juin 06, 2009

L'amour est à la lettre A

L'amour est à la lettre A, de Paola Calvetti, paru aux Presses de la Cité. Traduction de Françoise Brun.

L'histoire est fort simple: Emma, 50 ans, choisit de donner un tournant radical à sa carrière en quittant son job harassant de traductrice over the world, pour ouvrir une librairie entièrement consacrée à l'amour au coeur de Milan.
Elle trouve rapidment un post-it sur un des livres: Federico, son amour de jeunesse, est de retour, leur histoire peut reprendre comme au bon vieux temps.

S'ensuit une correspondance dans la durée, sur environ quatre ans, durant laquelle la relation amoureuse évolue peu, entrecoupés de récits de la narratrice où nous la suivons dans sa librairie à laquelle tout sourit. Emma et Federico ne se téléphonent pas, ni ne s'envoient d'e-mail, Emma étant absolument réfractaire aux nouvelles technologies (un peu excessif à mon goût mais passons), et une fois par an, ils se retrouvent à Belle-Ile pour quelque jours.

Plusieurs choses m'ont plu dans cette lecture.
D'abord de très bonnes idées quant à la librairie : quand on aime les librairies, c'est fantasmatique de découvrir Rêves&Sortilèges : l'élaboration des vitrines, véritables mises en scène, les intitulés des rayons, l'ambiance etc.
L'atmosphère : la vie milanaise et les petits commerces qui donne envie de se fondre dans la vie quotidienne des italiens et dans ce cercle d'amateurs de littératures qui deviennent tous amis au point de former à la fin une grande famille.

Quelques bémols :
La trame est un peu faible.
J'ai trouvé que les deux protagonistes n'étaient pas assez attachants, les personnages secondaires sont presque plus touchant.
Et les lettres "d'amour" ne m'ont ni convaincue ni touchée. Emma et Federico semblent d'entrée de jeu se remettre sur des rails et entrer dans une relation routinière où les sentiments ne viennent pas jouer les perturbateurs. Tout cela est un peu lisse.

En revanche, trop c'est trop : la librairie devient un haut lieu médiatique, le "coin-café" du départ devient une auberge puis reçoit carrément des entreprises, Emma ouvre également un hôtel pour recevoir des auteurs, et vend dans sa librairie des bougies parfumées, des tasses et autres magnets. Pourquoi pas, ces idées sont sympa prises individuellement, mais l'accumulation nuit à la crédibilité.
Federico est architecte, travaille à New-York, et nous abreuve de notions d'architecture, l'aspect documentaire dessert le roman.

Et petite note personnelle, j'ai été scotchée car je ne m'attendais pas à lire les descriptions de Belle-Ile et de certains de ses habitants tels que j'ai pu les rencontrer.

L'auteur dit que dans cette histoire "Tout est vrai". C'est-à-dire ?
La réalité dépasse la fiction, c'est vrai, je le constate tous les jours.
Quand la fiction dépasse la réalité, ce n'est pas toujours crédible, c'est dommage.

Au demeurant, j'ai cependant passé un agréable moment.
Merci Fashion pour le prêt !

D'autres avis :
Cuné, Fashion, Wictoria.

Et le site de la librairie : www.librairierevesetsortileges.fr

juin 01, 2009

solidarité pour les salariés

Je bosse. Bon. Passons, ça arrive à des gens très bien, et je ne suis pas la seule.

Même si on l’a appris il y a 15 jours, ce qui n’est pas très fair play.

Passons(bis).

Ce matin, il y avait de la place dans le train, de l’air frais, un joli soleil, je positive en me disant que je vais pouvoir avancer un peu sans les appels de mes clients pour me perturber tout mon sens de la gestion des priorités.

Et puis en arrivant à l’agence, je découvre rapidement que mon boss, cette chère âme, n’est pas là.

J’apprends fortuitement qu’il a reçu des places pour Roland Garros.

Soudain... je me pose cette question que je prenais soin jusqu’à présent d’éluder : jusqu’à quel point est-ce que je me sens solidaire ?

