juin 17, 2010

L'âge et la manière

Hier soir, en quittant l'agence.
Devant moi, une femme, une mère, mon âge, un livre d'anglais en main (elle fait répéter une leçon d'anglais à la jeune adolescente brune qui marche de l'autre côté).
L'autre main est posée sur l'épaule de son fils, environ 7 ans, le guide.
Elle a un jean large brut de jolie coupe, vaguement usé en bas à force de traîner sur le bitume, et des spartiates, des cheveux bruns et un joli sac besace en cuir marron.
Sa fille a l'âge qu'aura la mienne dans 3-4 ans. Son fils a l'âge qu'aura le mien dans 3-4 ans.
Je me suis sentie terriblement pareille qu'elle.
Et terriblement différente.
Elle les accompagnait, en sortant de l'école. Ils rentraient probablement chez eux.
Je sortais de l'agence.
J'étais seule dans la rue.
Je me suis sentie beaucoup plus jeune et beaucoup plus vieille à la fois.
C'était étrange de me sentir aussi diverse dans une situation aussi commune.
Étrange de ne pas savoir me situer, pour une fois.
Mais pas du tout désagréable.



juin 15, 2010

ça couine fort chez les Happy few !


Voyez-vous, j'aime Fashion pour ses critiques de bouquins toujours menées d'une plume maîtresse et pigmentées d'une pointe d'humour, mais j'aime aussi Fashion pour ses idées délirantes (cf. les Harlequinades) et je ne résiste pas à vous faire découvrir la dernière initiative, prise avec le Bookomaton, de crier haut et fort son goût pour la couinerie.

Couinerie : n. f. : faculté à voir la vie en rose et à le faire savoir. Disposition de l'âme à exprimer tout haut ce que le coeur bondissant ressent si fort : la joie, le bonheur.

En ces temps de crise et d'ineptie généralisée, grand bien nous fasse de couiner. C'est la raison pour laquelle je participe à cette clamade généralisée pour le droit inaliénable à la couinerie !

Et au premier fâcheux tenté de demander "qu'est-ce que cette co(ui)nnerie?!", je serais tentée de répondre "Couinez donc mon ami, et cessez un peu de grincer que diable !"

Frères et soeurs couineurs, je vous salue bien bas !



juin 14, 2010

Le temps suspendu

En ce moment je ne dors pas bien.

Je suis heureuse, oui, vraiment, je suis heureuse.

Mais tant de possibles tourbillonnent, prometteurs, porteurs de nouveauté.
Tant de choses qui m'appellent et m'effrayent.
J'ai du mal à laisser le temps suivre son cours, prendre son temps.
Pourtant, il m'en donne à moi aussi, du temps.
Du temps suspendu, dont j'aimerais réussir à saisir la légèreté pour en profiter.
Quelques jours seulement, durant lesquels je n'ai plus rien à prouver, à tenter ou à réussir.
Juste à attendre, qu'on prenne une décision, pour moi.

Ces quelques jours, il faut que je parvienne à les embellir.
Et que j'appréhende l'issu de la décision, quelle qu'elle soit.

Puisque, quoiqu'il advienne, je suis heureuse.

juin 08, 2010

Le royaume de sa nuit

Lorsque j'ai décidé de participer à l'opération Masse critique, j'avais deux objectifs :
. le premier, de l'ordre du (petit) fantasme : recevoir un bouquin d'une maison d'édition pour le commenter
. le second, me tester sur la lecture et la critique obligatoires en temps limité, ce que je ne e sentais pas vraiment capable de faire. En fait si.

J'ai choisi une biographie, parce que j'adore les bio et que je n'en lis pas tant que j'aimerais. Celle-ci propose de découvrir l'histoire de mère Teresa, une sacrée femme, un personnage du siècle, quelqu'un dont j'ai beaucoup entendu parler petite, mais dont finalement je ne sais pas tant de choses.

Sauf que.
Sauf que dès les premières pages, j'ai été agacée par le style "mystique" de l'auteur.
Renseignements pris, Olympia Alberti est décrite comme une passionnée de mystique et de l'Inde. Indéniablement, sa connaissance de l'Inde est très appréciable et apporte beaucoup.
Le style mystique, en revanche, ne me semble pas indispensable mais vu le personnage dont il est question, pourquoi pas, on dira que le lectorat peut facilement verser dedans.

