans la perspective du développement des espèces, ça fait un drôle d'effet.
La naïveté,ou plutôt l'obscurantisme dont font preuve ces personne me fait froid dans le dos.
Soutenus par un chef de l'état, dont on les entend dire qu'il a été placé là "par la main de Dieu".
Ce qui ne fait auncun doute quand on voit les conditions dans lesquelles il fut élu pour son permier mandat...

Dans quel type de monde veulent vivre ces gens ?

octobre 26, 2006

Ma question existentielle

Je me pose quelquefois des questions existentielles.

Aujourd'hui, ma question existentielle est la suivante :

"Est-il normal qu'un livre de la collection Blanche de l'excellente maison Gallimuch, qui se vend aux alentours de 25 euros, soit truffé de fautes d'orthographes ?"

Spontanément, je dirais que c'est honteux.

Personne n'est à l'abri de la faute, notamment dans un mail ou sur un blog, attention, je ne suis pas en train de condamner les faiseurs de fautes (dont je ne suis pas exclue).

Mais il y a des gens dont c'est le métier, de fabuleux relecteurs-correcteurs, qui ne demandent qu'à corriger des manuscrits de chez Gallimuch.

Alors pourquoi ?
Parce que sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, quand je dis "truffé", je pèse mes mots.

je suis déçue, comme qui dirait.

octobre 17, 2006

Pompon, la lisse attitude

Monsieur François Pompon (1855-1933) est connu pour son ours, qui le révéla au public au Salon d'automne, en 1922. Il avait 67 ans. Un ours à la silhouette sobre, au pas nonchalant, à la silhouette d'une modernité échevelée pour l'époque, dont la robe lisse donne imméditament envie de toucher, de caresser.
Cet ours :






















Ours blanc, profil droit de François Pompon
1928-1929, pierre de Lens

© ADAGP
© RMN / S. Boegly









































(© Alain Millot)


Excellent technicien, Pompon fut chef d'atelier de Rodin.
Il créa avec Camille Claudel, cette sculpture, "La Vague", qui est visible au Musée Rodin :






Date : entre 1987 et 1902© ADAGP


Outre la pureté des courbes de ses statues, Pompon sculptait le mouvement :
"C'est le mouvement qui détermine la forme, ce que j'ai essayé de rendre,
c'est le sens du mouvement.
Au Jardin des Plantes, je suis les animaux quand ils marchent...
Ce qui est intéres
sant, c'est l'animal qui se déplace."



Tel ce sanglier, attrapé en pleine course :



(bronze de 1925)

ou encore cette panthère à l'affût (1926)


"Je fais l'animal avec presque tous les falbalas, et puis, petit à petit, j'élimine de façon à ne plus conserver que ce qui est indispensable".





Et c'est certainement cette pureté , cet équilibre installé dans l'absence de détail qui redonne à l'attitude toute son importance (regardez l'inclination de la tête de cette chouette. Elle nous interroge du regard, non ?).

Ce tout de simplicité qui contraste tellement avec la scultpure chargée du XIXe fit sa renommée, puisque pompon connut,
suite à l'avènement de son ours, un succès de dix années.
Il s'exporta au Japon, au Brésil et aux États-Unis, par exemple.


Petite chouette (1918)











Fort de son expérience, l'humble Pompon prodiguait le conseil suivant :
"Quand vous avez un succès, enfermez-vous dans votre atelier et travaillez".









Petit ours brun, 1918 (Musée d'Orsay)

J'aime Pompon depuis toujours parce que ses oeuvres sont rondes, lisses, simples, épurées, et que ça me parle. De même que Constantin Brancusi, dont je pense que je parlerai un jour prochain. Pour moi la sculpture doit nourrir l'oeil et donner envie de toucher, de palper, de caresser. Alors c'est réussi


octobre 10, 2006

Sois sage

Recueillement

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici:
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire

http://www.anthologie.free.fr/anthologie/baudelaire/fleurs07.htm

octobre 06, 2006

Rien que pour vos yeux

Je suis tombée en extase sur les photos de ce garçon, Kéa. Je me laisserais bien porter au fil de ces profils, de ces regards d'enfants, de ces ombres et de ces lumières, de ces paysages enchanteurs. Il est doué de talent, ce garçon. Je pense qu'il sait photographier et sublimer, mais également voir. ça a l'air idiot, mais c'est pourtant là qu'est toute sa grâce.
L'avantage, c'est qu'on peut se laisser porter un certain temps, puisqu'il y a énormément de photos.
Je ne peux que vous recommander d'aller vous y poser un peu.

http://kea-etc.net

octobre 05, 2006

Guillaume Seznec

Guillaume Seznec, de retour du bagne, embrasse le 23 juillet 1949 à Quimper, sa fille Jeanne, qui vient d'être acquittée par la Cour d'assises de Quimper du meurtre de son mari.




Vous dire pourquoi j'ai été émue aux larmes ce matin devant cette photo... ?
Le choc des années perdues, qu'ils ne rattraperont jamais.
Le choc de voir cet homme serrer dans ses bras cette femme, qu'il a laissé jeune fille. Lui est-elle étrangère tout autant que familière ? Peut-être.
Et bien sûr parce la culpabilité de cet homme, qui a passé vingt quatre ans enfermé, dont vingt deux ans au bagne de Cayenne est remise en question depuis 1938. Que nous sommes en 2006. Et qu'il est mort en 1954, des suites d'un mystérieux accident, écrasé à Paris par une camionnette.
Que le tout est fondé sur des témoignages plus que douteux.
Que la justice des hommes est parfois plus proche des histoires d'argent et des magouilles que de l'équité.
Et que ça ne devrait pas être comme ça.