Parce que je suis quelqu’un de conciliant. Pas quelqu’un de facile, mais de conciliant.

Alors la journée de solidarité, je veux bien, mais c’est pas un peu antithétique un boss qui demande à ses salariés de venir travailler un jour férié par solidarité, mais qui lui n’est pas solidaire de ses salariés et des personnes âgées ? (Tout ça, au passage, c’est de leur faute, hein !). On franchit une ligne, là, non ?

Je sens que l'agacement me gagne.


edit de 16h17 : on me dit à l'oreille "console-toi, quoiqu'il arrive, c'est lui qui paye, et d'autre part, le coca à Roland Garros doit être méga cher..." - oui. ça me console un peu...



mai 29, 2009

L'ombre du vent


Barcelone, 1945. Un libraire initie son fils au cimetière des livres oubliés, un endroit mystérieux et secret qui recueille un exemplaire de chaque livre imprimé, et où le nouvel arrivant doit adopter un ouvrage et s’engager à le défendre toute sa vie. Le fils, Daniel, choisit un livre, ou dirais-je, est choisi par un livre, L’ombre du vent, écrit par un auteur quasi inconnu, Julian Carax. Fasciné par sa lecture, le jeune garçon cède à l’attrait du livre sur lui, au point de chercher des informations sur son auteur et découvrir un personnage bien mystérieux, et son histoire, non moins mystérieuse.

Je vous recommande la lecture de ce livre, que je trouve enchanteur à plusieurs titres : les personnages que le héros rencontre au cours de ses recherches, forment une galerie comme je les aime, riche, éclectique et haute en couleurs ; l’intrigue ensuite, qui ne perd jamais en rythme, de rebondissements en révélations, en déceptions, en anecdotes etc., le tout formant un ensemble harmonieux et jamais lassant ; le personnage principal, juste assez faible et honnête pour être crédible et attachant ; la construction du livre, aboutie, très aboutie, aux imbrications habiles (je ne me suis jamais doutée une seule seconde de ce qui m’attendait... bon, si, une seconde en réalité, mais alors pas plus), l’atmosphère enfin, chargée de mystère, et les sentiments, tout cela dans un seul livre, c’est parfait, lisez-le !

L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, paru en 2004, il a reçu le prix Planeta la même année, et a paru en Poche en 2006.

mai 11, 2009

Mon hygiène quotidienne

En écho à mon post précédant, je garde présente à l'esprit ma consigne du moment "Sois plus humaine". C'en est effrayant, mais au rythme auquel je vis, qui n'est certainement rien en comparaison d'autres personnes qui travaillent constamment, eh bien j'en oublie parfois de respirer, au sens propre, de regarder les gens quand je leur dis bonjour, ou de cesser de regarder mon écran quand on me téléphone.
Je suis constamment à côté, dans une parallèle du moment présent.

Bénédiction : en ce moment nous n'avons plus Internet à la maison : après la télé, l'écran aux alouettes, c'est l'ordi a cessé de nous alimenter les yeux non stop.
Pas par choix, plutôt par négligence: nous avons oublié de payer sa dime à l'opérateur national.
Mais après quelques semaines sans connexion, on en est pas plus mal. Soyons honnêtes toutefois, ça nous manque beaucoup.
La télé en revanche, pas du tout, nous ne la regardions plus depuis lurette, et ça ne nous empêche pas de regarder des DVD et de pester quand on rate une émission sur Arte, mais franchement c'est marginal.


Sois plus humaine, donc, prend le temps d'écouter cette petite fille qui chouine ou qui fait le bébé, elle a un truc à dire derrière sa plainte "Mais mamaneuh".
Prends le temps d'expliquer le pourquoi du comment au petit bout d'homme qui fait des choses épatantes pour un si petit bout d'homme.

En conclusion, ma question du jour : comment en suis-je arrivée à devoir reprendre pied avec une réalité aussi évidente ? Qu'est-ce qui oeuvre, tapis dans l'ombre, pour que je sois aussi à côté de mes pompes ?
J'aimerais bien dire que c'est parce que je suis lunaire... ce serait poétique. Mais pas sûre que ce soit vrai...





