novembre 30, 2010

Apprivoiser le froid

Quand il faut aussi froid qu'en ce moment, on a tendance à se calfeutrer, à ne plus ouvrir les fenêtres, à vivre rideaux fermés et à passer son temps sous la couette (ou au moins à en rêver).

Et fatalement, le moment arrive où l'on émerge brutalement, et on ouvre les yeux sur son monde. On s'aperçoit alors avec effroi que le loft douillet s'est transformé en bouge infâme et que l'on est au bord de la mutation, puisque vous trouvez des poils de votre chapka jusque sous vos bras.

L'heure de la reprise en main a sonné, et pas qu'un peu.

(oui, je vous ai entendu vous récrier que non, vous ne voyez pas de quoi je parle. Mais de vous à moi, votre dénégation est adorable).

Comment demeurer une icône de sexitude quand la simple idée d'un centimètre carré de peau nue vous fait frémir jusqu'au bas du dos ?

La froidure qui nous tombe dessus nous oblige à lutter avec nos petits poings à nous (investir dans la plume, adopter une fourrure, se résoudre aux UGG malgré le nez plissé de l'homme qui partage vos nuits et qui trouve que la UGG vous fait la patte plantigrade (il n'y connaît rien en mode mais s'y entend en mammifères)).

Coup de bol, l'hiver est là pour nous faire (re-)découvrir des vertus du caché-dévoilé.
Ce que j'entends par là ? Souvenez-vous ce film, L'étudiante, lorsque Sophie Marceau se défait de ses multiples protections, bonnet, écharpe, cagoule, capuche, rappelez-vous de l'apparition.

Sans forcément se planquer sous un passe-montagne, renouons avec l'art du regard de velours, la puissance calorifère du sourire, la surprise de découvrir une femme sous l'amoncellement de maille.

Se dévoiler pour se réchauffer, en somme.

novembre 25, 2010

Voir mourir l'automne

La petite fille du soleil, c'est moi.
Quand les jours rallongent je revis.
Quand les nuits s'allongent, je suis au bord de l'asphyxie.

J'essaie d'apprivoiser le froid, de ne pas avoir peur la nuit quand les ombres que je croise doivent tout à mon imagination, de tolérer la pluie façon "la pluie c'est la vie, surtout quand elle me baigne le visage façon scène dramatique dans un film d'amour".




Je vous jure que j'essaie.

Mais l'automne est plus fort que moi, et me colle tous les soirs un petit coup de taquet vicieux derrière les genoux, juste au moment où la nuit sepointe pour me cueillir.

Si j'étais seule, je crois que j'irais me coucher à 21 heures pour me lever sur les coups de cinq heures, et profiter d'une longue journée bien méritée.

Mais là... c'est enfin la fin du mois de novembre. Le début du mois de Noël, et ses odeurs de clémentine, de surchauffe, de cadeaux, de fêtes.

Bientôt l'hiver et la neige.
Ce matin j'ai rencontré quelqu'un qui déteste la neige. Parce qu'elle l'empêche de rouler tranquillement. C'est donc possible de détester la neige. Incroyable. J'adore ça, ça m'émerveille de voir le monde prendre un nouveau visage en une nuit. Et j'adore avoir quitté Paris pour ça (pour une fois que je dis que j'adore avoir quitté Paris !)

La fin d'une année et les promesses d'une autre.
Petit coup d'oeil à mes envies pour 2010.
Certaines plutôt pas mal réalisées "Envie d'écrire matin et soir" (BEAUCOUP plus facile en arrêt, évidemment), d'autres contrecarrées (Envie de changer de job...) mais affirmée : changer de job : impératif.
D'autres encore, en chute libre "Envie de dire moins de grossièretés", mes pauvres enfants, si vous saviez ce que je jure en ce moment... C'est probablement la faute au lâcher prise.

Et les enfants, justement, qui ne répètent pas. Le petit me traite de "costume" quand je l'embête en ce moment.
Il passe son temps à dire "déteste !"

Moi aussi, je déteste l'automne, mais la bonne nouvelle, c'est qu'il est poli, l'automne, et qu'il va laisser sa place à l'hiver fissa !











novembre 22, 2010

Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet

Le dernier livre d'Antoine Bello "Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet" est assez original, mais il m'a laissée sur ma faim.

