avril 08, 2010

L'amour, c'est comme une cigarette


Ne comptez pas sur moi pour vous dire si Incidences est un bon ou un mauvais Djian (d’autant moins que vous trouverez facilement ce genre de formules aux quatre coins du web).

Mes dernières lectures de lui remontent en effet aux années quatre-vingt-dix et leur qualité littéraire n’est pas le souvenir le plus prégnant qu’il me reste des Zone érogène, Maudit manège et autre Bleu comme l’enfer.

Incidences est donc mon retour à Djian. Après des tentatives avortées avec Vers chez les blancs et Doggy bag, il me semblait qu’il fallait quand même que je refasse un véritable essai. Transformé donc.


Intro : Marc, professeur de fac (il donne des cours d'écriture) sur le retour, qui vit avec sa sœur, et qui a depuis longtemps renoncé à devenir écrivain, enchaîne les liaisons avec ses étudiantes. Sauf qu’un matin, il trouve l’une d’entre elles morte à ses côtés, dans son lit.

De cette situation, Djian déplie un décor dans un style simple mais efficace, qui sert le regard de son personnage, critique, souvent cynique, sur l’époque et notamment sur la littérature contemporaine. Du passé douloureux des frère et sœur, il nous donne des amorces d’informations mais ne fait pas étalage de révélations.
Marc observe ses sentiments et ses sensations l’animer comme hors de son corps, qu’il semble ne réintégrer que pour fumer ou faire l’amour, occasions qui lui rappellent soit son âge soit son enfance. Il s'observe notamment tomber amoureux et ressentir les élans d'un sentiment qu'il connaît mal, et qui, aussi étonnant qu'il soit, ne dure qu'un temps.

Je ne dirais pas que la chute est étonnante, loin de là, le roman est émaillé d’allusions qui m’ont parfois fait souffler, mais par ailleurs, la construction est solide et assez fine. Les allusions sont assez subtiles pour nous laisser imaginer le pire, et j’ai trouvé que la distance du personnage avec le monde réel est excessivement bien rendue. On le suit, étonné de constater qu’il ne se tient pas là où il faut, qu’il n’a pas les réactions attendues et qu’il ne mesure pas les conséquences de ses actes. Il est à côté, constamment, et s’en rend compte -mais pas à quel point- mais avance, dans un mélange de cynisme et de désinvolture spontanés. Djian fait cela très bien, et je crois que c’est ce que j’aime chez cet auteur.

« Il roulait au milieu de la chaussée, mâchoires serrées, à cheval sur la ligne blanche continue qui se tordait sous ses yeux comme un serpent affamé dans la lune rousse. »

Incidences, Philippe Djian, Gallimard, mars 2010.

avril 06, 2010

Lecture du moment

"Je pourrais me tromper, croire que je suis belle comme les femmes belles, comme les femmes regardées, parce qu'on me regarde vraiment beaucoup. Mais moi je sais que ce n'est pas une question de beauté mais d'autre chose, par exemple, oui, d'autre chose, par exemple d'esprit. Ce que je veux paraître, je le parais, belle aussi si c'est ce que l'on veut que je sois, belle, ou jolie, jolie par exemple pour la famille, pour la famille, pas plus, tout ce que l'on veut de moi je peux le devenir. Et le croire. Croire que je suis charmante aussi bien. Dès que je le crois, que cela devienne vrai pour celui qui me voit et qui désire que je sois selon son goût, je le sais aussi. Ainsi, en toute conscience je peux être charmante même si je suis hantée par la mise à mort de mon frère. Pour la mort, une seule complice, ma mère. Je dis le mot charmant comme on le disait autour de moi, autour des enfants."

Marundi de Pâques

Aujourd'hui c'est marundi : un lundi qui commence en hiver et se termine un mardi au printemps avec 7° ce matin, 19° cet après-midi.

Au bureau, derrière mon store noir, le ciel bleu me fait sérieusement de l'oeil, je me prends à rêver à un hamac, un bon bouquin et rien que le soleil et moi.

Combien de temps tiendrais-je à ce rythme-là ?




mars 29, 2010

Some thoughts about changes

Il y a la peur de faire les choses, de ne pas y arriver, et il y a la peur des choses en elles-mêmes, pour ce qu'elles ont de mordant et d'incroyablement angoissant.

Il y a l'envie d'avancer, de me lancer, d'innover, de cogiter, de me retrousser les manches et de faire vrombir les neurones, et il y a l'envie de rester là, et de ne plus penser à rien, de me laisser flotter.

