mars 15, 2010

Trouver de l'élan, cultiver le regain



Quand les choses bloquent. Quand elles ne sont plus dans nos mains. Quand il faut trouver le courage, la patience, la volonté d'attendre.
Quand le sommeil nous attire, véritable chant des sirènes, avoir le réflexe de s'ébrouer, de respirer profondément et de se relever, pour faire.
Quand on se traîne, le corps lourd, d'un endroit à un autre, reprendre son souffle, accueillir le regain.Quand le ciel ardoise nous dit combien il est vain d'espérer le soleil, quand la pluie incessante nous rappelle que nous ne sommes pas tout puissant, avoir l'idée de se donner à rêver, chercher l'inspiration, vouloir, à nouveau, créer.

L'élan c'est l'enthousiasme. Et si on en voit pas a priori autour de soi, peut-être faut-il alors savoir le débusquer, le guetter... le faire surgir.

Mais créer de l'élan quand on manque d'énergie, d'objectif, de soif... c'est loin d'être évident.
Comment se réactive notre source intérieure ?
Par quel étrange mécanisme se déclenche-t-elle ?
Y a-t-il une méthode, une incantation, des prières pour faire (re)venir l'inspiration ?
Il y a bien des endroits inspirants, des chansons, des dessins, des photos, des livres, de poèmes, l'inspiration est partout.
D'où vient notre hermétisme ?
Pourquoi l'envie s'absente-t-elle parfois ?

Je me sens comme une cloche fêlée, qui sonne terne.
Vivement que je résonne à nouveau !




Cloche peut-être, mais cloche zen ^^


février 17, 2010

La boussole s'affole



Quand on commence à se dire qu'on aimerait bien changer de voie, le flou qui entoure cette possibilité ressemble à un joli brouillard poudré et on se prend un peu pour une petite fée, qui virvolte deci delà en taquinant du bout de la baguette quelques plantes odorantes, histoire de voir si elles aussi font des paillettes scillantes en s'agitant. En résumé, tout ceci fleure bon le fantasme.
Quand on prend conscience qu'il faut que l'on change de voie sous peine, au choix, de devenir folle, aigrie ou neurasthénique, le champs des possibles ressemble plutôt à une jungle sombre et gluante, menaçante, posée sur un grand néant qui flanque le vertige et raisonne des échos du tout et du rien.

Vous vous raccrochez à la première branche qui passe, et paf ! Vous êtes à nouveau embarquée pour des mois, des années, sur une barque qui n'est pas celle que vous auriez choisie si vous aviez pris le temps de vous laisser le choix.En ce moment, je suis à bord du bateau ivre, qui peu à peu prend l'ampleur du Titanic.

Cette fois-ci, c'est décidé, je me laisse le temps de faire des choix, de préparer mes rames, de fourbir mes armes, histoire de ne pas me tromper de barque...
Je n'ai pas d'idée préconçue sur la barque que je recherche, quelques critères tout au plus (genre ne plus partager ma cabine, et naviguer avec de vrais marins...), et puis je prends des cours de navigation, alors ça devrait aider ma boussole à retrouver son Nord.





Where is my north ?


février 02, 2010

La route

Je viens de finir La route, de Cormac McCarthy.

Pourquoi l'ai-je lu ?
Parce qu'il a fait une très forte impression à une amie qui m'est très proche, provoquant une sacrée dose de curiosité en moi.
Parce qu'il décrit un univers apocalyptique de bout en bout, et un père et son fils qui se débattent et progressent vers un sud hypothétique.
Ce n'est pas un résumé très attirant.
J'ai bien aimé. Mais je n'ai pas trouvé pour autant que c'était le livre de l'année, quant au Pultizer...
En même temps, je le trouve intéressant sur plein de points :
Oui, la réflexion sur l'avenir de l'homme, seul et démuni face à sa nature, au milieu d'un monde de cendres et de mort.
Oui, la situation sans explication et sans véritable révélation.
Oui le réalisme avec lequel est offert cette fuite.
Voilà. Je suis assez partagée sur ce bouquin. Mais il vaut le coup.





janvier 15, 2010

blog blues

Il fut un temps où j'écrivais des billets sur les livres que je lisais et que j'appréciais, ou non, c'était selon l'humeur.
Je ne le fais plus parce que je crois que je manque de temps, et parce que d'autres le font bien mieux, bien plus vite et de façon beaucoup plus constructive, construite et argumentée.
Franchement, un billet littéraire par mois, ça rime à quoi ?