Passé la barrière du style, c'est donc de l'enfance que traite en premier lieu ce livre. Le foyer de mère Teresa était empli d'amour, je le sais parce que l'auteur répète le mot toutes les trois lignes.
Vient ensuite le temps de la vocation, celui de son entrée dans les ordres, le temps de l'appel de Jésus. Puis un échange de courriers qui visent à nous faire comprendre la difficulté que Mère Teresa a eu à convaincre ses supérieurs de la laisser sortir du couvent. Fallait-il nous imposer toute la pénibilité de ces échanges et leur longueur dans le temps pour nous la faire comprendre ?
Enfin, un passage, extrait du journal de Mère Teresa, la donne véritablement à voir. Nous dit ce qu'elle vit concrètement. Et c'est ce que j'attendais de ce livre : savoir ce qu'elle a dû surmonter, de quoi était faite sa vie au quotidien. Or le propos du livre porte beaucoup plus sur la "nuit de la foi" de Mère Teresa, ce moment où elle a senti en elle que Jésus l'avait abandonné, et qui a duré des années.
Le titre était clair sur ce fait, moins le sous-titre "Récit d'une vie", qui porte à croire qu'il nous livrera une vision complète de sa vie. Or l'auteur bâcle littéralement les dernières années de Mère Teresa. Vous saviez, vous, qu'elle avait agit pour les malades du sida aux États-Unis ? Moi non, et j'aurais voulu en savoir plus. Mais toutes ses dernières actions sont énumérées en fin d'ouvrage, donnant l'impression qu'elles ne représentent qu'une part marginale de sa vie, et je trouve que cela crée un déséquilibre réel sur l'ensemble du bouquin.
Voilà pour la critique.

Pour ce qui ressort en revanche de l'esprit général de cette biographie, j'avoue que j'ai été touchée par cette "nuit", par ce courage que l'auteur nous donne à lire, en dépit d'une foi vacillante, d'une quête de Jésus inassouvie. Pour le coup, l'écriture mystique donne une certaine force, même si point trop n'en faut: à de nombreuses reprises, j'ai trouvé que l'auteur se faisait plaisir en partant dans des considérations un peu trop redondantes alors qu'on a compris de quoi il retournait depuis belle lurette. Mais reconnaissons-lui ça, elle y arrive. Elle parvient à faire passer cet espoir incroyable que portait Mère Teresa alors même qu'elle n'avait plus qu'elle sur qui compter. Comme cela est décrit dans le livre, cette "nuit de la foi" est "classique" chez les grands mystiques, un peu comme si Jésus leur donnait une conviction incroyable au départ, pour les porter, et qu'il les laissait ensuite continuer à croire et à œuvrer, mais sans plus jamais se montrer à eux.

En conclusion, j'ai bien aimé cette lecture, malgré ces quelques travers qui alourdissent le propos. Je suis assez tentée de me pencher sur l'ouvrage autobiographique cité plusieurs fois : "Viens, sois ma lumière".

Voici donc une lecture à recommander aux plus spirituels d'entre nous, ou à ceux qui voudraient avoir un aperçu parlant de ce que peut signifier "avoir la foi" et vivre d'amour.



juin 04, 2010

Wisteria lane

Depuis quelque temps, il y a un homme dans ma ville, qui me dit bonjour avec un grand sourire quand il me croise.

Un homme entre deux âges, un homme qui serait du nouveau troisième âge, vers la soixantaine.

Je fronce généralement les sourcils et marmonne un bonjour, en pensant qu'encore une fois, on me prend pour quelqu'un d'autre, ça m'arrive tout le temps.

Hier, j'ai découvert que cet homme est mon voisin d'en face. Celui de la petite maison qui ne paie pas de mine.

Mon voisin de devant mon nez quand je sors de chez moi depuis trois ans...

juin 03, 2010

Série-réalité

Ce matin en montant dans le train, j'ai reconnu Charly et Rose, de Lost.

Finalement c'est pas mal que la série soit finie...

mai 24, 2010

Non, non, non, je ne veux pas travailler

Ces dernières semaines, je n'ai pas beaucoup blogué, j'étais très occupée à faire avancer ma vie en vrai. Aujourd'hui j'ai deux minutes devant moi, on est lundi de pentecôte, je suis au bureau, un peu agacée à la perspective de passer la journée qui s'annonce radieuse planquée derrière les stores du bureau où il fait déjà 22° à 9h30.

Henri a dit "Le travail c'est la santé", et Nicolas que "le travail c'est la liberté".
J'abonde dans leur sens, à deux énormes bémols près :

1. Le travail c'est la santé, et comme toujours en matière de santé, tout excès nuit.

2. Le travail c'est la liberté, en bonne femme moderne et libérée, je ne peux que comprendre le fond de cette acception (malgré ses accointances nauséabondes) , mais je crois qu'aujourd'hui je me satisferais très bien de ne pas être libre pendant huit heures...