La même mer, en effet, au petit matin (très petit, la photo n'est pas de moi, hihi... ), quand les touristes en maillot laissent place aux pêcheurs de poissons et de crabes.

ENFIN !



Le vent, les cocotiers, et les papillons qui passaient sous nos fenêtres, un arrière-goût de bout du monde bienvenu quand on voyage peu souvent, et un détachement précieux face aux choses et aux gens, que je garde aujourd'hui à l'esprit. Aujourd'hui où je me crispe parfois sur des détails matériels dont j'aimerais m'affranchir. ça ne peut pas être si difficile.
A venir, la même photo, au lever du jour...

mai 04, 2009

bilan post voyage

Aujourd’hui, cela fait trois semaines que je suis rentrée. Que me reste-t-il de ce voyage, à part des souvenirs, des images, des odeurs ? Des sensations ? Plus vraiment, c’est trop loin. Je ne parviens plus à éprouver la chaleur, la moiteur, ou les étourdissements du mondes, les cris dans la rue, qui paraissent des chants.
Il me reste l’idée d’un bien-être, dont je ne sais à quoi il tient. Mais qui s’estompe, lui aussi, au fil des jours. J’ai vraiment le sentiment de me faire dévorer petit à petit par le rythme qui reprend le dessous, alors même que je m’étais promis de garder la main. De me coucher tôt, d’écouter mon corps qui sait très bien me dire ses besoins, en sommeil, en sport, et mon esprit, avide de découvrir, de lire, d’apprendre encore, ce que nous donne le monde.
Aujourd’hui, c’est un lundi au bureau, comme il y en a eu, comme il y en aura, des centaines, des milliers dans ma vie (non, je n’ai pas calculé si c’était possible !), et aujourd’hui, je me demande si c’est vraiment ce que je veux.
Écrire.
C’est toujours mon but, mon envie, mon aspiration, mon désir. Et je crois que j’approche du moment où cela deviendra ma bataille. J’en suis loin, encore, de là à tout plaquer pour écrire, il y a un monde... mais j’en approche.

avril 30, 2009

Finally... Je suis rentrée

Le Vietnam, c’est loin d’ici, et il fait chaud, et c’est plein d’odeurs de coriandre, de citronnelle et d’épices en tous genres. Ils mangent du pho un peu partout dans les rues, assis sur des micro tabourets à 20 centimètres du sol, ils sont tous petits comme moi, mais fins comme tout et portent des jeans même par 38 degrés. Ils ont tous une mobylette ou un scooter, montent à 15 dessus, avec les tout petits devant, la mamie derrière, et le cochon éventré sur le porte-bagages. Ils mettent des masques anti-poussière et pollution, des casques à frous-frous et des gants montant pour les femmes. Pas de soleil, surtout, elles se protègent, ne veulent pas que leur peau fonce. Ils parlent avec de jolies intonations, sont souriants, mais souriants ! Gracieuse, et élégantes, ces femmes. Qui portent sans souci des tenues aux couleurs et imprimés mixés.

Et moi j’étais un peu mal à l’aise, dans ce pays que les soldats ont quitté il n’y a pas si longtemps. Je me sentais comme la petite française (ce que je suis au demeurant !), qui hérite d’un passé colonial qu’elle n’a pas demandé, et qu’elle ne cautionne pas. Mais eux... Ils sont accueillants, et gentils, pas agressifs, pas mesquins, ça fait un bien, mais un bien !

Et tout ça avec une chaleur de plomb, de la poussière, de la transpiration et un peu de mer, pour être vraiment en vacances. Une échappée sans les enfants dans la baie de Cat Ba, près d’Ha Long, où nous nous sommes baignés au milieu des aigles pécheurs et des méduses énormes. Et des sourires, toujours, de la gentillesse, encore, du bonheur.