Du coup je tâtonne un peu avec l'angle de ce blog.
Mais je m'en fiche, l'important c'est qu'il reste là, une petite fenêtre ouverte sur vos blogs, que je connais pour certains depuis bientôt quatre ans.
Non, pour être tout à fait honnête, je ne m'en fiche pas tant que ça.
J'aimerais avoir un blog plus structuré, alimenté avec sérieux, qui prendrait ses repas, équilibrés, cela va de soi, chaque jour à 19h30, qui serait plus sociable, qui aurait l'esprit d'équipe, participerait aux divers swap et tags qui passent.
Mais je ne vais pas vous faire le coup de la fille qui a un blog mais se plaint de ne pas avoir le temps de le faire vivre à fond.
Je n'ai pas le temps, c'est un fait. Et pas envie de renoncer. Un fait aussi.

L'autre jour j'ai entendu "Un blog, c'est un journal intime". C'est drôle.
C'est même hilarant. De l'intime sur Internet.
Alors non, ce blog n'est pas mon journal intime, et franchement, vous préférez.
Et je me dis que si des gens dont le boulot est de vendre de l'Internet sont capables de dire qu'un blog c'est un journal intime, alors moi je suis diablement libre de mettre à peu près tout ce qui me passe dans la tête sur ce blog.

Des tergiversations pour dire ceci, finalement : depuis quelques mois j'écris un roman.
Je travaille en atelier, avec une dizaine d'autres personnes, pendant lequel nous travaillons chacun sur un projet de roman.
Entre octobre et décembre, on a posé les personnages, le décor, quelques scènes, on s'est baladés. Mais là il faut que je me bouge. Que je remonte mes manches, que je prenne les rênes et que je dégaine la truelle parce que si je ne le fais pas maintenant, ça ne servait à rien de me lancer là-dedans.
Quand je pense que d'autres n'ont même pas besoin de travailler ! Je n'arrête pas d'en croiser en ce moment. Des gens qui ont le temps...

Tout ça pour dire, finalement, que je vais peut-être moins écrire ici, ce qui laisse imaginer que vous allez m'oublier. Et ça me fiche un peu le cafard. C'est idiot.
Allez, je vais essayer de ne pas complètement me laisser prendre dans le ciment et de revenir ici de temps en temps.
Et de passer vous visiter, aussi.
Évidemment.

janvier 11, 2010

šťastný nový rok !*


Avant de clore finalement le chapitre 2009, voici quelques clichés de notre dernier voyage de l'année, à Prague, histoire de partager un peu le dépaysement.
Il manquera les odeurs de vin chaud, le bruit des pas sur les pavés, la langue, incompréhensible même au bout d'une semaine, shame on me, le tchèque n'est pas pour moi (je sais dire merci, mais tout juste)...
Un joli voyage, parfait pour passer en beauté de 2009 à 2010.










*Vous avez deviné...

janvier 06, 2010

Le calme parfait d'une mer d'aurore


A un moment, l'année passée, j'étais là. C'était beau, on était bien.
La mer immense, l'aurore, sacrées promesses.
Les bilans me laissent parfois mitigée; pas celui de l'année passée.
Elle fut belle, aimante, et rigolote.
On a voyagé, on s'est aimés, wow...
Une seule envie : continuer.




Je salue Erzébeth, qui a eu cette idée fameuse de proposer les anti-voeux. La meilleure idée de 2010*.

*Même si cette phrase vous semble grotesque pour le moment, vous verrez dans quelques mois, elle aura vieilli, elle aura pris en saveurs et en tanin, elle sera à point.

janvier 04, 2010

Tous mes (bons) voeux !

Quel drôle de début d'année...
C'est comme si les quelques courants d'air de l'année dernière avaient pris en amplitude et en force pendant ces derniers mois pour donner une vague énorme.
Un grondement terrible, que l'on sent avant de l'entendre, et que l'on subit avant même de le voir vraiment.
Un genre de tsunami.

