octobre 14, 2010

SOS patte en vrac


Vous voici coincé avec la jambe dans le plâtre, vous êtes désespéré, vous ne savez pas quoi faire de vos dix doigts réduits au statut de simples crochets à béquilles. Voici, en quelques lignes de quoi voir le plâtre en rose.


. Le plâtre vous empêcher d'aller travailler.
Réjouissez-vous ! Au lieu de sortir jouer des coudes dans les transports puis au bureau, vous pourrez librement passer des heures à tchater sur des forums sur des sujets aussi intéressants que "Mon vieux chat n'arrête pas de vomir".


. Le plâtre a un bon potentiel sympathie.
A l'égal des bébés ou des chiots, le plâtre vous attirera des regards souriants, et vous permettra d'engager la conversation avec toutes les vieilles dames que vous croiserez dans la rue en pleine journée quand vous irez chercher votre journal. Vous ne verrez plus votre quartier comme avant.


. Le plâtre vous dispense de certaines corvées.
Comment pourriez-vous cuisiner, ou encore passer l'aspirateur ? Je vous le demande. (Demande rhétorique, s'il en est.)


. Le plâtre peut vous faire passer pour un aventurier.
On vous croyait plan plan, vous voici devenu aventurier : ah bon, tu ne savais pas ? Ben si, je fais du close combat tous les vendredis soir...
Qui a besoin de savoir que vous vous êtes pété la cheville en ratant la marche de l'escalator chez Carrefour ?


. Le plâtre vous permet de vous faire plaindre.
Et qui, à notre époque, n'a pas besoin de se faire un maximum dorloter ?

la citation du jeudi : retour aux fondamentaux



IF.....



IF you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream - and not make dreams your master;

If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings

And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;

If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'

If you can talk with crowds and keep your virtue,
' Or walk with Kings - nor lose the common touch,
if neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,

And - which is more - you'll be a Man, my son!




Joseph Rudyard Kipling (Bombay, Inde britannique, le 30 décembre 1865 - Londres, le 18 janvier 1936) pour "La citation du jeudi", imaginé par Chiffonnette.



octobre 12, 2010

Tout ça et bien plus encore

La blogosphère, c'est un peu comme Disneyland (si on avait 5 ans) : on court dans tous les sens, avides de découvrir les nouveaux venus, les anciens à côté desquels on est passé jusqu'à présent, les talentueux qui ne restent pas planqués longtemps, les touristes du blog (ouais, moi aussi j'ai connu ça), les têtes connues qu'on retrouve avec plaisir, les frères et soeurs de blog, qui ont ouvert la boutique en même temps que nous, ceux avec lesquels on a sympathisé au-delà des commentaires, ceux qui ont fermé mais restent ouverts et ceux qu'on ne reviendra pas voir parce que bon, pas que ça à faire, quand même et ceux auxquels on adhère sans réserve.

La blogosphère c'est comme un labyrinthe dans lequel on se perd, on se balade, on revient en arrière, on explore un peu plus loin. Y' ales modeuses, les pipelettes, les rigolotes (parfois les trois sont réunies, c'est chouette), les lecteurs, les illustrateurs, les politiques les philosophes, les photographes, les cuisinières (certains masculins-féminins sont des partis pris parfaitement subjectifs, j'assume).

La blogosphère a ses festivals, ses manifestations, ses stars.
Ses communautés, ses fans, ses détracteurs.

Autour de vous, il y a ceux qui en sont, et les autres. C'est bien comme ça.

On y passe un temps fou ou trois minutes selon les périodes, la vie reprend parfois ses droits.

Quand on voit l'ampleur de la blogsphère, c'est à se demander ce que l'on faisait avant.


octobre 07, 2010

Dans ta face, Justin Bieber...


Justin Bieber, tout le monde ne parle que de lui. Mue par la curiosité et l'impression d'avoir raté le train de l'été, je vais sur Internet, où j'apprends, dans les premières lignes de Wikipédia, que Justin est né en... 1994 !