Allez, pour fêter ça, une petite bande annonce sur laquelle je suis tombée il y a une heure. Et non, il n'y a pas de hasard pour que je tombe dessus aujourd'hui, je vous le dis, mes amis, les signes, il faut lire les signes.
(Promis, après cette saison de Lost, j'arrête les séries surréalistes).

Bonne journée, profitez-en bien, et sans rancune... ou presque.

Et pourquoi, oui, pourquoi, faut-il que je tombe sur cet article du Monde ? Argh !

avril 30, 2010

Cher Guillaume




Cher Guillaume,

Après avoir lu Et après ?, j'avais juré de ne plus lire de livre de vous. J'avais été déçue, attendant un rebondissement, un dénouement, un quelque chose qui rattraperait ce livre dont le sujet était plutôt prometteur. Las, rien n'y fit, je fermais le livre en songeant que j'aurais dû me méfier du titre.

Pour quelle raison obscure ai-je été tentée de recommencer ? (Je n'ai aucune parole, c'est affreux).
Je crois que je suis d'une curiosité terrible.

A l'origine, je pensais faire une critique facile, drôle si possible, pour mettre en lumière les tics, les insuffisances, les métaphores privées d'imagination... Vous êtes un auteur populaire, un de ceux dont on entend couramment dire qu'ils écrivent de la daubasse. Pardon de mon honnêteté, cher Guillaume.
Mais la facilité, justement, ne m'amuse pas, et je suis trop intriguée par votre succès pour me lancer dans une critique simple de ce roman en particulier.

Dans La fille de papier, votre dernier roman paru, un romancier à succès (sic) sombre dans les affres du chagrin d'amour qui l'empêche de parvenir à écrire le troisième volet de sa trilogie.
Madoff passant par là, le voici ruiné, son passé de gosse de banlieue resurgit et sur ces entrefaites, un personnage de son livre débarque sur sa terrasse à 3h du mat alors qu'il est essayait de se Marilyn Monroeiser.

Alors bien sûr, je vous entends clairement, cher Guillaume, le surnaturel dans vos livres sert d'autres sujets, plus profonds, tels que le deuil, les regrets, la vieillesse...
Mais bon, franchement, soyons honnêtes, vous effleurez ces sujets comme on souffle un pissenlit. ça finit en fleurs poilues qui s'éparpillent dans les airs, ça part un peu dans tous les sens, on ne contrôle rien, et à l'arrivée il ne reste qu'un pauvre tige dégarnie.

J'ai lu votre livre, cher Guillaume, vite, facilement, sans honte et sans fards.
Je l'ai lu jusqu'à le finir.
Je n'ai pas vraiment aimé, je n'y ai pas trouvé ce qui me régale dans les livres : des personnages attachants et généreux, ou des dialogues truculents, ou une construction qui scotch, ou un rebondissement qui nous renverse, un style qui nous émerveille, un univers... Non. Tout est lisse.
Les personnages s'agitent, disent ressentir des choses, on les croit sur parole, mais sans empathie.
Les péripéties se succèdent sans finesse de construction, et si on est jamais vraiment surpris, on manque souvent d'être paumés au fil des d'événements qui se suivent sans façons comme une fashonista débutante empile des couches de fringues pour se donner de l'épaisseur.
Tout cela est vite lu, vite oublié.

Vous dites "Il n’y a rien de pire qu’un livre où l’on s’ennuie. En choisissant notre livre parmi beaucoup d’autres, le lecteur nous accorde sa confiance et le moins que l’on puisse faire est de ne pas le décevoir."

Je ne peux que vous donner raison, cher Guillaume.
Il est vrai que les livres ennuyeux sont de véritables plaies. Pour peu qu'ils nous soient imposés par un rectorat sadique, ça tourne à la torture.
Mais la lecture d'un livre bien écrit, bien construit et aux personnages un peu denses ne peut pas être ennuyeuse.
De là à proposer un livre bâclé, il y a un véritable gap.
Et vous vous accordez trop de facilités (à mon goût, toujours, je précise une fois, mais vous y êtes, là, c'est de mon blog dont il s'agit, hein...)
Je me suis même surprise à lire une une authentique longueur de cinéma écrite dans un roman.
L'aspect ? Une succession de faits, de lieux visités, de constats sentimentaux sans émotions, sans phrases construites.
Étonnant. Chiant aussi. Mais pas trop long, alors ça va.
C'est à dire que c'est démobilisant de lire des choses ennuyeuses, et franchement, en vous lisant, cher Guillaume, je me suis dit que vous "pissiez de la copie" comme on dit en presse quand on sort des feuillets de textes sans trop y réfléchir, juste parce qu'il faut remplir les blancs, énumérer des faits.