Un tsunami quand on apprend qu'une charrette va avoir lieu dans une boîte de 25 personnes. Comme ça. Entre un "Bonne année" et un "allez, ne vous faites pas mal à la tête, tout va bien se (...)". Il n'a pas terminé. Il aurait pu, au point où il en était rendu : annoncer à ses salariés qu'ils vont être licenciés, sans qu'ils sachent quand ni comment, entre des voeux et l'annonce d'un chiffre d'affaires malgré tout pas si mauvais.

Un tsunami de lumière, quand on a décidé de voir les choses avec des yeux propres et neufs, de s'armer de courage, et de décider, quoiqu'il advienne, que ce sera positif, qu'on en sortira grandi, que ce ne sera pas la fin pour rien. Juste pour être bien.


Allez, je vous souhaite avant tout d'envisager cette nouvelle année et chacun des jours qui la composent comme autant de promesses de nouveauté, de surprises, de joies et de petits et grands bonheurs.

décembre 24, 2009

Une blanche neige à redécouvrir

Hier je suis allée voir le ballet de Preljocaj à Chaillot.

C'était magnifique. La chorégraphie, les costumes (Mister Gaultier), la mise en scène, mon dieu ! Cela faisait une éternité que je n'avais pas assisté à un ballet, et quel retour, vraiment. je vous le conseille, même si les places semblent difficiles à obtenir.
Je crois qu'à part un ou deux passages un peu longs au début, j'ai tout adoré. L'ouverture en forme de coup de poing m'a laissée ko, la marâtre en maîtresse dominatrice était sublime, les nains, plutôt des mineurs que des nains à la Walt Disney et leur chorégraphie verticale, les duo boulversants entre blanche neige et la reine, celui avec le prince, non vraiment, c'était sublime.

.

Attention en revanche, les enfants ne sont pas les destinataires, certains passages étant vraiment difficiles et très bien rendus...

Voici une belle manière d'entrer en période de fêtes. Je vous souhaite de très beaux moments et je vous dis en 2010.
Vous pouvez en découvrir un extrait ici:








Je vous souhaite de très très belles fêtes !


Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Musique : Gustav Mahler
Musique additionnelle : 79 D
Costumes : Jean Paul Gaultier
Décors : Thierry Leproust
Lumières : Patrick Riou assisté de Cécile Giovansili et Sébastien Dué
Assistant, adjoint à la direction artistique : Youri Van den Bosch
Assistante répétitrice : Claudia De Smet
Choréologue : Dany Lévêque
Conseiller acrobaties verticales : Alexandre del Perugia
Spectacle créé en résidence au Grand Théatre de Provence (Aix-en-Provence)
Coproduction Biennale de la danse de Lyon / Conseil Général du Rhône, Théâtre National de Chaillot, Grand Théâtre de Provence, Staatsballet Berlin (Allemagne)
Chorégraphie primée aux Globes de Cristal 2009.

décembre 21, 2009

"C'est une jungle, nous sommes pris dans une jungle"



Il faut quand même que je vous parle de Suite française, que je viens de finir, et qui m'a semblé tout à fait intéressant, agréable et sympathique.
Je découvre avec lui cette femme romancière, Irène Némirovsky, originaire d'Ukraine mais de langue française, dont le talent pour raconter les gens, petits et grands m'a souvent agréablement surprise.

Le roman n'est pas achevé, mais qu'à cela ne tienne, il représente en réalité la réunion des deux premiers tomes prévus pour être initialement les deux premiers tomes d'une série de cinq. L'auteur nous installe suffisamment bien dans l'époque, et peint des personnages aux mille détails parlants, de sorte que chacune des deux parties s'ouvre sur une suivante, mais qu'elles sont parfaitement équilibrée et achevées en elles-mêmes. Le témoignage est écrit sur le vif, Irène Némirovsky ayant assisté à cet exode, même si elle-même n'a pas quitté la région parisienne. Le tableau de l'époque et les figures décrites sont excessivement justes, et les portraits sont amusants autant qu'acerbes. L'ensemble forme une fresque de belle ampleur, qui ne s'essouffle pas et compte un certain nombre d'extraits aussi riches que parlants. Quant aux métaphores, elles sont à la fois poétiques et très expressives.

