décembre 12, 2008

Une souris a des soucis

La Souris Bleue, Kate Atkinson
Le Livre de poche, 2006

Jackson Brodie, détective privé de son état, et ancien flic, est appelé à enquêter sur la réapparition de Souris Bleue. 
Rassurez vous, les tenants et aboutissants vous sont donnés au cours de la lecture, qui, si elle est agréable en raison du style souple et de l'aisance de l'auteur à manier les formules, n'en est pas toujours très aisée à suivre. (A l'image de cette dernière phrase.) Voilà une couverture qui pour une fois donne une idée très schématisée du contenu !
Les personnages se succèdent au rythme des chapitres, et peu à peu l'intrigue se noue. Mais je dois avouer que l'exercice de style révélé par la construction du roman n'apporte finalement pas grand chose à l'intrigue. L'effet final est décevant, alors que les personnages sont convaincants et plutôt attachants et que l'auteur brosse un portrait tout-à-fait convaincant de la petite société de Cambridge. Sans compter quelques rebondissements rondement amenés. 
Un petit défaut de construction, donc, mais une lecture agréable, avec juste le brin de suspens qu'il faut.

Veuillez ne pas empêcher la fermeture des portes

Metropolitan de Yan Marchand
Editions Griffe d'encre, collection Novella, 2007.

Un homme, guichetier dans une banque, sans signe particulier pour se distinguer du commun, se fait un jour morde par un chien à la sortie du métro. De cette situation a priori banale, l'histoire bascule soudain dans l'absurde et se révèle sous un jour fantastique inattendu. 

J'aime les histoires qui, partant du quotidien banal, nous balancent dans une fiction irréelle, bouleversant les repères habituels. L'intrigue est menée d'une plume subtile très agréable à lire. J'aurais aimé un ou deux rebondissements supplémentaires, mais on se laisse emporter avec plaisir par le rythme de la nouvelle. 

Une mention spéciale pour l'illustration de couverture que je trouve magnifique et qui donne du poids et des couleurs à l'ambiance du texte. Elle est réalisée par Zariel. 


novembre 04, 2008

Brume*

> *brume
(nom féminin)
Brouillard léger, surtout en parlant de celui de la mer.
Incertitude.

La sensation étonnante d'avoir un oreiller à la place de la tête
Le visage chiffonné et les yeux bouffis
Les paupières gonflées d'une mauvaise nuit
Le corps endolori
Et la nuque raidie
D'étranges vibrations dans la tête,
La mort d'O'Ma'Obama est-elle un signe



Edit de 16h14 : "Dernière minute : la grand-mère d'Obama a voté avant de mourir"

Les gens sont fous. C'est vraiment bizarre de lire ça... On mélange vraiment tout...

octobre 22, 2008

Pour ne pas oublier...

l'Amour et l'énergie

«Je vous garde dans mon coeur»

Si chers Amis,
Nous le savons, l'Amour est plus fort que la Mort, le lien d'amitié profonde que nous avons noué ensemble dans la joie, a une valeur d'éternité joyeuse.
Aujourd'hui, où vous vous êtes encore une fois dérangé pour moi, mon âme et mon coeur sont tout près de votre âme et de votre cœur.
Je voudrais que cette chère rencontre se déroule dans une atmosphère de joie.
J'ai choisi des cantiques pleins d'allégresse. Chantez les joyeusement à pleine voix !
Je tiens à vous dire une merci bondissant de reconnaissance pour ce que vous avez fait et ferez encore, je le sais, pour nos milliers d'enfants en difficulté à travers le monde.
Grâce à vous, ils deviennent des citoyens debout et heureux. L'enfant qui souffre «sensible à vos cœurs» rappelle le mot de Pascal : «Dieu sensible au cœur».
Voilà la merveille qui, au-delà de toute conviction religieuse, politique, culturelle ou autre, nous unit tous dans une belle harmonie.
Seigneur, tu as voulu que nous, les humains, puissions tressaillir devant la douleur et arriver à la soulager. C'est ainsi que, comme nous le dit le Christ, dans l'évangile de Matthieu au chapitre 25, nous devenons «bénis» par Toi, notre Père des cieux.
Oui vous êtes bénis, vous qui savez aimer et partager, vous êtes bénis, parce que, sans le savoir peut-être, vous avancez sur la route qui mène à l'éternité bienheureuse où je vous attends dans le même Amour.
Une petite confidence pour finir. J'ai demandé que soit chanté comme psaume le Magnificat. Ce cantique contient en effet le secret du bonheur de ma vie.
Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez là avec moi !
Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant !
Votre Emmanuelle qui garde chacun et chacune de vous dans son coeur.

