février 12, 2009

La bête

L'écriture. Aussi vitale que douloureuse. 
Je n'ai pas confiance en moi, en ce que je suis capable d'écrire. 
Mais j'ai besoin d'écrire. 
Et ce combat intérieur, je le livre tous les jours, je me cou
che en ayant envie d'écrire, je me lève dans le même état, et tout le jour je porte ce désir en moi, bien au chaud dans mon sein. 
Il se fait plus ou moins vivace selon les jours, mais il est là, brûlant, doux ou vibrant, et je le caresse ou le fait taire selon que j'ai ou non le temps/l'envie/l'idée/l'énergie d'écrire. 
Et la confiance qui me fait défaut cède régulièrement la place au rouleau compresseur de l'auto-débinage, dont je suis experte. 
La lutte est constante.
Ci-dessous, une métaphore qui repousse les points, exercice expérimenté en atelier ce lundi.



Tapie dans l'ombre d'un recoin, la bête est là, vive, aux aguets, prête à bondir au moindre sursaut, elle a rassemblée ses forces pour attaquer et n'attend plus que le moment de surgir, les muscles bandés et la détente sûre, toutes griffes sorties et toutes dents dehors, l'écume fumante aux lèvres elle guette l'indice de ma faiblesse, la faille qui lui permettra de s'engouffrer pour me déchirer et m'ôter le souffle, le doux souffle chaud qui m'anime et me donne ce petit goût de vie, cette trace de sel sur mes lèvres qui fait battre mon coeur un peu plus vite, un peu plus fort, et m'aide à traverser les vents quotidiens debout, petite flamme vacillante qui pourrait en un souffle se dissiper en un filet de fumée, en laissant une odeur de consumé, et le souvenir d'une lueur.


J'écoute la bête, je la tient en respect tant que je peux, mais il est parfois doux de lâcher les armes et de la laisser me dévorer, de la regarder fouiller mes entrailles et me dépecer avec fureur, depuis le temps qu'elle se contient, elle a faim et se nourrit comme si elle voulait ne plus jamais connaître cet appétit, avec avidité et sans aucune hésitation, et je la regarde m'engloutir sans reprendre son souffle et avant même d'avoir conscience du mal qu'elle me fait, alors que j'ai sciemment permis cet assaut et que je ne cherche même plus à me défendre.



Le temps a changé. La bête est moins gourmande, elle s'est gavée des années durant de ma faiblesse ignorante, mais je ne la laisse plus autant faire, et son appétit doit s'amenuiser avec la raréfaction de sa pitance; mais je reste vigilante, je sais qu'elle respire toujours quelque part dans un coin, jamais bien loin, et qu'elle reconnaît à la seconde l'odeur de mes hésitations, le parfum de mes errances et celui, familier, du doute profond, alors sans cesse je déploie des ruses pour dissimuler à son flair aiguisé mon absence de courage; je fuis parfois pour lui échapper, oubliant un instant toute velléité, toute aspiration, mais l'envie n'est jamais loin, qui seule me permet de ne pas ployer définitivement; c'est une grâce, une chance, que j'ai pour soif de préserver.




La belle et la bête - Jean Cocteau


février 07, 2009

L'horizon


Pour ne pas perdre de vue quel fut cet horizon merveilleux pour moi, au seuil de cette nouvelle année. 


février 05, 2009

Ne parle pas d'enfer qui veut


La porte des enfers, Laurent Gaudé, 2008

Voici un nouveau Gaudé que j'ai appréhendé de lire, redoutant le sujet grave, en bonne âme sensible qui se respecte. 
L'histoire est en effet celle de la perte d'une enfant, qui conduit des parents au seuil de cette porte des enfers. 
Mais, à moins que je sois devenue particulièrement imperméable aux drames de la vie, je n'ai pas été touchée comme je le craignais, et comme je l'attendais, paradoxalement. 
Qui me lit sait que j'ai pour Laurent Gaudé une profonde admiration. Il est de ces auteurs qui traitent de la nature humaine et nature tout court avec brio et beaucoup de style. Mais si j'ai à nouveau pu apprécier son écriture délicate, je n'ai pas adhéré à son histoire. Je crains qu'en effet Laurent Gaudé ne maîtrise pas encore le style fantastique, à mon plus grand regret, vous pouvez me croire. Je n'ai pas été emportée par sa description des enfers, et une longueur pensante a failli me faire lâcher prise au milieu du roman. 
Une petite déception, donc, dont je me remettrai, tant le souvenir de ses précédents livres est encore vivace et réconfortant pour moi.  

janvier 29, 2009

Allumer le chat ?


Allumer le chat, Barbara Constantine

Voilà un roman comme j'en lis peu. Un ton enlevé, des propos débridés, et une histoire, des histoires en réalité, complètement farfelues. 
Mais un roman qui à l'arrive me plaît car il confirme tout à fait ma devise préférée "La réalité dépasse la fiction". Vous le contastez sans doute tous les jours, comme c'est mon cas, non ?

Revenons-en au chat, par lequel nous entrons dans une famille, dont les personnage sont touchants pour leur justesse et leur humanité. Si j'ai au début été un peu agacée par les propos grossiers, je m'y suis rapidement acclimatée (habituée que je suis, je l'avoue, aux jurons, c'est mal, je sais, et je fais moult efforts pour m'améliorer, croyez-moi.). 
Le plus intéressant dans tout cela, après les personnages et leurs tribulations, c'est la construction de l'histoire. Si la multiplication des personnages et des intrigues peut parfois donner le sentiment d'éparpillement, il ne dure pas, et notre auteure boucle la boucle avec une facilité que je lui envie. Car il ne faudrait pas penser que Barbara Constantine ne sait pas où elle va. Non seulement elle le sait parfaitement, mais elle fonce, et nous mène tambour battant au terme de cette histoire que je vous conseille, chers amis !
 

janvier 27, 2009

2.0 ?

Question d'une amie ce midi : "C'est quoi déjà, l'Internet 2.0 ?"

Une opportunité, des possibilités, des multiples. 
Que représente votre blog dans votre vie ?
Savez-vous clairement ce que vous en attendez ?
Quelles étaient vos attentes quand vous l'avez crée ? 
Ont-elles évoluées ?

A l'époque j'ai ouvert un blog parce que je voulais en être. 
Les personnes que je lisais étaient inspirées et inspirantes. 
J'ai voulu, moi aussi, donner mon avis, quand on ne me le demandait pas vraiment. 
Partager des sentiments, quand on en attendait pas tant. 
A l'époque, je n'étais pas claire sur ce que j'en attendais vraiment. 
A part attirer un peu l'attention en donnant de moi, pour aller à la rencontre d'autres, et surtout, voir si j'étais capable d'écrire et d'être lue, plus ou moins régulièrement. 
Capable d'être lue, quel paradoxe, au passage. 
Aujourd'hui je pense que je ne me livre probablement pas assez. 
Mais quand je vois malgré tout quelles rencontres j'ai faites, je ne regrette pas.
Et je vais continuer, un peu, en attendant de parvenir vraiment à me lâcher ?

je serais vraiment curieuse de savoir ce que vous en attendez, et quel plaisir vous y prenez. Parce que le fond de tout, c'est le plaisir, non ?





janvier 10, 2009

Le vent souffle moins fort à Venise


Après avoir découvert Claudie Gallay comme beaucoup d'entre nous au travers de son livre Les déferlantes, grand succès et découverte de l'été, j'ai lu Seule, Venise pendant les vacances de Noël, et j'ai retrouvé sa voix. 
Le personnage féminin qui est peu ou proue le même que dans Les Déferlantes, sortant d'une relation amoureuse forte et quitte son univers quotidien pour Venise au coeur de l'hiver. 
Si l'environnement est tout autre puisque La Hague cède la place à Venise, il n'en est pas moins présent même si moins virulent, tout comme la douleur de l'abandon est ici moins forte, mais toujours au premier plan.
Le vent souffle moins fort à Venise, mais il serait dommage de se priver de cette lecture où une fois encore, la voix de Claudie Gallay est belle et bien présente. 

Seule Venise, Claudie Gallay, Actes Sud 2005,

janvier 08, 2009

Ce que je voeux ?

Pour poursuivre sur la lancée de ce début d'année, et parce que toutes mes cartes de voeux me semblent obsolètes avant même d'être écrites, ou encore conçues, je formule un voeu en moi-même.
Un voeu d'importance, jugez plutôt, il concerne ma vie, mon désir, et mon avenir. 
Un voeu que je caresse du bout des doigts, que je murmure lentement, et que je conserve serré, précieux, au chaud dans ma poitrine, où bat mon coeur au rythme de mes lignes. 
Un voeu que je me charge de réaliser. Je me donne cette responsabiliser de lui montrer le chemin pour la réalité. Le faire descendre des nimbes pour l'élever dans notre monde. 
N'est-ce pas enthousiasmant ?

Un voeu, qu'y a-t-il de plus précieux, au moment où on l'imagine ?

janvier 06, 2009

Avez-vous remarqué ?

Avez-vous remarqué ce froid piquant qui vous chatouille les joues ? 

Le joli manteau blanc ?

Les sourires ravis affichés par n'importe quel quidam croisé dans la rue ?

Pas de doute, le père Noël est passé (n'en déplaise à ma fille). Je crois que les agents de la SNCF qui sont en grève depuis trois semaines, vont redonner un cours normal au trafic. Ils nous ont bien pourri l'avant-Noël, ce délicieux temps suspendu où la question est sur toutes les lèvres "T'as fait tes cadeaux ?" A nous faire piétiner les quais par -2° (je sais, aujourd'hui, cela semble tropical, mais voyez-vous, vous êtes parés, or à l'époque, pauvres âmes, nous en étions encore au réchauffement de la planète,  à trembler de froid, sans un agent à se mettre sous la dent pour se réchauffer un peu). 
Ces grèves donc, sont en passe de s'achever. on parlerait même de remboursements. mais n'anticipons pas.