Jusqu'à présent, quand je découvrais que des acteurs ou des chanteurs étaient plus jeunes que moi, ils étaient généralement nés en 198...


ça fait mal. Dans ta face de vieille, le Justin.


Je vais voir quelques clips, et oh ! C'est un baby Justin !


Bref, le Justin Bieber est un enfant à la voix un brin nasillarde (l'article de Wikipédia précise qu'il vient de finir de muer, j'ai des doutes, et qu'il ne peut donc plus atteindre certaines notes de son single "Baby", gosh!).


MAIS, et c'est là qu'on touche au sommet de ce post hautement culturel, je lis également qu'il est en passe d'atteindre le milliard de vidéos vues sur Youtube, en compétition avec Lady Gaga-Didi-dododo-dadada...


Saint Michael, que faites-vous donc là-haut !!!! (Si tu me lis, Michael, always in my heart)


Finalement, je préfère avoir l'âge que j'ai et retourner à mes Georges et autres charmes matures et non moins virils.


Je suis bien soulagée.



Alors ? ça avance ?

- Tu bosses là ?
- Nan
- Pourquoi tu bosses pas ?
- J'y arrive pas
- T'y arrives pas... T'as essayé au moins ?
- Ouais
- bon, t'as pas essayé quoi.
- Nan, pas vraiment...
- T'as essayé quoi ? Cinq minutes ?
- Ouais... Presque... Mais c'pas ma faute, on m'a téléphoné.
- Et alors, ça ne t'empêche pas de t'y remettre après.
- Nan mais après on ma re-téléphoné, il fallu que je me lève. Et puis j'avais envie de faire pipi, et puis j'avais soif et après j'avais envie de faire plein de choses, c'est vrai, un nouveau jour commence, j'avais plein de curiosité de la nuit à aller dilapider partout sur Internet, moi !
- Mais bon sang, tu sais comment ça se passe ! Tu te balades sur Internet et quand tu relèves le nez, il est midi passé ! T'es pas lavée, t'as rien fait, t'es assommée par la lumière de l'écran et soûlée de tout ce que tu as vu !!! Tu le sais ça, oui ou non ??!!!
- Oui... je le sais.
- Alors qu'est-ce que tu attends pour t'y mettre ?! T'y mettre vraiment je veux dire !
- C'est que... A chaque fois il faut que je ramasse mon courage éparpillé partout en moi, et puis dès que je suis dérangée, il se vaporise dans l'air "pouf !" et il faut que je le rassemble à nouveau, et puis... c'est duuuuurrr
- Ouais ouais, "c'est duuuuurrrr" ben tu viendras pas te plaindre de n'avoir jamais réalisé ton rêve, hein, tu sauras à qui t'en prendre !
- Vii... je sais, tu es la voix de la raison, et moi je suis faible et volage. C'est mal.
- C'est pas ça, tu sais bien, et puis j'en ai marre de te reprendre constamment. Prends-toi en main. Et si tu dis "c'est ton destin !", c'est celui qui dit qu'y est ! Allez... écris !


octobre 06, 2010

Tôt

il est très tôt

il n’est pas encore bien réveillé, le monde non plus, qui ne fait pas de bruit

il sort sentir sa respiration nocturne, la rosée, la fraîcheur de la nuit qui s’enfuit sous les premières lueurs du jour

le monde crépite autour de lui

dans sa tête, ça crépite aussi un peu, il n’est pas habitué à se lever si tôt

il avance sur les pierres de la terrasse qui lui réveillent les pieds et marche jusqu’à l’herbe, froisse quelques brins encore mouillés, fouler le jardin, être le premier à marcher sur le gazon pour aujourd’hui, être le premier à voir le monde ce matin

il est seul, unique, et malgré l’engourdissement matinal, il se sent plus vivant que jamais

il hésite un instant à rentrer prendre ses chaussures, mais finalement avance, nu pieds, jusqu’au fond du jardin. Il escalade la petite barrière de bois, arrive dans le chemin de terre, essaie d’éviter les gros cailloux censés tenir la terre et les petits graviers qui s’impriment dans sa peau

Il a un peu mal aux pieds mais il s’en fout, il respire à fond l’odeur de mûres, de sous-bois et de terre et avance. Tout est encore humide, la nature craque, comme lui


Sur la plage aussi, le sable est lourd, trempé, vierge.

