
septembre 20, 2009
Three years baby !

septembre 18, 2009
A demi-mots
Avez-vous déjà remarqué ce phénomène de la chanson qui vous parle de vous ?
Ces airs qui vous trottent dans la tête, vous collent, vous enveloppent et finalement arrivent jusqu'à votre entendement, de sorte que vous finissez par constater que vous chanter quelque chose, qui dit exactement comment vous vous sentez à ce moment-là exactement.
Donc, en ce moment, là, exactement, je m'abandonne.
septembre 14, 2009
Délit de trahison
que ce soit oui ou non, mais que ce soit dit vite.
Maintenant... J'attends.
septembre 12, 2009
So long... (bis)
septembre 10, 2009
Relativiser
Nébuleuses, étoiles, gaz, années lumière... ça fait relativiser.
Et j'aime ça.



NASA, ESA, and the Hubble SM4 ERO Team
septembre 08, 2009
Pourquoi comment
septembre 05, 2009
Re-rebondissement
septembre 04, 2009
Rebondissement(s)
septembre 01, 2009
Hydromel et grosses ficelles
Conseils à l’usage d’aspirants auteurs de livres pour la collection Harlequin, d’après La fiancée de l’Irlandais, de Michelle Willingham, n°448.
Je vous invite à faire un petit détour par la couverture, c'est sensuel, chaleureux, viril. Tout y est.

Le texte qui va suivre concerne la collection « Les Historiques », au descriptif prometteur : « Le tourbillon de l’Histoire, le souffle de la passion ».
Voyons, à l’aide d’un exemple (et je précise, un exemple : mes remarques ne vaudront que pour ce volume, puisque je n’en ai jamais lu d’autre, et que, a priori, je n’en lirai jamais d’autre) : quelles sont les caractéristiques les plus frappantes, et quelles grandes lignes il faudra suivre pour, telle Michelle Willingham, composer un roman au souffle brûlant de passion et d’aventure (parce que le tourbillon de l’histoire, il ne faudra pas trop s’attarder, ça n’apporte rien, si ce n’est le vertige à force de tourner en rond sur le contexte).
Choisissez un pays. Votre roman sera ainsi doté d’une culture riche et haute en couleurs.
> Dans le cas qui nous concerne, l’Irlande sera le théâtre de la passion. Des îles, des clans, des hommes rustres, qui promettent des relations âpres, sauvages et authentiques entre les protagonistes.
Choisissez soigneusement le contexte historique (même si vous n’en faites pas grand-chose par la suite, l’essentiel est d’être crédible sur la situation de départ). La guerre permet d’intéressantes combinaisons de situations toutes plus impossibles que les autres entre les différentes nations qui se combattent, et donc de remplir le contrat en matière d’aventure.
> Ici, les normands (dont la méchanceté sanguinaire est tout entière incarnée par le baron de Thornwyck, père d’Isabelle) ont envahi les Irlandais, et, afin d’asseoir son pouvoir, le baron contraint Patrick Mac Egan, son suzerain, roi de Laochre, d’épouser sa fille Isabelle, afin d’assurer sa descendance.
Le mariage forcé a ceci d’intéressant qu’il comporte dans le cas présent une nécessité de dépucelage. La grossesse peut être une contrainte d’un égal intérêt. Les deux sont ici liés, et facilités du fait du contexte historique. Car Patrick ne veut ni déflorer ni engrosser Isabelle pour ne pas céder son royaume aux Normands sanguinaires.
Nous voici donc dotés d’un enjeu de taille pour mener, de tension en allusions, notre lecteur par le bout du nez durant pas moins de 343 pages.
Choisissez des personnages, et donnez-leur les prénoms qui conviennent.
> Isabelle sera la fiancée, notez que son prénom est un premier indicateur de sa beauté, et que personne ne s’égare jamais à l’appeler « Isa ». L’Irlandais portera, quant à lui, le prénom Patrick, qui sied mieux à un Irlandais que Nestor ou Fabrice. De la même manière, personne ne s'aventurera jamais à le surnommer « Pat », d’autant moins qu’il est roi.
Les patronymes sont également déterminants pour permettre au lecteur d’identifier immédiatement les personnages. Ainsi, nous aurons un couple très prometteur composé d’Isabelle de Godred et de Patrick McEgan.