Le sujet : Émilie Brunet et son amant ont disparu. L'enquête est confiée à Achille Dunot, un détective brillant qui souffre hélas de trouble de la mémoire : il est incapable de nouveaux souvenirs, si bien qu'il se couche chaque soir en sachant qu'il aura oublié au matin ce qu'il a fait dans la journée.
Son principale suspect est le mari d'Emilie Brunet, un neurologue brillant qui s'amuse à remettre en question l'oeuvre d'Agatha Christie, dont Dunot est un grand admirateur.
L'enquête avance cahin-caha, entre les observations et les pertes de mémoires de Dunot et les fanfaronnades de Brunet.


C'est assurément un bel hommage à Agatha Christie, mais le recours à son oeuvre mange un peu trop l'enquête qui nous intéresse et le troisième tiers du livre dilue complètement l'enquête dans les préoccupations du personnage principal.
L'idée de départ était ambitieuse mais la pirouette finale de Bello me laisse pantoise, bien que je doive reconnaître qu'elle est tout de même bien trouvée.
A lire plutôt comme un hommage à la reine du crime que comme un polar, donc.

Antoine Bello, Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, Gallimard 2010.




novembre 20, 2010

On m'a dit

On m'a dit "Faut pas revenir, tu n'iras pas mieux"

On m'a dit "De toutes façons, faut bien reprendre un jour"

On m'a dit "Soigne-toi bien, on t'attends de pied ferme" (...)

On m'a dit "Mais c'est vrai, ça, que tu as encore mal ?"

On m'a dit "Mais ça ne se casse pas, cet os-là !"

On m'a dit "Mais... ça va aller ?"

On m'a dit "Fais confiance au médecin, il sait ce qu'il fait"

On m'a dit "Profites-en !"

On m'a dit "Tu commences à reprendre confiance en marchant ?"



Oui, je vais revenir, et j'irai mieux

Oui, je vais reprendre un jour, je n'aime pas les entre-deux

Oui, je me soigne bien. Comme je soignerais un de mes enfants

Oui, j'ai moins mal. Oui c'est vrai

Oui, j'ai cassé cet os qui ne se casse pas

Oui ça va aller, mieux maintenant, bien mieux

Oui, je fais confiance au médecin. Et je me fais confiance aussi

Oui, j'en profite. Comptez sur moi

Oui, je commence à reprendre confiance en marchant

En écrivant aussi


novembre 17, 2010

C'est un peu court

Quand il fait froid je rêve d'avoir des choses sur la tête.
Le plus chaud reste la chapka en lapin et... les cheveux, ce qui tombe bien puisque depuis cet été, je les laisse repousser. Et croyez-moi, ce n'est pas une mince affaire.

Car tout le monde n'a pas la chevelure d'Isabelle Giordano que je viens d'apercevoir en une du site de France Inter et qui la joue grosse boucle à faire se pâmer la fille aux baguettes que je suis.
Moi ça fait tellement longtemps que je n'ai pas eu le cheveu long que j'ai peur de ne pas les reconnaître. Ou de trop bien les connaître. On sous-estime trop souvent les conflits capillaires que connaissent les femmes, je suis étonnée qu'aucune cellule de soutien psychologique ne soit proposée par certains coiffeurs.

J'entends en cet instant qu'il ne reste plus que 500 jours à Nico pour gagner 2012. J'aime le "plus que"...

Tout ça pour dire qu'en 2012, à mon avis, je devrai être pourvu de la chevelure de Raiponce, et qu'au cas où Nico soit victorieux, je pourrai toujours m'échapper de ma tour de France avec mes cheveux lasso.




novembre 16, 2010

Réaliser ?

Ma reprise est repoussée.
Me voici à nouveau avec du temps devant moi pour avancer, faire, réaliser.

Est-ce que je réalise, justement, que je vais quand même finir par reprendre mon boulot ?
Non. J'attends qu'un miracle m'en délivre, in extremis, comme dans les films.
Je serais déliée de mon contrat, et je pourrais disposer de mon temps comme je le souhaite.
Pas toute la vie, non, mais quelques mois.

J'ai une envie de liberté et de solitude (cocasse pour une fille qui passe ses journées seule depuis plus d'un mois et demi, non ?).