Il a mis les mains dans les poches de son pantalon, il commence à avoir froid.

la mer redescend gentiment après avoir pris entièrement possession de la plage, déposé quelques algues et déchets de bois, de plastique

Il ôte son tee-shirt en marchant et frissonne un peu

Rapidement il jette du bout du pied son pantalon sur le sable humide et avance vers elle

Sans ralentir, il entre, il a froid, mais n’hésite pas et se laisse glisser dans l’eau jusqu’aux épaules.

La mer le caresse doucement, le berce et l’accueille

il nage un peu, plonge dans son silence, ses bruits énigmatiques

ressort, la tête pressée par le froid

et recommence

il nage à grandes brasses sous l’eau et se replie sur lui-même, expire l’air à grosses bulles bruyantes

fait quelques roulades sur lui-même, sort la tête, reprend de l’air à fond et redescend

il a mal aux muscles à cause du froid et sa poitrine le brûle, à cause de l’air

quand il sort, il se sent vide et plein, réchauffé et glacé

il sait qui il est et ce qu’il fait là

il vit


octobre 05, 2010

Voyage autour de mon plâtre


Saviez-vous que la plupart des neurones, pour ne pas dire la quasi-totalité, se trouve dans le pied ?
Gauche, plus précisément.

C'est une des constatations que j'ai eu le loisir de faire au cours de la semaine passée.

Il faut savoir que les neurones les plus actifs sont les premiers à vous lâcher en cas d'arrêt machine brutal.
Personnellement, j'ai immédiatement cessé de penser.

D'ailleurs je suis incapable de vous dire ce que j'ai fait de la semaine passée.

Ai-je regardé la première saison de Dollhouse ?
Ai-je ouvert un livre, une fois ?
Ai-je fais des siestes tout les après-midi ?
Ai-je envoyé un record de mails, donné des nouvelles de mon plâtre sur Facebook et trouvé le moyen de ne pas écrire une ligne ?

Je ne sais pas. Peut-être.

Une semaine plus tard il me semble revenir lentement à la conscience. J'ai donc expérimenté l'absence de soi au monde, et parfois à soi-même, j'ai nommé : la déconnexion.

En phase de déconnexion, vous ne voyez pas passer les heures. Vous n'avez pas d'échéance, le monde tourne parfaitement bien sans vous. Ne serait-ce les enfants qui rentrent de l'école, vous pourriez enchaîner les jours et les nuits sans mollir. Attention, danger, la fonte du cerveau guette.
Hé oui : je suis incapable de rester à côté de mon ordinateur sans l'allumer et passer mon temps à surfer et à envoyer des mails.
Une chance pour moi, à force de ne rien faire, je n'ai plus grand chose à raconter, donc mes mails sont plus concis. Mes amis cessent peu à peu de m'écrire, et tout revient dans l'ordre, je peux recommencer à lire des pages imprimées.
Quant à Internet, la quantité de sites est infinie, ma patience et ma curiosité moins. Et puis reconnaissons-le, les blogs ne sont pas tous enrichissants, et encore moins originaux.

Donc il m'aura fallu une semaine pour fondre de la caboche et revenir au monde.
Une semaine pour finir par m'ennuyer et avoir envie de faire vraiment quelque chose.

Peut-être avais-je besoin de ça ?





septembre 30, 2010

Le câlin à bottes rouges

elle était pleine de cris, de non et de fatigue, cette colère

elle envahissait l’espace, se cognait aux murs, au sol et au plafond

elle se démenait, furieuse

et sa fureur la rendait encore plus rougeoyante, sifflante, écumante

elle a mis du temps à se dissiper

elle était trop lourde

il y avait de la nuit mal dormie dedans

et du refus du jour

finalement elle a disparue

et a laissé à sa place un gros câlin

à bottes rouges

Le jeudi c'est citation !