Une grosse envie de bouger et de voyager encore, mais si peu de congés.
Une envie, en tous cas, de les découvrir mieux encore, d'aller dans les montagnes, et dans les pays avoisinants. De découvrir, encore, comment on vit ailleurs.
C'est bon d'avoir envie...

Des photos ? Bien sûr, très vite, mon appareil a un temps de gestation plus long que les numériques habituels, mais je crois que les premières contractions se sont fait sentir, alors promis, je reviens avec des images, très vite donc.

mars 31, 2009

De là-bas

Vous allez me détester.
Oui.
Si si. C'est promis.
Je pars. Au Vietnam, pour être plus précise, en vacances pour couronner le tout. Avec mes chéris et mon amoureux.
Autant dire que je ne serai pas dans les parages. (Ce qui n'a pas de sens, si on considère cette phrase d'un point de vue géographique, c'est évident, et encore moins d'un point de vue d'internaute).
Des vacances de tout, sauf de lecture, de câlins et d'écriture, dont je devrais normalement rentrer plus reposée, détendue, bronzée, positive, calme, cultivée, dépaysée, sereine, mince, que sais-je.
Quitte à être honnête, je vous signal que j'étais "à vent l'air" toutes les dernières semaines, mon boss ayant décidé de considérablement augmenter ma charge de travail.
Mais faut-il vraiment des excuses ou des raisons pour prendre des vacances et pour voyager ?
Alors je passerai peut-être ici, peut-être pas. Peut-être plus souvent. Peut-être pas. Mais promis, en rentrant, je vous dis tout. Et je partage tout le bon que j'aurai rapporté de là-bas.

mars 18, 2009

Un pape à côté de ses pompes

Faut-il licencier le pape ?
Quand on entend un message tel que celui qu'il a délivré lors de son voyage en Afrique, on se pose légitimement la question. En tous cas moi je me la pose. La déclaration qui fait du bruit: "l'on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs" mais qu'"au contraire [leur] utilisation aggrave le problème".
Hé oui, c'est bien connu. Le préservatif aggrave le problème du sida, ça fait des années qu'on le dit.
Brave homme. Saint homme. Qui en une phrase ruine les efforts de milliers de personnes, et en faisant un contresens majeur apporte la confusion au lieu de la sainte parole.
La seconde question que je me pose c'est "Qui le conseille ?" Parce qu'enfin, si on laisse cet homme dire des énormités pareilles, au Vatican, c'est que l'on cautionne ses propos. Et quel est le contrepouvoir en place qui permettrait de calmer un peu le jeu, et de faire en sorte que la parole du pape ne soit pas complètement déconnectée de la réalité.
Parce qu'à mon sens, le plus grave dans tout cela, c'est qu'il s'autorise aujourd'hui à dire ce genre de chose, et en cela à nier purement et simplement la maladie, les chiffres, la douleur, l'énormité de ce problème du sida en Afrique. Pour un pape, ça ne le fait pas.

mars 09, 2009

Le ticket perdant

Ce matin en donnant mon ticket de loto au buraliste pour savoir si j’avais ou non gagné 10, 100, 1000, 100 000 euros !, je me suis surprise à croiser les doigts en pensant « Et si je gagne ? Je fais quoi ? j’écris mon livre ? Oui ! Mais je ne change rien ! ».
Alors bravo, je n’ai rien gagné, mais franchement, si c’est pour ne rien changer, je ne vois pas l’intérêt. J’aurais au moins pu me dire qu’un peu d’argent me permettrait de prendre une demie journée par semaine pour écrire, même si mon boss est réticent à la plus petite idée de congés, - nous n’avons pas de RTT par exemple -, ou que cela nous permettrait de voyager, ou de revenir à Paris. Ah Paris ! En me baladant dans le 3e hier, j’ai été assailli de bouffées de nostalgie, d’envie, je me suis surprise à caresser l’idée de revenir habiter là, et à me demander pourquoi, finalement, pourquoi nous en étions partis.
À mon initiative.
Je ne suis pas à une contradiction près.
Nous sommes propriétaires, la belle affaire.
Mais je vais me donner deux minutes pour vraiment peser le pour et le contre de la vie dans la pampa, et voir si, les beaux jours arrivant, nous ne sommes pas mieux, finalement, là...
je vais rejouer au Loto, mais ce ticket perdant m’a quand même ouvert les yeux sur le fait que je n’étais pas ouverte au changement. En ce moment, ce n’est pas toujours le cas, thanks God ! Et je parle de grand changement, pas juste de changer de marque de yaourt, il n’y a guère qu’à la Ricoré que je sois fidèle, personne n’est parfait.
Non, c’est cette idée que les choses sont immuables qui m’a quittée ce matin. D’avoir compris cela m’allège considérablement.
J’ai besoin de stabilité, c’est un fait. Mais peut-être que je ne suis pas faite pour l’immuable. Pas autant que ce que je pensais en tous cas. ça fait un bien fou ce genre d'idées !
Et cela conjugué au soleil qui se lâche, ça me donne des ailes !!!
Alors une très bonne semaine s’offre à nous les amis, avec des prémisses de changement, des envies d’ailleurs et des idées nouvelles !