La première partie, Tempête en juin, décrit l'exode de juin 1940, où les Français fuient les allemands arrivés dans le Nord de la France et entrés dans Paris le 14 juin.
Chaque chapitre donne lieu à la présentation d'un ou de plusieurs personnages, chacun très finement dépeint grâce à l'art du détail et le sens critique de l'auteur. On sent un certain cynisme en même temps que de l'attachement pour certain (peu) d'entre eux. La critique de la société est féroce : en prenant chaque personnage dans son milieu et en le jetant sur les routes en temps de guerre, Irène Némirovsky a là matière à mettre en exergue chaque défaut, chaque
caractéristiques d'une classe sociale, d'une typologie de personnages : des grands bourgeois à l'auteur égoïste, des gens modestes au collectionneur de faïences, elle nous offre un regard perçant et sans complaisance sur les hommes. Par exemple, sur le bord de la route, la mère de famille bourgeoise partagera généreusement les vivres emportés avec les enfants d'une famille dans un café, accomplissant par là même ses bonnes oeuvres, mais elle leur retirera le pain de la bouche sitôt qu'elle aura pris la mesure du dénuement dans lequel l'exode place chacun.

La seconde partie, Dolce, s'arrête dans un petit village, Bussy, et décrit quelques mois de la vie quotidienne des villageois qui ont accueilli les Allemands dans leurs murs. Une relation se tisse plus particulièrement entre une jeune femme et un officier allemand.

Les dernières parties auraient pu/dû s'appeler 3) Captivité ; 4) Batailles 5) La paix, mais les titres n'étaient pas fixés, pas plus que le titre de l'ensemble, pour lequel elle avait envisagé Tempête ou Tempêtes. Le titre de Suite française étant donné finalement en référence à la musique, dont elle se sentait proche, la suite musicale étant un ensemble d'airs musicaux de même tonalité mais aux rythmes différents.

L'auteur ne terminera pas sa fresque, arrêtée le 13 juillet 42, elle est déportée à Auschwitz où elle meurt du typhus le 19 août.

Ce roman posthume a également une histoire. Légué à ses deux filles, le manuscrit est demeuré enfermé de longues années après la disparition de son auteur. Une de ses deux filles le lira finalement en 1998, et il sera publié en 2004 par les éditions Denoël. Il recevra le prix Renaudot la même année.

Suite française, Irène Némirovsky, éditions Denoël, 09/2004. Existe également en version Poche chez Folio.

décembre 18, 2009

Hier encore

Hier j'ai présenté le synopsis de mon roman.
On m'a posé plein de questions.
Des auxquelles je savais répondre, des auxquelles je ne m'attendais pas, des qui m'ont interpelées, et des qui m'entraînaient sur un chemin que je refusais de suivre.
Hier j'ai présenté un plan, mes idées, mes projets.

C'est encore assez lâche, c'est encore un peu flou, mais en plissant bien les yeux je vois la silhouette de mon roman se dessiner au loin.
C'est amusant et un peu émouvant.
Certains personnages se laissent capturer sans rechigner, d'autres jouent à cache-cache avec moi, mais ils ne gagneront pas la partie, foi de moi.

Avant-hier, j'avais des doutes.
Hier j'ai confié le résultat de mon travail.
Aujourd'hui j'ai envie d'avancer encore plus vite, encore mieux.
Et Demain ?

décembre 17, 2009

Petit bilan pré-fêtes de fin d'année

Bien.
Nous sommes donc le 17 décembre.
Attendu que j'ai un travail et un patron pointilleux sur les horaires ;
Attendu que les RTT n'existe pas dans son monde ;
Attendu que je ne vais pas poser de congés sans solde pour aller faire mes cadeaux de Noël ;
Attendu que je n'ai plus de temps libre pendant le we puisque j'ai des rendez-vous familiaux incontournables ;
Attendu que même les histoires de calendrier de l'Avent du soir ont sauté tant on manque de temps le soir...

J'en conclue que je vais devoir aller faire mes achats la nuit.
Ou au petit matin.
En même temps, je devrais être dispensée de la foule.
ça tombe bien, je ne suis pas fatiguée.


Et vous ? C'est fait ? C'est quoi votre meilleure idée de cadeau ?

décembre 11, 2009

La femme à gouaille


Cette femme-là est une femme qui a souffert et souffre encore. Derrière son armure en acier trempé de larmes peut-être, c'est une femme rompue qui se cache en se dévoilant comme personne.