C'est à l'initiative de Chiffonnette, ça faisait un moment que je voulais participer, et puis ce matin, j'ai ouvert Gros-Câlin, de Romain Gary et j'ai lu ceci :

"On ne sait pas assez que la faiblesse est une force extraordinaire et qu'il est très difficile de lui résister."


Romain Gary qui ne figure pas dans le Robert des grands écrivains de langue française. Je me demande bien pourquoi.



septembre 29, 2010

Et puis tout s'arrête (ou presque)



Ce n'est pas la première fois que je suis alitée. Je me suis déjà fait mal au pied (mais l'autre), et mes deux grossesses ont été l'occasion de rester des mois sur mon canapé.

Quand on court tout le temps, on cultive ce fantasme de rester sous la couette, au chaud, de pouvoir ne rien faire, de prendre sa douche mais que si on a envie, de manger mais juste si on a le temps.

Un fantasme qui a la peau dure tant il est vrai qu'une bonne journée au lit n'a pas son pareil pour nous requinquer.
Un fantasme qui comme toute chose en ce monde, a ses limites. Il faudrait pouvoir bouger, il faudrait pouvoir décider du moment.

En l'occurrence, je n'aurais pas choisi maintenant, alors que je commence à peine à reprendre un vrai rythme au boulot et que je n'ai que deux cours d'aïkido à mon actif.
Mais comme c'est un accident, on ne choisi pas, par définition.
Alors me voilà, scotchée dans mon lit, la jambe dans le plâtre. Et plein de temps devant moi, mais des capacités limitées.
Et le retour de cette anxiété (je ne peux décemment pas parler d'angoisse, à part ça tout va bien) : "vais-je réussir à en profiter ?"

En profiter c'est quoi ?
En profiter c'est mettre à profit : lire beaucoup, écrire beaucoup, me cultiver, apprendre une langue, ou pourquoi pas, le violoncelle (oui, je suis comme ça, j'ai des aspirations tout à fait réalistes).

Car quoi ? Pour le moment je suis arrêtée dix jours. Mais ne rêvons pas, si la fracture est confirmée, je ne serai pas déplâtrée si vite.
Et finalement, si j'arrive à me reposer, c'est déjà bien non ?
D'où vient cette nécessité pressante, cette exigence impérieuse de rentabiliser son temps ?

Et cette culpabilité vague qui nous envahis le soir, quand on se rend compte qu'on a guère fait autre chose de la journée que regarder des séries. Même pas lire. Même pas ça.

Et puis le boulot qui appelle. Qui aimerait vous faire travailler à distance, finalement, vous n'avez que ça à faire. Mais qui laisse la Sécu vous payer.

Naît un autre fantasme : celui de ne pas avoir besoin de se défendre.

Passer la journée au lit, ça permet de rêver un max.







septembre 27, 2010

Des boules et des bulbes


Le petit ce matin, voulait planter des bulbes de sapins de Noël.

"On le mettra là, le sapin de Noël !"

En fait ce sont des bulbes de tulipes que nous avons à planter.

Mais à mon avis, il n'est pas encore trop tard pour mettre en terre nos pignons, le temps que les guirlandes mûrissent et que les boules sortent, nous serons à Noël, non ?




septembre 24, 2010

ciel d'automne

le ciel est lourd, tendu, c'est presque la nuit. Le petit l'a bien remarqué ce matin "c'est la nuit, on peut dormir encore ?". Éclat dans le regard, pointe de la langue entre les quenottes, grand sourire.

Le ciel ardoise descend chaque jour un peu plus et les températures s'écrasent sous le poids. L'air est humide, dans la rue une effluve, le trottoir disparaît, je suis sur le chemin des douaniers, la mer en bas, le sel dans l'air...
La pluie ici, la pluie là-bas. Chaussée humide ici, sable odorant là bas.