Mais ça marche.
Vous vendez une quantité colossale de livres.
Vous séduisez tous les âges de lecteurs.
Et vous faites lire des gens qui ne lisent pas.
C'est bien, ça.

Alors quoi ?
Je suis jalouse ?
Oui et non.

Oui, je suis un peu jalouse, parce que vous rassemblez des tas de lecteurs, et que quand on écrit, on a envie de rassembler, on a envie d'être compris. On a envie d'être aimé.
(Je dis "on", mais vous aurez compris que c'est "je", je n'insiste pas)

Non, je ne suis pas jalouse, parce que vous rassemblez, et que quand on écrit, on n'a pas envie de rassembler tout le monde.
Moi j'aime bien écrire des trucs qui déplaisent à certaines personnes, qui les surprennent, qui les dérangent, qui les interpellent.


Cher Guillaume, vous faites précéder vos chapitres de citations d'auteurs dont je me plais à penser que vous les avez lus (Sagan, Bobin, Palahniuk, Balzac, Nietzsche, King...). Il y a de tout et c'est tant mieux, je ne suis pas sectaire, bien au contraire.
Ce sont de grands, de bons auteurs. Certains sont plus populaires que d'autres, certains vendent beaucoup, d'autres moins. Et j'en arrive à la question qui me tarabuste à votre sujet : pourquoi ne travaillez-vous pas un peu plus les structures de vos romans ? Et les rebondissements ? Et les personnages ? Et les images, les phrases, les...
Pourquoi pas ? Vous n'allez pas faire fuir vos lecteurs, ils vous sont acquis, c'est un fait établi.

Franchement, cher Guillaume, lire dès les premières pages du roman une phrase du genre "la plage se prélassait au soleil" et "les maisons serrées comme des sardines" alors que vous parlez des maisons d'un front de mer à Malibu, non ! Non ! Zut !
C'est pas drôle. Je veux bien faire le geste de vous lire, mais faites-en un aussi. Arrêtez les clichés et les phrases à l'emporte-pièce. Quant à vos personnages de papier, ils méritent d'exister un peu mieux que ce que vous nous proposez. Et les dialogues ? Un échange d'informations. Pas de bon mots, pas d'humour, encore moins de rythme.
C'est dommage. Voilà, c'est dommage.
Moi, je trouve qu'un auteur qui est lu par autant de personnes devrait prendre quelques risques et écrire des trucs un peu plus chiadés.

Cher Guillaume, j'espère que vous aurez un jour envie de vous dépasser et d'offrir à vos lecteurs la qualité des livres que vous avez aimés et qui vous ont donné envie d'écrire. Parce que vous avez un truc, c'est évident. Alors essayez.
Merci d'avance.





avril 28, 2010

Compte à rebours

Dans un mois je dois remettre une première mouture du premier chapitre de mon premier roman.

(Et accessoirement faire avancer les 42 autres chapitres, tous en chantier. Ah hum.)

Il ne faut pas que je me rate. Il devra être percutant, accrocheur, et faire dix feuillets maximum.
( Mais généralement, je n'ai jamais trop de souci de longueur...)

Je me penche sur les livres dans lesquels je suis rentrée illico, pour voir quelle recette les auteurs ont utilisés.

Je me rappelle de quelques-uns, particulièrement bien menés, et je suis curieuse d'aller retrouver la touche particulière des romans dont je ne me souviens pas nécessairement du lancement mais qui m'ont tenue par la suite.

Et vous ? Quels sont les premiers chapitres qui vous ont littéralement happés ?



Et la sacro-sainte première phrase, quelle sera-t-elle ???

Ah, j'ai hâte !!



avril 23, 2010

En parlant de fouine


Il faut que je vous fasse une révélation.
Je regarde la Nouvelle Star.
Car même si je n'ai pas la télé, M6 a ce programme merveilleux sur Internet, qui me permet de reprendre mon émission chérie dont je fus quelques années sans pouvoir me repaître.
Et ce soir, André Manoukian, l'érudit du jury pourtant, dit de Philippe Manoeuvre, je cite "qu'il est certainement chafouin parce qu'il a respiré des cendres d'Eyjafjöll."
Et là, mon sang ne fait qu'un tour.
Non, André. Pas toi. Non. C'est un cauchemar.

Allez, il n'y a pas de raison que je sois la seule (semble-t-il), à bondir à chaque fois que quelqu'un emploi ce terme "chafouin".
Chafouin n'a jamais été un synonyme de "bougon" ou "grognon", et encore moins de "ronchon", non !

"Chafouin" signifie "fourbe, sournois", et il est issu du mot fouine (et du mot chat: chat+fouine).