Forte en gueule, elle a toujours un bon mot, une plaisanterie, une remarque à faire. Si elle prend la parole avec aisance, elle la coupe plus souvent qu'à son tour et laisse quelquefois entendre, dans les discours délicats, une faiblesse d'élocution que l'on soupçonne être le vestige d'une dyslexie juvénile.


On l'entend venir de loin, si ce n'est par la force de voix ou de son rire qu'elle a gras et puissant, c'est par le bruit de ses talons, tantôt aiguilles tantôt massifs selon le style choisi pour sa tenue, selon son combat du jour.

Elle grossit et maigrit par période, soumise à de violents caprices hormonaux. Des variations qui ne s'appliquent pas qu'à sa corpulence mais aussi à son humeur. Cassante elle devient méchante, aimante elle devient collante, gluante pour ceux qu'elle chérit.

C'est une femme compréhensive, qui vous entend sans montrer une seconde qu'elle vous écoute, vous comprend alors que vous n'avez pas fini votre phrase. Mais elle entend vraiment, et sa compréhension peut même dépasser vos espérances...

Non dénuée d'intelligence et répète souvent qu'à l'âge qu'elle a, elle se connaît. Mais accepterait-elle ses fêlures que, loin de la fragiliser, cela lui donnerait la capacité de les combler et de les dépasser. Ce sont des gouffres.

La femme à gouaille à un caractère bulldozer. Elle sait ce qu'elle veut, et elle sait l'imposer.
Travailler avec elle n'est pas une sinécure, même si c'est un bon apprentissage : il faut la suivre, elle se comprend.

La femme à gouaille n'est pas méchante, elle est simplement ambitieuse et amoureuse.
Au point d'en être aveugle, obnubilée et obsédée. Et dans le boulot ce n'est pas souhaitable, pour personne. Mais de nous tous, c'est certainement elle qui en souffre le plus.

décembre 09, 2009

Les signes existent (encore faut-il les voir... et y croire!)

Cette semaine, je traînais mon découragement, ma fatigue et mes questions existentielles du we au sujet de mon roman quand j'ai reçu quelques signes des plus encourageants.
Des signes clairs, nets et précis, qui auraient difficilement pu être plus explicites.

Ainsi, alors même que lundi matin je ne voyais pas bien comment j'aurais pu écrire sur l'enfance d'une enfant pendant la seconde guerre (qui ne soit pas Anne Frank), je suis littéralement tombée sur un bouquin intitulé "Journal d'un enfant pendant la guerre".
ça sèche non ?

Et mardi, alors que je me demandais encore comment rendre compte fidèlement du Paris des années 50, un mail est directement arrivé dans ma boîte, me proposant de consulter le fonds de Roger Violet... Une tonne et demi de photos, dont trois quintaux du Paris des années 50.
Autant dire une manne.

Alors bien sûr, ce sont des coïncidences, et bien sûr, je suis à l'affût de tout ce qui pourrait me servir à écrire ce livre mais quand même, bande de septiques, avouez que ce sont de sacrés signes, non ?

Et vous, les signes ? Vous en voyez ? Vous y croyez ? Et qu'en faites-vous ?

décembre 04, 2009

la vie est parfois lisse, hélas


Il y a des périodes où vous êtes fatigué. Vous sentez que vous n'en pouvez plus, vous tirez sur la corde, mais vous ne voulez surtout pas vous arrêter : vous avez trop envie, trop d'appétit, et aucun désir pour le repos : vous êtes harassés par l'envie de vivre, d'apprendre et de découvrir.
Fatigués physiquement, la tête vide, mais les jambes qui galopent, vous reprenez de temps en temps votre souffle, juste histoire de tenter dans un vain effort, de décrisper les muscles de votre dos, qui se nouent et tirent sans relâche.

Et puis il y a ces périodes où vous ne vous sentez ni particulièrement fatigué ou reposé, ni particulièrement émotif ou heureux, mais pas malheureux.
Le ciel est gris, bleu ou noir selon qu'il fait gris, beau ou nuit.
Les choses désagréables n'ont pas prise sur vous. Les choses agréables non plus.
Tout glisse, tout est lisse. Le monde est étrangement calme.