Il y a l'envie de foncer, tracer ma route, braver la pluie le vent et les éléments, de relever le visage et de prendre de plein fouet la réalité du froid de l'eau et les déséquilibres des bourrasques, et l'envie rester au chaud, confortable; sous la couette, enfouie.

Il y a l'enthousiasme de la réussite, du contentement de soi, celui qui donne des ailes et il y a l'engloutissement par le doute.

Il y a le plaisir d'écrire, et de voir apparaître des personnages, un décor, une intrigue, l'empressement de consigner une situation, un rebondissement, et il y a le blocage, la pause, l'engluement des idées et de l'envie.

Il y a une volonté de changement et il y a un goût patenté pour la nostalgie

Mais comme serait-on nostalgique de quelque chose qui ne change pas ?

mars 23, 2010

Des mains soignées, toujours tu arboreras

Témoignage: "Moi, l'hystérique chronique, ai décidé de me vernir les ongles ce jour".


Attention, article à très forte teneur en préoccupations féminines essentielles (PFE)


Depuis deux ans environ, les ongles vernis font leur grand retour.

Quand j'étais petite, ils m'évoquaient immédiatement les griffes vermillon impeccables de notre voisine : impressionnants, très femme-femme... très... Trop, en fait. Carrément flippants. Donc fascinants.

Dans les ongles vernis, il y a les ongles corail des mamies, les ongles blanc irisé ou bleu métal des copines de lycées, très chic !

Et puis il y a les vernis incolores, sages et transparents, qui éclairent l'ongle d'un éclat subtil... Si subtil qu'au bout d'un moment on ne le voit plus. Ce n'est que quand on cesse d'en mettre qu'on voit l'écart entre nos ongles véritables et ce qu'ils sont devenus constamment habillés.

Quant ongles aux couleurs écaillées... Un seul mot pour ces bouts de corne dévastés : rédhibitoire. A la rigueur, je fermerais les yeux sur une jeune fille un peu punk ou destroy, ça peut donner un genre Courtney Love (faut aimer, on est d’accord, et je préfère de très loin Skunk Anansie), mais ce sera tout. À part cette exception, un ongle écaillé entre dans mon top ten des détails criants de la vulgarité.

Non, les ongles vernis, c'est chicissime.

Je les aime plutôt courts, mais ça dépend des mains. Certaines mains aux doigts allongés supportent le mélange couleur+long.

Sur les miens, le court est préférable (non, pour autant, cela ne signifie pas que mes doigts sont des boudins).

Donc ce jour, j'ai décidé, c'est dit, je m'y mets, je vais devenir une vraie femme aux ongles "faits" (i.e. : "une femme accomplie") : j'ai une heure devant moi, rien d'urgent à faire, le calme, si rare, et la lumière du jour, c'est parti.

Je sors l'attirail, je trempouille, je repousse, je polie, je lime, je m'installe, enfin, pour vernir.

Première couche : protection nourrissante, ça roule, du rosé léger qui s'étale super facilement et sèche ultra vite, rien à craindre de ce côté-là.

J'enchaîne, j'ai choisi un rouge nuit, très foncé, un peu le rouge-noir de Chanel, avec un peu moins de noir (et pas du tout de Chanel).

Main gauche, pour m'échauffer, ça se corse, le petit pinceau étale le vernis mes genoux, je dois repasser, mais c'est déjà sec et ça fait des pâtés.

Je respire, je me dis que la deuxième couche rattrapera le coup.

Je souffle, ça pue, je m'intoxique, qu'est-ce que c'est chimique ces trucs, jamais vu ça. J'ai l'impression de tagguer tous les murs de mon appart.

Je passe à la main droite, évidemment, ça n'est pas beaucoup mieux, et paf, je déborde. Classique, ce n'est pas grave, j'ai mes coton-tiges pas loin.

Pas loin, mais pas sous la main, je me fusille le vernis du pouce gauche en ouvrant le tiroir pour les attraper.

Je chope le coton démaquillant au passage, il va falloir tout reprendre sur ce doigt.

Je reprends pendant que la main droite sèche.

Pétard, on m'a refilé du coton de seconde zone, il laisse des peluches sur l'index et le majeur droits qui n'étaient pas secs.

Je m'en fous, je continue, ni vu ni connu.

Ni vu ni connu rien du tout : quand je mets le vernis, les peluches leur font une barbe colorée; j'essaie d'attraper les bouts effilochés couleur rouge nuit, je n'y arrive pas, je peste, j'oublie de respirer, ça me chauffe, mais quelle idée débile !!!

Je dégaine le coton de crotte qui peluche, j'efface rageusement les doigts ratés, ça laisse des peluches sur la 2e couche de la main gauche, je me souviens que je ne suis pas du tout patiente, et constate que j'ai trouvé LE truc à faire pour me foutre vraiment en boule quand je suis zen au départ.