Moi qui était au bout du bout de la Bretagne pendant ces vacances, j'ai vécu un rêve, à ne pas entendre prononcer le mot "crise" pendant 7 jours d'affilée. un petit shoot de France-Info m'a vite ramené à la réalité. Soit 5 occurrences en 10 minutes.  

Un rêve de soleil. imaginez plutôt, l'ensoleillement a été au moins dix fois plus important en cette fin décembre 2008 qu'au début août de la même année ! 

Un rêve enfin, car à minuit 5, 10, 30, et le lendemain, je n'ai reçu que de rares SMS pour me souhaiter une bonne année. Et vous ? Avez-vous constaté la fin des voeux Smesques ?
Attention, c'est à ne pas confondre avec la solitude. Telle cette amie qui me disait "Personne ne m'appelle, je finirai seule, bouffée par mes chiens". Mais non. La réalité est toute autre, et je me suis chargée de la dessiller, chère, très chère amie, vois-tu, les voeux par SMS sont en voie de disparition. 
Félicitons-nous

Avez-vous remarqué également la fin des bonnes résolutions ? 
Les bonnes résolutions, diabolisées à foison, remplacées de bon coeur par les "souhaits". 
De toutes façons, les bonnes résolutions ont pour principal objectif de nous donner bonne conscience au terme d'une fin d'année grasse, gloutonne et éructive (comment ? ce mot n'existe pas, me dit-on ? Pourtant, il vous parle, non ?). Enfin, j'aimerais en finir avec une méprise générale : les bonnes résolutions ne sont pas faites pour être tenues, elles sont là pour vous permettre d'imaginer un instant qui vous pourriez être si vous étiez parfait à vos yeux. Et vous aident finalement à conclure que décidément, vous êtes ce que vous êtes pour une très bonne raison : vous êtes vous-même. 

En 2009, les amis, j'ai résolu d'être résolument POSITIVE ! 

Le froid, ça réveille. La neige, c'est magnifique. La grève, c'est terminé. Les voeux, c'est passé. Les résolutions, c'est derrière. 

Et je vous souhaite une très très belle année ! 

Allez, on s'embrasse ?




décembre 12, 2008

Une souris a des soucis

La Souris Bleue, Kate Atkinson
Le Livre de poche, 2006

Jackson Brodie, détective privé de son état, et ancien flic, est appelé à enquêter sur la réapparition de Souris Bleue. 
Rassurez vous, les tenants et aboutissants vous sont donnés au cours de la lecture, qui, si elle est agréable en raison du style souple et de l'aisance de l'auteur à manier les formules, n'en est pas toujours très aisée à suivre. (A l'image de cette dernière phrase.) Voilà une couverture qui pour une fois donne une idée très schématisée du contenu !
Les personnages se succèdent au rythme des chapitres, et peu à peu l'intrigue se noue. Mais je dois avouer que l'exercice de style révélé par la construction du roman n'apporte finalement pas grand chose à l'intrigue. L'effet final est décevant, alors que les personnages sont convaincants et plutôt attachants et que l'auteur brosse un portrait tout-à-fait convaincant de la petite société de Cambridge. Sans compter quelques rebondissements rondement amenés. 
Un petit défaut de construction, donc, mais une lecture agréable, avec juste le brin de suspens qu'il faut.

Veuillez ne pas empêcher la fermeture des portes

Metropolitan de Yan Marchand
Editions Griffe d'encre, collection Novella, 2007.

Un homme, guichetier dans une banque, sans signe particulier pour se distinguer du commun, se fait un jour morde par un chien à la sortie du métro. De cette situation a priori banale, l'histoire bascule soudain dans l'absurde et se révèle sous un jour fantastique inattendu. 

J'aime les histoires qui, partant du quotidien banal, nous balancent dans une fiction irréelle, bouleversant les repères habituels. L'intrigue est menée d'une plume subtile très agréable à lire. J'aurais aimé un ou deux rebondissements supplémentaires, mais on se laisse emporter avec plaisir par le rythme de la nouvelle. 

Une mention spéciale pour l'illustration de couverture que je trouve magnifique et qui donne du poids et des couleurs à l'ambiance du texte. Elle est réalisée par Zariel. 


novembre 04, 2008

Brume*

> *brume
(nom féminin)
Brouillard léger, surtout en parlant de celui de la mer.
Incertitude.

La sensation étonnante d'avoir un oreiller à la place de la tête
Le visage chiffonné et les yeux bouffis
Les paupières gonflées d'une mauvaise nuit
Le corps endolori
Et la nuque raidie
D'étranges vibrations dans la tête,
La mort d'O'Ma'Obama est-elle un signe



Edit de 16h14 : "Dernière minute : la grand-mère d'Obama a voté avant de mourir"

Les gens sont fous. C'est vraiment bizarre de lire ça... On mélange vraiment tout...

octobre 22, 2008

Pour ne pas oublier...

l'Amour et l'énergie

«Je vous garde dans mon coeur»

Si chers Amis,
Nous le savons, l'Amour est plus fort que la Mort, le lien d'amitié profonde que nous avons noué ensemble dans la joie, a une valeur d'éternité joyeuse.
Aujourd'hui, où vous vous êtes encore une fois dérangé pour moi, mon âme et mon coeur sont tout près de votre âme et de votre cœur.
Je voudrais que cette chère rencontre se déroule dans une atmosphère de joie.
J'ai choisi des cantiques pleins d'allégresse. Chantez les joyeusement à pleine voix !
Je tiens à vous dire une merci bondissant de reconnaissance pour ce que vous avez fait et ferez encore, je le sais, pour nos milliers d'enfants en difficulté à travers le monde.
Grâce à vous, ils deviennent des citoyens debout et heureux. L'enfant qui souffre «sensible à vos cœurs» rappelle le mot de Pascal : «Dieu sensible au cœur».
Voilà la merveille qui, au-delà de toute conviction religieuse, politique, culturelle ou autre, nous unit tous dans une belle harmonie.
Seigneur, tu as voulu que nous, les humains, puissions tressaillir devant la douleur et arriver à la soulager. C'est ainsi que, comme nous le dit le Christ, dans l'évangile de Matthieu au chapitre 25, nous devenons «bénis» par Toi, notre Père des cieux.
Oui vous êtes bénis, vous qui savez aimer et partager, vous êtes bénis, parce que, sans le savoir peut-être, vous avancez sur la route qui mène à l'éternité bienheureuse où je vous attends dans le même Amour.
Une petite confidence pour finir. J'ai demandé que soit chanté comme psaume le Magnificat. Ce cantique contient en effet le secret du bonheur de ma vie.
Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez là avec moi !
Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant !
Votre Emmanuelle qui garde chacun et chacune de vous dans son coeur.

octobre 02, 2008

Ceci est un communiqué d'excuses publiques

Le véritable scandale, en ces temps perdus, ce n'est pas le lait contaminé en Chine, ni même la banquise qui fond, les étés pourris (et quand est-ce que je mets mes jolies robes en coton léger de créateurs, moi ?), la crise qui arrive en rouleau compresseur, le (mal)traitement de l'info par les médias, la déconfiture de la presse papier, le fait que certains aient des RTT et moi pas, sans parler de 13e ou 14e mois, ni d'une sixième semaine de vacances, alors imaginez une dixième (ceci dit, dans un secteur tel que la banque, je suis pas fan par les temps qui courent).

Le véritable scandale, je ne fais pas durer le suspens plus longtemps chers amis, c'est que j'ai raté le deuxième anniversaire de mon blog. C'était le 20 septembre. Honte à moi.

Je ne dégainerais aucune excuse, valable ou non, j'ai tellement honte que je ne lui ferais pas cet affront. C'est un véritable crime de lèse-majesblog, j'en ai absolument conscience, et je cherche un châtiment à m'appliquer de ce pas pour racheter ma faute.

Shame on me.

octobre 01, 2008

Les mots que j'aime - L'atelier

Ce n'est pas pour sa sonorité que j'ai retenu ce mot, mais pour son pouvoir évocateur.
L'atelier, selon moi, c'est l'endroit des possibles par excellence. Ça sent la sciure, la sueur, le labeur, l'exaltation de l'art. C'est un peu sombre, ou très lumineux. On s'attelle à la tâche, c'est un endroit secret, souvent planqué au fond d'une cour, dont sortent exaltés les artistes vidés, ou les ouvriers épuisés, tous salis, marqués de ce temps passé à trimer.
Image d'Epinal, je l'admet, mais je l'aime, cette image. Disons qu'elle m'exalte.

Un atelier doit être sale. L'atelier de Brancusi (vous ai-je déjà chanté mon amour de Brancusi, enfin, de son travail ?), a été entièrement nettoyé, lissé, rangé, et c'est horrible parce qu'il a l'air mort, maintenant ce lieu, vraiment. Sans âme, sans traces du passage de l'artiste, tout simplement. Ou encore celui de Cézanne, dans une moindre mesure, puisqu'il reste quelques menus objets propres à symboliser la présence de l'artiste.

Vue de l’atelier Brancusi, reconstitué par Renzo Piano, 1997 © Adagp, Paris 2007

© Atelier Cézanne

Un atelier rangé, c'est comme une blouse de peintre sans tâches. L'atelier, c'est la vie, c'est le bazar, l'amas de chutes de bois, de copeaux, de graisse, de taillures de crayons, de boulons et de vis, c'est le souk ! D'ailleurs, c'est bien connu, c'est dans le bazar qu'on est le plus créatif. Car qui est inspiré par un lieu aussi vide et dépossédé qu'une cellule de moine ? Bon, ok, c'est un mauvais exemple. N'empêche. L'artiste fait corps avec son atelier, et quoi de plus émouvant que de pénétrer dans ces lieux laissés intacts. On a l'impression de frôler le génie créatif, non ?


Un atelier peut être très bruyant (sculpture), ou très calme (peinture), mais rarement entre les deux, c'est interdit, dans mon monde à moi très manichéen. De même, il y fera très chaud, ou très froid. Jamais tiède.