Pour une fois, je ne me projette pas dans ce qui sera.
Je profite, je savoure. C'est suffisamment rare pour que je m'en félicite.

A côté de ça, je marche toujours comme une vieille femme et je sors peu de chez moi. Coup de bol, pour écrire, on a pas besoin des pieds. (enfin, ça dépend pour qui (sans rancune Guillaume)).

novembre 09, 2010

Promettez-moi

Pourquoi ne se fait-on pas plus de promesses dans la vie ?

Aux autres, mais aussi à soi-même, de quoi a-t-on peur ?

De ne pas avoir le temps de les tenir ? De ne pas être assez fiable ?

C'est super beau une promesse, ça dépasse tout et ça lie les hommes plus joliment qu'un engagement. Et c'est moins solennel qu'un serment, plus libre.

Il me semble qu'à notre époque on en fait moins qu'avant.

Ou alors je sublime la promesse. Je dois être trop romanesque.

Tiens, je vais m'en faire une, pour la peine.




novembre 08, 2010

Echange deux barils de Goncourt

Ainsi Virginie peut se "consoler" avec le Renaudot.
Ouf. Elle ne repart pas les mains vides.
Personnellement, je suis plus Renaudot que Goncourt (et plus Beatles que Stones, that's life).

Michel, lui, touchera les dix euros symboliques.

(A cet égard, notez qu'il vaut mieux toucher le grand prix du roman de l'Académie Française. A 7500 euros la dotation, ça console pas mal aussi...)

novembre 05, 2010

La cape en poils à gratter

A la sortie de l'école, elle est grande, mince, altière et porte une cape en fourrure ravissante.
Le genre de poncho en queues de renard qui me fait complètement triper.
Sur elle c'est divin.
Sur moi je pense que ça me donnerait juste une allure Peau d'âne.
C'est une joke, évidemment. Moi aussi j'aurais du chien avec ce genre de pelisse .

J'entre dans la cour derrière elle, nous croisons deux ados, l'une dit à l'autre :
- elle s'habille avec de la fourrure !...
Son nez froncé crie que son dédain pour cette femme est sans bornes.

Et voilà, exactement le genre de truc qui fait que je n'assumerais pas, altière, ce genre de cape.
Pourtant, j'assume à mort mon étole en renard argenté. Même quand ma copine mime le renardeau qui couine pour me faire pleurer l'âme. C'est super chaud, super doux, super léger... J'ai rarement porté quelque chose d'aussi agréable.
C'est quoi la différence ? La quantité de poils ? Le fait que mon étole est un cadeau et me disculpe d'emblée ? (mais si ! ça me disculpe, je vous dis !)(mais si...)
Y'en a pas, en fait, je le sais bien.
Et je me plais à penser que mon renard était vieux et très malade...


novembre 04, 2010

Trahie par Milli Vanilli

Ce matin, je parlais au kiné de Milli Vanilli.
Je ne vous explique pas comment j'en suis venue à lui parler de ça, ni comment j'ai repensé à ce groupe à la virilité débridée toute entière contenue dans leurs tresses (à concurrence presque égale avec les épaulettes), toujours est-il qu'il ne voyait pas, de près ou de loin, de quoi je pouvais bien parler.

Dans un premier temps j'ai supposé qu'il avait grandi dans les steppes mongoles et échappé au plus gros scandale du monde de la pop des années 80, mais il m'a détrompée en me disant qu'il était né en 1986.


Voilà voilà voilà...

La mauvaise nouvelle (pour moi) c'est que ce petit air de vieille que je me trouvais dans l'ascenseur n'était pas qu'une illusion.
La mauvaise nouvelle (pour lui), c'est que je lui donnais vraiment plus de 24 ans.
La bonne nouvelle c'est que ça ne nous a pas empêché de continuer à ricaner.

Du coup on a parlé sport.

Soit dit en passant, le clip est un monument. Je vous défie de trouver quelque chose qui ne sonne pas faux.

Les années 80 ou l'apogée du toc au XXe siècle...


novembre 03, 2010

T'emballe pas Lulu

Jeudi dernier, il m'a dit qu'il n'avait plus besoin de sa tétine.

Hier il m'a dit qu'il n'avait pas peur des loups.