Je me sens dans cet état de passivité en ce moment. Des chose
s qui m'agacent terriblement d'habitude ne me font plus rien. Cela ne signifie pas que je sois complètement passive, mais j'ai une forme de détachement un peu désagréable parfois (j'aimerais vibrer un peu plus), franchement appréciable d'autres fois.

Je n'ai pas d'envies particulières, ni d'idées à revendre, l'écriture ne coule pas, elle rame, mon crayon de bois est sec, la mine rugueuse accroche le papier, consentant à laisser une trace sèche et peu généreuse tel un escargot à sec.
Ma tête résonne des quelques idées que j'ai eu jusqu'à présent pour mon projet de bouquin, mais, chaque fois, chaque jour, j'ai peur de m'y remettre et de me trouver confrontée au silence et à l'horizon vide de mon synopsis.
J'ai peur, je n'ai jamais eu si peur de ne pas aller au bout, de ne pas réussir à avancer, de ne pas mener à bien ce projet. Je me mets la pression, je place la barre trop haut, je ne me facilite pas la tâche.
Mais quel bonheur, tout de même, de croiser une photo d'époque, d'imaginer une réaction, de trouver une formule.
Alors je sais que tout inspiration ne m'a pas totalement dé
serté. Qu'il me faut débusquer ces quelques sursauts. Dans la collection de dunes lisses que j'ai dans le crâne en ce moment, trouverai-je bientôt ce monde que j'imagine ? Vais-je parvenir à croiser mes personnages, et à saisir l'essence qui les anime, le bois dont ils sont faits ?





novembre 23, 2009

La pudeur n'est plus de ce monde


Vous avez remarqué comme, dans le train, les gens parlent de métastases et de "Combien de temps lui reste-t-il ?"
Bon, ok, j'exagère. Mais à peine.
Jeudi soir, dans le train, une jeune fille demandait "Mais alors... il ne va pas s'en sortir ?" puis "Bon, s'il est encore là dimanche, je viendrais le voir".
Le climat dans les parages, je ne vous dis que ça. Entre le mec en face d'elle qui ne savait plus où poser les yeux et a fini par les mettre dans sa sacoche, la femme vaguement intriguée qui a fini par ôter son écouteur et moi qui envoyais un mail de mon portable, tellement je trouvais cette situation incongrue... Bon, il s'est rapidement avéré que son grand-père mourant était en fait un chien. Et que le prix de la piqûre lui a fait vraiment regretter qu'il faille en passer par là "Combien ? Quatre-vingt euros ?!"

Samedi, à la bibliothèque, je vais gentiment travailler, la personne en charge de la salle d'étude est au téléphone. Elle y reste vingt minutes. Oubliant complètement qu'il y a là des gens venus chercher le silence, la tranquillité, la concentration. Les innocents !
Et de raconter sa vie, avec force rires de gorge et exclamations. Incroyable. Je peux tout vous raconter. D'autre part, on ne sait jamais qui est autour de nous. Il s'avère qu'elle parlait de personnes que je connais, de près, très près, ou de plus loin.

D'autres personnes, dès le saut du lit, parlent déjà du repas qu'ils feront le soir, et que vous le vouliez ou non, vous êtes rapidement informé du contenu de leur bac à légumes à 8h34, alors même que vous vous laissiez gentiment emporter par votre bouquin.

Ce soir en rentrant, cette femme, au téléphone toujours "Mais bon, faut d'abord savoir si c'est métastasé ou pas métastasé..." Oui, soyons un peu pragmatiques, que diable !

Pas de repos pour les braves, la vie est là, qui ne demande qu'à être vécue et à être dite, alors n'hésitons plus, étalons, racontons, à tous vents, à tout va, nos carottes, nos métastases, nos envies, nos pourquoi et nos comment. La liberté d'expression s'exerce à chaque instant, ne soyons pas avares. Et tant pis pour nos voisins s'ils ne voulaient pas savoir.
Ils n'avaient qu'à prendre leur bagnole.
J'ai l'air de râler, mais pas du tout. Moi, les gens qui racontent leur vie, ça me distrait. D'autant que je ne suis pas la dernière à le faire, j'avoue tout. De là à étaler l'intérieur de mon frigo...