Dans un atelier, on a le droit de se tromper. On y est libre. On cherche, on rature, on cogite, on sature, on revient, on recommence, on se lâche, c'est un vrai concentré de vie, un bouillon de créativité. Une petite fabrique, un lieu autorisé, la cabane de Geo Trouvetout !

L'atelier, pour moi c'est aussi La chambre à soi, celui où on s'exprime, se défend, où on apprend à se connaître. Vous avez peut-être remarqué la multiplication des couverture de magazines de déco en ce moment, où figurent en Une "Se faire son bureau chez soi" "un atelier à la maison" etc. Faut-il y voir un besoin de temps pour soi ?

En tous cas, moi, je vote pour tout ce qui pourrait décoller les gens de leur télé ! Oui à la promotion des ateliers en tous genres, sortez de chez vous, rencontrez-vous, retrouvez-vous, vivez !

septembre 30, 2008

Appel aux dons

Voici l'automne. Je n'écrirais donc ici qu'une fois par saison ? C'est une périodicité comme une autre, me direz-vous.


Je ne vous ferais pas l'affront de prendre de nouvelles résolutions, mais enfin, c'est tentant, parce que demain, c'est le mois d'octobre. Et tout ce qui commence de nouveau, m'incite à résovolutionner. C'est comme ça. ça doit me rassurer sur ma capacité à évoluer.


Mais savez-vous qu'absente de ce blog, je n'en suis pas moins active ? J'ai donc bouclé ma première année d'atelier d'écriture, entamé la seconde, et décroché un CDI. Ce qui, par ces temps de crise, me sied fort.


Mes velléités d'écriture se collettent à la réalité, et je peux vous dire qu'il y a du sang sur les murs de la ville !

En fait... si j'osais... Je vous demanderais de partager vos trucs et astuces pour gagner du temps sur le rythme quotidien.


J'ai déjà quelques idées, que je suis toute prête à partager avec vous :


J'ai cessé de laver le linge. Je jette, c'est plus simple, je gagne du temps autrefois perdu bêtement en lessives, pliages et rangement. Je fais des économies de produits tels que la lessive et l'assouplissant, et de surcroît, je gagne une place folle chez moi ! Un jean, un pull, deux tee-shirt et deux culottes, et roule ma poule, habillée pour l'hiver, tout va bien.

Si vous comptez que j'applique cela à la vaisselle : je fais un minimum de cuisine, nous mangeons à même les saladiers et casseroles, la vaisselle est minimale et je ne perds plus de temps à la ranger, on se sert directement sur l'égouttoir, tout va bien.

Le ménage, idem, un petit coup de balayette/éponge en cas de gros pépin et basta. Tout va bien.

Les enfants ne se lavent plus qu'une fois par semaine, c'est mauvais pour la peau, tous ces produits agressifs qu'ils mettent dans les gels douches et les shampoings. De toutes façons, la grande va à la piscine le vendredi, le petit a les fesses propres à chaque change, et nous, les grands, nous ne sommes vraiment sales qu'au bout d'une semaine. Tout va bien.


Finalement, j'ai déjà gagné un temps fou, mais pas assez encore pour finir d'écrire mon roman, cette oeuvre majeure dans ma vie, que je destine pourtant pas à finir en sept tomes.


Il n'y a guère que le sommeil dont je ne saurais faire l'économie, sous peine de perdre la raison, et ça, ça n'arrivera pas.


Et vous ? Quels sont vos trucs pour gagner du temps ?






juin 12, 2008

7 fois avant de parler tu tourneras ta langue...

Hello...

je vais essayer de venir ici plus souvent, j'ai laissé ce blogounet à l'abandon pour céder aux sirènes de l'écriture et de mes enfants... C'est plus calme ici !

Aujourd'hui, et ces derniers temps en général, mais aujourd'hui, et il y a pas dix minutes de ça, j'ai décidé de ne pas me laisser aller à la langue de putitude.

Oui, mes amis, c'est une vraie démarche, une vraie affirmation, stop aux ragots de bas de étages, élevons le débat !

Je me sens libérée, grandie et presque plus intelligente, rien que ça !

Bonne journée !

avril 23, 2008

A la mode de Ponge

Lundi dernier nous avons écrit dans l'atelier d'écriture auquel je participe, sur les objets, avec la contrainte d'intégrer à notre texte les prises de notes de deux autres personnes sur ce même objet.

J'aime bien ce que j'ai écrit, c'est suffisamment rare pour que j'ai envie de le partager...
Infiniment féminin

Tour d’acier, étui de métal, impénétrable, insoupçonnable. Est-ce une horloge ? Froid insaisissable. Faut-il tirer ? Appuyer ? Elle renvoie les reflets de sa silhouette. Petite tour rouge surmontée d’une cheminée d’acier ; petit flacon rectangulaire. Petit rien, petit tout, dont l’usage participe à la transformation. Est-ce un parfum ? Du poison ? Un élixir ? Petit bijou à la coque délicatement ciselée du nom de son créateur, petit cylindre d’apparat, infiniment féminin. Objet de convoitise pour les petites filles soucieuses de devenir femmes, il a l’odeur poudrée des baisers de maman avant l’école. Il faut pousser. L’objet se dédouble, et, phallique, il intrigue. Symbole de la féminité, il est la virilité masculine faite objet. Il fait monter le rose aux joues quand on le fait glisser avec langueur, qu’on l’humecte et qu’on l’étale avec précaution. La métamorphose s’opère, rubis fascinant, c’est l’entrée en séduction. Véritable peinture de guerre, il laisse son empreinte sur la peau adorée ou le filtre humecté. On le dévore des yeux, il vous mange le visage.

avril 17, 2008

Célébrons le printemps

Indolents nuages,
ondoyants, le ciel paisible
mon âme chante, aérienne

(Et quand Blogspot fonctionnera à nouveau correctement, je vous mettrai une jolie photo... )

avril 10, 2008

Lu dans la presse ce matin

"Pour contrer la tendance à l'apologie de l'anorexie sur Internet, un projet de loi présenté par l'UMP prévoit de punir de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende toute incitation à l'anorexie."

Pour sûr, ça va tout changer. J'espère qu'ils n'oubliront pas de légiférer également pour punir d'emprisonnement les adolescentes qui en parleront dans la cour du collège.

Non, c'est certain, empêcher les gens d'en parler sur Internet va certainement changer le goût des autres pour les corps filiformes qui portent si bien tout type de vêtement.
Le milieu de la mode devrait s'en voir profondément modifié, les magazines féminins publiront enfin des "Spécial rondes" avec de vraies rondes dedans, au lieu de mettre des mannequins à peine un peu rebondis, mais si, là voyons ! Regardez-mieux, juste au-dessus de la ficelle du slip, il y a un bourrelet. Ah ! Vous voyez !

Et moi qui croyais que l'anorexie mentale était une maladie !
Ignorante va.

avril 03, 2008

L'éloge de la fatigue

Alors que j'ai commencé mon nouveau boulot il y a maintenant un peu plus d'un mois et demi, j'ai versé quelques larmes mardi au bureau. La fatigue, l'épuisement et quelque menus événement ont eu raison de mon état de félicité habituel...
Pourtant j'aime ce que je fais, j'aime les gens qui partagent mon quotidien, j'aime mes enfants, mon mari, mes amis, et ils me le rendent bien. Les ateliers d'écriture auxquels je participe depuis un peu plus d'un mois et demi (j'ai tout commencé en même temps), me comblent... mais je suis un peu usée, et mon souci réside principalement je crois dans le fait que je ne veux pas l'admettre. Que je devrais être plus résistante que ça, c'est quoi, un mois et demi ?
Il est parfois dans ces circonstances des réconforts précieux, et une amie m'a adressé ce texte, très beau, très juste, je vous le fait partager, et je la remercie.
Bonne journée...

L'éloge de la fatigue

Vous me dites monsieur, que j'ai mauvaise mine,
qu'avec cette vie que je mène, je me ruine.
Qu'on ne gagne rien à trop prodiguer,
vous me dites enfin, que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué monsieur, mais je m'en flatte,
j'ai tout de fatigué : le cœur, la voix, la rate.
Je m'endors épuisé, je me réveille las,
mais grâce à Dieu, je ne m'en soucie pas.
Et quand je m'en soucie, je me ridiculise,
la fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On est jamais aussi fatigué qu'on le croit,
et quand cela serait, n'en a t-on pas le droit?
Je ne vous parle pas des tristes lassitudes,
qu'on a lorsque le corps harassé d'habitudes,
n'a plus que pour se mouvoir que de pales raisons.
lorsqu'on fait de soi son unique horizon.
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre ou à se défendre.
Cette fatigue là est mauvaise à entendre.
Elle fait l'œil morne, le front lourd, le dos rond,
et nous donne l'aspect d'un vivant moribond.
Mais se sentir plier sous le poids formidable,
des vies dont un beau jour on s'est fait responsable.
Savoir qu'on a des joies ou des pleures dans ses mains,
savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain.
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
aider une existence à continuer sa course.
Et pour cela se battre à s'en user le cœur,
cette fatigue là monsieur, c'est du bonheur.
Et sûr qu'à chaque pas, chaque assaut qu'on livre,
on va aider un être à vivre ou à survivre.
Et sûr qu'on est le port et la route et le guet,
où prendrait on le droit d'être fatigué?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
marque chaque victoire en creux sur leur figure.
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus,
parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.
La fatigue monsieur est un prix toujours juste,
c'est le prix d'une journée d'efforts et de lutte.
C'est le prix d'un laboure ou d'un mur ou d'un exploit,
non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
et c'est la preuve aussi qu'on vit avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
j'écoute mes sommeils et là, je me sens fort.
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
et ma fatigue alors, c'est une récompense.
Et vous me conseillez d'aller me reposer,
mais si j'acceptais là ce que vous me proposez,
si je m'abandonnais à votre douce intrigue,
mais je mourrais monsieur, tristement de fatigue.