Ce matin en partant il m'a dit "Bonne vacances, amuse-toi bien".

Ce lardon me tue tellement il grandit vite.

Même pas trois ans et demi, et je sens déjà qu'il a une fesse sur sa mobylette.

(Mais il n'aura pas trop des 15 ans à venir pour trouver une raison capable de me convaincre de la lui offrir).




novembre 02, 2010

Point d'étape

Oui ça a beaucoup parlé plâtre, immobilisation, solitude et parfois même ennui.
Non, je ne m'ennuie plus.
Oui, j'ai des projets.
Oui, je repose le pied par terre.
Non, je ne marche pas encore sans béquilles.
Oui, j'ai encore mal.
Non, je ne suis pas encore retournée travailler.
Oui, j'en profite.
Oui je suis heureuse.
Oui, j'ai compris le message.
Oui, j'appréhende le retour au travail.
Mais oui, je vais faire face, et ensuite ?
On verra.

octobre 28, 2010

Miss T-hair

Hier je suis allée chez le coiffeur

En rentrant, mon mec n'a rien vu. What a cliché, isn't it ?
Quand je lui ai fait remarquer, je lui ai dit que j'avais coupé toute seule.
Il m'a crue.

Depuis je m'interroge, et j'ai trouvé trois possibilités :

A. Il a une confiance aveugle en mes talents de coiffeuse
B. Il avait mangé un hareng pas frais et avait la vue troublée.
C. La coiffeuse m'a vraiment saccagée


octobre 27, 2010

Recherche travail pour rédactrice motivée


Dimanche soir, le retour de l'angoisse du dimanche soir même quand tu ne travailles pas le lendemain.
Le comble du salarié en arrêt de travail, non ?

Je me suis imaginée de retour à mon bureau, vissée devant mon écran 8 heures par jour, 5 jours par semaine, 47 semaines par an.

N'en jetez plus. L'asphyxie nerfs-neurones me guette.

Je fais la maligne comme ça, mais je peux vous dire que "cogito mucho, convaincue ergo sum".

Ma santé mentale et physique sont en grave danger.

A moi donc les lettres de motivation très motivées, voir originales (on tente, non ?) et le CV gonflé à bloc.

Urgent : recherche, cause dépérissement avancé de mon moi profond, travail de rédacteur pour plume alerte et dégourdie.
Agence de com s'abstenir.



octobre 21, 2010

Les parades à la solitude

ça manque de couleurs, par ici, non ?
Si, je trouve moi.

Depuis que je suis arrêtée, une éternité (ma vie sociale s'est brutalement interrompue lorsque nous étions à peine en post-rentrée, vous imaginez ?), j'ai découvert plein de choses, certaines aussi peu glamour que les conséquences de l'arrêt prolongé sur mes réflexes vestimentaires, d'autres plus rigolotes (j'arrive à me faire rire moi-même, parfois jusqu'à plusieurs fois par jour, si c'est pas un vrai pouvoir, ça !).

Rassurez-vous, j'ai réagit et le jogging ne passe plus par moi (et vous devrez me croire sur parole, puisque je vous le dis, c'est que c'est vrai (reconnaissons cependant que le jogging est le vêtement le plus confortable et pratique que je connaisse, surtout quand il est doublé en molleton comme le mien))

J'ai découvert que le sourire n'est pas un réflexe chez moi. Quand je sors, je me remémore les précautions d'usage : sourire est ce que font deux personnes qui se connaissent de près ou de loin quand elles se croisent. Ensuite elles se parlent. Eventuellement.

J'avoue avec effroi, chers amis, que je suis en train de virer à l'ours. Aucune menace en matière de pelage, rassurez-vous (quoiqu'avec la chute des températures que nous connaissons, cela pourrait être salvateur). J'ai donc mis en place des mécanismes de parade afin que lorsque je ferai mon retour dans le monde (et là j'ai deux minutes devant moi, je vous prie de compatir) je ne sois pas complètement déshabituée et qu'on ne me surnomme pas "May Robinson" (coo-coo ca-chou, Mrs. Robinson n'a rien à voir dans cette histoire. Je suis beaucoup moins âgée qu'elle. C'est ma mère, en fait.).