Le ciel est souris, la pluie a fini, les nuages stagnent, traînent encore un peu, jouent les durs. Annoncent la couleur des ciels d'automne.



septembre 19, 2010

Le dessin semblait repousser les bords de la feuille et s'épancher dans l'air trouble de la pièce



Ethan Muller, 32 ans, tient une galerie d’art à New York.
Il tombe un jour sur une quantité astronomique de dessins abandonnés dans un appartements.
Le sens de ces dessins, leur ordonnancement et leur auteur, un certain Victor Cracke dont personne ne sait grand chose, ne tardent pas à devenir pour lui une obsession. En cherchant à le retrouver et à donner un sens à cette fresque gigantesque, il perd de vue ce qui constituait l’essentiel de sa vie… pour mieux se trouver lui-même, comme on dit dans ce genre de circonstances.

Plusieurs choses sur ce livre :

Tout d’abord, contrairement à ce qu’on lit partout, ce n’est pas son premier roman, mais le premier de ses romans traduit et publié en France sur les six ouvrages à son actif.
Du coup le concept « superbe maîtrise pour un premier essai » perd un peu de son poids.

Cependant, les personnages, l’écriture et les dialogues sonnent justes, la construction est élaborée et sans accrocs, la maîtrise est remarquable.
La description du milieu de l’art est intéressante, le ton du protagoniste qui prend ses lecteurs à partie sans trop en faire est original, les incises sont étonnantes et intrigantes, et l’ensemble fonctionne bien.

En revanche, certains passages manquent de rythme, on se sent parfois dériver lentement, et même si ce n’est pas désagréable, ce n’est généralement pas ce que l’on attend d’un livre à suspens. Quant au dénouement, pas de surprise véritable ni de révélation, vous êtes prévenus. Bon, peut-être un rebondissement dans le deuxième tiers du livre, mais pas plus.

A lire pour sa construction et le milieu dans lequel il se déroule, mais n’en attendez pas de sueurs froides, ni de suspens.

Ce livre a été élu « meilleur thriller de l’année » par le New York Times, et a reçu le grand prix des lectrices de ELLE catégorie Policier (certaines mauvaises langues diraient même qu’on ne peut vraiment pas se fier aux lectrices de ELLE ;o)

Les visages, Jesse Kellerman, éditions Sonatine, 2009.

septembre 16, 2010

septembre 14, 2010

Une rentrée, 700 sorties

La rentrée littéraire devrait être livrée avec un mode d’emploi.


Sérieusement. Plus de 700 bouquins. Ce qui nous donne : 2010 + une rentrée = 701 bouquins.


(Et c'est la crise - du livre - certains ne doivent pas être au courant, ils ont publié, tiré jusqu'à 50 000 exemplaires, les inconscients !)


Autant vous dire que quand on est « apprenti écrivant », C'est impressionnant de voir que tant de gens parviennent à écrire jusqu’au bout et à faire publier leurs livres.


700 nouveaux livres. ça fait limite un peu peur. Et à quoi ça sert de déverser comme ça un tsunami de pages sur le marché ?


(Cela dit, si je devais un jour être publiée, j’aimerais autant que mon bouquin ne sorte pas en pleine rentrée littéraire).


Ne sachant jamais par quel bout la prendre, cette rentrée littéraire, j’ai opté cette année pour le petit bout de la lorgnette et pour changer un peu, à savoir les titres.


Un titre, on sait tous que ça peut survendre un livre, ou le casser complètement.


D’ailleurs, si j’étais journaliste littéraire (beaucoup de si dans ce billet !), je me lancerais dans une grande enquête « Comment les auteurs choisissent-ils leurs titres ? »


Les auteurs choisissent-ils vraiment leurs titres ou sont-ils soumis aux contraintes de leurs éditeurs ?

J’imagine que ça dépend des auteurs et des éditeurs.