Robert Lamoureux.

mars 26, 2008

L’aube, le soir ou la nuit

Quel est le meilleur moment pour écrire ?

L’aube, offerte, porteuse de toutes les promesses d’une nouvelle journée ? L’aube, vierge de tous les tracas du quotidien qui polluent le cerveau.

Le soir, à la faveur de la pénombre, du calme enfin revenu, riche de toutes les émotions de la journée. Ou encombré, peut-être un peu, par tout ce qui fait notre actualité.

La nuit, instant unique, verso du jour, début d’un long voyage qui peut aussi vous embarquer.

Si j'avais le courage, j'écrirais le matin.
Si j'étais moins fatiguée, j'écrirais la nuit.
Reste le soir... mais j'ai la tête lourde. Pas de vraie solution. Plutôt des solutions de repli.


Quel moment préférez-vous ?

mars 17, 2008

Des projets et des rêves

A quoi tient que l'on parvienne ou pas à réaliser ses projets ?
Pendant longtemps je me suis crue incapable. Les années passant, je me rends compte que je suis beaucoup plus capable que ce que je pensais. C'est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant je me dis qu'il n'y a sûrement pas autant de limites que ce que je croyais. Mais je me demande dans quelle mesure s'empèche-t-on de réussir, simplement en se persuadant que l'on est pas capable de, ou que l'on ne mérite pas de.
Est-ce que réussir à réaliser son rêve peut faire peur ?

Karen Blixen, juste avant son départ en Afrique.
Une femme pour laquelle j'ai beaucoup d'admiration, et qui a mené son rêve jusqu'au bout, de toutes ses forces.

mars 06, 2008

un poème un jour

Lundi j'ai participé à mon atelier d'écriture où nous avons composé avec des mots imposés, pour vous résumer rapidement le principe (en le simplifiant franchement).
Hier je me suis amusée à écrire un Haïku sur ce principe, en choisissant trois mots au hasard dans le dictionnaire.

Voici le résultat

Près de ma cheville
Je sens du malheur le souffle
sucré s’échapper

février 29, 2008

Le printemps des poètes

Mon amante,

Mon amie,

Ma mascotte,

Mon totem,

Mon talisman,

Ma manne,

Mon chanvre indien,

Ma mie,

Ma mère,

Ma mare aux fées,

Mon murmure,

Ma musique,

Ma mire,

Ma vigie,

Ma terre,

Mon rubis,

Mon ruban,

Ma rebelle,

Ma lumineuse,

Mon éclaircie,

Mon embellie,

Ma ribambelle,

Ma moitié,

Mon unique,

Mon immédiate,

Ma millénaire !



Michel Leiris

février 04, 2008

Un petit coup de soleil

Ne peut jamais faire de mal... surtout à travers le carreau d'un lundi de février, quand tout s'agite autour de vous, qui a dit "qu'il est doux de ne rien faire" ? Je ne me rallie pas à son avis, ou alors ne rien faire ou pas lourd, mais alors chez moi, pas dans une agence où tout le monde s'agite quand je suis au milieu de la tornade, les bras ballants, à proposer mon aide à droite à gauche pour ne pas rester inactive.
Car je suis désoeuvrée.
Les temps sont durs des préavis inutiles.
Les aller-retour pour du proche de rien du tout et les minutes qui passent en haut à droite du bureau, attendant de voir quel événement pourrait troubler le pas grand chose de la journée.
Heureusement qu'on rigole, il n'est quand même pas question de préaviser morose nom de nom !
Paradoxalment, je ne peux m'empêcher de penser que même ne rien faire m'apportera forcément. optimisme à tout crain ?
Mon premier atelier d'écriture devait commencer aujourd'hui, mais il est reporté. C'est le meilleur moyen que j'ai trouvé de "m'obliger" à libérer trois heures par semaine pour écrire. J'ai encore du mal à le croire.

En partant ce soir j'ai aperçu le sommet du sacré-coeur, du coin de l'oeil par-dessus mon épaule, éclairé d'un rayon du couchant, et dans le gentil froid hivernal de cette fin de journée. Et vraiment, je me suis dit que ça change tout, un petit coup de soleil.


free music

janvier 28, 2008

J'aurais pu lire autrechose. Mais.*




L’histoire de l’amour est un joli second livre d’une jeune auteure new-yorkaise dont l’écriture est touchante car pleine de poésie et que par elle les personnages s’expriment chacun avec une voix propre, ce qui n’est pas si facile, mais ici complètement naturel.
Trois personnages sont liés par un livre, Le livre de l’amour, et chacun porte le deuil d’au moins une personne. L’ombre de la guerre, des victimes de la Shoah et des victimes des aléas de la vie peuplent leurs univers. Le livre en lui-même n’a pas de rôle prédominant, si ce n’est celui de réunir les âmes qui gravitent dans son sillage.
J’ai beaucoup aimé la façon dont chaque personnage parle avec sa propre voix, chacun son chapitre, chacun son univers propre, chacun ses lubies et ses expériences.
Je ne peux que vous encourager à découvrir ce joli livre et avec lui l’écriture touchante de Nicole Krauss.

*Voici une façon d'utiliser le "mais" qui m'a conquise

free music

janvier 23, 2008

Boire le ciel, manger les étoiles


Dans la région des Pouilles, du côté du talon de la botte italienne, une famille porte de génération en génération, le fardeau que leur a laissé leur ancêtre.
Comme dans « La mort du roi Tsongor », Laurent Gaudé nous invite à suivre une lignée, qui portera également des années durant, de père en fille, d’oncle en neveu, le poids de son crime.
Si la trame des deux romans est identique, l’ambiance est tellement différente que cela importe peu. Dans un style d’une simplicité désarmante, et l’air de ne pas y toucher, l’auteur nous fait voyager sous le soleil et jusqu’au cœur des Scorta. Il est tout à fait clair qu’il pour cette région et son peuple un attachement filial, et on finirait également par se sentir de la famille, ce qui est je trouve, une belle preuve d'amour de la part d'un auteur.
Je vous invite très chaleureusement à découvrir ce livre, qui fut prix Goncourt en 2004, si toutefois vous ne l’avez pas déjà lu.

Une fois n’est pas coutume, je vous invite à mettre un instant votre nez dans ces quelques lignes, tant je les trouve touchantes et évocatrices :

"La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif du Gargano avec l’assurance d’un seigneur. Il était impossible de croire qu’en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. Que de l’eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu’une vie animale ou végétale ait pu trouver – sous ce ciel sec – de quoi se nourrir. Il était deux heures de l’après-midi, et la terre était condamnée à brûler."

janvier 19, 2008

Ombres

Jeudi soir j'ai croisé une ancienne amie sur le quai du métro.
Pendant plusieurs années, nous avons travaillé dans la même agence, passant des jours de l'an à l'étranger ensemble, faisant souvent la fête. Puis j'ai rencontré un homme, qui est devenu mon mari. Et mon amie n'était plus mon amie. Je n'ai pas vraiment compris, et pas vraiment cherché à comprendre. Je crois qu'il y avait des chemins qui évoluaient différement, et que cela, mâtiné d'un petit fond de jalousie, a achevé de consumer notre amitié.
Aujourd'hui elle travaille toujours dans cette agence. Qui est dans le même paté de maisons que mon agence. Et on se croise, ainsi que d'autres, auxquels je parle encore. Ou pas.
Je me suis demandé pourquoi je n'allais pas la voir, lui demander des nouvelles. Juste comme ça.
Je crois que ça serait trop fictif, pourtant j'aimerais bien avoir de ses nouvelles.

Tout cela va finir. Je vais quitter ce quartier, dans lequel j'ai vécu et travaillé pendant six ans. Je ne croiserai plus des ombres de ces années-là dans la rue, dans les bars, dans le métro.
Je suis contente. Parce que ce quartier du 18e où nous avons été heureux, je ne peux plus y mettre les pieds sans être terriblement nostalgique. Je suis une fille excessivement nostalgique.

Paris me manque terriblement depuis que nous l'avons quittée il y a un an.
Dans un mois je n'y travaillerai plus, et ça j'avoue que j'appréhende.
Mais je suis contente de tourner la page sur ces années de boulot et de repartir vers d'autres hroizons !!!

janvier 15, 2008

Détention

16e jour de détention.
16e jour sans mission. Ou presque. Ce qui revient au
même.
16e jour à consulter vos blogs chéris en catimini
rapport au fait que dix personnes sur ce plateau sont
susceptibles de se réjouir avec moi de vos dessins,
critiques littéraires et autres textes divertissants
sur mon écran 21 pouces.
16e jour à essayer d’écrire sans toutefois réussir
vraiment à m’évader suffisamment pour faire
abstraction des coups de téléphone des clients, des
blaguettes des chefs de projets et autres visites à ma
boss qui est juste en face de moi.
16e jour à suivre les tribulations de ce président qui
décidément m’agace tant il est omniprésent. Je crains
même de le rencontrer à la sortie de l’école. J’ai
donc décidé de m’intéresser plutôt aux candidats
américains, histoire de changer.
16e jour à m’extirper de mon lit le matin avec
douleur. C’est chaque jour plus difficile que la
veille, ce qui m’amène légitimement à me poser les
questions suivantes : comment faisais-je avant ? et
Comment vais-je faire jusqu’à 65 ans ?
16e jour à éteindre mon ordinateur et mettre mon
téléphone sur messagerie en me disant « Encore une
journée en l’air ». Et pas parce que j’ai voyagé.
Heureusement, le soir je retrouve mon bouquin dans le
RER, et ça, c’est pas dommage puisque c’est le premier
bouquin qui me tient depuis plusieurs semaines. Je
désespérais de retrouver le plaisir de lire.
Heureusement, le soir, je retrouve ensuite ses grosses
joues et cette odeur qui n’est qu’à lui. Ses sourires
et ses grands yeux avides.
Heureusement, le soir, je retrouve son impertinence,
sa fraîcheur et ses lubies.
Heureusement, le soir, je retrouve ses bras et le
réconfort de ses encouragements.