Enfin voilà.
Donc je souris à mon bananier à chaque fois que je le croise (172 fois par jour les jours de sieste), je parle à mon micro-ondes pendant qu'il chauffe, je répète avec ma fourchette les pas du ballet des petits pains de Chaplin et, clou de ma semaine, j'organise des "nails parties" avec mes vernis à ongles pendant lesquelles nous dissertons des derniers potins de la presse populaire.

Avec tout ça, mes journées passent en une seconde et je suis certaine de revenir comme une fleur me réintégrer dans la tendre pelouse de mon univers social.

Ne dites rien, je sais.

Vous m'enviez terriblement.





octobre 17, 2010

Il est ennuyé, Lambert



Au XIXe siècle, dans un domaine de l'Ouest de la France, Lambert, un garde-chasse voit arriver son nouveau maître, le baron de l'Aubépine.
Celui-ci, absent depuis quinze ans, se révèle très différent de son père, nourrissant notamment des idéaux révolutionnaires, il partira se battre à Paris laissant ses gens dans le besoin.
A son retour, le baron entretient des relations pour le moins surprenantes avec de jeunes femmes puis bâtit des projets délirants autour du personnage de Victor Hugo.
Lambert, sa femme Eugénie et leur fille Magdeleine, se trouvent là les témoins d'agissements qui remettent en cause leur honnêteté puisqu'ils se trouvent contraints de les taire par obéissance tout d'abord, puis pour sauvegarder leur place.
Entre les non-dits et les menaces, les coeurs couvent, mais ils ne peuvent se taire éternellement.

Après avoir longtemps tourné autour de cette couverture que je trouvais intrigante, voici que j'ai cédé à l'appel du livre, dont le sujet ne me tentait pas plus que ça.
Annoncé comme un huit-clos, ce récit est mené avec bon train, notamment grâce à une écriture extrêmement rythmée et vivante qui reflète avec beaucoup de justesse les caractères des personnages. L'ensemble est authentique, tant le respect que les gens portent à leur maître que l'ambiance des lieux, l'Ouest étant à la fois ici le décor des lieux et un acteur à part entière.

Au cours de l'histoire, nous pataugeons au côté de Lambert lors de ses chasses, à la tête de la meute qu'il nous semble entendre gueuler et respirer derrière notre épaule tout au long du roman. Leurs crocs et le fusil de leur maître sont omniprésents, ils appartiennent au décor au même titre que les bois, l'étang et l'humidité.
Nous subissons les assauts délirants du maître, dont les idées révolutionnaires sont aussi fantasques que ses fantasmes sexuels sont inquiétants.
Nous le voyons nourris des espoirs farfelus autour de la personnalité de Victor Hugo, et comme la famille de Lambert, nous observons la folie du maître s'insinuer, s'imposer à ses gens, jusqu'à les contraindre à agir, à la fois de bon et de mauvais gré.

L'ensemble sent la terre, les sous-bois, le chien mouillé et la moisissure, mais si à cette description il semblerait que l'on ne souhaite qu'y échapper, ce qui se noue là ne nous laisse pas d'autre choix que de poursuivre, haletant, de courir dans les pas de Lambert afin de savoir ce qu'il adviendra, finalement.

Voici un auteur que je découvre et que je lirai encore avec grand plaisir.
Un très bon roman, de ceux que l'on termine vite, qui s'impriment dans notre esprit et laissent une trace, crottée et baveuse pour celui-ci !

Ouest, François Vallejo, aux éditions Viviane Hamy.
Prix du livre Inter 2007.

octobre 14, 2010

SOS patte en vrac


Vous voici coincé avec la jambe dans le plâtre, vous êtes désespéré, vous ne savez pas quoi faire de vos dix doigts réduits au statut de simples crochets à béquilles. Voici, en quelques lignes de quoi voir le plâtre en rose.


. Le plâtre vous empêcher d'aller travailler.
Réjouissez-vous ! Au lieu de sortir jouer des coudes dans les transports puis au bureau, vous pourrez librement passer des heures à tchater sur des forums sur des sujets aussi intéressants que "Mon vieux chat n'arrête pas de vomir".


. Le plâtre a un bon potentiel sympathie.
A l'égal des bébés ou des chiots, le plâtre vous attirera des regards souriants, et vous permettra d'engager la conversation avec toutes les vieilles dames que vous croiserez dans la rue en pleine journée quand vous irez chercher votre journal. Vous ne verrez plus votre quartier comme avant.