Pour moi un titre est une illumination. Quand on écrit, à un moment ou un autre, il nous tombe dessus. Et c'est parfois très inconfortable car ce damné titre peut se pointer en dernière extrémité. En tous cas, il me semble qu'on ne choisit par un titre par dépit, il doit s'imposer par son évidence.


Voici donc une petite sélection des titres qui m’ont étonnée ou amusée et de ceux qui me font rêver.

Le titre clin d'œil : Le joli mois de mai d’Émilie de Turckheim, aux éditions Héloise d’Ormesson

Le titre qui sonne déjà lu : Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir, aux éditions Zulma

Le titre chantant : Pourvu qu'elle soit rousse, Stéphane Rose, aux éditions Archipel

Le titre préventif (et certainement le plus long) (et qu'on ne peut pas lire d'une seule traite du premier coup, vous allez voir) : On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux, Bobert Robert, POL (c'est un pseudo vous croyez, Robert Bobert ?)

Le titre prédicateur : En attendant la montée des eaux, Maryse Condé, aux éditions JC Lattes mais aussi Catherine, Nostradamus et le triangle noir, Claude Mosse, aux éditions Alphée

Le titre qui tourne : Des gifles au vinaigre, Cartano Tony, aux éditions Albin Michel

Le titre informatif : Les aigles puent, Luzz Bassmann, aux éditions verdier


Et puis on y parle beaucoup nuit, de rêves et d'étoiles, dans cette rentrée :


En règle avec la nuit
, Justine Augier, aux éditions Stock

Des étoiles dans la main, Isabelle Chabanel, aux éditions Plaisir de lire

Dans la nuit brune, Agnès Desarthe, aux éditions de l'Olivier

Des feux fragiles dans la nuit qui vient, Xavier Hanotte, aux éditions Belfond

Les jeux de la nuit, Jim Harisson, aux éditions Flammarion

Onze rêves de suie, Manuela Draege, aux éditions de l'Olivier

Deux titres qui m'intriguent : Les trois saisons de la rage, Victor Cohen Adria, aux éditions Albin Michel et Où j'ai laissé mon âme, de Jérôme Ferrari, aux éditions Actes sud.

Enfin, mon préféré : L'insomnie des étoiles, Marc Dugain, aux éditions Gallimard



Et si vous deviez choisir des titres de la rentrée littéraire, lesquels éliriez-vous ?

septembre 13, 2010

J'ai testé : le dimanche soir sans cafard

Hier soir c'était très étrange
on était bien dimanche soir mais je me sentais comme un soir que je n'identifiais pas
détendue, pas trop crevée
Pas de boule d'angoisse à l'idée de revoir certaines personnes au boulot
Pas de remise en question proff-existentielle
Pas de conscience aiguë que nous étions dimanche et que le lendemain se remettrait en route la semaine qui ne perd pas de vue, elle, qu'après le dimanche vient le lundi
Vraiment, c'était une sensation très étrange
Et je ne sais pas expliquer pourquoi
Si encore j'avais une semaine de folie avec trop de beaux projets qui m'aurait vraiment donné envie
mais non, rien à signaler de particulier
Je n'ai rien fait de mon week-end et un autre dimanche cela m'aurait accablé
J'ai voulu voir si faire du repassage me permettait de philosopher comme le pliage du linge, mais je crois que je suis trop une femme du XXIe siècle, ça n'a pas marché
J'ai beaucoup joué avec mes cheveux pour les faire pousser
J'ai fait de mauvais pancakes, les commentaires des internautes disaient que c'était délicieux, on ne peut vraiment pas vous faire confiance
Bref, j'ai toutes les peines du monde à savoir ce que j'ai bien pu faire pour ne pas avoir à ferrailler avec le cafard du dimanche soir
Mais dès que je trouve, je vous le dis !




Fleuve Congo - musée du quai Branly
(rien à voir avec le sujet mais c'est une chouette expo)

septembre 09, 2010

Exquise esquisse

Après ses dessins vignettes publiés sur son blog et les deux tomes de Joséphine qui proposent des planches d'une page, Pénélope Bagieu se lance dans la BD long format.