Bref, j’ai beaucoup de chances. Et si je m’ennuie la
journée, c’est tant pis. Ça ne va pas durer.

janvier 14, 2008

Au revoir, au revoir, Président...

Que se passe-t-il ? Je n'ai plus le temps d'écrire, de lire, de venir ici - c'est déjà plein de poussière, de vieux mégots de 2007 traînent encore sous les meubles, et il plane une odeur de renfermé. Je survole à peine vos blogs, vole une minute ou deux pour y mettre un vague commentaire, bref, je n'ai plus le temps de me balader au gré des liens pour me changer les idées. Il faut dire que mon esprit en ce moment est très occupé. Depuis que j'ai repris le boulot lundi 17 décembre, j'ai démissionné vendredi 21, puis je suis partie en congés pour les fêtes, et revenue quand même. Je me suis alors mise à travailler... puisqu'on a bien voulu me confier un dossier ! Légitime, me direz-vous, quand on pense que j'ai passé un an en vacances à couver mon lardon comme on l'entend par ici... Sisisi, même coincée sur mon canapé sans pouvoir sortir de chez moi et perclue de contractions, ce sont des vacances !!!
Quant à ma démission, ma foi, j'étais bien obligée de chercher un travail ailleurs. Ce n'est pas que je n'aime pas le mien, ni même que je n'y suis pas bien, on rigole, on blague, mais qu'est-ce qu'on bosse ! Six mois de l'année, c'est nuit et jour, ou au mieux tous les soirs tard.
Alors avec mes deux enfants, et même pourvue d'un mari conciliant, je fais comment moi ? Surtout que je suis un peu sentimentale, j'ai besoin de les voir mes enfants (maintenant que je les ai faits !) Bref, j'ai trouvé ailleurs, en CDD, de toutes façons, par les temps qui courent, le CDI est une notion en sursis ;o)
Ces jours-ci mon départ a été officialisé, je rentre donc en phase transitoire, celle où je n'ai plus trop de travail, où tout le monde me regarde en disant "ça va miss ?" en penchant la tête d'un air contrit, celle où on me dit "ça va me manquer ça" quand j'éternue ou que je ris. ça fait plaisir, mais j'avoue que je ne raffole pas de cet état pré-nostalgique perpétuel...
Et alors ma démission. Loin des "au revoir Président", je dois avouer que j'étais émue d'aller annoncer mon départ. Émue et puis un peu brin gênée, après un an d'absence et à la veille de dix jours de vacances. Mais que voulez-vous, les choses sont ainsi et je ne peux pas faire contre les aléas du calendrier, il fallait que je pose ma dém ce jour-là. Mon président m'a bien un peu dit que je l'emmerdais. Et qu'il aurait aimé que je l'informe du fait que je cherchais à partir, qu'il aurait ainsi pu m'aider. Il vit dans une autre dimension que la mienne, semble-t-il. Mais a conclu qu'il était content pour moi, puisque je vais faire un travail qui m'intéresse plus (coup de bol !)
Moi je pensais ressortir de là complètement légère, les pieds ne touchant plus terre, des ailes dans le dos et une mélodie sifflotante aux lèvres. Pas du tout. Aujourd'hui encore, je ne réalise pas que je vais bientôt partir. Le mois de février me semble loin, très loin. C'est un peu comme avant d'être enceinte, on a l'impression que la grossesse est un moment à part, idéalement paisible et dénué d'états d'âme, c'est une erreur. Ben la démission, c'est pareil !




janvier 02, 2008

Tous mes voeux !

Je vous souhaite une année pleine de

AmourBonheurJoieÉpanouissementSantéPaix
DésirGaitéQuiétudePlaisir
ConnaissanceCaprices
FolieChaleurSuccèsRencontresRigoladesCâlinsRichesse
ChanceTranquilitéDynamismeAmitiéFantaisiePassionVolupté
EuphorieAbondanceTendresseÉmotionsSagesseBéatitude
JubilationBlogsRéussiteLiesseSérénitéGourmandise
EnthousiasmeDélicesFéconditéAisanceJouissance
OpulenceProspérité*


et que sais-je encore !

BONNEANNÉE !!!!!!!!

*Ceci est une liste non exhaustive et vouée à s'allonger indéfiniment de vos propositions et souhaits

Edit du 3/01/08 :
ajoutons à cette liste Chocolat (même si j'essaie d'arrêter... à coups de macarons ! ;o)
Découvertes et Coups de coeur ! 

décembre 31, 2007

Birmane

Birmane
Christophe Ono-dit-Biot
Plon - août 2007

César est secrétaire de rédaction dans un magazine féminin et crève de jalousie devant Blanchart, le "grand-reporter" spécialiste de la Birmanie devant lequel se pâme toute la rédaction.
A l'issue d'une rupture sentimentale rapide, César se jette dans les bras de ce pays, décidé à en rapporter une interview exclusive du plus grand trafiquant d'opium. Inconscient du danger et bardé de son incompétence, César rencontre Julie, médecin humanitaire, et un certain nombre de personnages plus ou moins troubles, qui le conduiront au coeur de la Birmanie actuelle.

J'avais entendu l'auteur parler de ce livre cet été à la radio, et depuis j'avais très envie de me laisser emporter par cette histoire. Finalement il aurait peut-être mieux valu qu'il lise l'intégralité de son livre, car je n'ai pas été emballée par son style que j'ai trouvé haché et fourni d'images un peu grossières. L'histoire quant à elle était cousue de fil blanc et je reste un peu sur ma faim quant à ce que je m'attendais à découvrir de la Birmanie.

Bien. Sans plus.

décembre 30, 2007

Ce ne sont que quelques poils...

La moustache
Emmanuel Carrère
Poche, 2005

Un beau soir, Marc décide de se raser la moustache, et attend avec impatience de connaître la réaction d'Agnès, sa compagne, qui n'en aura aucune. Persuadé qu'elle se moque de lui, n'a-t-elle pas un goût déplacé pour les plaisanteries douteuses ?, Marc s'interroge sur ce qui motive Agnès pour faire durer cette mauvaise blague et se met en quête d'indices pour lui prouver qu'il arborait bien auparavant une moustache. La plaisanterie s'étend au reste de son entourage, et Marc bascule. Qui, de lui ou d'elle devient fou ?

J'ai beaucoup aimé la clarté avec laquelle Emmanuel Carrère écrit la folie. Suivant avec minutie les cheminements tortueux de la pensée, il nous bouscule sans ménagement par l'intermédiaire de Marc, personnage perdu, victime, qui jusqu'à la fin ne parviendra pas à y voir clair. Pour une fois je trouve que la fin est à la mesure du livre, même si l'échappée du personnage m'a laissée perplexe un moment.

décembre 19, 2007

Et vous Noël, ça vous dit quoi ?

À l’approche des fêtes, finalement, outre le froid glacial et le givre du matin, les magasins pleins à craquer et surchauffés, le chocolat, les bulles et le foie gras omniprésents, la chasse aux cadeaux insensée et l’énergie que chacun déploie pour « faire ce qu’il faut » en oubliant en route ce que signifie « faire un cadeau », finalement, que reste-t-il ?
Des montagnes de paquets cadeaux à faire, des centaines de kilomètres pour voir tout le monde alors qu’objectivement chacun sait qu’il ne verra véritablement personne, entre la fatigue du road show de Noël et l’accumulation des coupes de champagne, rares sont les moments privilégiés où nous nous retrouvons en petit comité autour d’un feu, délivrés des corvées de cadeaux et de bouffes.
Dit comme ça on pourrait croire que je n’aime pas Noël. Ce n’est pas vrai, au contraire, j’adore Noël. Même si on ne m’a pas laissé croire à l’existence du père Noël, manifestement ce n’est pas indispensable ! Malgré ce moment assez magique, et passé le réveillon, j’ai régulièrement la gueule de bois, une nouvelle année commence, et pour moi qui suis née un 2 janvier, elle commence avec un an de plus, mais depuis quelques années ce n’est pas bien grave.
Alors j’essaie de me motiver, de voir le côté agréable et réjouissant de la fin décembre, le mieux je crois, c’est que les jours vont commencer à rallonger, c’est terriblement important pour quelqu’un comme moi dont l’énergie et le moral diminuent avec la tombée du jour. Et puis tout cela nous emmène vers le printemps, ma saison préférée. En bref, vivement 2008 !
Au fait, vous prenez de bonnes résolutions, vous ?

décembre 11, 2007

Un mariage, des milliers d'enterrements


Le roi Tsongor va mourir. C'est le titre qui nous le dit. Et en effet, le livre s'ouvre cette promesse de mort, un serment fait des années auparavant par un serviteur fidèle. Le roi Tsongor, lui, va marier sa fille, c'est à la fête qu'il se prépare. Mais un événement va contrecarrer le bon déroulement des festivités, et faire basculer le destin de chaque membre du clan Tsongor dans une destiné écrite à la suite du roi.

Je ne vous en dit pas plus. Pour une fois je n'avais pas lu la quatrième de couverture et tout m'a surprise, c'est très bien comme ça, je crois que désormais je m'efforcerais de ne pas lire le résumé, ce qui va me demander un effort certain, compte tenu de ma curiosité.

Je pense que pour la plupart d'entre vous, ce livre n'est plus une découverte, mais pour ceux qui ne connaissent pas encore l'écriture de Laurent Gaudé, vous pouvez y aller les yeux fermés, si j'ose dire. La langue est réjouissante, les images très évocatrices, tout est dit en quelques mots. Ici, point d'effet de manches ou de champs lexical débridé, chaque phrase, mot, description est juste, il n'y en a ni trop ni trop peu, c'est bien. le livre lui-même est exactement de la bonne longueur, en un mot comme en cent, il est parfait.

décembre 03, 2007

Le 100e message

Mes amis, puisqu'il m'est aujourd'hui donné d'écrire mon 100e message, je me suis dit que vous méritiez d'en savoir un peu plus sur moi.