Je sais que ça ne me servira à rien dans la vie, mais le fait de savoir quelque chose de plus sur moi me fait quand même du bien.

Je grignote des bâtons de surimi en finissant la main droite, je suis à la bourre, je n'ai pas eu le temps de déjeuner et je vais devoir aller bosser. Avec des doigts vernis et poilus. Je suis verte.

Mais j'essaie de penser à respirer et de prendre un air dégagé, et me voilà, affamée, échevelée, rouge de colère en mon dedans, mais les ongles presque chouettes en mon dehors.

ça va durer quoi ? Trois jours. Max. Avec une retouche entre temps (et une dispense stricte de vaisselle et récurage en tous genres).

Deux conclusions possibles :

1/ le glamour n'a pas de prix et nous pousse à toutes les extrémités.

2/ la vie des femmes est pavée de détails qui n'ont l'air de rien, mais qui sont de vraies chienneries.



mars 17, 2010

Lecture enfantine... clichesquissime !

Ma fille (7 ans) : "Maman, il faut absolument que tu lises ce livre."
Moi : "Ah bon, il est vraiment bien ?"
Elle : "Oui, tu vois, même si la couverture n'est pas très jolie, il est très bien, il faut absolument que tu le lises !"

Voilà. Me voici rendue à ce moment où ma fille (mon bébé!) me conseille des bouquins...

La couverture en question :




((Tu vas être contente, ma chérie, c'est le premier tome d'une série d'au moins six volumes...))





Edit du lundi 15 mars

J'ai lu, j'ai vu, j'ai su.

Le bouquin est pas si terrible, en dépit des clichés -énhaurmes- et d'une histoire qui ne se termine pas, j'ai un peu eu l'impression de retrouver Lost (réussiront-ils à conclure, un jour ?)

Résumé

Notre jeune héroïne, âgée de dix ans, arrive chez sa tante.
Elle vient de Grenoble et ses parents l'ont lâchement abandonnée pour un déplacement professionnel en Italie. Les fourbes.

Elle se retrouve chez sa tante qui vit à la campagne (Horreur !), dans une maison qui semble avoir été bâtie par Charles Ingalls.

Elle n'a pas de coca -uniquement du jus de pamplemousse-, n'a pas la télé (euh... il faudra que j'en reparle avec ma fille de ça, nous ne l'avons pas non plus...) et, je vous le donne en mille, vit de la réalisation de couvertures en patchwork (gasp).
Lors du premier déjeuner, nous apprendrons même que les gens de la campagne mangent de la salade, eux.
N'en jetez plus.

Heureusement, très vite, la jeune fille découvre un chaton magique troooooop miiiiiignon dans la grange (qui pue, la grange). Ses poils scintillent, il se transforme en lionceau et lui dit qu'il est un prince dont la vie est menacée, d'où le fait qu'il se soit transformé en chat.
Elle gobe tout.

En même temps, le chaton magique la tire de tous les pétrins dans lesquels elle se jette sans réfléchir, fait la vaisselle, range la vaisselle et lave le sol en frottant simplement ses deux pattes l'une contre l'autre. Trop cool.
(Moi, si j'avais un chat magique, je lui demanderais autre chose que de faire la vaisselle, mais les voix de la création et des fantasmes féminins sont impénétrables, semble-t-il).

Très vite encore, elle se fait un copain qui vit avec sa mamie Violette dans une roulotte, et dont le cheval s'appelle... Gadjo.
Qui l'eut cru.
La famille du garçon est menacée par la justice, des faits de braconnage ayant lieu dans le bois juste à côté de la roulotte.
Pas de bol.
Qui a dit cliché ?

Je vous la fait courte, à eux deux les enfants démasquent les vilains braconneurs et le chat magique-prince disparaît pour aller adopter une autre petite fille dans le tome suivant.
La gamine trouve que la campagne finalement, c'est pas pire, d'autant que ses parents sont rentrés plus tôt d'Italie tant elle leur manquait.
Crédible, ça encore.


(C'est énorme, j'ai un peu l'impression de réécrire ma critique de cette été pour le challenge de lecture Harlequin).
Bref, vous l'avez compris, je suis sceptique devant ce genre de bouquin.

En tous cas, la mère Bentley a tout compris, je compte pas moins de 14 volumes des Chatons magiques, mais elle ne s'en tient pas là, puisqu'il existe aussi 4 tomes de "Les chiots magiques".
Un filon donc.

Quant à la donzelle de 7 ans, elle a donc adoré l'histoire. Tout simplement.
Me disant que "ce n'est pas un livre jetable" et que d'ailleurs, elle ne le jetterait jamais.