La description de vos personnages sera faite au fur et à mesure de l’avancé du récit. Vous laisserez ainsi votre lecteur libre de se figurer les traits de ses héros, en prenant soin de disséminer quelques indices au fil de la narration.
> Décrit à son arrivée comme « un géant hirsute à la cape boueuse et effrangée », on apprend que Patrick McEgan est doté d’une garde d’émaux et de pierres « fascinantes », ainsi que de « pupilles flamboyantes » toutefois « sombres comme l’ardoise ». Quant à notre héroïne, ce n’est qu’à la page 21 que nous aurons connaissance de la blondeur de sa chevelure, de la fermeté de ses lèvres, de la hauteur de ses pommettes, du brun de ses yeux et de son teint lumineux.
Le caractère et la beauté de vos personnages se disputeront la vedette. De véritables héros pourraient-ils être dépourvus de l’un ou de l’autre ? De ce point de vue, la nature de la collection est là encore déterminante. L’aventure est bien l’affaire des personnages ; choisissons une jeune femme qui se révélera dès les premières lignes hors des conventions et prête à abandonner famille et royaume pour prendre en main son destin. Je vous livre pour illustration les premières lignes de notre titre: « Quelle jeune femme n’a pas rêvé, le jour de son mariage, d’enfourcher son cheval et de fuir très loin pour échapper à son sort? » Si, comme moi, vous n’auriez pour rien au monde fuit à cheval le jour de votre mariage, vous savez déjà que vous ne vous identifierez pas nécessairement au personnage principal. Ce n’est pas grave. Une héroïne Harlequin peut se permettre de ne pas ressembler au tout venant, c’est même souhaitable pour les aventures qui l’attendent, mais n’anticipons pas.
Lancez votre premier chapitre sur les chapeaux de roues : un mariage, une fiancée qui n’a jamais rencontré son promis, et craint fort de se trouver face à « un vieillard édenté ». Veillez à ce que la représentation que la belle se fait de son fiancé frappe l’imagination du lecteur. Savoir que, dans une telle situation, vous craindriez beaucoup plus de tomber sur un imbécile heureux importe peu. Même si il est vrai que l’imbécillité, aussi heureuse soit-elle, dure beaucoup plus longtemps que l’espérance de vie d’un vieux gâteux.
Frapper l’imagination du lecteur sera du reste votre préoccupation la plus vive.
Le premier chapitre sera donc le chapitre de première rencontre entre les fiancés, celui du mariage et du départ de la belle pour son nouveau royaume.
Le second chapitre peut être un peu plus léger, ainsi nous apprendrons majoritairement du second chapitre qu’Isabelle craint les rats.
La suite de l’intrigue sera peuplée de questions. Nos aventuriers progressent dans la connaissance l’un de l’autre, ils se tournent autour, se reniflent « Ses cheveux sentaient la femme », et s’interrogent beaucoup « Pourquoi ses seins semblaient-ils se durcir ? ».
Ils seront attirés chacun à différents moments de l’histoire, nous aurons ainsi l’occasion de détailler, sous de multiples angles, et à différentes reprises, les muscles et la virilité du héros, les courbes, sous un vêtement mouillé, de préférence, de l’héroïne. Du reste, une partie du corps peut suffire à quelques sous-entendus. Ainsi les mains de Patrick sont : « Très grandes et très fortes, elles dénotaient une remarquable vigueur ». Pour la jeune femme, quelques allusions subtiles la compareront tour à tour à une pouliche (p.10), à un animal sauvage qu’il s’agit de dompter (p.18), à un étalon (p.20) etc. Michelle va jusqu’à écrire que Patrick jette à la miche (de pain, ndlr.) des regards concupiscents. En résumé, n’ayez peur d’aucun cliché, ils vous le rendront bien.
Collection aventure donc. L’héroïne a de la chance. Têtue, limite pénible (c’est une femme, elle est blonde, elle ne veut pas comprendre), intrépide, il est bon qu’elle ait ce petit côté Jack Bauer qui lui permettra d’échapper à la mort quand elle traversera à la nage l’eau glaciale du Gouffre, dont elle se demande, en dernière extrémité « Dans ses abîmes, les noyés des temps anciens ne l’attendaient-ils pas, en ricanant ? ».