février 23, 2009

Leur manquer

Ne pas être là.
Leur manquer.
Retrouver le regard coquin qui joue à cache-cache pour gagner un câlin. Le sentir se blottir contre moi. ça change des tapes.
Et elle, sa main dans ma main, et la question : est-ce que tu seras là quand je serai plus grande et que j'aurai peur ?

Avoir envie de leur manquer encore un peu. En tous cas plus souvent.

février 19, 2009

Courir pour l’avoir. Ou pas.

Ce matin j’ai couru après mon train. Pourtant, je pensais ne pas réussir à l’attraper.

Le train du matin est pervers, il suffit que je décide qu’il est trop tard pour courir, pour qu’il reste en gare deux minutes de plus que prévu, mais me ferme tout même ses portes au nez. Quand nous avons emménagé dans la pampa, je me suis juré ne jamais courir après un train ou un métro, pour ne pas, par cet acte-là, me rendre esclave du rythme moderne. J’étais tout juste enceinte à l’époque, et pas du tout en mesure de courir. (Je vous passe les détails, vous apprécierez).

Las. Dès que j’ai eu accouché et retrouvé quelques muscles, je me suis mise à courir tous les jours. C’est en quelque sorte devenu mon mini-footing du matin, du midi et du soir, mon cardio-minute du jour...

Après avoir couru, sans forcer, soufflé, après avoir entendu la sonnerie des portes me narguer alors que j’avalais les marches de l’escalier deux à deux en croisant les doigts pour ne pas en louper une, après évaluation stratégique ultra rapide de la porte la plus proche de moi en cet instant, et alors que je m’attendais à voir les portes se clore dans la seconde, le train, très bizarrement, m’a attendue.

C’est en m’asseyant, et tandis que je tâchais de masquer ma respiration haletante, que je me suis fait la réflexion que finalement, tout cela est une question d’état d’esprit.

Si je n’avais pas tenté ma chance, je me serais probablement maudite de n’avoir pas bougé mes fesses pour l’avoir, ce train. Et je me serais retrouvée paisible, pas essoufflée, sur le quai

Mais alors je l’aurais qualifié de train pervers, faisant mine de m’attendre et me fermant les portes au nez.

Eh bien l’écriture, c’est pareil en fait. Si je ne tente pas ma chance, quelle est, en réalité, la probabilité qu’il se passe quelque chose ? Elle est nulle.

Alors ? J’ai envie de l’attraper ce train ou pas ? Sûr !

Ou est-ce que je fais le choix de ne pas courir, de ne pas faire cet effort, tous les jours, et de rester sur le quai à me geler sans avoir même essayé ?

No way, comme dirait l’autre.