C'est assez drôle d'ailleurs, parce que moi, j'appelle ça des livres kleenex (mais je me garderais bien de le lui dire avant ses dix-huit ans, elle a le droit d'avoir une enfance heureuse, quand même).

En attendant, je vais glisser "Mathilda" et "Le petit Nicolas" près de son chevet...


mars 15, 2010

Trouver de l'élan, cultiver le regain



Quand les choses bloquent. Quand elles ne sont plus dans nos mains. Quand il faut trouver le courage, la patience, la volonté d'attendre.
Quand le sommeil nous attire, véritable chant des sirènes, avoir le réflexe de s'ébrouer, de respirer profondément et de se relever, pour faire.
Quand on se traîne, le corps lourd, d'un endroit à un autre, reprendre son souffle, accueillir le regain.Quand le ciel ardoise nous dit combien il est vain d'espérer le soleil, quand la pluie incessante nous rappelle que nous ne sommes pas tout puissant, avoir l'idée de se donner à rêver, chercher l'inspiration, vouloir, à nouveau, créer.

L'élan c'est l'enthousiasme. Et si on en voit pas a priori autour de soi, peut-être faut-il alors savoir le débusquer, le guetter... le faire surgir.

Mais créer de l'élan quand on manque d'énergie, d'objectif, de soif... c'est loin d'être évident.
Comment se réactive notre source intérieure ?
Par quel étrange mécanisme se déclenche-t-elle ?
Y a-t-il une méthode, une incantation, des prières pour faire (re)venir l'inspiration ?
Il y a bien des endroits inspirants, des chansons, des dessins, des photos, des livres, de poèmes, l'inspiration est partout.
D'où vient notre hermétisme ?
Pourquoi l'envie s'absente-t-elle parfois ?

Je me sens comme une cloche fêlée, qui sonne terne.
Vivement que je résonne à nouveau !




Cloche peut-être, mais cloche zen ^^


février 17, 2010

La boussole s'affole



Quand on commence à se dire qu'on aimerait bien changer de voie, le flou qui entoure cette possibilité ressemble à un joli brouillard poudré et on se prend un peu pour une petite fée, qui virvolte deci delà en taquinant du bout de la baguette quelques plantes odorantes, histoire de voir si elles aussi font des paillettes scillantes en s'agitant. En résumé, tout ceci fleure bon le fantasme.
Quand on prend conscience qu'il faut que l'on change de voie sous peine, au choix, de devenir folle, aigrie ou neurasthénique, le champs des possibles ressemble plutôt à une jungle sombre et gluante, menaçante, posée sur un grand néant qui flanque le vertige et raisonne des échos du tout et du rien.

Vous vous raccrochez à la première branche qui passe, et paf ! Vous êtes à nouveau embarquée pour des mois, des années, sur une barque qui n'est pas celle que vous auriez choisie si vous aviez pris le temps de vous laisser le choix.En ce moment, je suis à bord du bateau ivre, qui peu à peu prend l'ampleur du Titanic.

Cette fois-ci, c'est décidé, je me laisse le temps de faire des choix, de préparer mes rames, de fourbir mes armes, histoire de ne pas me tromper de barque...
Je n'ai pas d'idée préconçue sur la barque que je recherche, quelques critères tout au plus (genre ne plus partager ma cabine, et naviguer avec de vrais marins...), et puis je prends des cours de navigation, alors ça devrait aider ma boussole à retrouver son Nord.





Where is my north ?


février 02, 2010

La route

Je viens de finir La route, de Cormac McCarthy.

Pourquoi l'ai-je lu ?
Parce qu'il a fait une très forte impression à une amie qui m'est très proche, provoquant une sacrée dose de curiosité en moi.
Parce qu'il décrit un univers apocalyptique de bout en bout, et un père et son fils qui se débattent et progressent vers un sud hypothétique.
Ce n'est pas un résumé très attirant.
J'ai bien aimé. Mais je n'ai pas trouvé pour autant que c'était le livre de l'année, quant au Pultizer...
En même temps, je le trouve intéressant sur plein de points :
Oui, la réflexion sur l'avenir de l'homme, seul et démuni face à sa nature, au milieu d'un monde de cendres et de mort.
Oui, la situation sans explication et sans véritable révélation.
Oui le réalisme avec lequel est offert cette fuite.
Voilà. Je suis assez partagée sur ce bouquin. Mais il vaut le coup.





janvier 15, 2010

blog blues

Il fut un temps où j'écrivais des billets sur les livres que je lisais et que j'appréciais, ou non, c'était selon l'humeur.
Je ne le fais plus parce que je crois que je manque de temps, et parce que d'autres le font bien mieux, bien plus vite et de façon beaucoup plus constructive, construite et argumentée.
Franchement, un billet littéraire par mois, ça rime à quoi ?