Cette épreuve lui conférera le statut d’héroïne, comme le constatera notre héros Patrick au chapitre 7 « Son allure était celle des intrépides guerrières de légende ».
C’est alors que tout bascule, elle est normande, mais pas moins femme, il est irlandais mais sacrément homme, si en plus elle est belle, têtue, guerrière, après des mois d'entêtement pour se faire accepter, il suffit d’une petite pression supplémentaire du père, et paf, à la page 247, leur sort est scellé, il la déflore. Avec beaucoup de remords. Ils connaîtront encore un ou deux soucis matériels, puis vivront le reste de leur vie en tant que roi et reine, la tête haute, la voix rauque, les muscles bandés et tutti quanti.
Pour ce qui est du vocabulaire, n’hésitez pas à adopter des termes recherchés, qui enrichiront avantageusement le propos. Par exemple au pays d’Harlequin, les personnages ne boivent pas, ils « s’octroient une large rasade d’hydromel », et sont des « parangons de virilité ». En revanche, le lecteur n’a pas besoin de connaître le terme exact qui désigne la langue des irlandais de l’époque, il suffira d’écrire que les femmes « parlaient dans leur langue », tout le monde comprendra.
N’ayez pas non plus crainte de vous répéter. Le lecteur est oublieux, il peut être bon, au début d’un chapitre, de résumer l’enjeu du roman, on ne sait jamais. Ou de redire combien les deux protagonistes ont été violemment attirés l’un par l’autre trois pages auparavant. C’est la technique du réchauffage de braises. De même, les sous entendus doivent êtres clairement énoncés « Par son intimité comme par la puissance de sa pénétration, cette prise de possession était comme la figuration de celle que Patrick s’interdisait. »
Quant aux formulations, elles seront de préférence compliquées, négatives, on décrira avantageusement ce qu’un personnage n’est pas, plutôt que d’écrire tout simplement ce qu’il est.
Enfin, ne lésinez pas sur les fins de chapitres qui, en une phrase simple et percutante, informeront le lecteur de l’état d’esprit dans lequel il laisse son personnage. Ainsi, malgré l’adversité, Isabelle songe, au terme du chapitre premier « Il ne fallait pas que son mari, si inquiétant qu’il fut, soit dévoré par une meute de loups » ; fin du chapitre 6 « D’un geste rageur, elle fit tomber la grande cape. » ; chapitre 7 « N’y tenant plus, elle lui prit la bouche » ; et ma préférée « La folie allait s’emparer d’elle, sans doute, mais quand ? » (chapitre 22).
Vous l’aurez compris, il y a beaucoup à dire sur un Harlequin. Je m’en tiendrai donc là. En espérant que vous aurez eu un aperçu du plus drôle de ma lecture.
Pour le moment, je n’ai encore pas réussi à ouvrir un autre livre depuis que j’ai fini celui-ci.
Traumatisée par tant de talent, sans doute.
Une très bonne, et très drôle critique du même ouvrage chez Cryssilda.
Billet écrit dans le cadre des Harlequinades 2009.

Hier encore
Ce matin, le mois de septembre arrive de plein fouet, les nuages sont comme des bâches remplies d'eau qui n'attendent qu'une occasion de nous tomber sur la tête, et même si j'ai joué ma crâneuse en gardant mes sandalettes aux pieds parce que je n'ai pas peur de l'eau, ce n'est quand même plus pareil. Du tout.
Hier encore, je croyais que l'été allait durer toute l'année, que les barbecues entre copains et les bombes dans la piscine avant le verre de rosé, c'était la vraie vie.
Ce matin, vissée à mon siège devant mon écran beaucoup trop grand, je me surprends à espérer que la vraie vie ne soit pas trop dure avec moi, si j'y mets un peu du mien.
Hier encore j'avais cette grande jupe blanche et noire, pleine de tissu, qui tombe sur les hanches et me donne l'impression d'être une BB brune. Bon, aujourd'hui, c'est pas pire, j'ai mon tee-shirt qui rock et mes sandales en or.
Mouillées, mais en or.
(Et oui, je porte aussi un pantalon, je travaille dans une agence respectable, quoiqu'on en dise.)