Physiquement, prenez un peu de Romy et/ou de Jacqueline.
Ce n'est pas moi qui le dit, ouhlà ! je vous vois venir avec votre septicisme narquois. Vous croyez franchement que j'oserais simplement penser ce genre de comparaisons ? Ce serait bien mal me connaître...




"Vils flatteurs", pensez-vous... Je suis complètement d'accord !


Pour les cheveux c'est plutôt Jean S.



et pour la taille, Kylie M. !



Vous me suivez ?
Bon, oui, je n'ai pas pris les filles les plus moches pour illustrer ma coupe et ma taille, et puis quoi encore ?

Pour le prénom, je porte ce qu'il est commun d'appeler "LE" prénom féminin.
À tout prendre j'aurais préféré plus original, je me suis rattrapée sur mes enfants, qui eux n'ont rien demandé, c'est comme ça la vie, une profonde injustice qui se répercute de générations en générations.


Côté caractère, je suis un doux mélange. Certains amis de fac m'avaient surnommée "Godzilla" et "Twister". C'étaient des années fastes, j'étais très en forme.

L'âge venant je me fais plutôt penser à...


en moins roux, peut-être...


Sachez que dans un mois moins un jour exactement je prendrai une année de plus.

Que côté projets, mon rêve est d'écrire un livre. Comme le livre que j'aurais aimé écrire s'intitule Le grand Meaulnes, et comme ce qui est fait n'est plus à faire, je suis partie sur une histoire toute autre, avec une fille pour héroïne.
Et ça ne parle pas d'amour. Pas encore du moins, on ne sait jamais...

Que ma fée inspiratrice-cocheuse n'est pas encore ré-entrée en fonction, que je rame comme une dingue pour aligner trois mois en ce moment... depuis quelques mois... Ceci n'est pas un appel aux dons d'idées, mais un constat. ça va sûrement se tasser. Depuis que je suis devenue une Multipare (avec les ovipares et les vivipares ce terme me ramène à l'essence de ce que nous sommes, nous, les Hommes, si j'ose dire...), je ne sais plus où donner de la tête, mais je constate que pour le moment, l'endroit le plus efficace est : dans mon oreiller.

Que j'adore aller voir vos blogs, qu'ils parlent des hommes que j'aime ou des livres que je lirai, plus tard, qu'ils illustrent vos vies ou chroniquent le quotidien, qu'ils billètent en beauté autour d'une tasse de café ou parlent mode, je suis toujours contente de faire un tour par chez vous, et toujours ravie de vous lire quand vous passez la tête par ici.
Merci à vous











novembre 28, 2007

Il n'y a qu'un pas d'Alain à Mel

Ceci est le 99e message de ce blog... Je me mets la pression pour le numéro 100, c'est peut-être aussi pour ça que je n'écris plus ;o)
J'avoue que j'alimente le blog pour que vous ne pensiez pas qu'il est en mort cérébrale.
En revanche, je vous autorise à penser qu'il est en mort créative, j'en suis moi-même malade...
Ceci dit, je ne lis plus non plus, je rame sur La mort du roi Tsongor, de Laurent Gaudé, qui est pourtant facile à lire, bien écrit et plutôt plaisant. Je vois peu de films d'ailleurs.
Mais j'ai quand même vu "Papa", de Maurice Barthélémy, avec Alain Chabat.
1 heure 20 dans une voiture avec un père et son fils. Il s'est passé quelquechose, mais on ignore quoi pendant la quasi-totalité du film. On sait en revanche que c'est tragique. Et l'absence de la mère pèse.
D'hôtel en paysages, de station service en bords d'autoroute, finalement un film d'1 heure 20 ça peut être très long...
J'avoue avoir quand même assez ri, c'est une "comédie dramatique", Chabat y est très bien. J'ai beaucoup de sympathie pour Chabat, ainsi que pour Martin Combes, qui joue son fils. Leur duo fonctionne assez bien, mais il y a trop de rupture de rythme, des longueurs... trop longues, des scènes dont on ne comprend pas le sens, à vrai dire c'est un film terminé mais carrément inachevé, comme jamais je n'avais vu de film inachevé auparavant.
En conclusion de la soirée nous avions le moral complètement plombé - ("dramatique", la comédie, j'ai dit), du coup on a enchaîné sur "Braveheart", que je n'avais jamais vu, résistant à la tentation de passer pour une midinette de bas étages devant Mel Gibson en kilt. Pour le peu que j'en ai vu (je me suis endormie au bout de 5 minutes), j'ai l'impression que c'est "Me, myself and I" by Mel HIMSELF. J'adore. Moi, les gens qui ont le culte de la personnalité comme ça, ça me fascine.
Je le verrai en entier et on en reparlera.

Voilà, toujours aussi fatiguée, toujours aussi peu culturellement productive, mon neurone s'est mué en un outil purement pratique, il m'aide à penser à appeler untel, à régler le contrat à temps, à prendre rendez-vous chez le médecin ou à faire vérifier la chaudière, mais point à écrire. Ok, j'avoue, je l'exploite aussi pour ranimer mon réseau pro et réinventer la Lettre De Motivation Magique, qui fera de moi le profil rêvé de mon prochain employeur de dans pas longtemps.
Que du rêve, c'est moi qui vous le dit !

Hier je suis tombé dans une faille spacio-temporelle chez Carrouf, deux heures, pour 80 euros de courses, record à battre. Je le sais, pourtant, que c'est un sacrifice de se rendre dans ces 45000 mètres carrés dédiés au dieu consommateur alors qu'on a très mal dormi, et que le neurone au sens pratique affiche "off", mais que voulez-vous, il me fallait des couches. Enfin, à lui.
En reposant mon caddie, j'ai pensé à Zag. Ben oui. J'ai poussé le caddie dans la file de caddie, pour finalement finir par m'apercevoir que mon fils, cet être si doux et souriant, était sagement endormi dans son cosy, posé dans ledit caddie, encastré dans la file de caddies ! Et je me suis dit, "mince, si je savais dessiner comme Zag, je l'aurais bloguée, celle-là, tellement elle est énorme!"

Depuis je songe très sérieusement à fonder le club MIA, Mères Indignes Anonymes... ;o)




edit du 30 novembre : oui, une mère indigne pas réveillée (ou en colère), ça peut ressembler à ça ! ;o))

novembre 21, 2007

Le jour où j'ai su...

Ou comment Johnny m'aide à lutter contre la dépression hivernale...

Je n'aime pas la tombée de la nuit en hiver, ça me plombe tout : le moral, les bottes, j'ai froid, envie de dormir, de manger et de ne plus penser à rien.
Alors parfois, je me mets devant la télé, sous pretexte de faire des choses de mamie avec mes mains... ou de donner à boire à mon garçon. J'en ressors déprimée de la nullité des émissions, des gens qu'elles donnent à voir, de voir qu'il y a tant de personnes pour dire autant de choses aussi stupides et inintéressantes. Bon, dans la série "May découvre la télé".
D'autres fois je cuisine. Rarissime.
D'autres fois, comme il y a deux jours, je mets de la musique que j'aime à fond, et là on rebondit sur les murs avec my girl, on braille, on fait les folles, on se défoule comme il se doit. Et donc lundi, ma musique d'élection, c'était... Johnny.
Johnny, j'assume, j'adore. J'ai vu le film "Jean-Philippe", et rien que de le voir là sur l'écran, ça m'a fait un truc... je me suis demandé en sortant si c'était parce que cet homme a un charisme démentiel, ou bien si c'était parce que c'était lui (parce que c'était moi, aussi, forcément ;o)) Et alors le moment où il prend sa guitare pour entonner "Tennessee" unplugged, c'était... comment dire ?
Je n'adore pas tout, depuis le temps qu'il chante il a fait suffismment de choses différentes pour que certaines de ses chansons m'ennuient ou me collent des boutons. Et puis il y a celles qui me donnent la patate, énorme. Au hasard... L'envie... "On m'a trop donné, bien avant l'envie...", j'adore quand la guitare s'emballe. Ou des frissons "Marie" ou "Sang pour sang". C'est cul-cul non ?
C'est comme ça, au demeurant, et je vous l'ai dit, je l'assume parfaitement.
Et donc remontée à bloc par une bonne dose de Johnny, je vais donner le bain à mon fils. Là, je continue mon show, et ce fut l'éblouissement... Lorsque je me suis mise à lui chanter "Gabrielle" les yeux dans les yeux, et qu'il s'est mis à me répondre, à se dandiner dans l'eau, complètement emballé, là, je me suis dit "Maintenant, j'en suis sûre : c'est mon fils !"

ce message n'a aucun intérêt hein ? ;o))

novembre 16, 2007

Respirez...

Certains chantaient "je chante, je chante soir et matin... " et moi je dirais plutôt "Je cours, je cours soir et matin...", mais loin de m'en plaindre j'avoue que ce rythme me convient très bien. J'ai particulièrement besoin de bouger en ce moment, et le fait de sortir, rentrer, sortir, marcher, m'évite de penser, ce sur quoi je me rattrape parfaitement bien la nuit lors de mes insomnies. La reprise du travail approche à grands pas, dans un mois je chausserai de nouveau une paire de chaussures à talons, ce qui ne m'était plus arrivé depuis des mois, je reprendrai contact avec une vie sociale plus riche, plus stressante. Avec moins de câlins, mais plus de coudes à coudes (les gens dans le métro le matin, certains aimeraient bien en découdre, vous avez remarqué ?).
Je dois me préparer à troquer le calme de mon appartement pour un open space de 20 personnes, mal chauffé et mal éclairé. Et dire que quand je suis arrivée dans cette agence je l'ai trouvée jolie et cosy...
Je songe à partir. Mais après un an d'arrêt, je crois que j'ai besoin de me remettre en selle avant de changer de monture...