octobre 02, 2008

Ceci est un communiqué d'excuses publiques

Le véritable scandale, en ces temps perdus, ce n'est pas le lait contaminé en Chine, ni même la banquise qui fond, les étés pourris (et quand est-ce que je mets mes jolies robes en coton léger de créateurs, moi ?), la crise qui arrive en rouleau compresseur, le (mal)traitement de l'info par les médias, la déconfiture de la presse papier, le fait que certains aient des RTT et moi pas, sans parler de 13e ou 14e mois, ni d'une sixième semaine de vacances, alors imaginez une dixième (ceci dit, dans un secteur tel que la banque, je suis pas fan par les temps qui courent).

Le véritable scandale, je ne fais pas durer le suspens plus longtemps chers amis, c'est que j'ai raté le deuxième anniversaire de mon blog. C'était le 20 septembre. Honte à moi.

Je ne dégainerais aucune excuse, valable ou non, j'ai tellement honte que je ne lui ferais pas cet affront. C'est un véritable crime de lèse-majesblog, j'en ai absolument conscience, et je cherche un châtiment à m'appliquer de ce pas pour racheter ma faute.

Shame on me.

octobre 01, 2008

Les mots que j'aime - L'atelier

Ce n'est pas pour sa sonorité que j'ai retenu ce mot, mais pour son pouvoir évocateur.
L'atelier, selon moi, c'est l'endroit des possibles par excellence. Ça sent la sciure, la sueur, le labeur, l'exaltation de l'art. C'est un peu sombre, ou très lumineux. On s'attelle à la tâche, c'est un endroit secret, souvent planqué au fond d'une cour, dont sortent exaltés les artistes vidés, ou les ouvriers épuisés, tous salis, marqués de ce temps passé à trimer.
Image d'Epinal, je l'admet, mais je l'aime, cette image. Disons qu'elle m'exalte.

Un atelier doit être sale. L'atelier de Brancusi (vous ai-je déjà chanté mon amour de Brancusi, enfin, de son travail ?), a été entièrement nettoyé, lissé, rangé, et c'est horrible parce qu'il a l'air mort, maintenant ce lieu, vraiment. Sans âme, sans traces du passage de l'artiste, tout simplement. Ou encore celui de Cézanne, dans une moindre mesure, puisqu'il reste quelques menus objets propres à symboliser la présence de l'artiste.

Vue de l’atelier Brancusi, reconstitué par Renzo Piano, 1997 © Adagp, Paris 2007

© Atelier Cézanne

Un atelier rangé, c'est comme une blouse de peintre sans tâches. L'atelier, c'est la vie, c'est le bazar, l'amas de chutes de bois, de copeaux, de graisse, de taillures de crayons, de boulons et de vis, c'est le souk ! D'ailleurs, c'est bien connu, c'est dans le bazar qu'on est le plus créatif. Car qui est inspiré par un lieu aussi vide et dépossédé qu'une cellule de moine ? Bon, ok, c'est un mauvais exemple. N'empêche. L'artiste fait corps avec son atelier, et quoi de plus émouvant que de pénétrer dans ces lieux laissés intacts. On a l'impression de frôler le génie créatif, non ?


Un atelier peut être très bruyant (sculpture), ou très calme (peinture), mais rarement entre les deux, c'est interdit, dans mon monde à moi très manichéen. De même, il y fera très chaud, ou très froid. Jamais tiède.

Dans un atelier, on a le droit de se tromper. On y est libre. On cherche, on rature, on cogite, on sature, on revient, on recommence, on se lâche, c'est un vrai concentré de vie, un bouillon de créativité. Une petite fabrique, un lieu autorisé, la cabane de Geo Trouvetout !

