avril 02, 2007

Les chutes - Joyce Carol Oates


Les Chutes, avec une capitale, puisqu'il est question des Chutes du Niagara, et de l'étrange fascination qu'elles exercent sur les personnes qui les approchent d'un peu trop près.

En prologue, l'auteur cite ce passage de l'ouvrage Une brève histoire de Niagara Falls, daté de 1969 :
"En 1900, à la consternation de ses habitants et des promoteurs d'une industrie touristique florissante, Niagara Falls avait acquis la réputation du "Paradis du suicide".

Un charme insidieux émane de ces tonnes d'eau, qui tombent sans jamais s'épuiser, en érodant la terre, en dégageant continuellement une brume qui habille le paysage d'un manteau fantomatique, vision d'une puissance qui incite les victimes à se jeter dans le vide, à rejoindre les rapides, en quête d'une hypothétique immortalité, comme l'imagine un médecin de Niagara Falls également cité au début de l'ouvrage. (Cela vous rappelle la "chute" d'un film ?)

Parlons du roman, il débute par une chute, je ne dévoile rien, c'est dit dans tous les résumés et en 4e de couverture, celle d'un homme marié de la veille, venu à Niagara falls passer sa lune de miel. Il laisse donc une veuve, isolée dans cet endroit qu'elle ne connaissait pas la veille, qui durant sept jours et nuits va guetter la remontée du corps de son mari. Elle sera protégée par un jeune avocat qui s'étonnera de tomber amoureux de cette femme étrange bien loin de ses canons féminins habituels.
S'ensuit le récit d'un amour puis d'une vie de famille qui toujours tourne autour de ces chutes. Existe-t-il une malédiction qui lie ces Chutes à cette famille ?
Ce titre est également une métaphore des chutes des personnages, qui à leur manière vont tous à un moment tourner brutalement le dos à leur vie, renoncement peut-être nécessaire à leur survie, ou qui causera leur perte.

De Joyce Carol Oates, je n'avais lu que la moitié de Blonde, à deux reprises commencé, jamais achevé. Dans ce roman, elle nous emmène à la suite d'un personnage féminin étrange, auquel on ne s'identifie pas vraiment, mais autour duquel elle parvient à nouer une histoire originale. A mon goût, l'auteur se perd parfois dans des digressions longuettes, chaque personnage secondaire est minutieusement présenté, sa vie, son passé, sa famille, son univers, c'est un genre. Personnellement je ne trouve pas qu'il soit utile de nourrir le lecteur de force détails pour lui permettre de cerner un personnage, surtout secondaire, mais pourquoi pas.
Pour conclure, Les Chutes est un roman agréable, un peu long donc, mais aux personnages attachants, le plus fascinant étant ces Chutes, omniprésentes, rappel constant aux hommes qu'ils ne sont que de passage dans le coin, et qu'il existe une force bien au-delà de ce qu'ils sont capables d'imaginer.

A consulter également, le message de Loupiote, qui m'a donné envie de lire ce livre :
Les Chutes, par Loupiote


Bonus...

Après avoir écrit ce billet, je suis allée consulter des critiques par curiosité et je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous la critique de Vogue :

Fluette et implacable, Mrs Oates a le sens de la tragédie. On la révère pour ce goût du drame qui sculpte des reliefs dans les existences les plus banales. Depuis 1970, cette grande dame de la littérature désosse les mythes du rêve américain.

Trois lignes qui caricaturent la critique littéraire...



2 commentaires:

  1. j'avais été scothchée par ce roman, et par son héroïne qui veut a tout prix voir son malheur se réaliser...

    RépondreSupprimer
  2. Good for people to know.

    RépondreSupprimer