Et peut-être qu’avec un peu de chance, le train m’attendra aussi un peu...




février 12, 2009

La bête

L'écriture. Aussi vitale que douloureuse. 
Je n'ai pas confiance en moi, en ce que je suis capable d'écrire. 
Mais j'ai besoin d'écrire. 
Et ce combat intérieur, je le livre tous les jours, je me cou
che en ayant envie d'écrire, je me lève dans le même état, et tout le jour je porte ce désir en moi, bien au chaud dans mon sein. 
Il se fait plus ou moins vivace selon les jours, mais il est là, brûlant, doux ou vibrant, et je le caresse ou le fait taire selon que j'ai ou non le temps/l'envie/l'idée/l'énergie d'écrire. 
Et la confiance qui me fait défaut cède régulièrement la place au rouleau compresseur de l'auto-débinage, dont je suis experte. 
La lutte est constante.
Ci-dessous, une métaphore qui repousse les points, exercice expérimenté en atelier ce lundi.



Tapie dans l'ombre d'un recoin, la bête est là, vive, aux aguets, prête à bondir au moindre sursaut, elle a rassemblée ses forces pour attaquer et n'attend plus que le moment de surgir, les muscles bandés et la détente sûre, toutes griffes sorties et toutes dents dehors, l'écume fumante aux lèvres elle guette l'indice de ma faiblesse, la faille qui lui permettra de s'engouffrer pour me déchirer et m'ôter le souffle, le doux souffle chaud qui m'anime et me donne ce petit goût de vie, cette trace de sel sur mes lèvres qui fait battre mon coeur un peu plus vite, un peu plus fort, et m'aide à traverser les vents quotidiens debout, petite flamme vacillante qui pourrait en un souffle se dissiper en un filet de fumée, en laissant une odeur de consumé, et le souvenir d'une lueur.


J'écoute la bête, je la tient en respect tant que je peux, mais il est parfois doux de lâcher les armes et de la laisser me dévorer, de la regarder fouiller mes entrailles et me dépecer avec fureur, depuis le temps qu'elle se contient, elle a faim et se nourrit comme si elle voulait ne plus jamais connaître cet appétit, avec avidité et sans aucune hésitation, et je la regarde m'engloutir sans reprendre son souffle et avant même d'avoir conscience du mal qu'elle me fait, alors que j'ai sciemment permis cet assaut et que je ne cherche même plus à me défendre.



Le temps a changé. La bête est moins gourmande, elle s'est gavée des années durant de ma faiblesse ignorante, mais je ne la laisse plus autant faire, et son appétit doit s'amenuiser avec la raréfaction de sa pitance; mais je reste vigilante, je sais qu'elle respire toujours quelque part dans un coin, jamais bien loin, et qu'elle reconnaît à la seconde l'odeur de mes hésitations, le parfum de mes errances et celui, familier, du doute profond, alors sans cesse je déploie des ruses pour dissimuler à son flair aiguisé mon absence de courage; je fuis parfois pour lui échapper, oubliant un instant toute velléité, toute aspiration, mais l'envie n'est jamais loin, qui seule me permet de ne pas ployer définitivement; c'est une grâce, une chance, que j'ai pour soif de préserver.




La belle et la bête - Jean Cocteau


février 07, 2009

L'horizon


Pour ne pas perdre de vue quel fut cet horizon merveilleux pour moi, au seuil de cette nouvelle année. 


février 05, 2009

Ne parle pas d'enfer qui veut


La porte des enfers, Laurent Gaudé, 2008

Voici un nouveau Gaudé que j'ai appréhendé de lire, redoutant le sujet grave, en bonne âme sensible qui se respecte. 
L'histoire est en effet celle de la perte d'une enfant, qui conduit des parents au seuil de cette porte des enfers. 
Mais, à moins que je sois devenue particulièrement imperméable aux drames de la vie, je n'ai pas été touchée comme je le craignais, et comme je l'attendais, paradoxalement. 
Qui me lit sait que j'ai pour Laurent Gaudé une profonde admiration. Il est de ces auteurs qui traitent de la nature humaine et nature tout court avec brio et beaucoup de style. Mais si j'ai à nouveau pu apprécier son écriture délicate, je n'ai pas adhéré à son histoire. Je crains qu'en effet Laurent Gaudé ne maîtrise pas encore le style fantastique, à mon plus grand regret, vous pouvez me croire. Je n'ai pas été emportée par sa description des enfers, et une longueur pensante a failli me faire lâcher prise au milieu du roman. 
Une petite déception, donc, dont je me remettrai, tant le souvenir de ses précédents livres est encore vivace et réconfortant pour moi.  

janvier 29, 2009

Allumer le chat ?