Cadavre exquis
est le récit d'une rencontre entre un écrivain à succès (Thomas) et une jeune femme hôtesse de salon qui ne lit pas (Zoé).


Côté dessin

Pénélope ne change pas de style, mais pour ce qui est du trait, je l'ai trouvé plus épais, plus confortable que d'habitude, notamment dans Joséphine.
Pour ce qui est des couleurs, j'ai beaucoup aimé leur profondeur. Les bleus notamment sont francs et ça m'a plu.
Quelques associations tranchées construisent un univers et surtout une ambiance (kaki et bordeaux pour l'appartement de l'auteur, grisâtre pour celui de Zoé)
Des détails attirent l'œil, un regard, un sourire en coin, et touchent.
Certaines planches sont vraiment plaisantes (Zoé en pleine page au marché, j'adorerais l'avoir en grand format !).

Côté personnages

La psychologie n'est pas mal vue, (le complexe de l'écrivain, son ego, l'estime de soi des unes, l'ambition des autres... ),
Même si les personnages sont un peu caricaturaux à mon goût, ils sont, je pense, adaptés au format de la BD.


Côté scénario


Une bonne idée de départ, une situation complètement crédible, qui verse petit à petit dans la fiction complète.
A mon sens, on se laisse prendre au jeu ou non, je n'ai pas trouvé ça très difficile d'adhérer, en revanche, et ce sera mon gros bémol, je trouve que la fin est complètement bâclée.
C'est lâché, je déteste être prise par une histoire et finir cul par dessus tête sur une pirouette en ayant le sentiment que l'auteur a été obligé de boucler deux semaines plus tôt que prévu.

Conclusion : un bon plaisir de lecture qui tient bien ses promesses sur le plan graphique mais qui aurait mérité un approfondissement sur le plan du scénario.

septembre 08, 2010

S'il te plaît, dessine-moi un mouton

Ce matin...

j'aurais vraiment aimé savoir dessiner (comme... Garance, par exemple, restons simple)
pour que la princesse que j'ai fait sur un coin de table en déposant mon fils au centre de loisirs soit un peu moins... bizarre...
(elle avait des mains tellement grosses que j'ai dit que c'est parce qu'elle a des super pouvoirs... et des pieds... dans de grandes chaussures à talons. A quoi la petite blonde m'a dit "Mais ! Les princesses ne mettent pas des chaussures à talons, elles portent de pantoufles de vair !!! Les diktats, déjà !)

Mais la petite fille aux boucles blondes était ravie
Et ça m'a fait plaisir

Je devrais dessiner des princesses pour les petites filles blondes plus souvent

septembre 04, 2010

Je plie donc je pense

J'ai longtemps sous-estimé les révélations quasi-extatiques que peut nous apporter le fait de plier la lessive.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est pourtant un acte qui vous révèle à vous même, par le jeu de quelques constatations étonnement pragmatiques et néanmoins criantes de vérité.
Par exemple. Vous pliez votre maillot de bain. Vous êtes rentrée depuis une semaine et demie. Onze jours en fait. Vous allez ranger votre maillot de bain de plage, vous prenez conscience qu'il ne reverra pas le sable chaud avant un bail. Comme vous. Cette fois, c'est certain, vous êtes vraiment rentrée.

Par exemple. Vous pliez un tee-shirt qui appartient à votre fille. Elle est toute petite, elle n'a que sept ans et demi, et malgré tout, vous constatez qu'elle sera bientôt en mesure de vous emprunter vos tee-shirts. Que conclure ? Que vous êtes petite aussi. Que vous avez beaucoup vieilli. Qu'elle a beaucoup grandi. Que vous n'avez pas du tout envie qu'elle vous pique vos fringues. Que vous êtes un poil égoïste. Mais que si elle reluque du côté de votre penderie, c'est que finalement, vous avez du goût et vous êtes dans le coup.