D'où le grand bien que m'a fait cette très courte pause sur mon île, arrêt des machines, tout le monde descend, on inspire, on souffle...

novembre 05, 2007

Sur mon ile

on y mange des crèpes et des pousse-pieds, on suit le chemin des douaniers, on redécouvre l'histoire du grand dérangement et les vrais de vrais qui vivent là-bas à l'année.
On reste parfois "coincés" pour notre plus grand bonheur par une grosse tempète, on guette les deux petites soeurs, au large, quand l'horizon est dégagé, et on a toujours un coup d'oeil pour le continent et ses lumières agressives, parce que quand on est sur notre île, le temps s'arrète, la réalité change, et c'est bien.
Les pointes et les 56 plages sont toujours là, les aiguilles et les poulains aussi, je l'aime mon petit bout de monde au milieu de l'eau.
Je serai contente de tous vous retrouver en rentrant (très vite !), mais pour l'heure, à moi les embruns et l'air marin !

je vous embrasse !!!

May

octobre 24, 2007

Pourquoi j'aimerais etre la mère des Barbapapas

J'imagine que vous connaissez tous les Barbapapas, c'est déjà une bonne raison pour souhaiter les avoir inventés.
Depuis quelques temps déjà, j'essaie d'écrire. Nous sommes nombreux dans cet état, me semble-t-il, et je bataille terrible avec moi-même pour ne pas dévaloriser ce que je fais. D'abord c'est trop facile de ne rien faire en se disant qu'on ne fera jamais aussi bien écrit QUE, ni aussi original QUE, ni encore aussi génial QUE. Ensuite parce que je me vois mal vivre avec ce désir inachevé. Donc je me débats, je vous l'avoue, avec moi-moi (je voulais écrire "avec moi-même", mais ce lapsus me fait sourire, alors je partage).
En ce moment, je suis un peu coincée sur mes personnages. Et donc je réfléchis, quelquefois (pas tout le temps en ce moment, mais plus que pendant ma grossesse, semble-t-il, puisque j'ai appris récemment que j'ai passé sept mois dans un état mono-neuronal poussif, ce dont je ne me suis même pas vraiment rendu compte, mais que mon homme, doux et tendre - et prudent - a bien pris soin de me cacher). je réfléchis donc à ce qui fait que l'on retient tel ou tel personnage, tel ou tel auteur, et ce matin, je me suis arrêtée sur les Barbapapas, qui m'ont laissé une forte impression, depuis que j'ai quitté le monde de l'enfance. D'ailleurs ce sont des personnages que j'ai vraiment voulu faire découvrir à ma fille dès que possible.
Le fantasme est génial : pouvoir prendre la forme qu'on veut : objet ou animal, végétal, le tout en une fraction de seconde, sans perdre son identité tout-à-fait puisqu'ils conservent leur couleur originale.
En plus, ils se servent de cette capacité pour faire le bien : Barbapapa sauve des gens d'un incendie dans le tout premier volume, en se transformant en escalier.
Le message est également écologique, humaniste, et franchement sympatique. Un peu grosses, les ficelles ? on a plus cinq ans, ceci explique peut-être cela. Un peu daté années soixante-dix ? Ouai, moi aussi je me sens un peu datée.
Les dessins ne sont pas aussi chiadés que certains albums illustrés d'aujourd'hui, mais ce n'est pas l'idée, au contraire, le tout est simple, et fonctionne bel et bien si on en juge leur succès depuis 1970.
Vous aurez sûrement remarqué que Barbapapa est rose et Barbamama noire, et que leurs enfants sont de toutes les couleurs. Un joli clin d'oeil au métissage, je trouve.
Et puis les enfants ont tous leur domaine de compétences, il y a le peintre (le seul à avoir de poils, on se demande un peu ce qu'il a fait pour mériter ça...) le costaud, le copain des animaux et de la nature, la chanteuse, le savant, l'intello, et même la belle (bon, le costaud et la belle, c'est pour compenser, on ne peut pas avoir que des enfants brillants et intellectuels ;o))
Bref, de tout pour se faire un monde et s'identifier, une jolie tribue qui se fabrique des maisons à volonté, et un univers bien personnel.
Tout cela tout en simplicité et sans prétention, ça a de quoi plaire, non ?
Bon, ça ne m'avance guère pour mon texte, mais je voulais rendre un petit hommage à mes Barbapapa chéris, tous plus mignons les uns que les autres, et à leurs auteurs, Annette Tison et Talus Taylor.
Et quand ma fille m'a demandé ce matin "Et toi, tu voudrais être laquelle ?" "Ben, la noire tiens !"
Franchement, ils n'ont pas l'air heureux ?


octobre 16, 2007

L'élégance d'une écriture

L'élégance du hérisson - Muriel Barbery
Éditions Gallimard - 2006

Ce livre est très bien écrit. Les phrases sont cousues avec soin, bien que certaines d'entre elles soient trop longues à mon goût (une demi-page ne me semble pas une longueur raisonnable pour une phrase, mais où irions-nous si tout le monde écrivait de façon raisonnable, n'est-ce pas ?).
Le personnage principal est une concierge. Soit. Qui s'appelle Madame Michel, soit. Et a un chat. Forcément. En revanche celui-ci s'appelle Léon "parce que Tolstoï".
Vous l'aurez compris, en lecteurs avisés que vous êtes, cette concierge a priori un peu caricaturale cache bien son jeu.
Autre personage du livre, la jeune Paloma, 12 ans, est très intelligente.
Ces deux héroïnes ont pour point commun de consacrer toute leur énergie à la dissimulation d'une intelligence et d'une cultures embarrassantes. Pourquoi embarrassantes ? Vous le découvriez si vous décidez de lire ce livre.
Elles vivent toutes deux dans le même immeuble, et, si elles se connaissent déjà, elles vont se découvrir l'une l'autre.
Je m'arrète là pour l'histoire, voici maintenant ce que j'en ai pensé : les personnages sont trop caricaturaux, je n'ai pas cru à la concierge hyper érudite qui de sucroît nous fait des sorties philosophiques à tout bout de champ. Quant à la petite fille de 12 ans, idem. Elles se ressemblent beaucoup, c'est certainement un parti-pris, que je trouve ça dommage. Oui elles se ressemblent, et elles vont donc se reconnaître, mais c'est trop gros.
Ensuite l'action est longue à se mettre en place. J'ai toujours un peu de mal à entrer dans un livre quand il faut passer un tunnel de 140 pages avant de rencontrer un ressort de l'histoire.
Quant à la fin, elle est un peu abrupte, mais elle s'inscrit plutôt bien dans l'idée que j'ai retenue de toute cette histoire qui schématiquement (très schématiquement même) pourrait tenir en quelques mots : méfiez-vous de vous si vous croyez connaître les gens, combattez sans relâche les préjugés que vous avez sur eux.
Suite à la lecture du livre, j'ai lu l'article du Monde des livres, et ai découvert que l'auteure est philosophe. Tout s'éclaire. J'ai également découvert que beaucoup de lecteurs ont retrouvé dans L'élégance du hérisson, l'ambiance de Ensemble c'est tout, d'Anna gavalda, ou encore de la famille Malaussène de Pennac. Je ne partage pas du tout ces avis car les relations entre les personnages n'ont rien à voir avec ces autres livres où ils fonctionnent un peu comme des tribus.
Aurais-je eu la même opinion de ce livre si je n'en avais pas entendu autant de bien avant de l'ouvrir ? Certainement pas, et je comprends qu'il fut une agréable lecture pour ceux qui l'ont découvert dans les premiers. J'avoue que j'étais tellement curieuse de le lire à mon tour que j'ai été un peu déçue. La fatigue aidant, j'ai eu du mal à accrocher. Mais je reviens sur mon entrée en matière, et je la confirme, ce livre est très bien écrit.










octobre 13, 2007

Que les choses soient claires

Non, je ne manque pas de temps. Enfin si. Un peu.
Mais c'est surtout ma connexion Internet qui laisse franchement à désirer.
Déposer un commentaire sur vos blogs peut me prendre un temps infini.
J'aime vos blogs, je vais visiter vos blogs. Et je dirais bien des choses plus ou moins pertinantes, mais mes pauvres nerfs ne résistent pas à la déconnexion intempestive. Et la grossierté l'emporte plus qu'à son tour (la pudeur m'empêche de vous écrire ici les injures que subit mon entourage à cause de ces coupures...)
La liaison est tellement mauvaise que j'ai parfois l'impression d'être revenue aux balbutiements du téléphone.
Alors pardonnez ma présence (encore) moins fréquente, en fait, je vous lis, mais je ne peux pas vraiment participer.


Allez, ce soir, c'est match, j'espère que la dynamo tiendra le coup ! ;o))

Alllezzzzzzz !!!

octobre 11, 2007

Mères, grands-mères, femmes et plus si affinités...

Les grands-mères - Doris Lessing, 2003

Au moment où je chronique un de ses livres, j'apprends que l'auteure a reçu le prix nobel de littérature. Hasard, pas vraiment, dans la mesure où je l'ai lu à la suite d'un article de Libération.
Bref, le livre dont je parle n'a pas grand chose à voir avec les raisons de son élection.
Les grands-mères ne parle pas de mamies gâteaux, ni même gâteuses, il parle d'amour et de famille, de filiation et d'amitié.
Je ne vous en révèlerai pas le sujet, et je vous conseille vivement de ne rien lire de plus explicite sur ce livre, pas même la quatrième de couverture, afin de conserver intacte la curiosité qui guidera votre lecture.
96 pages d'une histoire rondement menée, de personnages attachants et aux personnalités affirmées, je suis maintenant curieuse de découvrir plus en détails cette femme et son oeuvre.

octobre 05, 2007

Étrange affaire, Docteur Jekyll...