. Le plâtre vous dispense de certaines corvées.
Comment pourriez-vous cuisiner, ou encore passer l'aspirateur ? Je vous le demande. (Demande rhétorique, s'il en est.)


. Le plâtre peut vous faire passer pour un aventurier.
On vous croyait plan plan, vous voici devenu aventurier : ah bon, tu ne savais pas ? Ben si, je fais du close combat tous les vendredis soir...
Qui a besoin de savoir que vous vous êtes pété la cheville en ratant la marche de l'escalator chez Carrefour ?


. Le plâtre vous permet de vous faire plaindre.
Et qui, à notre époque, n'a pas besoin de se faire un maximum dorloter ?

la citation du jeudi : retour aux fondamentaux



IF.....



IF you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream - and not make dreams your master;

If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings

And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;

If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'

If you can talk with crowds and keep your virtue,
' Or walk with Kings - nor lose the common touch,
if neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,

And - which is more - you'll be a Man, my son!




Joseph Rudyard Kipling (Bombay, Inde britannique, le 30 décembre 1865 - Londres, le 18 janvier 1936) pour "La citation du jeudi", imaginé par Chiffonnette.



octobre 12, 2010

Tout ça et bien plus encore

La blogosphère, c'est un peu comme Disneyland (si on avait 5 ans) : on court dans tous les sens, avides de découvrir les nouveaux venus, les anciens à côté desquels on est passé jusqu'à présent, les talentueux qui ne restent pas planqués longtemps, les touristes du blog (ouais, moi aussi j'ai connu ça), les têtes connues qu'on retrouve avec plaisir, les frères et soeurs de blog, qui ont ouvert la boutique en même temps que nous, ceux avec lesquels on a sympathisé au-delà des commentaires, ceux qui ont fermé mais restent ouverts et ceux qu'on ne reviendra pas voir parce que bon, pas que ça à faire, quand même et ceux auxquels on adhère sans réserve.

La blogosphère c'est comme un labyrinthe dans lequel on se perd, on se balade, on revient en arrière, on explore un peu plus loin. Y' ales modeuses, les pipelettes, les rigolotes (parfois les trois sont réunies, c'est chouette), les lecteurs, les illustrateurs, les politiques les philosophes, les photographes, les cuisinières (certains masculins-féminins sont des partis pris parfaitement subjectifs, j'assume).

La blogosphère a ses festivals, ses manifestations, ses stars.
Ses communautés, ses fans, ses détracteurs.

Autour de vous, il y a ceux qui en sont, et les autres. C'est bien comme ça.

On y passe un temps fou ou trois minutes selon les périodes, la vie reprend parfois ses droits.

Quand on voit l'ampleur de la blogsphère, c'est à se demander ce que l'on faisait avant.


octobre 07, 2010

Dans ta face, Justin Bieber...


Justin Bieber, tout le monde ne parle que de lui. Mue par la curiosité et l'impression d'avoir raté le train de l'été, je vais sur Internet, où j'apprends, dans les premières lignes de Wikipédia, que Justin est né en... 1994 !


Jusqu'à présent, quand je découvrais que des acteurs ou des chanteurs étaient plus jeunes que moi, ils étaient généralement nés en 198...


ça fait mal. Dans ta face de vieille, le Justin.


Je vais voir quelques clips, et oh ! C'est un baby Justin !


Bref, le Justin Bieber est un enfant à la voix un brin nasillarde (l'article de Wikipédia précise qu'il vient de finir de muer, j'ai des doutes, et qu'il ne peut donc plus atteindre certaines notes de son single "Baby", gosh!).


MAIS, et c'est là qu'on touche au sommet de ce post hautement culturel, je lis également qu'il est en passe d'atteindre le milliard de vidéos vues sur Youtube, en compétition avec Lady Gaga-Didi-dododo-dadada...


Saint Michael, que faites-vous donc là-haut !!!! (Si tu me lis, Michael, always in my heart)


Finalement, je préfère avoir l'âge que j'ai et retourner à mes Georges et autres charmes matures et non moins virils.


Je suis bien soulagée.