Allumer le chat, Barbara Constantine

Voilà un roman comme j'en lis peu. Un ton enlevé, des propos débridés, et une histoire, des histoires en réalité, complètement farfelues. 
Mais un roman qui à l'arrive me plaît car il confirme tout à fait ma devise préférée "La réalité dépasse la fiction". Vous le contastez sans doute tous les jours, comme c'est mon cas, non ?

Revenons-en au chat, par lequel nous entrons dans une famille, dont les personnage sont touchants pour leur justesse et leur humanité. Si j'ai au début été un peu agacée par les propos grossiers, je m'y suis rapidement acclimatée (habituée que je suis, je l'avoue, aux jurons, c'est mal, je sais, et je fais moult efforts pour m'améliorer, croyez-moi.). 
Le plus intéressant dans tout cela, après les personnages et leurs tribulations, c'est la construction de l'histoire. Si la multiplication des personnages et des intrigues peut parfois donner le sentiment d'éparpillement, il ne dure pas, et notre auteure boucle la boucle avec une facilité que je lui envie. Car il ne faudrait pas penser que Barbara Constantine ne sait pas où elle va. Non seulement elle le sait parfaitement, mais elle fonce, et nous mène tambour battant au terme de cette histoire que je vous conseille, chers amis !
 

janvier 27, 2009

2.0 ?

Question d'une amie ce midi : "C'est quoi déjà, l'Internet 2.0 ?"

Une opportunité, des possibilités, des multiples. 
Que représente votre blog dans votre vie ?
Savez-vous clairement ce que vous en attendez ?
Quelles étaient vos attentes quand vous l'avez crée ? 
Ont-elles évoluées ?

A l'époque j'ai ouvert un blog parce que je voulais en être. 
Les personnes que je lisais étaient inspirées et inspirantes. 
J'ai voulu, moi aussi, donner mon avis, quand on ne me le demandait pas vraiment. 
Partager des sentiments, quand on en attendait pas tant. 
A l'époque, je n'étais pas claire sur ce que j'en attendais vraiment. 
A part attirer un peu l'attention en donnant de moi, pour aller à la rencontre d'autres, et surtout, voir si j'étais capable d'écrire et d'être lue, plus ou moins régulièrement. 
Capable d'être lue, quel paradoxe, au passage. 
Aujourd'hui je pense que je ne me livre probablement pas assez. 
Mais quand je vois malgré tout quelles rencontres j'ai faites, je ne regrette pas.
Et je vais continuer, un peu, en attendant de parvenir vraiment à me lâcher ?

je serais vraiment curieuse de savoir ce que vous en attendez, et quel plaisir vous y prenez. Parce que le fond de tout, c'est le plaisir, non ?





janvier 10, 2009

Le vent souffle moins fort à Venise


Après avoir découvert Claudie Gallay comme beaucoup d'entre nous au travers de son livre Les déferlantes, grand succès et découverte de l'été, j'ai lu Seule, Venise pendant les vacances de Noël, et j'ai retrouvé sa voix. 
Le personnage féminin qui est peu ou proue le même que dans Les Déferlantes, sortant d'une relation amoureuse forte et quitte son univers quotidien pour Venise au coeur de l'hiver. 
Si l'environnement est tout autre puisque La Hague cède la place à Venise, il n'en est pas moins présent même si moins virulent, tout comme la douleur de l'abandon est ici moins forte, mais toujours au premier plan.
Le vent souffle moins fort à Venise, mais il serait dommage de se priver de cette lecture où une fois encore, la voix de Claudie Gallay est belle et bien présente. 

Seule Venise, Claudie Gallay, Actes Sud 2005,

janvier 08, 2009

Ce que je voeux ?

