septembre 24, 2010

ciel d'automne

le ciel est lourd, tendu, c'est presque la nuit. Le petit l'a bien remarqué ce matin "c'est la nuit, on peut dormir encore ?". Éclat dans le regard, pointe de la langue entre les quenottes, grand sourire.

Le ciel ardoise descend chaque jour un peu plus et les températures s'écrasent sous le poids. L'air est humide, dans la rue une effluve, le trottoir disparaît, je suis sur le chemin des douaniers, la mer en bas, le sel dans l'air...
La pluie ici, la pluie là-bas. Chaussée humide ici, sable odorant là bas.

Le ciel est souris, la pluie a fini, les nuages stagnent, traînent encore un peu, jouent les durs. Annoncent la couleur des ciels d'automne.



septembre 19, 2010

Le dessin semblait repousser les bords de la feuille et s'épancher dans l'air trouble de la pièce



Ethan Muller, 32 ans, tient une galerie d’art à New York.
Il tombe un jour sur une quantité astronomique de dessins abandonnés dans un appartements.
Le sens de ces dessins, leur ordonnancement et leur auteur, un certain Victor Cracke dont personne ne sait grand chose, ne tardent pas à devenir pour lui une obsession. En cherchant à le retrouver et à donner un sens à cette fresque gigantesque, il perd de vue ce qui constituait l’essentiel de sa vie… pour mieux se trouver lui-même, comme on dit dans ce genre de circonstances.

Plusieurs choses sur ce livre :

Tout d’abord, contrairement à ce qu’on lit partout, ce n’est pas son premier roman, mais le premier de ses romans traduit et publié en France sur les six ouvrages à son actif.
Du coup le concept « superbe maîtrise pour un premier essai » perd un peu de son poids.

Cependant, les personnages, l’écriture et les dialogues sonnent justes, la construction est élaborée et sans accrocs, la maîtrise est remarquable.
La description du milieu de l’art est intéressante, le ton du protagoniste qui prend ses lecteurs à partie sans trop en faire est original, les incises sont étonnantes et intrigantes, et l’ensemble fonctionne bien.

En revanche, certains passages manquent de rythme, on se sent parfois dériver lentement, et même si ce n’est pas désagréable, ce n’est généralement pas ce que l’on attend d’un livre à suspens. Quant au dénouement, pas de surprise véritable ni de révélation, vous êtes prévenus. Bon, peut-être un rebondissement dans le deuxième tiers du livre, mais pas plus.

A lire pour sa construction et le milieu dans lequel il se déroule, mais n’en attendez pas de sueurs froides, ni de suspens.

Ce livre a été élu « meilleur thriller de l’année » par le New York Times, et a reçu le grand prix des lectrices de ELLE catégorie Policier (certaines mauvaises langues diraient même qu’on ne peut vraiment pas se fier aux lectrices de ELLE ;o)

Les visages, Jesse Kellerman, éditions Sonatine, 2009.

septembre 16, 2010

septembre 14, 2010

Une rentrée, 700 sorties

La rentrée littéraire devrait être livrée avec un mode d’emploi.


Sérieusement. Plus de 700 bouquins. Ce qui nous donne : 2010 + une rentrée = 701 bouquins.


(Et c'est la crise - du livre - certains ne doivent pas être au courant, ils ont publié, tiré jusqu'à 50 000 exemplaires, les inconscients !)


Autant vous dire que quand on est « apprenti écrivant », C'est impressionnant de voir que tant de gens parviennent à écrire jusqu’au bout et à faire publier leurs livres.


700 nouveaux livres. ça fait limite un peu peur. Et à quoi ça sert de déverser comme ça un tsunami de pages sur le marché ?


(Cela dit, si je devais un jour être publiée, j’aimerais autant que mon bouquin ne sorte pas en pleine rentrée littéraire).


Ne sachant jamais par quel bout la prendre, cette rentrée littéraire, j’ai opté cette année pour le petit bout de la lorgnette et pour changer un peu, à savoir les titres.


Un titre, on sait tous que ça peut survendre un livre, ou le casser complètement.


D’ailleurs, si j’étais journaliste littéraire (beaucoup de si dans ce billet !), je me lancerais dans une grande enquête « Comment les auteurs choisissent-ils leurs titres ? »


Les auteurs choisissent-ils vraiment leurs titres ou sont-ils soumis aux contraintes de leurs éditeurs ?

J’imagine que ça dépend des auteurs et des éditeurs.


Pour moi un titre est une illumination. Quand on écrit, à un moment ou un autre, il nous tombe dessus. Et c'est parfois très inconfortable car ce damné titre peut se pointer en dernière extrémité. En tous cas, il me semble qu'on ne choisit par un titre par dépit, il doit s'imposer par son évidence.


Voici donc une petite sélection des titres qui m’ont étonnée ou amusée et de ceux qui me font rêver.

Le titre clin d'œil : Le joli mois de mai d’Émilie de Turckheim, aux éditions Héloise d’Ormesson

Le titre qui sonne déjà lu : Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir, aux éditions Zulma

Le titre chantant : Pourvu qu'elle soit rousse, Stéphane Rose, aux éditions Archipel

Le titre préventif (et certainement le plus long) (et qu'on ne peut pas lire d'une seule traite du premier coup, vous allez voir) : On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux, Bobert Robert, POL (c'est un pseudo vous croyez, Robert Bobert ?)