Voilà. Il n'y avait pas de raison que je sois la seule à savoir que ce mot est systématiquement employé à mauvais escient.
Parce que ça m'énerve. Je préférerais ne pas le savoir.
Mais que voulez-vous, c'est mon petit côté généreux, je partage.
On ne se refait pas.

Allez, sans rancune.
Bonne journée

avril 22, 2010

Les clients, ces créatures

Ma cliente, je la connais comme si je l'avais faite.

Quoique ma fille soit moins prévisible.

avril 21, 2010

Almost Chief

Je viens d'avoir une promotion.
Mon rôle : décrocher le téléphone, noter les demandes du client, fouetter le responsable pour qu'il y réponde.
J'envisage de demander une augmentation.



Call me secretary in chief...

avril 13, 2010

Through the Looking-Glass

Quand on est chef de projet en agence de communication d'entreprise, plusieurs possibilités s'offrent à nous quand on a atteint le point de non retour des dix ans (bien tassés) d'expérience.

Option A : on devient directeur de clientèle.

C'est alors qu'opère une métamorphose : on ne sait plus dire non à ses clients ; la voix devient plus aiguë, on se met à glousser.
C'est fascinant.
On tombe en amour pour ses clients. (On en a l'air en tous cas).
Ce qui, quand on a subi dix ans (bien tassés) de production, est de l'ordre de l'inhumain.
C'est vrai quoi.
Des clients, ce sont des gens qui nous demandent des choses... contestables, comme de leur envoyer des photocopies de nuanciers.
Qui trouvent que non, vraiment, en rose, c'est "moche", voir "laid".
Et que la créa de départ était superbe. Mais finalement non, ça ne va pas.
Des gens dont on a pensé pendant dix ans (bien tassés) qu'ils ne s'étaient levé le matin que pour nous pourrir la journée.
Je ne suis pas Nelson Mandela, je ne pardonne pas à mes geôliers après avoir passé trente ans derrière les barreaux avec pour seule compagnie un poème victorien.

Être directeur de clientèle implique d'aimer son agence, en proposant aux clients des devis ficelés comme des rôtis, bardés de lard, bien salés, bien poivrés, bien serrés pour pas qu'on puisse lire entre les lignes.
Cela implique d'avoir envie de connaître ces clients qui nous font vivre. Donc d'être curieux de leur vie.
D'avoir la tchatche et de les faire rêver. De savoir bien mentir.
Cela implique, enfin, de vouloir continuer à travailler en agence.
Aaaahhh, la vie d'agence, ses réorganisation saisonnières, ses non-RTT, ses chefs en pagaille et ses positionnement aux contours flous (ses non-primes, ses non-13e mois et ses non-augmentations... ).
Cela implique de savoir et vouloir faire du développement.
Last but not least.


Option B : On va travailler chez l'annonceur

On fait fi de toutes ces années en agence, on tourne une vraie page et on passer, véritablement, du côté obscur de la force.
Cela implique d'accepter de devenir "la cliente", avec tout ce que ce terme peut avoir de péjoratif, de grisant, d'impérieux (faites votre choix).
Cela implique un meilleur salaire, plus de congés, (normalement) (sinon bonjour l'angoisse). peut-être même des horaires plus cool
Cela implique d'embrasser une seule entreprise, une seule stratégie, de manger, dormir, rêver "Mon entreprise à moi", de baigner dans une seule ambiance de travail.
Cela implique enfin de vouloir continuer à faire de la communication d'entreprise.
Last but not least.

Moi qui suis entrée en agence de com parce qu'il y avait de la lumière (et du boulot), je me retrouve aujourd'hui complètement dans le noir et j'ai le sentiment d'être condamnée à faire de la "com" (ça m'a tout l'air d'être un piège...)

Comment elle revient au bercail, Alice, déjà ?





Lewis Carroll, Alice as a beggar child by Lewis Carroll 1859.
(© Ovenden Collection, courtesy Akehurst Creative Management, London)


C'est marrant, j'avais la même coupe, petite (je détestais).






avril 11, 2010

J'adore Simone


Parmi les blogs que j'aime beaucoup lire, il y a celui de Simone.


C'est simple, elle est très drôle. Elle me fait hurler de rire.

J'ai eu l'idée de copier.

Victor Hublot je l'aurais appelé.

Mais j'aime pas copier.

Et j'aime trop Simone.

avril 08, 2010

L'amour, c'est comme une cigarette


Ne comptez pas sur moi pour vous dire si Incidences est un bon ou un mauvais Djian (d’autant moins que vous trouverez facilement ce genre de formules aux quatre coins du web).