Du coup je tâtonne un peu avec l'angle de ce blog.
Mais je m'en fiche, l'important c'est qu'il reste là, une petite fenêtre ouverte sur vos blogs, que je connais pour certains depuis bientôt quatre ans.
Non, pour être tout à fait honnête, je ne m'en fiche pas tant que ça.
J'aimerais avoir un blog plus structuré, alimenté avec sérieux, qui prendrait ses repas, équilibrés, cela va de soi, chaque jour à 19h30, qui serait plus sociable, qui aurait l'esprit d'équipe, participerait aux divers swap et tags qui passent.
Mais je ne vais pas vous faire le coup de la fille qui a un blog mais se plaint de ne pas avoir le temps de le faire vivre à fond.
Je n'ai pas le temps, c'est un fait. Et pas envie de renoncer. Un fait aussi.

L'autre jour j'ai entendu "Un blog, c'est un journal intime". C'est drôle.
C'est même hilarant. De l'intime sur Internet.
Alors non, ce blog n'est pas mon journal intime, et franchement, vous préférez.
Et je me dis que si des gens dont le boulot est de vendre de l'Internet sont capables de dire qu'un blog c'est un journal intime, alors moi je suis diablement libre de mettre à peu près tout ce qui me passe dans la tête sur ce blog.

Des tergiversations pour dire ceci, finalement : depuis quelques mois j'écris un roman.
Je travaille en atelier, avec une dizaine d'autres personnes, pendant lequel nous travaillons chacun sur un projet de roman.
Entre octobre et décembre, on a posé les personnages, le décor, quelques scènes, on s'est baladés. Mais là il faut que je me bouge. Que je remonte mes manches, que je prenne les rênes et que je dégaine la truelle parce que si je ne le fais pas maintenant, ça ne servait à rien de me lancer là-dedans.
Quand je pense que d'autres n'ont même pas besoin de travailler ! Je n'arrête pas d'en croiser en ce moment. Des gens qui ont le temps...

Tout ça pour dire, finalement, que je vais peut-être moins écrire ici, ce qui laisse imaginer que vous allez m'oublier. Et ça me fiche un peu le cafard. C'est idiot.
Allez, je vais essayer de ne pas complètement me laisser prendre dans le ciment et de revenir ici de temps en temps.
Et de passer vous visiter, aussi.
Évidemment.

janvier 11, 2010

šťastný nový rok !*


Avant de clore finalement le chapitre 2009, voici quelques clichés de notre dernier voyage de l'année, à Prague, histoire de partager un peu le dépaysement.
Il manquera les odeurs de vin chaud, le bruit des pas sur les pavés, la langue, incompréhensible même au bout d'une semaine, shame on me, le tchèque n'est pas pour moi (je sais dire merci, mais tout juste)...
Un joli voyage, parfait pour passer en beauté de 2009 à 2010.










*Vous avez deviné...

janvier 06, 2010

Le calme parfait d'une mer d'aurore


A un moment, l'année passée, j'étais là. C'était beau, on était bien.
La mer immense, l'aurore, sacrées promesses.
Les bilans me laissent parfois mitigée; pas celui de l'année passée.
Elle fut belle, aimante, et rigolote.
On a voyagé, on s'est aimés, wow...
Une seule envie : continuer.




Je salue Erzébeth, qui a eu cette idée fameuse de proposer les anti-voeux. La meilleure idée de 2010*.

*Même si cette phrase vous semble grotesque pour le moment, vous verrez dans quelques mois, elle aura vieilli, elle aura pris en saveurs et en tanin, elle sera à point.

janvier 04, 2010

Tous mes (bons) voeux !

Quel drôle de début d'année...
C'est comme si les quelques courants d'air de l'année dernière avaient pris en amplitude et en force pendant ces derniers mois pour donner une vague énorme.
Un grondement terrible, que l'on sent avant de l'entendre, et que l'on subit avant même de le voir vraiment.
Un genre de tsunami.

Un tsunami quand on apprend qu'une charrette va avoir lieu dans une boîte de 25 personnes. Comme ça. Entre un "Bonne année" et un "allez, ne vous faites pas mal à la tête, tout va bien se (...)". Il n'a pas terminé. Il aurait pu, au point où il en était rendu : annoncer à ses salariés qu'ils vont être licenciés, sans qu'ils sachent quand ni comment, entre des voeux et l'annonce d'un chiffre d'affaires malgré tout pas si mauvais.