L'étrange affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde - 1886
Robert Louis Stevenson
Nouvelle traduction de Guillaume Pigeard de Gurbert et Richard Scholar
Babel

Quelle langue, mes amis, quelle langue ! Rien qu'à la lecture de la préface, j'avais déjà envie de balancer mon bouquin pour aller l'acheter en VO et m'en régaler. Je n'en fis cependant rien car la traduction (nouvelle), est de très bonne qualité.
L'histoire, nous la connaissons tous, quant à vous dire ce qui me poussa à acheter le livre, je l'ignore. Peut-être le fait que je n'avais jamais rien lu de Stevenson, associé au fait que j'aime bien me faire peur avec des vieux classiques.
Ainsi ai-je lu il y a quelques années le Frankenstein de Mary Shelley. Je n'ai pas été déçue du voyage, la description des incursions nocturnes du docteur dans les fosses communes pour récupérer des restes humains est glaçante, et je fus plusieurs nuits sans pouvoir me défaire de ce que mon imagination avait bâti autour du récit. C'est aujourd'hui encore une de mes plus grandes frayeurs littéraires, avec La ligne noire de Jean-Christophe Grangé, qui n'est certes pas un vieux classique mais qui m'a foutu une trouille de tous les diables.
Évidemment, le suspens est un peu émoussé de cette histoire que Stevenson a tirée d'un de ses cauchemars (je cultive depuis l'espoir qu'en me couchant en pensant à mon texte, je rêverai d'une scène que je n'aurai plus ensuite qu'à mettre en mots, mais ça n'a pas encore marché...). Je pense donc pouvoir vous parler librement de ce brave Docteur Jekyll qui mit au point une potion capable de révéler la nature sombre de son être et qui se fait bientôt envahir par la puissance de ce "lui" longtemps maintenu prisonnier dans les tréfonds de son âme.
" Pour ma part, étant donné la nature de mon existence, j'avançai infailliblement dans une seule et unique direction. Ce fut par le côté moral, et dans ma propre personne, que j'appris à reconnaître la profonde et primitive dualité de l'homme; je vis que, des deux natures qui combattaient dans le champs de ma conscience, même si je pouvais à bon droit être identifié à l'une ou à l'autre, c'était seulement parce que j'étais radicalement les deux."
Dès la découverte de la formidable puissance que possède cette part noire de son être, le Dr Jekyll n'aura de cesse de choisir l'une puis l'autre de ses personnalités, sans toutefois parvenir finalement à contenir la bête qu'il a déchaînée.
"Entre ces deux-là, je sentis en ce moment que je devais faire un choix. Mes deux natures avaient en commun la mémoire, mais toutes les autres facultés étaient très inégalement réparties entre elles. (...) Mon démon avait été longtemps en cage ; il sortit rugissant. J'eus conscience, au moment même où je pris le breuvage, d'une propension au mal plus débridée, plus déchaînée."

Si vous êtes tentés de redécouvrir cette histoire fantastique, et de savourer le style séduisant de Stevenson, n'hésitez plus, foncez, vous passerez un agréable moment, d'autant que le livre a juste la bonne longueur.

octobre 04, 2007

Soutien


Free Burma!




About "Free Burma!"
International bloggers are preparing an action to support the peaceful revolution in Burma. We want to set a sign for freedom and show our sympathy for these people who are fighting their cruel regime without weapons. These Bloggers are planning to refrain from posting to their blogs on October 4 and just put up one Banner then, underlined with the words „Free Burma!“.

octobre 03, 2007

Vous avez demandé la police ? Ne quittez pas...

20 ans qu'on les attendait ! Enfin, entre vous et moi, je ne les attendais plus vraiment depuis le temps, moi.
Mais voilà, intérêts financiers ou crise de popularité ? Trop-plein de nostalgie ou défi de quinqua ?, THE POLICE s'est reformé, le temps d'une tournée madeleine.
Qui suit ce blog depuis les origines ou presque sait que je suis une incorrigible nostalgique, alors la tournée madeleine, c'était pour moi. En tous cas, c'est ce que s'est dit mon homme, qui connaissait de surcroît mon adoration pour le groupe.
Nous voilà donc partis samedi soir, après de laborieuses recherches pour trouver la perle qui s'occupera de nos enfants bien-aimés et non moins précieux. Ma fille, passe, elle s'adapte et nous a même mis à la porte (4 ans et demi, je le rappelle) "vite, vous allez rater le concert". Mais mon fils, trois mois tout juste, je n'allais quand même pas le larguer à la première venue. Notez que j'étais plutôt détendue à l'idée de passer la soirée loin de lui, seulement je voulais que l'heureuse élue ait déjà eu des enfants. Parce que supporter les cris d'un petit troll de 19h à 22h15, faut pouvoir encaisser. Et donner le bib à un enfant qui n'y est pas habitué, il faut savoir faire. C'est tout.
Et la nounou en question a débarqué, première réaction "Oh mon dieu, qu'il est petit !!!" je me suis bien dit que c'était moyennement rassurant, mais vu mon niveau de fatigue (je sortais d'une sieste de 2h30 mais ce n’est pas encore assez…), je n'ai pas vraiment relevé. Je vais vous dire, moi, ce bébé n'est pas si petit, si on considère qu'il fait presque ses 5 kg. Mais pour trois mois, ce qui en fait un petit bébé mais plus si petit non plus, vous me suivez ?
Bref, après ça, la nounou a fait le tour de l'appart, a commencé à battre des bras dans tous les sens en disant des trucs genre "ça va aller" pour se rassurer elle toute seule, parce que nous, on savait bien que ça allait aller.
Nous l'avons bien prévenue qu'il pleurait (hurlait, d'accord) toute la soirée.
Et puis on a filé.
Parce que le Stade de France nous attendait.
Un stade de France relativement vide à 19h45, peu de gens se sont pressés pour voir le groupe du fils de Sting « Fiction Plane »
ET ILS ONT BIEN FAIT, je vous le dis tout net !
D'abord c'était trop fort, ils nous ont emporté les 2/3 de notre audition toute propre qu'on venait décrasser gentiment avec des tubes chéris. Et ça c'est pas sympa, parce qu'après 3/4 d'heures de hurlements et de mélodies sans intérêts, eh bien notre plaisir était sérieusement émoussé, et nos nerfs tendus "comme un string sur le cul d'un hippopotame" (je cite un ancien collègue, l'expression est certes un peu vulgaire mais elle a le mérite d'être parlante). Il faut vous dire que le fils de Sting lui ressemble énormément (pour ce que j'ai pu en voir sur l'écran géant), alors pour se démarquer, il a les cheveux longs. Et pour la voix, eh bien c'est Sting. Sauf que Sting sait chanter, et que lui sait surtout crier.
Bref, sans plus de fioritures, THE POLICE est arrivé, un peu de lumières, un peu de son, encore trop fort, mais là ça passe.
Et puis, on est bien d'accord, un stade, c'est pas une salle de concert. Le son était un peu mauvais. Tant pis.
Le Sting a l'âge d'être mon père, ou presque. C'est là que je vois qu'il est particulièrement bien conservé. Et puis il avait sa basse toute usée, et moi j'adore les gens fidèles à leur instrument, même si il est tout rapé par les ans. Et puis il est venu avec son charisme. Ma doué.
Le guitariste à côté faisait complètement anachronique. Pour le coup j'avais l'impression de voir mon père avec une guitare. C'est pas possible. Mais bon, il se défendait, même si je n'ai pas une passion pour sa façon de jouer, je dois reconnaître qu'il s'est bien battu.
Quant au batteur, lui, tranquille, il s'est éclaté. En tous cas c'est le sentiment qu'il donnait.
Bon, les chansons, pas mal. Certaines n'avaient pas la couleur musicale que j'attendais, mais c'était plutôt pas mal de les redécouvrir.
En conclusion, une soirée plutôt réussie.
En rentrant à la maison, j'ai compris que nous n'étions pas les seuls à avoir perdu de l'audition. La nounou m'a dit d'entrée "Vous allez avoir du mal pour l'adaptation". Elle croyait que mon fils avait pleuré de ne plus me voir. Mais non. Même quand je suis là le soir, il hurle, faut pas croire.
Mais tout s'est bien passé sinon.
J'ai donc vu THE POLICE en concert. Bon, nous étions 80000, donc je partage avec plein d'autres ce moment, mais quand même.
Si c'était à refaire ?
J'aurais été à un concert d'eux il y a 20 ans.
Pareil pour Téléphone. Certains disent qu'il ne faut pas avoir de regrets, mais moi je regretterai toujours de ne pas avoir vu Téléphone en concert à leur grande période.
C'est dit.

octobre 02, 2007

la chaîne rose

Oh ! Un e-book de cuisine, vous en aviez toujours rêvé !!
ça tombe bien, c'est ici, et c'est pour la bonne cause : panncotta et cheese cake rose... miam !

octobre 01, 2007

Joyeux blogoversaire !


Comme nombre d'entre vous je fête ce mois-ci le premier anniversaire de mon blog.
Je me rappelle de mon premier message, sur le film "Je vais bien ne t'en fais pas". Il avait fallu que je sois sérieusement conquise par ce film pour ouvrir mon blog avec lui ! Un an plus tard, je réitère tout le bien que je pensais alors.
Je n'ai certainement pas blogué autant que j'aurais pu, j'avoue que les débuts étaient de vrais tâtonnements. Je ne savais pas quoi écrire, rien n'était trop beau pour lui, je me demandais jusqu'où aller dans le récit de moments personnels. j'avoue ne pas avoir beaucoup le goût à raconter ma vie, et mon rythme de lecture et d'écriture est un peu faible pour alimenter significativement ces colonnes.
Aujourd'hui je crois que je n'ai beaucoup plus trouvé la vocation de ce blog, je vous le dis tout net !
J'admire la fréquence de publication de certain(e)s, la qualité de vos billets et la verve avec laquelle vous vous exprimez.
Cette année passée a été riche en événements et en émotions, et ce à quoi je tiens plus que tout, ce sont les personnes que j'ai eu le plaisir de découvrir, sans pour autant les rencontrer ! Sans vous mes sept mois d'immobilité dans une nouvelle ville et une nouvelle maison auraient été bien plus longs et sans aucun doute beaucoup plus froids...
Un monde de blogs, et c'est pas fini !