Et je songe que cette année, si je dois prendre une résolution pour cette rentrée (même si je me défends de prendre des résolutions, ça craint, ça laisse croire que je ne suis pas tout-à-fait cet être parfait que tout le monde croit), c'est définitivement de renouer, coûte que coûte avec un état d'esprit positif.
Oui, quand il pleut, ça me bouffe le moral, c'est comme ça. Mais ce n'est pas une fatalité.
Le gris, c'est chic, surtout quand c'est en flanelle, et puis... le soleil n'est peut-être pas parti pour longtemps...
Et est-ce qu'une chanson qui pète et qui rappelle l'été, une soirée ou deux à danser comme une dératée ne ferait pas l'affaire... ? SIIIIII !!!
Alors go !
août 21, 2009
Enlève-moi tout de suite tes mains de la gazinère

août 17, 2009
Quand faut y'aller...
Une fois que le texte est propre, décoquillé et bien présenté...
Il ne reste plus qu'à l'envoyer les doigts croisés (ce qui n'est pas des plus aisé, j'en conviens).
So long...
août 10, 2009
Back in town
J'ai pris le bateau, la voiture, le train, le métro et re-le train, posé mes sandales encore pleines de sable sur le lino de l'agence, rangé mon sac de voyage dans un coin, lui et toutes mes photos de vacances sagement archivées dans mon ordinateur.
Ce soir je renouerai avec mon chez moi pour de bon.
Et j'alignerai sur mon bureau mes quelques trophées glanés pendant ces quelques jours loin de mes habitudes, loin de mes manies, loin de mes tracas.
Aujourd'hui c'est la rentrée pour moi, mais... j'ai de la mer plein la tête, de l'iode plein les narines, du large plein les yeux, et des projets plein mes valises (et du sable plein mes sandales, donc).
Je vais me faire un joli programme pour la rentrée, la vraie.
Pour le moment... c'est la rentrée de May-qui-travaille, mais j'ai encore un peu de temps avant de reprendre le rythme haletant de tous ces jours. De tous les jours qui fatiguent, qui usent, et qui forcent à penser, beaucoup, à la place de rêver.
J'aime trop rêver.
juillet 22, 2009
L’envie en vie
Des fois, j’aimerais que quelqu’un me rassure, en me disant de quoi demain sera fait. A quoi m’attendre, sur qui compter, comment m’y prendre.
Des fois, j’aimerais que quelqu’un me dise de persévérer, que je vais y arriver, que je serai éditée, et que je pourrai écrire à l’envie.
Des fois j’aimerais que quelqu’un me dise d’aller plutôt vers telle ou telle voix, qui me correspond plus (les nouvelles, plus que les contes pour enfants, les dialogues, plus que les histoires rimées... ou le contraire).Même si je continuerai à écrire un peu tout parce que c'est comme ça que ça me plaît.
Mais ce quelqu’un, complètement fantasmatique, n’existe pas. Sauf si j’écoute mon instinct. Et mon envie.
J’ai une très grosse envie, justement, d’écouter mes envies, de persévérer, et d’avancer. Même si là où je vais, c’est encore un peu flou.
Ce que c’est d’être myope.
juillet 20, 2009
J'adore l'ennui
Comment ça, pourquoi faire ?
Pour voir, quoi.
Vous allez me répondre qu'une journée "normale", pour vous, est précisément une journée AVEC Internet.
Je reformule : êtes-vous cap de passer une journée, normale ou non, donc, sans vous connecter une seule fois à Internet (que ce soit par le biais de votre ordinateur ou de votre téléphone) ?
Pour la première fois, je vais partir sur mon île avec mon téléphone qui me permet de consulter mes mails, et je me demande "vais-je débrancher ?".
En temps normal, je dirais que non, je ne débranche pas vraiment. Je suis trop curieuse, en fait.
Mais je crois que j'ai envie de vivre une expérience forte. Même si je ne me sens pas très cap...
Comment ?
Oui, je dois reconnaître que je mets de l'aventure où je peux, en ce moment ma vie est un tantinet plan plan.
Que voulez-vous, life is maybe a stage, mais ce n'est pas non plus Hamlet tous les jours, voyez...
J'envisage également de me faire La recherche du temps perdu l'intégrale. Et pas parce que j'ai peur de m'ennuyer. Je ne m'ennuie jamais.
Même quand je suis au bureau en plein été alors que tout le monde se bronze la couenne au soleil.