L'atelier, pour moi c'est aussi La chambre à soi, celui où on s'exprime, se défend, où on apprend à se connaître. Vous avez peut-être remarqué la multiplication des couverture de magazines de déco en ce moment, où figurent en Une "Se faire son bureau chez soi" "un atelier à la maison" etc. Faut-il y voir un besoin de temps pour soi ?

En tous cas, moi, je vote pour tout ce qui pourrait décoller les gens de leur télé ! Oui à la promotion des ateliers en tous genres, sortez de chez vous, rencontrez-vous, retrouvez-vous, vivez !

septembre 30, 2008

Appel aux dons

Voici l'automne. Je n'écrirais donc ici qu'une fois par saison ? C'est une périodicité comme une autre, me direz-vous.


Je ne vous ferais pas l'affront de prendre de nouvelles résolutions, mais enfin, c'est tentant, parce que demain, c'est le mois d'octobre. Et tout ce qui commence de nouveau, m'incite à résovolutionner. C'est comme ça. ça doit me rassurer sur ma capacité à évoluer.


Mais savez-vous qu'absente de ce blog, je n'en suis pas moins active ? J'ai donc bouclé ma première année d'atelier d'écriture, entamé la seconde, et décroché un CDI. Ce qui, par ces temps de crise, me sied fort.


Mes velléités d'écriture se collettent à la réalité, et je peux vous dire qu'il y a du sang sur les murs de la ville !

En fait... si j'osais... Je vous demanderais de partager vos trucs et astuces pour gagner du temps sur le rythme quotidien.


J'ai déjà quelques idées, que je suis toute prête à partager avec vous :


J'ai cessé de laver le linge. Je jette, c'est plus simple, je gagne du temps autrefois perdu bêtement en lessives, pliages et rangement. Je fais des économies de produits tels que la lessive et l'assouplissant, et de surcroît, je gagne une place folle chez moi ! Un jean, un pull, deux tee-shirt et deux culottes, et roule ma poule, habillée pour l'hiver, tout va bien.

Si vous comptez que j'applique cela à la vaisselle : je fais un minimum de cuisine, nous mangeons à même les saladiers et casseroles, la vaisselle est minimale et je ne perds plus de temps à la ranger, on se sert directement sur l'égouttoir, tout va bien.

Le ménage, idem, un petit coup de balayette/éponge en cas de gros pépin et basta. Tout va bien.

Les enfants ne se lavent plus qu'une fois par semaine, c'est mauvais pour la peau, tous ces produits agressifs qu'ils mettent dans les gels douches et les shampoings. De toutes façons, la grande va à la piscine le vendredi, le petit a les fesses propres à chaque change, et nous, les grands, nous ne sommes vraiment sales qu'au bout d'une semaine. Tout va bien.


Finalement, j'ai déjà gagné un temps fou, mais pas assez encore pour finir d'écrire mon roman, cette oeuvre majeure dans ma vie, que je destine pourtant pas à finir en sept tomes.


Il n'y a guère que le sommeil dont je ne saurais faire l'économie, sous peine de perdre la raison, et ça, ça n'arrivera pas.


Et vous ? Quels sont vos trucs pour gagner du temps ?






juin 12, 2008

7 fois avant de parler tu tourneras ta langue...

Hello...

je vais essayer de venir ici plus souvent, j'ai laissé ce blogounet à l'abandon pour céder aux sirènes de l'écriture et de mes enfants... C'est plus calme ici !

Aujourd'hui, et ces derniers temps en général, mais aujourd'hui, et il y a pas dix minutes de ça, j'ai décidé de ne pas me laisser aller à la langue de putitude.

Oui, mes amis, c'est une vraie démarche, une vraie affirmation, stop aux ragots de bas de étages, élevons le débat !

Je me sens libérée, grandie et presque plus intelligente, rien que ça !

Bonne journée !

avril 23, 2008

A la mode de Ponge

Lundi dernier nous avons écrit dans l'atelier d'écriture auquel je participe, sur les objets, avec la contrainte d'intégrer à notre texte les prises de notes de deux autres personnes sur ce même objet.