Et vous ?

ah... le silence des bois...


novembre 10, 2009

Marie Ndiaye, le prix Goncourt et le député

Je découvre à l'instant dans un article de Libération une prise de position pour le moins contradictoire.

Éric Raoult, député de Seine-Saint-Denis, estime que les propos tenus par Marie Ndiaye dans une interview donnée aux Inrocks le 30 août sont peu respectueux, voir insultants pour la France. L'auteure ayant critiqué Sarkozy et les ministres de l'immigration.

Le député imagine alors un «devoir de réserve dû aux lauréats du Prix Goncourt» et sollicite le ministre de la culture afin qu'il intervienne auprès de l'écrivaine et la remette dans le droit chemin, au motif que «le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l’image de notre pays».

A priori, on a envie de dire qu'un prix Goncourt n'est pas une muselière. D'autant moins quand l'interview a été réalisée avant l'attribution du dit prix.

A posteriori, on est effaré (au minimum, en vrai je suis très en colère) de voir quel carcan et quel devoir de réserve certains politiques imaginent pour quiconque ose prendre la parole alors qu'il pèse un poids certain sur la scène culturelle française.
C'est ni plus ni moins de la censure.
Ce dont Raoult se défend, évidemment : «Je suis pour la liberté d’expression la plus totale des écrivains, ce qui n’est pas la liberté de calomnier ou d’insulter.»

Perso, j'adorerais être à la place de Marie Ndiaye. Je ne lui ferais pas la nique, non, je ne suis même pas sûre que je lui répondrais. Mais si j'avais à le faire, je pense que je le ferais gentiment, proprement et en réaffirmant mes convictions. Sans diffamation aucune. (Oui, je me prends pour Marie Ndiayé un instant, c'est interdit, ça aussi ?).
Qui a dit qu'un écrivain (et un artiste en général) devait donner l'exemple ? Non mais ça va pas, hein.

Et en parlant de recadrage nécessaire, je me dis qu'une petite discussion d'Homme à Homme avec ce députés'impose. Je lui collerais bien des cours de rattrapage en matière de libertés individuelles.
Un rafraîchissement s'impose. Je croise les doigts pour qu'il ait lieu.

novembre 06, 2009

Le naufrage du Titanic

En ce moment au bureau on ne peut pas dire que nous soyons débordés par la tâche à accomplir.
Nous avons plutôt le sentiment de regarder couler le Titanic en faisant les pitres.
Vous voyez l'orchestre qui continue à jouer comme si de rien était ?
En fait il serre les fesses, mais continue de souffler dans son tuba.
Ici c'est pareil : ça ricane, ça cancane, ça souffle aussi dans le tuba et l'ensemble forme un gai brouhaha, une bande-son joyeuse, façon film de copains.
Il y a bien quelques sautes d'humeur par-ci par-là, on ne coule pas impunément. Mais globalement l'ambiance n'est pas si détestable. Du moins pour ce qui concerne notre couloir.
Ailleurs... C'est une autre histoire.
Donc le matin quand j'arrive (ce matin j'ai failli manquer ma station, je suis descendue à l'horizontale, en enfonçant joyeusement mes coudes dans les cotes qui croisaient ma route et en disant "pardonpardonpardonpardonpardon". C'est la première fois de toute ma vie que ça m'arrive. Je ne sais pas quoi en penser, mmh...), quand j'arrive, donc le matin, je suis assez contente de retrouver mes compères.
On discute, on se raconte un peu des âneries, chacun endosse un rôle, un personnage, et la journée s'écoule ainsi.
Là où je vois que l'ensemble prend l'eau, c'est quand l'un me dit "je ne sais plus bien où rentrer mes heures" ou encore "ça t'ennuie si je te prends ce dossier pour faire une ligne de plus sur mon planning ?"
Là, évidemment, en être sensé, je me demande combien de temps le navire mettra à atteindre le fond.
Et je me dit qu'à ce moment, ce qui serait bien, c'est que je ne sois pas sur le pont, à regarder une murène se lover dans le tuba, vous voyez ?

J'adore les métaphores. ça change tout.