J'adôôôre m'ennuyer, ce qui ne m'arrive pas assez. D'où cette lecture fort à propos.
Vous l'aurez compris, je vais bientôt joindre ma couenne à celle de toutes ces gentilles personnes qui vous ont laissé leur place dans le métro le matin. Du moins à quelques unes d'entre elles, s'agirait pas non plus de se retrouver sur la plage aux heures de pointe.
PS. : Ah oui, et parce que j'ai définitivement laissé de côté tous mes scrupules intellectuels, pour vivre à fond chaque aventure qui se présente, je me suis inscrite aux Harlequinades 2009, dont la vocation est de lire la société à travers l'Harlequin, ce qui ne laisse pas de m'interpeller.
Je vais donc lire mon premier Harlequin (tout arrive), et vous en parler, vous imaginez bien.
C'est vraiment une semaine spéciale, non ?
juillet 18, 2009
Tout effacer et tout reprendre
Parfois, il me prend l'envie de tout effacer, et de tout recommencer au propre.
Quand je vois ma fille barrer sauvagement un dessin parce qu'elle a écrit de travers, ou parce qu'elle a raté un bout de pétale, ça me fend le cœur.
De la même manière, quand je me surprends à imaginer que je pourrais supprimer ce blog et en ouvrir un nouveau, tout beau, réfléchi, avec un vrai angle (la littérature, ou l'écriture, ou... ma vie...), je suis plutôt enthousiaste, mais rapidement je suis déjà nostalgique d'une fin éventuelle de ce blog-ci. Je suis très nostalgique, je vous l'ai peut-être déjà dit.
Parce que je l'ai ouvert sur un coup de tête, et que je l'alimente de la même manière, un peu tous azimuts.
Parce qu'il est brouillon, mais je suis comme ça.
(C'est terrible, j'aimerais vous dire que je suis structurée comme ci comme ça, mais non, j'écris sur une idée qui passe par là, je publie parce que j'ai envie de partager ça.)
Parce qu'il est irrégulier, mais je suis comme ça.
Parce qu'il est superficiel. Je suis superficielle.
(J'aurais dû intituler ce message "Toutes ces vérités que vous auriez préféré que je taise pour conserver l'image d'icône parfaite que vous avez certainement de moi", mais je ne voulais pas d'un titre trop racoleur).
Mon blog a tous les défauts du monde, mais j'y tiens.
La seule vraie raison que j'ai trouvé pour ne plus écrire dans ce blog, serait que je pourrais passer plus de temps à écrire "pour de vrai".
Quand j'écris ici, et que je vous parle, je sais que je ne serai pas lue par beaucoup, et je trouve toujours ça un peu pathétique les gens qui parlent dans le vide.
Quand un ami m'appelle, et que je ne me suis pas préoccupée de savoir comment il allait depuis des mois, et que finalement, ben ça va pas, je pense immédiatement que c'est très bizarre, finalement, d'aller voir souvent sur les blogs des gens comment ça se passe, et de ne pas faire la même chose pour les personnes que l'on connaît vraiment.
Mais les blogs, ça mouille moins que la vraie vie. Je crois que des fois, j'en ai soupé d'être mouillée, alors je viens sécher derrière mon écran.
Alors il est possible qu'un jour je délaisse ce blogounet, vous saurez que c'est parce que je me suis mise à l'écriture pour de vrai.
Il est aussi possible que je reprenne des vraies critiques, longues et argumentées, alors vous saurez que je suis au chômage ^^ !
La vérité c'est que mon blog et moi, c'est "ni avec toi, ni sans toi".
Quant à vous, j'ai besoin de savoir que vous êtes là, de temps en temps.
Tout ceci est très bizarre, non ?
juillet 14, 2009
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, éditions Nil,
avril 2009.
Londres, 1946 - Juliet, écrivain, cherche un sujet de roman qui lui permettrait de sortir des chroniques humoristiques qu'elle avait l'habitude d'écrire pour un quotidien. Elle reçoit un jour une lettre d'un habitant de Guernesey, qui a hérité d'un livre lui ayant appartenu. Une correspondance s'installe entre Juliet et plusieurs habitants de l'île, à travers laquelle ils se racontent, eux, mais aussi l'île sous l'occupation.