Viendront ensuite prolonger la liste les constats du type "En fait, *La redoutée*, c'est pas pire comme marque" ou encore "En revanche, les fringues *Monoprice*, ça ne tient pas".

Les accès de culpabilité rondement rejetés : "Quand même celui-là, je pourrais faire un effort pour le repasser... mais quel simple bout de coton pour vouloir me renvoyer derrière mon fer, j'ai dit que j'étais une femme du XXIe siècle, oui ou non ? Et puis je suis déjà victime de la mode, je ne vais pas, en plus, être victime des plis ! Que trépasse si je repasse !"

Et les constats plus basiques "Moi qui pensais porter beaucoup de noir, il y a quand même une majorité de blanc dans mes affaires."

Vous tirez ainsi tout un tas de constatations du pliage de linge, qui sont autant qu'une séance de méditation, mais au terme duquel vos penderies et vos idées seront bien mieux rangées qu'après quelques hoooooooommm poussifs.
Vous serez ainsi armée pour affronter la rentrée, les tentatives précoces de votre fille (vous aviez eu du mal à vous remettre du "Maman, ta robe, elle est trop belle !... Je pourrai l'avoir quand tu seras morte ?, cette fois, vous serez bien préparée, de même, vous saurez couper l'herbe sous le pieds aux personnes qui jettent ostensiblement des coups d'oeil à vos plis encore frais.

En sommes, étendez, pliez, vos aurez fait le plus gros du boulot.



septembre 03, 2010

Pourquoi il pourrait ne pas être question ici de la rentrée

La rentrée je fais avec.
Nous cohabitons toutes les deux depuis maintenant 33 ans et ça se passe plutôt bien.

Non pas que je ne l'aime pas, non (à part son parfum de plastique neuf qui me heurte les sens après des semaines de verdure et d'embruns, j'avoue).

Mais avouez quand même:
entre la rentrée des classes, la rentrée du gouvernement et la rentrée littéraire, on en prend jusqu'en novembre, jusqu'à la nausée, et au point de se demander s'il y a vraiment une vie après la rentrée ?!

On enchaîne ensuite directement sur Halloween (vite fait, le folklore) et on atterrit direct sur Noël.
A croire que les gens sont perdus sans repères forts pour scander leur année, et alors même que le vide est par excellence source de bien être, tout le monde sait ça.

La rentrée des classes...

Des heures passées, hagards, enfermés sous la lumière des néons à chercher les fournitures nécessaires à l'apprentissage de nos enfants, en priant intérieurement que cela les aide à travailler correctement et à s'appliquer un peu.

Les heures passées à baptiser les mêmes fournitures, quand on se félicite d'avoir choisi des prénoms à deux consonnes et de n'en avoir que deux et pas huit (comment procèdent les mères de huit enfants ?????)

Le Jour Redouté finalement, quand les mômes endossent leurs cartables, le sourire aux lèvres et la paupière encore gonflée, inconscients encore du processus infernal dans lequel ils vont pénétrer, puis réalisant avec effroi, arrivés devant la grille et debout sur les freins, ils s'écrient alors :
au choix cette année :
"Monpapamamamamanàmoiiii !!!"
"Je ne PEUX PAS Y ALLER EN ESPADRILLES !"

Bref.
L'un n'est pas assez expérimenté pour savoir que la maîtresse fera son boulot de remplaçante de monpapamamamanàmoi très vite et très bien (et qu'elle aura plus d'un tour dans son sac pour l'occuper toute la journée. Elle.)

L'autre, trop jeune encore pour comprendre que les espadrilles sont un talisman pour lutter contre l'odeur de plastique beaucoup trop prégnante et maintenir les pieds, à défaut de l'esprit, encore un peu en vacances...


Moi, les jours de rentrée, je n'allume pas la radio, je ne regarde pas les infos, je fais comme si de rien n'était et s'il n'y avait pas les enfants, je pense même que ce jour-là, je partirai en vacances, loin.