Mes dernières lectures de lui remontent en effet aux années quatre-vingt-dix et leur qualité littéraire n’est pas le souvenir le plus prégnant qu’il me reste des Zone érogène, Maudit manège et autre Bleu comme l’enfer.

Incidences est donc mon retour à Djian. Après des tentatives avortées avec Vers chez les blancs et Doggy bag, il me semblait qu’il fallait quand même que je refasse un véritable essai. Transformé donc.


Intro : Marc, professeur de fac (il donne des cours d'écriture) sur le retour, qui vit avec sa sœur, et qui a depuis longtemps renoncé à devenir écrivain, enchaîne les liaisons avec ses étudiantes. Sauf qu’un matin, il trouve l’une d’entre elles morte à ses côtés, dans son lit.

De cette situation, Djian déplie un décor dans un style simple mais efficace, qui sert le regard de son personnage, critique, souvent cynique, sur l’époque et notamment sur la littérature contemporaine. Du passé douloureux des frère et sœur, il nous donne des amorces d’informations mais ne fait pas étalage de révélations.
Marc observe ses sentiments et ses sensations l’animer comme hors de son corps, qu’il semble ne réintégrer que pour fumer ou faire l’amour, occasions qui lui rappellent soit son âge soit son enfance. Il s'observe notamment tomber amoureux et ressentir les élans d'un sentiment qu'il connaît mal, et qui, aussi étonnant qu'il soit, ne dure qu'un temps.

Je ne dirais pas que la chute est étonnante, loin de là, le roman est émaillé d’allusions qui m’ont parfois fait souffler, mais par ailleurs, la construction est solide et assez fine. Les allusions sont assez subtiles pour nous laisser imaginer le pire, et j’ai trouvé que la distance du personnage avec le monde réel est excessivement bien rendue. On le suit, étonné de constater qu’il ne se tient pas là où il faut, qu’il n’a pas les réactions attendues et qu’il ne mesure pas les conséquences de ses actes. Il est à côté, constamment, et s’en rend compte -mais pas à quel point- mais avance, dans un mélange de cynisme et de désinvolture spontanés. Djian fait cela très bien, et je crois que c’est ce que j’aime chez cet auteur.

« Il roulait au milieu de la chaussée, mâchoires serrées, à cheval sur la ligne blanche continue qui se tordait sous ses yeux comme un serpent affamé dans la lune rousse. »

Incidences, Philippe Djian, Gallimard, mars 2010.

avril 06, 2010

Lecture du moment

"Je pourrais me tromper, croire que je suis belle comme les femmes belles, comme les femmes regardées, parce qu'on me regarde vraiment beaucoup. Mais moi je sais que ce n'est pas une question de beauté mais d'autre chose, par exemple, oui, d'autre chose, par exemple d'esprit. Ce que je veux paraître, je le parais, belle aussi si c'est ce que l'on veut que je sois, belle, ou jolie, jolie par exemple pour la famille, pour la famille, pas plus, tout ce que l'on veut de moi je peux le devenir. Et le croire. Croire que je suis charmante aussi bien. Dès que je le crois, que cela devienne vrai pour celui qui me voit et qui désire que je sois selon son goût, je le sais aussi. Ainsi, en toute conscience je peux être charmante même si je suis hantée par la mise à mort de mon frère. Pour la mort, une seule complice, ma mère. Je dis le mot charmant comme on le disait autour de moi, autour des enfants."

Marundi de Pâques

Aujourd'hui c'est marundi : un lundi qui commence en hiver et se termine un mardi au printemps avec 7° ce matin, 19° cet après-midi.

Au bureau, derrière mon store noir, le ciel bleu me fait sérieusement de l'oeil, je me prends à rêver à un hamac, un bon bouquin et rien que le soleil et moi.

Combien de temps tiendrais-je à ce rythme-là ?




mars 29, 2010

Some thoughts about changes

Il y a la peur de faire les choses, de ne pas y arriver, et il y a la peur des choses en elles-mêmes, pour ce qu'elles ont de mordant et d'incroyablement angoissant.

Il y a l'envie d'avancer, de me lancer, d'innover, de cogiter, de me retrousser les manches et de faire vrombir les neurones, et il y a l'envie de rester là, et de ne plus penser à rien, de me laisser flotter.

Il y a l'envie de foncer, tracer ma route, braver la pluie le vent et les éléments, de relever le visage et de prendre de plein fouet la réalité du froid de l'eau et les déséquilibres des bourrasques, et l'envie rester au chaud, confortable; sous la couette, enfouie.

Il y a l'enthousiasme de la réussite, du contentement de soi, celui qui donne des ailes et il y a l'engloutissement par le doute.