J'aime bien ce que j'ai écrit, c'est suffisamment rare pour que j'ai envie de le partager...
Infiniment féminin

Tour d’acier, étui de métal, impénétrable, insoupçonnable. Est-ce une horloge ? Froid insaisissable. Faut-il tirer ? Appuyer ? Elle renvoie les reflets de sa silhouette. Petite tour rouge surmontée d’une cheminée d’acier ; petit flacon rectangulaire. Petit rien, petit tout, dont l’usage participe à la transformation. Est-ce un parfum ? Du poison ? Un élixir ? Petit bijou à la coque délicatement ciselée du nom de son créateur, petit cylindre d’apparat, infiniment féminin. Objet de convoitise pour les petites filles soucieuses de devenir femmes, il a l’odeur poudrée des baisers de maman avant l’école. Il faut pousser. L’objet se dédouble, et, phallique, il intrigue. Symbole de la féminité, il est la virilité masculine faite objet. Il fait monter le rose aux joues quand on le fait glisser avec langueur, qu’on l’humecte et qu’on l’étale avec précaution. La métamorphose s’opère, rubis fascinant, c’est l’entrée en séduction. Véritable peinture de guerre, il laisse son empreinte sur la peau adorée ou le filtre humecté. On le dévore des yeux, il vous mange le visage.

avril 17, 2008

Célébrons le printemps

Indolents nuages,
ondoyants, le ciel paisible
mon âme chante, aérienne

(Et quand Blogspot fonctionnera à nouveau correctement, je vous mettrai une jolie photo... )

avril 10, 2008

Lu dans la presse ce matin

"Pour contrer la tendance à l'apologie de l'anorexie sur Internet, un projet de loi présenté par l'UMP prévoit de punir de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende toute incitation à l'anorexie."

Pour sûr, ça va tout changer. J'espère qu'ils n'oubliront pas de légiférer également pour punir d'emprisonnement les adolescentes qui en parleront dans la cour du collège.

Non, c'est certain, empêcher les gens d'en parler sur Internet va certainement changer le goût des autres pour les corps filiformes qui portent si bien tout type de vêtement.
Le milieu de la mode devrait s'en voir profondément modifié, les magazines féminins publiront enfin des "Spécial rondes" avec de vraies rondes dedans, au lieu de mettre des mannequins à peine un peu rebondis, mais si, là voyons ! Regardez-mieux, juste au-dessus de la ficelle du slip, il y a un bourrelet. Ah ! Vous voyez !

Et moi qui croyais que l'anorexie mentale était une maladie !
Ignorante va.

avril 03, 2008

L'éloge de la fatigue

Alors que j'ai commencé mon nouveau boulot il y a maintenant un peu plus d'un mois et demi, j'ai versé quelques larmes mardi au bureau. La fatigue, l'épuisement et quelque menus événement ont eu raison de mon état de félicité habituel...
Pourtant j'aime ce que je fais, j'aime les gens qui partagent mon quotidien, j'aime mes enfants, mon mari, mes amis, et ils me le rendent bien. Les ateliers d'écriture auxquels je participe depuis un peu plus d'un mois et demi (j'ai tout commencé en même temps), me comblent... mais je suis un peu usée, et mon souci réside principalement je crois dans le fait que je ne veux pas l'admettre. Que je devrais être plus résistante que ça, c'est quoi, un mois et demi ?
Il est parfois dans ces circonstances des réconforts précieux, et une amie m'a adressé ce texte, très beau, très juste, je vous le fait partager, et je la remercie.
Bonne journée...