Pour poursuivre sur la lancée de ce début d'année, et parce que toutes mes cartes de voeux me semblent obsolètes avant même d'être écrites, ou encore conçues, je formule un voeu en moi-même.
Un voeu d'importance, jugez plutôt, il concerne ma vie, mon désir, et mon avenir. 
Un voeu que je caresse du bout des doigts, que je murmure lentement, et que je conserve serré, précieux, au chaud dans ma poitrine, où bat mon coeur au rythme de mes lignes. 
Un voeu que je me charge de réaliser. Je me donne cette responsabiliser de lui montrer le chemin pour la réalité. Le faire descendre des nimbes pour l'élever dans notre monde. 
N'est-ce pas enthousiasmant ?

Un voeu, qu'y a-t-il de plus précieux, au moment où on l'imagine ?

janvier 06, 2009

Avez-vous remarqué ?

Avez-vous remarqué ce froid piquant qui vous chatouille les joues ? 

Le joli manteau blanc ?

Les sourires ravis affichés par n'importe quel quidam croisé dans la rue ?

Pas de doute, le père Noël est passé (n'en déplaise à ma fille). Je crois que les agents de la SNCF qui sont en grève depuis trois semaines, vont redonner un cours normal au trafic. Ils nous ont bien pourri l'avant-Noël, ce délicieux temps suspendu où la question est sur toutes les lèvres "T'as fait tes cadeaux ?" A nous faire piétiner les quais par -2° (je sais, aujourd'hui, cela semble tropical, mais voyez-vous, vous êtes parés, or à l'époque, pauvres âmes, nous en étions encore au réchauffement de la planète,  à trembler de froid, sans un agent à se mettre sous la dent pour se réchauffer un peu). 
Ces grèves donc, sont en passe de s'achever. on parlerait même de remboursements. mais n'anticipons pas.

Moi qui était au bout du bout de la Bretagne pendant ces vacances, j'ai vécu un rêve, à ne pas entendre prononcer le mot "crise" pendant 7 jours d'affilée. un petit shoot de France-Info m'a vite ramené à la réalité. Soit 5 occurrences en 10 minutes.  

Un rêve de soleil. imaginez plutôt, l'ensoleillement a été au moins dix fois plus important en cette fin décembre 2008 qu'au début août de la même année ! 

Un rêve enfin, car à minuit 5, 10, 30, et le lendemain, je n'ai reçu que de rares SMS pour me souhaiter une bonne année. Et vous ? Avez-vous constaté la fin des voeux Smesques ?
Attention, c'est à ne pas confondre avec la solitude. Telle cette amie qui me disait "Personne ne m'appelle, je finirai seule, bouffée par mes chiens". Mais non. La réalité est toute autre, et je me suis chargée de la dessiller, chère, très chère amie, vois-tu, les voeux par SMS sont en voie de disparition. 
Félicitons-nous

Avez-vous remarqué également la fin des bonnes résolutions ? 
Les bonnes résolutions, diabolisées à foison, remplacées de bon coeur par les "souhaits". 
De toutes façons, les bonnes résolutions ont pour principal objectif de nous donner bonne conscience au terme d'une fin d'année grasse, gloutonne et éructive (comment ? ce mot n'existe pas, me dit-on ? Pourtant, il vous parle, non ?). Enfin, j'aimerais en finir avec une méprise générale : les bonnes résolutions ne sont pas faites pour être tenues, elles sont là pour vous permettre d'imaginer un instant qui vous pourriez être si vous étiez parfait à vos yeux. Et vous aident finalement à conclure que décidément, vous êtes ce que vous êtes pour une très bonne raison : vous êtes vous-même. 

En 2009, les amis, j'ai résolu d'être résolument POSITIVE ! 

Le froid, ça réveille. La neige, c'est magnifique. La grève, c'est terminé. Les voeux, c'est passé. Les résolutions, c'est derrière. 

Et je vous souhaite une très très belle année ! 

Allez, on s'embrasse ?