Et vous, votre navire, il se porte comment en ce moment?


novembre 04, 2009

Noir et blanc, clic et clac

J'adore le noir et blanc
J'adore les vieilles photos
Je viens d'accrocher dans mon bureau la Une d'A nous Paris qui montre un Miles Davis fragile et tout à la fois déterminé.
Il n'est pas caché derrière sa trompette. Elle ne le définit pas.
Il est juste là, sacrément là, le bonhomme.
Derrière une vraie grosse paire de lunettes mouche, une vraie présence.

Le noir et blanc, c'est pas compliqué, il a d'emblée une émotion, une force, une profondeur telles qu'on pourrait magnifier n'importe quel objet vulgaire du quotidien.
Pour peu qu'on ait un angle et une lumière, ça déchire tout, comme dirait l'autre.

Récemment je suis tombée sur un livre de photos de guerre, certaines étaient vraiment très anciennes. La distance que crée le noir et blanc est énorme. Je suis super fan aussi parce que je suis très nostalgique. Le monde en noir et blanc pour moi, c'est un monde en marge. Qui a existe, ou qui existe, mais dans lequel je ne marche pas.
Un monde dont on peut rêver, que l'on peut imaginer, mais qu'on ne vit pas. Qu'on ne vit que de l'intérieur.
Le grain, le velouté sont magiques, on pourrait toucher la matière des sujets, mais seulement en pensée.
Le noir et blanc, je vais vous dire, moi ça me transporte.

Quand je serai grande, je serai photographe de noir et blanc.



Un Bashung en noir et blanc
Une de mes photos préférées



Alain Bashung - photo : Antoine Le Grand

novembre 03, 2009

En musique

Saviez-vous que la salle Pleyel met ses concerts en ligne ?
Cela se passe sur le site, tout simplement, et pour peu que l'on ait du bon matériel, ça peut calmer un peu les tourments des jours gris et pluvieux de novembre.
On y trouve des concerts de musique classique, mais aussi de Daniel Darc, De la soul, Limousine...
Sur moi, ça a un véritable effet feu de cheminé.
Apaisant, réchauffant, enthousiasmant.

Aaaaahhh, le violoncelle sur le concert de Daniel Darc...

Quand je serai vieille (quand j'aurai du temps, mais aussi de l'arthrite, donc, je ferai du violoncelle, voilà).

octobre 28, 2009

Perdue attachée

Gare de Colombes. Les enfants s'agitent et lui demandent de choisir son dessin préféré, elle en élit trois. Je regarde mes ongles dont le vernis rouge se fait la malle. Il est temps de s'en débarrasser, et j'en ai assez. J'ai le coeur au bord des lèvres ; un détail, des broutilles, qui mis bout à bout forment une jolie chaîne de métal, de plus en plus lourde, de plus en plus longue. Je résiste, je la tire à mains nues, j'en ai connu d'autres, je m'en fait un sautoir, un peu brut, c'est tendance. Le métal rouillé grince, les maillons sont trop lourds, trop nombreux. Je la repose au sol. Que pourrais-je inventer encore pour voir la vie autrement qu'une succession de jours et de déconvenues ? Des projets, il me faut des projets. Un seul suffira peut-être. Je regarde ma chaîne, elle n'est plus si tendance, elle n'est plus que rouille. Une longue laisse rouillée devenue inutile et encombrante. il va falloir vous en séparer madame, mais rassurez-vous, vous ne sentiez rien. Je sais que c'est faux. Mais je veux croire que ça ira mieux après. Je saisis les anneaux, mes mains sont pleines de rouille ocre, je les frotte et je barbouille les apparences, la nuit n'est plus si noire. Recouverte de poussière terracota, ses ombres sont moins effrayantes et je me dis que je pourrais l'aimer ainsi.
Gare de chez moi, je descends du train, je pose le pied à terre, la chaîne grince, elle me mord la peau mais me rassure, je lui suis reconnaissante de me tenir mais je sais qu'elle me retient. J'aimerais la briser mais elle me serre, je rêve de l'ôter mais elle elle me sert. Je ne suis pas prête, pas encore, il faut attendre.
J'avance, le sol est là, la nuit, l'envie aussi, la peur, toujours. Mais moins.




Edit du 29/10 à 12:25
C'est dur, ce post, mais c'est surtout très imagé. Ne vous sentez pas obligés de dire quelque chose, ça va mieux que ça en a l'air.


Je suis juste en pleine période de doutes pro. Ce n'est pas plus grave que ça.