L'éloge de la fatigue

Vous me dites monsieur, que j'ai mauvaise mine,
qu'avec cette vie que je mène, je me ruine.
Qu'on ne gagne rien à trop prodiguer,
vous me dites enfin, que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué monsieur, mais je m'en flatte,
j'ai tout de fatigué : le cœur, la voix, la rate.
Je m'endors épuisé, je me réveille las,
mais grâce à Dieu, je ne m'en soucie pas.
Et quand je m'en soucie, je me ridiculise,
la fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On est jamais aussi fatigué qu'on le croit,
et quand cela serait, n'en a t-on pas le droit?
Je ne vous parle pas des tristes lassitudes,
qu'on a lorsque le corps harassé d'habitudes,
n'a plus que pour se mouvoir que de pales raisons.
lorsqu'on fait de soi son unique horizon.
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre ou à se défendre.
Cette fatigue là est mauvaise à entendre.
Elle fait l'œil morne, le front lourd, le dos rond,
et nous donne l'aspect d'un vivant moribond.
Mais se sentir plier sous le poids formidable,
des vies dont un beau jour on s'est fait responsable.
Savoir qu'on a des joies ou des pleures dans ses mains,
savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain.
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
aider une existence à continuer sa course.
Et pour cela se battre à s'en user le cœur,
cette fatigue là monsieur, c'est du bonheur.
Et sûr qu'à chaque pas, chaque assaut qu'on livre,
on va aider un être à vivre ou à survivre.
Et sûr qu'on est le port et la route et le guet,
où prendrait on le droit d'être fatigué?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
marque chaque victoire en creux sur leur figure.
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus,
parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.
La fatigue monsieur est un prix toujours juste,
c'est le prix d'une journée d'efforts et de lutte.
C'est le prix d'un laboure ou d'un mur ou d'un exploit,
non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
et c'est la preuve aussi qu'on vit avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
j'écoute mes sommeils et là, je me sens fort.
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
et ma fatigue alors, c'est une récompense.
Et vous me conseillez d'aller me reposer,
mais si j'acceptais là ce que vous me proposez,
si je m'abandonnais à votre douce intrigue,
mais je mourrais monsieur, tristement de fatigue.

Robert Lamoureux.

mars 26, 2008

L’aube, le soir ou la nuit

Quel est le meilleur moment pour écrire ?

L’aube, offerte, porteuse de toutes les promesses d’une nouvelle journée ? L’aube, vierge de tous les tracas du quotidien qui polluent le cerveau.

Le soir, à la faveur de la pénombre, du calme enfin revenu, riche de toutes les émotions de la journée. Ou encombré, peut-être un peu, par tout ce qui fait notre actualité.

La nuit, instant unique, verso du jour, début d’un long voyage qui peut aussi vous embarquer.

Si j'avais le courage, j'écrirais le matin.
Si j'étais moins fatiguée, j'écrirais la nuit.
Reste le soir... mais j'ai la tête lourde. Pas de vraie solution. Plutôt des solutions de repli.


Quel moment préférez-vous ?

mars 17, 2008

Des projets et des rêves

A quoi tient que l'on parvienne ou pas à réaliser ses projets ?
Pendant longtemps je me suis crue incapable. Les années passant, je me rends compte que je suis beaucoup plus capable que ce que je pensais. C'est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant je me dis qu'il n'y a sûrement pas autant de limites que ce que je croyais. Mais je me demande dans quelle mesure s'empèche-t-on de réussir, simplement en se persuadant que l'on est pas capable de, ou que l'on ne mérite pas de.
Est-ce que réussir à réaliser son rêve peut faire peur ?

Karen Blixen, juste avant son départ en Afrique.
Une femme pour laquelle j'ai beaucoup d'admiration, et qui a mené son rêve jusqu'au bout, de toutes ses forces.

mars 06, 2008

un poème un jour

Lundi j'ai participé à mon atelier d'écriture où nous avons composé avec des mots imposés, pour vous résumer rapidement le principe (en le simplifiant franchement).
Hier je me suis amusée à écrire un Haïku sur ce principe, en choisissant trois mots au hasard dans le dictionnaire.

Voici le résultat

Près de ma cheville
Je sens du malheur le souffle
sucré s’échapper

février 29, 2008

Le printemps des poètes

Mon amante,

Mon amie,

Ma mascotte,

Mon totem,

Mon talisman,

Ma manne,

Mon chanvre indien,

Ma mie,

Ma mère,

Ma mare aux fées,

Mon murmure,

Ma musique,

Ma mire,

Ma vigie,

Ma terre,

Mon rubis,

Mon ruban,

Ma rebelle,

Ma lumineuse,

Mon éclaircie,

Mon embellie,

Ma ribambelle,

Ma moitié,

Mon unique,

Mon immédiate,

Ma millénaire !