J'ai trouvé très agréable cette lecture qui, au fil des lettres, nous conduit d'un personnage à l'autre au cœur de Guernesay, au cœur de l'occupation, et dépeint toute une galerie de personnages aux caractères globalement enjoués, distrayants et touchants.
Le ton, le traitement épistolaire, et le personnage de Juliet, très attachant en femme écrivain trentenaire célibataire, m'a rappelé celui de 84, Charring Crossroad.
J'aime renouer avec des expressions désuètes, et ce ton ironique l'air de ne pas y touche ne cesse de me divertir.
On y lit également une présentation de l'occupation, où les allemands ne se contentent pas d'être l'ennemi impitoyable mais peuvent aussi faire preuve d'humanité, ça change ; ainsi que le réveil d'un peuple qui recommence à se réjouir timidement au terme d'une guerre qui les laisse dépossédés de beaucoup de matériel, mais d'assez peu de leurs richesses intérieures.
Au cœur de ces lettres, un roman voit le jour, un personnage est évoqué, différemment, et des amours en tous genres se nouent.
Un joli roman, distrayant, touchant, cocasse parfois, que je vous encourage à lire.
juillet 10, 2009
La nostalgie des souvenirs
C'est un soulagement, bien sûr.
Cela fera quatre ans qu'elle n'est plus habitée et marine dans son jus. Nous n'avons pas les moyens de la racheter, surtout pour payer 55% de sa valeur en plus aux impôts...
Soulagement parce qu'elle est dans un état d'abandon depuis des années.
Déchirement terrible en même temps.
Le deuil des lieux de notre enfance est long, particulièrement quand les éléments matériels le font durer plus qu'il ne faudrait.
J'y suis attaché, à cet endroit. Mais de ces attachements qui nous retiennent à des choses qui n'existent plus. Je suis attachée à mes souvenirs.
Mon frère et moi y étions seuls avec notre grand-mère, les mois de juillet.
Nous prenions le train à la gare Montparnasse. Il était omnibus, mettait des heures. Nous passions par Laval, entre autres gares (lecture de droite à gauche et de gauche à droite), arrivions à Quimper, prenions un taxi.
Peu avant d'arriver enfin, nous retrouvions tous les symboles : la plage, immense et magnifique, le petit pont sur la mer, les rochers de granit énormes, les arbres poussés courbés à cause du vent, la maison de Suzanne, qui tenait autrefois un bar et nous offrait toujours des sucettes, la maison du docteur avec la grande ancre dans le jardin.
Et puis la maison. Inventaire. Nos arbres ont grandi, nos journaux sont toujours là. Le vieux lit en fer blanc est toujours caché derrière la maison. Le poteau en bois sert toujours de banc. Les voisins, le petit raccourci, la haie de troènes. Des milliers d'odeurs se bousculent, que je ne peux pas partager avec vous. Richesse immense de la mémoire olfactive qui m'envoie les parfums à mesure que remontent mes souvenirs.
Et les journées ! Nous faisions nos devoirs de vacances le matin, dans la cuisine, en écoutant son 33 tours d'Yves Duteil (si ça c'est pas de la torture !).
Je me rappelle très bien que ma grand-mère m'avait appris l'heure au cours d'une de ces séances studieuses. Ensuite nous allions acheter les espadrilles ("une taille en dessous, ça se détend beaucoup" : et on me demande pourquoi aujourd'hui j'exècre les espadrilles???), puis plus tard, des tongs, qui ruinent les pieds quand on fait du vélo.
Nous déjeunions, siestions, puis nous rendions à la plage, mais devions attendre pour ne pas risquer l'hydrocution.
C'est pas folichon, ce programme. Et les heures passées à bouquiner les Aggie, les pieds Nicklés et la comtesse de Ségur dans le jardin, ou les heures passées à organiser un énorme rocher dont nous connaissions les moindres trous et les moindres niches ("Ici le salon, ici la cuisine, là, le garage, avec la voiture). Les promenades, montée au phare, immense, un des plus grands, pélerinage au rocher du préfet, à la chapelle, ses vitraux... Sans compter la trottinette géante, les explorations dans la crèche, et la chasses aux fourmis, armée d'un pistolet de produit pour les vitres.
Vraiment.