Un tsunami de lumière, quand on a décidé de voir les choses avec des yeux propres et neufs, de s'armer de courage, et de décider, quoiqu'il advienne, que ce sera positif, qu'on en sortira grandi, que ce ne sera pas la fin pour rien. Juste pour être bien.


Allez, je vous souhaite avant tout d'envisager cette nouvelle année et chacun des jours qui la composent comme autant de promesses de nouveauté, de surprises, de joies et de petits et grands bonheurs.

décembre 24, 2009

Une blanche neige à redécouvrir

Hier je suis allée voir le ballet de Preljocaj à Chaillot.

C'était magnifique. La chorégraphie, les costumes (Mister Gaultier), la mise en scène, mon dieu ! Cela faisait une éternité que je n'avais pas assisté à un ballet, et quel retour, vraiment. je vous le conseille, même si les places semblent difficiles à obtenir.
Je crois qu'à part un ou deux passages un peu longs au début, j'ai tout adoré. L'ouverture en forme de coup de poing m'a laissée ko, la marâtre en maîtresse dominatrice était sublime, les nains, plutôt des mineurs que des nains à la Walt Disney et leur chorégraphie verticale, les duo boulversants entre blanche neige et la reine, celui avec le prince, non vraiment, c'était sublime.

.

Attention en revanche, les enfants ne sont pas les destinataires, certains passages étant vraiment difficiles et très bien rendus...

Voici une belle manière d'entrer en période de fêtes. Je vous souhaite de très beaux moments et je vous dis en 2010.
Vous pouvez en découvrir un extrait ici:








Je vous souhaite de très très belles fêtes !


Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Musique : Gustav Mahler
Musique additionnelle : 79 D
Costumes : Jean Paul Gaultier
Décors : Thierry Leproust
Lumières : Patrick Riou assisté de Cécile Giovansili et Sébastien Dué
Assistant, adjoint à la direction artistique : Youri Van den Bosch
Assistante répétitrice : Claudia De Smet
Choréologue : Dany Lévêque
Conseiller acrobaties verticales : Alexandre del Perugia
Spectacle créé en résidence au Grand Théatre de Provence (Aix-en-Provence)
Coproduction Biennale de la danse de Lyon / Conseil Général du Rhône, Théâtre National de Chaillot, Grand Théâtre de Provence, Staatsballet Berlin (Allemagne)
Chorégraphie primée aux Globes de Cristal 2009.

décembre 21, 2009

"C'est une jungle, nous sommes pris dans une jungle"



Il faut quand même que je vous parle de Suite française, que je viens de finir, et qui m'a semblé tout à fait intéressant, agréable et sympathique.
Je découvre avec lui cette femme romancière, Irène Némirovsky, originaire d'Ukraine mais de langue française, dont le talent pour raconter les gens, petits et grands m'a souvent agréablement surprise.

Le roman n'est pas achevé, mais qu'à cela ne tienne, il représente en réalité la réunion des deux premiers tomes prévus pour être initialement les deux premiers tomes d'une série de cinq. L'auteur nous installe suffisamment bien dans l'époque, et peint des personnages aux mille détails parlants, de sorte que chacune des deux parties s'ouvre sur une suivante, mais qu'elles sont parfaitement équilibrée et achevées en elles-mêmes. Le témoignage est écrit sur le vif, Irène Némirovsky ayant assisté à cet exode, même si elle-même n'a pas quitté la région parisienne. Le tableau de l'époque et les figures décrites sont excessivement justes, et les portraits sont amusants autant qu'acerbes. L'ensemble forme une fresque de belle ampleur, qui ne s'essouffle pas et compte un certain nombre d'extraits aussi riches que parlants. Quant aux métaphores, elles sont à la fois poétiques et très expressives.

La première partie, Tempête en juin, décrit l'exode de juin 1940, où les Français fuient les allemands arrivés dans le Nord de la France et entrés dans Paris le 14 juin.
Chaque chapitre donne lieu à la présentation d'un ou de plusieurs personnages, chacun très finement dépeint grâce à l'art du détail et le sens critique de l'auteur. On sent un certain cynisme en même temps que de l'attachement pour certain (peu) d'entre eux. La critique de la société est féroce : en prenant chaque personnage dans son milieu et en le jetant sur les routes en temps de guerre, Irène Némirovsky a là matière à mettre en exergue chaque défaut, chaque
caractéristiques d'une classe sociale, d'une typologie de personnages : des grands bourgeois à l'auteur égoïste, des gens modestes au collectionneur de faïences, elle nous offre un regard perçant et sans complaisance sur les hommes. Par exemple, sur le bord de la route, la mère de famille bourgeoise partagera généreusement les vivres emportés avec les enfants d'une famille dans un café, accomplissant par là même ses bonnes oeuvres, mais elle leur retirera le pain de la bouche sitôt qu'elle aura pris la mesure du dénuement dans lequel l'exode place chacun.