Il y a le plaisir d'écrire, et de voir apparaître des personnages, un décor, une intrigue, l'empressement de consigner une situation, un rebondissement, et il y a le blocage, la pause, l'engluement des idées et de l'envie.

Il y a une volonté de changement et il y a un goût patenté pour la nostalgie

Mais comme serait-on nostalgique de quelque chose qui ne change pas ?

mars 23, 2010

Des mains soignées, toujours tu arboreras

Témoignage: "Moi, l'hystérique chronique, ai décidé de me vernir les ongles ce jour".


Attention, article à très forte teneur en préoccupations féminines essentielles (PFE)


Depuis deux ans environ, les ongles vernis font leur grand retour.

Quand j'étais petite, ils m'évoquaient immédiatement les griffes vermillon impeccables de notre voisine : impressionnants, très femme-femme... très... Trop, en fait. Carrément flippants. Donc fascinants.

Dans les ongles vernis, il y a les ongles corail des mamies, les ongles blanc irisé ou bleu métal des copines de lycées, très chic !

Et puis il y a les vernis incolores, sages et transparents, qui éclairent l'ongle d'un éclat subtil... Si subtil qu'au bout d'un moment on ne le voit plus. Ce n'est que quand on cesse d'en mettre qu'on voit l'écart entre nos ongles véritables et ce qu'ils sont devenus constamment habillés.

Quant ongles aux couleurs écaillées... Un seul mot pour ces bouts de corne dévastés : rédhibitoire. A la rigueur, je fermerais les yeux sur une jeune fille un peu punk ou destroy, ça peut donner un genre Courtney Love (faut aimer, on est d’accord, et je préfère de très loin Skunk Anansie), mais ce sera tout. À part cette exception, un ongle écaillé entre dans mon top ten des détails criants de la vulgarité.

Non, les ongles vernis, c'est chicissime.

Je les aime plutôt courts, mais ça dépend des mains. Certaines mains aux doigts allongés supportent le mélange couleur+long.

Sur les miens, le court est préférable (non, pour autant, cela ne signifie pas que mes doigts sont des boudins).

Donc ce jour, j'ai décidé, c'est dit, je m'y mets, je vais devenir une vraie femme aux ongles "faits" (i.e. : "une femme accomplie") : j'ai une heure devant moi, rien d'urgent à faire, le calme, si rare, et la lumière du jour, c'est parti.

Je sors l'attirail, je trempouille, je repousse, je polie, je lime, je m'installe, enfin, pour vernir.

Première couche : protection nourrissante, ça roule, du rosé léger qui s'étale super facilement et sèche ultra vite, rien à craindre de ce côté-là.

J'enchaîne, j'ai choisi un rouge nuit, très foncé, un peu le rouge-noir de Chanel, avec un peu moins de noir (et pas du tout de Chanel).

Main gauche, pour m'échauffer, ça se corse, le petit pinceau étale le vernis mes genoux, je dois repasser, mais c'est déjà sec et ça fait des pâtés.

Je respire, je me dis que la deuxième couche rattrapera le coup.

Je souffle, ça pue, je m'intoxique, qu'est-ce que c'est chimique ces trucs, jamais vu ça. J'ai l'impression de tagguer tous les murs de mon appart.

Je passe à la main droite, évidemment, ça n'est pas beaucoup mieux, et paf, je déborde. Classique, ce n'est pas grave, j'ai mes coton-tiges pas loin.

Pas loin, mais pas sous la main, je me fusille le vernis du pouce gauche en ouvrant le tiroir pour les attraper.

Je chope le coton démaquillant au passage, il va falloir tout reprendre sur ce doigt.

Je reprends pendant que la main droite sèche.

Pétard, on m'a refilé du coton de seconde zone, il laisse des peluches sur l'index et le majeur droits qui n'étaient pas secs.

Je m'en fous, je continue, ni vu ni connu.

Ni vu ni connu rien du tout : quand je mets le vernis, les peluches leur font une barbe colorée; j'essaie d'attraper les bouts effilochés couleur rouge nuit, je n'y arrive pas, je peste, j'oublie de respirer, ça me chauffe, mais quelle idée débile !!!

Je dégaine le coton de crotte qui peluche, j'efface rageusement les doigts ratés, ça laisse des peluches sur la 2e couche de la main gauche, je me souviens que je ne suis pas du tout patiente, et constate que j'ai trouvé LE truc à faire pour me foutre vraiment en boule quand je suis zen au départ.

Je sais que ça ne me servira à rien dans la vie, mais le fait de savoir quelque chose de plus sur moi me fait quand même du bien.

Je grignote des bâtons de surimi en finissant la main droite, je suis à la bourre, je n'ai pas eu le temps de déjeuner et je vais devoir aller bosser. Avec des doigts vernis et poilus. Je suis verte.

