mai 29, 2007

La semaine dernière, Libération publiait l'article suivant, intitulé "Un petit vélo dans le ventre":
http://www.liberation.fr/vous/255273.FR.php

Je trouve que c'est un bon exposé du maelström de sentiments dans lequel on est prise pendant 9 mois.

Alors non, la grossesse n'est pas une maladie.
Mais moi j'ai mal a ventre depuis le quatrième mois. Et des contractions. Et pas vraiment le droit de bouger. Je ne suis pas malade, mais je ne suis pas non plus au top.

Oui il faut que les femmes arrêtent de dire que leur mari les "aide" bien. Surtout quand elles aussi elles bossent.
On a sûrement pas les mêmes critères d'exigence qu'eux, mais on vit une époque formidable où les hommes connaissent l'existence de l'éponge, voir des lingettes, et des divers produits de nettoyage. Profitons-en. Et quoiqu'on en dise, je suis persuadée que les femmes au foyer qui ont des orgasmes en lavant leur vaisselle se comptent sur les doigts (des mains, des pieds, éventuellement, mais pas plus ;-)

Depuis six mois, mon horizon c'est plutôt ça :


A la fois un bonheur immense, mais terriblement étouffant. Qui me comble, mais qui me vide de façon égale.
Qui me met en marge de ma vie sociale depuis six mois.

Oui je suis heureuse.
Mais je ne connais pas de situation moins manichéenne que la grossesse.

Voilà, c'est dit.

10 commentaires:

  1. J'exagère probablement, mais j'ai tout de même l'impression qu'à vouloir absolument tendre le plus possible vers le risque zéro, les femmes finissent par être dépossédées de cette période certes riche en émotions fortes et contradictoires. Comme si elles n'étaient qu'un incubateur, sans émotions, sans contradictions... humaines, quoi!
    La grossesse n'est pas que le temps nécessaire faire un enfant, c'est aussi le temps de réfléchir sur soi, d'apprendre à se connaître encore, pour mieux aborder la rencontre avec l'enfant, cet autre qui est aussi une part de soi...

    Entre surmédicalisation et épanouissement obligatoire (comme mentionné dans l'article), c'est pas étonnant que tant de femmes fassent des babyblues carabinés voire des dépressions post partum... quand cela ne finit pas en maltraitance façon bébé secoué...

    Les récriminations au sujet du manque d'aide dans les tâches ménagères ne sont qu'un symptôme, pas le fond de l'histoire.
    Mais elles peuvent, si c'est bien mené, déboucher sur une grande discussion de fond dans le couple... si on a le temps de le faire entre deux prises de sang, examens, achats de layette et autre déluge de "conseils éclairés"...
    ;o)



    Et non, je n'ai jamais eu d'orgasme en faisant la vaisselle...
    o_Ô

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  2. la trolette : non, je ne crois pas que tu exagères. Quand je regarde les blogs des unes et des autres femmes enceintes, je constate des angoisses parfois simplement liées à un taux trop haut de ci, de ça, sans qu'elles aient la mesure des conséquences sur leur santé ou celle de leur enfant. Je trouve ça grave parce qu'en effet, on a pas besoin de ça pour être inquiète et angoissée quand on est enceinte.
    La remise en question, les neuf mois de préparation sont un grand chambardement : on change de prisme pour regarder notre vie, on passe "d'enfant de" à "mère de", les responsabilités à la clé paraissent parfois innombrables voir insurmontables. Du coup le suivi médical prend tout son sens quand il est l'occasion d'une relation humaine avec le médecin, où dialogue et écoute sont rois.
    Plus de "vous n'êtes pas malade", mais plutôt des "Vous seule savez ce que vous pouvez ou pas assumer comme fatigue", et des "Faites confiance à votre enfant".
    Si le suivi médical peut rassurer, il peut également prendre le pas sur tout le reste tout simplement parce qu'on a pas la compétence pour le comprendre et l'analyser rationnellement.

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  3. Bon, pour moi c'es déjà loin et je n'ai eu aucuns problèmes de santé alors hormis la peur de l'accouchement, j'ai bien vécu cette aventure et pourtant pour mon aîné, j'étais seule.

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  4. Ben c'est chouette, ça anjelica !
    Pour ma première grossesse, je garde un souvenir de sérénité inaltérable alors même que j'ai vécu des choses vraiment douloureuses.
    Là je suis beaucoup plus angoissée, et j'ignore pourquoi.
    Peut-être est-ce parce que j'ai vieilli ;-)

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  5. J'avais lu cet article au moment de sa publication, et je m'étais empressé de le faire lire à ma douce Aphrodite (qui d'ailleurs n'est pas enceinte, alors je ne sais pas pourquoi je précise ça). J'avais trouvé ça tout à fait passionnant, tout en étant incapable d'expliquer pourquoi (quelle surprise :)).

    J'imagine que mes réflexions sur la grossesse tomberaient un peu à plat par ici ;-)

    En revanche peut-être que mes histoires d'orgasmes en faisant du repassage pourraient vous captiver, mais bon, ça relève de ma vie privée...

    Bisous May !

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  6. Pour une fois thom, que tu ne saurais pas expliquer ce qui t'a intéressé ! ;-)
    Et puis je t'en prie, ne te censure pas, sinon ça perd de son intérêt ! Tes considérations sur la grossesse sont j'en suis persuadées, passionantes !

    (Qu'il s'agisse de tes considérations sur la grossesse ou de tes histoires d'orgasmes avec un fer à repasser, d'ailleurs ! ;-))

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  7. J'ai compris en attendant ma fille que ce n'est pas pour rien qu'il y a 9 mois de gestation... J'avais besoin de ça pour me préparer psychologiquement et j'ai angoissé pendant 9 mois... Pour mon fils, moins d'angoisse mais je n'aime pas être enceinte. Je n'ai pas ressenti les "grandes joies" dont on nous bassine partout, j'ai eu des nausées et des vomissements pendant 4 mois pleins pour les deux, du diabète gestationnel, des maux de dos, d'atroces migraines et une immense fatigue que je me suis traînée et que personne ne comprenait (il paraît que les femmes enceintes pètent la forme au moins les 6 premiers mois). Je suis ravie d'avoir des enfants mais les grossesses ne m'ont pas ravie, elles!

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  8. 4 grossesses à mon actif et pas une comme l'autre...Donc je peux comprendre que la deuxième t'angoisse et pas la première. Pour moi, c'est à partir de la troisième que les angoisses sont apparues, mon médecin généraliste a même voulu me mettre sous "tranxène"!Alors qu'il aurait fallu chercher les causes plutôt dans le psychologique. Evidemment une grossesse , ce n'est jamais anodin, et cela nous fait ressurgir certains malaises cachés au plus profond de nous. Une grossesse , ça peut être le bonheur, mais ça peut être aussi une souffrance.

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  9. fashion victim : il est parfois loin le bain d'hormones dont on nous dit qu'il nous fera oublier tous les noirs aspects et les angoisses de la grossesse...
    Au-delà de la douleur physique, j'ai également du mal à me détendre sans penser à tout ce qui pourrait arriver, c'est dur dur (et pourtant je me soigne ! ;-)

    Moune : un grossesse sous tranxène voilà exactement tout ce que je déteste ! Je trouve ça dingue de ne pas chercher à comprendre avant de shooter. Certains médecins donnent vraiment l'impression de vouloir se débarasser des patientes, à tel point qu'on se demande si
    ils ont choisi le bon métier...

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  10. Le "oh que non" se précise un petit peu par ici... ;-)

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