La seconde partie, Dolce, s'arrête dans un petit village, Bussy, et décrit quelques mois de la vie quotidienne des villageois qui ont accueilli les Allemands dans leurs murs. Une relation se tisse plus particulièrement entre une jeune femme et un officier allemand.

Les dernières parties auraient pu/dû s'appeler 3) Captivité ; 4) Batailles 5) La paix, mais les titres n'étaient pas fixés, pas plus que le titre de l'ensemble, pour lequel elle avait envisagé Tempête ou Tempêtes. Le titre de Suite française étant donné finalement en référence à la musique, dont elle se sentait proche, la suite musicale étant un ensemble d'airs musicaux de même tonalité mais aux rythmes différents.

L'auteur ne terminera pas sa fresque, arrêtée le 13 juillet 42, elle est déportée à Auschwitz où elle meurt du typhus le 19 août.

Ce roman posthume a également une histoire. Légué à ses deux filles, le manuscrit est demeuré enfermé de longues années après la disparition de son auteur. Une de ses deux filles le lira finalement en 1998, et il sera publié en 2004 par les éditions Denoël. Il recevra le prix Renaudot la même année.

Suite française, Irène Némirovsky, éditions Denoël, 09/2004. Existe également en version Poche chez Folio.

décembre 18, 2009

Hier encore

Hier j'ai présenté le synopsis de mon roman.
On m'a posé plein de questions.
Des auxquelles je savais répondre, des auxquelles je ne m'attendais pas, des qui m'ont interpelées, et des qui m'entraînaient sur un chemin que je refusais de suivre.
Hier j'ai présenté un plan, mes idées, mes projets.

C'est encore assez lâche, c'est encore un peu flou, mais en plissant bien les yeux je vois la silhouette de mon roman se dessiner au loin.
C'est amusant et un peu émouvant.
Certains personnages se laissent capturer sans rechigner, d'autres jouent à cache-cache avec moi, mais ils ne gagneront pas la partie, foi de moi.

Avant-hier, j'avais des doutes.
Hier j'ai confié le résultat de mon travail.
Aujourd'hui j'ai envie d'avancer encore plus vite, encore mieux.
Et Demain ?

décembre 17, 2009

Petit bilan pré-fêtes de fin d'année

Bien.
Nous sommes donc le 17 décembre.
Attendu que j'ai un travail et un patron pointilleux sur les horaires ;
Attendu que les RTT n'existe pas dans son monde ;
Attendu que je ne vais pas poser de congés sans solde pour aller faire mes cadeaux de Noël ;
Attendu que je n'ai plus de temps libre pendant le we puisque j'ai des rendez-vous familiaux incontournables ;
Attendu que même les histoires de calendrier de l'Avent du soir ont sauté tant on manque de temps le soir...

J'en conclue que je vais devoir aller faire mes achats la nuit.
Ou au petit matin.
En même temps, je devrais être dispensée de la foule.
ça tombe bien, je ne suis pas fatiguée.


Et vous ? C'est fait ? C'est quoi votre meilleure idée de cadeau ?

décembre 11, 2009

La femme à gouaille


Cette femme-là est une femme qui a souffert et souffre encore. Derrière son armure en acier trempé de larmes peut-être, c'est une femme rompue qui se cache en se dévoilant comme personne.

Forte en gueule, elle a toujours un bon mot, une plaisanterie, une remarque à faire. Si elle prend la parole avec aisance, elle la coupe plus souvent qu'à son tour et laisse quelquefois entendre, dans les discours délicats, une faiblesse d'élocution que l'on soupçonne être le vestige d'une dyslexie juvénile.


On l'entend venir de loin, si ce n'est par la force de voix ou de son rire qu'elle a gras et puissant, c'est par le bruit de ses talons, tantôt aiguilles tantôt massifs selon le style choisi pour sa tenue, selon son combat du jour.

Elle grossit et maigrit par période, soumise à de violents caprices hormonaux. Des variations qui ne s'appliquent pas qu'à sa corpulence mais aussi à son humeur. Cassante elle devient méchante, aimante elle devient collante, gluante pour ceux qu'elle chérit.

C'est une femme compréhensive, qui vous entend sans montrer une seconde qu'elle vous écoute, vous comprend alors que vous n'avez pas fini votre phrase. Mais elle entend vraiment, et sa compréhension peut même dépasser vos espérances...