Mais j'essaie de penser à respirer et de prendre un air dégagé, et me voilà, affamée, échevelée, rouge de colère en mon dedans, mais les ongles presque chouettes en mon dehors.

ça va durer quoi ? Trois jours. Max. Avec une retouche entre temps (et une dispense stricte de vaisselle et récurage en tous genres).

Deux conclusions possibles :

1/ le glamour n'a pas de prix et nous pousse à toutes les extrémités.

2/ la vie des femmes est pavée de détails qui n'ont l'air de rien, mais qui sont de vraies chienneries.



mars 17, 2010

Lecture enfantine... clichesquissime !

Ma fille (7 ans) : "Maman, il faut absolument que tu lises ce livre."
Moi : "Ah bon, il est vraiment bien ?"
Elle : "Oui, tu vois, même si la couverture n'est pas très jolie, il est très bien, il faut absolument que tu le lises !"

Voilà. Me voici rendue à ce moment où ma fille (mon bébé!) me conseille des bouquins...

La couverture en question :




((Tu vas être contente, ma chérie, c'est le premier tome d'une série d'au moins six volumes...))





Edit du lundi 15 mars

J'ai lu, j'ai vu, j'ai su.

Le bouquin est pas si terrible, en dépit des clichés -énhaurmes- et d'une histoire qui ne se termine pas, j'ai un peu eu l'impression de retrouver Lost (réussiront-ils à conclure, un jour ?)

Résumé

Notre jeune héroïne, âgée de dix ans, arrive chez sa tante.
Elle vient de Grenoble et ses parents l'ont lâchement abandonnée pour un déplacement professionnel en Italie. Les fourbes.

Elle se retrouve chez sa tante qui vit à la campagne (Horreur !), dans une maison qui semble avoir été bâtie par Charles Ingalls.

Elle n'a pas de coca -uniquement du jus de pamplemousse-, n'a pas la télé (euh... il faudra que j'en reparle avec ma fille de ça, nous ne l'avons pas non plus...) et, je vous le donne en mille, vit de la réalisation de couvertures en patchwork (gasp).
Lors du premier déjeuner, nous apprendrons même que les gens de la campagne mangent de la salade, eux.
N'en jetez plus.

Heureusement, très vite, la jeune fille découvre un chaton magique troooooop miiiiiignon dans la grange (qui pue, la grange). Ses poils scintillent, il se transforme en lionceau et lui dit qu'il est un prince dont la vie est menacée, d'où le fait qu'il se soit transformé en chat.
Elle gobe tout.

En même temps, le chaton magique la tire de tous les pétrins dans lesquels elle se jette sans réfléchir, fait la vaisselle, range la vaisselle et lave le sol en frottant simplement ses deux pattes l'une contre l'autre. Trop cool.
(Moi, si j'avais un chat magique, je lui demanderais autre chose que de faire la vaisselle, mais les voix de la création et des fantasmes féminins sont impénétrables, semble-t-il).

Très vite encore, elle se fait un copain qui vit avec sa mamie Violette dans une roulotte, et dont le cheval s'appelle... Gadjo.
Qui l'eut cru.
La famille du garçon est menacée par la justice, des faits de braconnage ayant lieu dans le bois juste à côté de la roulotte.
Pas de bol.
Qui a dit cliché ?

Je vous la fait courte, à eux deux les enfants démasquent les vilains braconneurs et le chat magique-prince disparaît pour aller adopter une autre petite fille dans le tome suivant.
La gamine trouve que la campagne finalement, c'est pas pire, d'autant que ses parents sont rentrés plus tôt d'Italie tant elle leur manquait.
Crédible, ça encore.


(C'est énorme, j'ai un peu l'impression de réécrire ma critique de cette été pour le challenge de lecture Harlequin).
Bref, vous l'avez compris, je suis sceptique devant ce genre de bouquin.

En tous cas, la mère Bentley a tout compris, je compte pas moins de 14 volumes des Chatons magiques, mais elle ne s'en tient pas là, puisqu'il existe aussi 4 tomes de "Les chiots magiques".
Un filon donc.

Quant à la donzelle de 7 ans, elle a donc adoré l'histoire. Tout simplement.
Me disant que "ce n'est pas un livre jetable" et que d'ailleurs, elle ne le jetterait jamais.

C'est assez drôle d'ailleurs, parce que moi, j'appelle ça des livres kleenex (mais je me garderais bien de le lui dire avant ses dix-huit ans, elle a le droit d'avoir une enfance heureuse, quand même).

En attendant, je vais glisser "Mathilda" et "Le petit Nicolas" près de son chevet...