Michel Leiris

février 04, 2008

Un petit coup de soleil

Ne peut jamais faire de mal... surtout à travers le carreau d'un lundi de février, quand tout s'agite autour de vous, qui a dit "qu'il est doux de ne rien faire" ? Je ne me rallie pas à son avis, ou alors ne rien faire ou pas lourd, mais alors chez moi, pas dans une agence où tout le monde s'agite quand je suis au milieu de la tornade, les bras ballants, à proposer mon aide à droite à gauche pour ne pas rester inactive.
Car je suis désoeuvrée.
Les temps sont durs des préavis inutiles.
Les aller-retour pour du proche de rien du tout et les minutes qui passent en haut à droite du bureau, attendant de voir quel événement pourrait troubler le pas grand chose de la journée.
Heureusement qu'on rigole, il n'est quand même pas question de préaviser morose nom de nom !
Paradoxalment, je ne peux m'empêcher de penser que même ne rien faire m'apportera forcément. optimisme à tout crain ?
Mon premier atelier d'écriture devait commencer aujourd'hui, mais il est reporté. C'est le meilleur moyen que j'ai trouvé de "m'obliger" à libérer trois heures par semaine pour écrire. J'ai encore du mal à le croire.

En partant ce soir j'ai aperçu le sommet du sacré-coeur, du coin de l'oeil par-dessus mon épaule, éclairé d'un rayon du couchant, et dans le gentil froid hivernal de cette fin de journée. Et vraiment, je me suis dit que ça change tout, un petit coup de soleil.


free music

janvier 28, 2008

J'aurais pu lire autrechose. Mais.*




L’histoire de l’amour est un joli second livre d’une jeune auteure new-yorkaise dont l’écriture est touchante car pleine de poésie et que par elle les personnages s’expriment chacun avec une voix propre, ce qui n’est pas si facile, mais ici complètement naturel.
Trois personnages sont liés par un livre, Le livre de l’amour, et chacun porte le deuil d’au moins une personne. L’ombre de la guerre, des victimes de la Shoah et des victimes des aléas de la vie peuplent leurs univers. Le livre en lui-même n’a pas de rôle prédominant, si ce n’est celui de réunir les âmes qui gravitent dans son sillage.
J’ai beaucoup aimé la façon dont chaque personnage parle avec sa propre voix, chacun son chapitre, chacun son univers propre, chacun ses lubies et ses expériences.
Je ne peux que vous encourager à découvrir ce joli livre et avec lui l’écriture touchante de Nicole Krauss.

*Voici une façon d'utiliser le "mais" qui m'a conquise

free music

janvier 23, 2008

Boire le ciel, manger les étoiles


Dans la région des Pouilles, du côté du talon de la botte italienne, une famille porte de génération en génération, le fardeau que leur a laissé leur ancêtre.
Comme dans « La mort du roi Tsongor », Laurent Gaudé nous invite à suivre une lignée, qui portera également des années durant, de père en fille, d’oncle en neveu, le poids de son crime.
Si la trame des deux romans est identique, l’ambiance est tellement différente que cela importe peu. Dans un style d’une simplicité désarmante, et l’air de ne pas y toucher, l’auteur nous fait voyager sous le soleil et jusqu’au cœur des Scorta. Il est tout à fait clair qu’il pour cette région et son peuple un attachement filial, et on finirait également par se sentir de la famille, ce qui est je trouve, une belle preuve d'amour de la part d'un auteur.
Je vous invite très chaleureusement à découvrir ce livre, qui fut prix Goncourt en 2004, si toutefois vous ne l’avez pas déjà lu.

Une fois n’est pas coutume, je vous invite à mettre un instant votre nez dans ces quelques lignes, tant je les trouve touchantes et évocatrices :

"La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif du Gargano avec l’assurance d’un seigneur. Il était impossible de croire qu’en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. Que de l’eau ait irrigué les champs et abreuvé les oliviers. Impossible de croire qu’une vie animale ou végétale ait pu trouver – sous ce ciel sec – de quoi se nourrir. Il était deux heures de l’après-midi, et la terre était condamnée à brûler."