Non dénuée d'intelligence et répète souvent qu'à l'âge qu'elle a, elle se connaît. Mais accepterait-elle ses fêlures que, loin de la fragiliser, cela lui donnerait la capacité de les combler et de les dépasser. Ce sont des gouffres.

La femme à gouaille à un caractère bulldozer. Elle sait ce qu'elle veut, et elle sait l'imposer.
Travailler avec elle n'est pas une sinécure, même si c'est un bon apprentissage : il faut la suivre, elle se comprend.

La femme à gouaille n'est pas méchante, elle est simplement ambitieuse et amoureuse.
Au point d'en être aveugle, obnubilée et obsédée. Et dans le boulot ce n'est pas souhaitable, pour personne. Mais de nous tous, c'est certainement elle qui en souffre le plus.

décembre 09, 2009

Les signes existent (encore faut-il les voir... et y croire!)

Cette semaine, je traînais mon découragement, ma fatigue et mes questions existentielles du we au sujet de mon roman quand j'ai reçu quelques signes des plus encourageants.
Des signes clairs, nets et précis, qui auraient difficilement pu être plus explicites.

Ainsi, alors même que lundi matin je ne voyais pas bien comment j'aurais pu écrire sur l'enfance d'une enfant pendant la seconde guerre (qui ne soit pas Anne Frank), je suis littéralement tombée sur un bouquin intitulé "Journal d'un enfant pendant la guerre".
ça sèche non ?

Et mardi, alors que je me demandais encore comment rendre compte fidèlement du Paris des années 50, un mail est directement arrivé dans ma boîte, me proposant de consulter le fonds de Roger Violet... Une tonne et demi de photos, dont trois quintaux du Paris des années 50.
Autant dire une manne.

Alors bien sûr, ce sont des coïncidences, et bien sûr, je suis à l'affût de tout ce qui pourrait me servir à écrire ce livre mais quand même, bande de septiques, avouez que ce sont de sacrés signes, non ?

Et vous, les signes ? Vous en voyez ? Vous y croyez ? Et qu'en faites-vous ?

décembre 04, 2009

la vie est parfois lisse, hélas


Il y a des périodes où vous êtes fatigué. Vous sentez que vous n'en pouvez plus, vous tirez sur la corde, mais vous ne voulez surtout pas vous arrêter : vous avez trop envie, trop d'appétit, et aucun désir pour le repos : vous êtes harassés par l'envie de vivre, d'apprendre et de découvrir.
Fatigués physiquement, la tête vide, mais les jambes qui galopent, vous reprenez de temps en temps votre souffle, juste histoire de tenter dans un vain effort, de décrisper les muscles de votre dos, qui se nouent et tirent sans relâche.

Et puis il y a ces périodes où vous ne vous sentez ni particulièrement fatigué ou reposé, ni particulièrement émotif ou heureux, mais pas malheureux.
Le ciel est gris, bleu ou noir selon qu'il fait gris, beau ou nuit.
Les choses désagréables n'ont pas prise sur vous. Les choses agréables non plus.
Tout glisse, tout est lisse. Le monde est étrangement calme.

Je me sens dans cet état de passivité en ce moment. Des chose
s qui m'agacent terriblement d'habitude ne me font plus rien. Cela ne signifie pas que je sois complètement passive, mais j'ai une forme de détachement un peu désagréable parfois (j'aimerais vibrer un peu plus), franchement appréciable d'autres fois.

Je n'ai pas d'envies particulières, ni d'idées à revendre, l'écriture ne coule pas, elle rame, mon crayon de bois est sec, la mine rugueuse accroche le papier, consentant à laisser une trace sèche et peu généreuse tel un escargot à sec.
Ma tête résonne des quelques idées que j'ai eu jusqu'à présent pour mon projet de bouquin, mais, chaque fois, chaque jour, j'ai peur de m'y remettre et de me trouver confrontée au silence et à l'horizon vide de mon synopsis.
J'ai peur, je n'ai jamais eu si peur de ne pas aller au bout, de ne pas réussir à avancer, de ne pas mener à bien ce projet. Je me mets la pression, je place la barre trop haut, je ne me facilite pas la tâche.
Mais quel bonheur, tout de même, de croiser une photo d'époque, d'imaginer une réaction, de trouver une formule.
Alors je sais que tout inspiration ne m'a pas totalement dé
serté. Qu'il me faut débusquer ces quelques sursauts. Dans la collection de dunes lisses que j'ai dans le crâne en ce moment, trouverai-je bientôt ce monde que j'imagine ? Vais-je parvenir à croiser mes personnages, et à saisir l'essence qui les anime, le bois dont ils sont faits ?