Des journées peuplées de vide, de lenteur, et d'ennui, qui me laissent malgré tout nostalgique même si j'avoue que le bilan de nos activités me laisse perplexe, et me pousse à conclure qu'en effet, l'ennui n'est pas une mauvaise chose.
Aujourd'hui nous avons pris nos quartier dans un autre coin de la Bretagne, et j'espère que mes enfants auront eux aussi cet attachement qui me fait revandiquer mon nom, même si je ne suis pas une vraie de là-bas. J'espère qu'eux aussi auront ce goût pour le vent, la mer, et les promenades pieds nus sur les tapis d'herbe grasse des côtes.
Mon père nous racontait souvent comment mon grand-père avait acheté cette maison à la bougie. Ma grand-mère, surtout. Avant que la troisième bougie ne s'éteigne, elle a mis un grand coup de coude dans ses côtes pour le réveiller car il dormait. ça me semble incroyable d'ailleurs de dormir pendant une vente à la bougie.
Nous allons la vendre. A la bougie peut-être ?
J'espère qu'elle aura la chance de tomber sur un propriétaire qui aura à coeur d'en prendre soin, et qui en profitera bien.
juillet 09, 2009
Les bons moments qui durent
De là à titrer "Vivre plus longtemps grâce à une pilule ?", il n'y a qu'un pas, que Le Monde s'empresse de franchir en se prémunissant cependant d'un point d'interrogation.
Et c'est très bien, parce que vous me connaissez, j'adore les titres tape à l'œil.
Et là, j'ai envie de dire "Vivre plus vieux, brrrr... mais pour quoi faire exactement ?"
Pour être grabataires plus longtemps ?
Pour être à la charge de nos enfants plus longtemps ?
Pour se payer des Alzeihmer plus longtemps ?
Chouette alors, on va bien se marrer.
On va creuser le trou de la Sécu (il n'existerait pas une petite pilule pour le combler, ce déficit ?), l'entretien des vieux va devenir un vrai job lucratif, et on sera tous à la charge de nos descendances respectives.
ça promet de chouettes parties de Bingo, le soir, au son des respirateurs.
Pour quoi faire, vivre plus vieux ?
Moi je veux bien, les progrès de la science, et ça a un côté assez enthousiasmant de repousser les limites. Et vivre plus longtemps, finalement, je me laisserais bien tenter, moi. Si on me promet que le cancer, la sénilité, Alzeihmer et consorts seront traitables, que je pourrai m'assumer seule pour ne pas peser sur mes enfants, et que nous aurons oeuvré pour sauver la terre.
Parce que si c'est pour vivre plus longtemps malade, sans retraite et sur une planète qui nous lâche (de notre faute, en plus, bravo), là, je ne suis pas sûre.
Aujourd'hui il fait gris. Quand il fait gris, je suis pessimiste.
juillet 08, 2009
La patience n'est pas ma vertu principale
Pourquoi, me demanderez-vous, souhaiterais-je y résister ? Quelle drôle d'idée, c'est tellement plus agréable de se laisser mener par ses envies, de terrasse, de sieste, d'une séance de cinéma ou de plage, soyons fous.
Hé bien... peut-être parce que mes clients, ces êtres dénués de cœur, m'obligent à continuer de travailler, alors même qu'autour de moi, tout n'est que paresse, mollesse et amusement futile.
Comment faire revenir mon esprit dans le droit chemin ?
J'ai beau faire tourner en boucle ce mantra dans mon esprit : "ne pas rêvasser, ne pas rêvasser, ne pas rêvasser", et paf! Je me surprends à rêvasser.
Je bavasse, je surfe, et ça ne fait pas avancer mes affaires, tout ça.
Devrais-je enfiler une paire d'œillères mentales ?
A quoi ça pourrait bien ressembler, d'ailleurs ?...
je vous raconte ça, mais vous vous doutez bien que tout ceci n'est que fiction.
Je suis bien sûr une salariée exemplaire, à qui ne viendrait jamais à l'idée de se connecter sur Internet pour voir d'autre sites que ceux de ses clients bien aimés.
Il n'en reste pas moins que lorsque je me rends à mon travail, petite fourmi besogneuse, et que je croise tous ces gens en short et autres tongs, munis d'une valise à roulettes qui crie la liberté et les grands espaces, mon cœur se serre.
Je voudrais être en vacances, moua zaussi !