Le titre prédicateur : En attendant la montée des eaux, Maryse Condé, aux éditions JC Lattes mais aussi Catherine, Nostradamus et le triangle noir, Claude Mosse, aux éditions Alphée

Le titre qui tourne : Des gifles au vinaigre, Cartano Tony, aux éditions Albin Michel

Le titre informatif : Les aigles puent, Luzz Bassmann, aux éditions verdier


Et puis on y parle beaucoup nuit, de rêves et d'étoiles, dans cette rentrée :


En règle avec la nuit
, Justine Augier, aux éditions Stock

Des étoiles dans la main, Isabelle Chabanel, aux éditions Plaisir de lire

Dans la nuit brune, Agnès Desarthe, aux éditions de l'Olivier

Des feux fragiles dans la nuit qui vient, Xavier Hanotte, aux éditions Belfond

Les jeux de la nuit, Jim Harisson, aux éditions Flammarion

Onze rêves de suie, Manuela Draege, aux éditions de l'Olivier

Deux titres qui m'intriguent : Les trois saisons de la rage, Victor Cohen Adria, aux éditions Albin Michel et Où j'ai laissé mon âme, de Jérôme Ferrari, aux éditions Actes sud.

Enfin, mon préféré : L'insomnie des étoiles, Marc Dugain, aux éditions Gallimard



Et si vous deviez choisir des titres de la rentrée littéraire, lesquels éliriez-vous ?

septembre 13, 2010

J'ai testé : le dimanche soir sans cafard

Hier soir c'était très étrange
on était bien dimanche soir mais je me sentais comme un soir que je n'identifiais pas
détendue, pas trop crevée
Pas de boule d'angoisse à l'idée de revoir certaines personnes au boulot
Pas de remise en question proff-existentielle
Pas de conscience aiguë que nous étions dimanche et que le lendemain se remettrait en route la semaine qui ne perd pas de vue, elle, qu'après le dimanche vient le lundi
Vraiment, c'était une sensation très étrange
Et je ne sais pas expliquer pourquoi
Si encore j'avais une semaine de folie avec trop de beaux projets qui m'aurait vraiment donné envie
mais non, rien à signaler de particulier
Je n'ai rien fait de mon week-end et un autre dimanche cela m'aurait accablé
J'ai voulu voir si faire du repassage me permettait de philosopher comme le pliage du linge, mais je crois que je suis trop une femme du XXIe siècle, ça n'a pas marché
J'ai beaucoup joué avec mes cheveux pour les faire pousser
J'ai fait de mauvais pancakes, les commentaires des internautes disaient que c'était délicieux, on ne peut vraiment pas vous faire confiance
Bref, j'ai toutes les peines du monde à savoir ce que j'ai bien pu faire pour ne pas avoir à ferrailler avec le cafard du dimanche soir
Mais dès que je trouve, je vous le dis !




Fleuve Congo - musée du quai Branly
(rien à voir avec le sujet mais c'est une chouette expo)

septembre 09, 2010

Exquise esquisse

Après ses dessins vignettes publiés sur son blog et les deux tomes de Joséphine qui proposent des planches d'une page, Pénélope Bagieu se lance dans la BD long format.




Cadavre exquis
est le récit d'une rencontre entre un écrivain à succès (Thomas) et une jeune femme hôtesse de salon qui ne lit pas (Zoé).


Côté dessin

Pénélope ne change pas de style, mais pour ce qui est du trait, je l'ai trouvé plus épais, plus confortable que d'habitude, notamment dans Joséphine.
Pour ce qui est des couleurs, j'ai beaucoup aimé leur profondeur. Les bleus notamment sont francs et ça m'a plu.
Quelques associations tranchées construisent un univers et surtout une ambiance (kaki et bordeaux pour l'appartement de l'auteur, grisâtre pour celui de Zoé)
Des détails attirent l'œil, un regard, un sourire en coin, et touchent.
Certaines planches sont vraiment plaisantes (Zoé en pleine page au marché, j'adorerais l'avoir en grand format !).

Côté personnages

La psychologie n'est pas mal vue, (le complexe de l'écrivain, son ego, l'estime de soi des unes, l'ambition des autres... ),
Même si les personnages sont un peu caricaturaux à mon goût, ils sont, je pense, adaptés au format de la BD.


Côté scénario


Une bonne idée de départ, une situation complètement crédible, qui verse petit à petit dans la fiction complète.
A mon sens, on se laisse prendre au jeu ou non, je n'ai pas trouvé ça très difficile d'adhérer, en revanche, et ce sera mon gros bémol, je trouve que la fin est complètement bâclée.
C'est lâché, je déteste être prise par une histoire et finir cul par dessus tête sur une pirouette en ayant le sentiment que l'auteur a été obligé de boucler deux semaines plus tôt que prévu.

Conclusion : un bon plaisir de lecture qui tient bien ses promesses sur le plan graphique mais qui aurait mérité un approfondissement sur le plan du scénario.

septembre 08, 2010

S'il te plaît, dessine-moi un mouton

Ce matin...

j'aurais vraiment aimé savoir dessiner (comme... Garance, par exemple, restons simple)
pour que la princesse que j'ai fait sur un coin de table en déposant mon fils au centre de loisirs soit un peu moins... bizarre...
(elle avait des mains tellement grosses que j'ai dit que c'est parce qu'elle a des super pouvoirs... et des pieds... dans de grandes chaussures à talons. A quoi la petite blonde m'a dit "Mais ! Les princesses ne mettent pas des chaussures à talons, elles portent de pantoufles de vair !!! Les diktats, déjà !)

Mais la petite fille aux boucles blondes était ravie
Et ça m'a fait plaisir

Je devrais dessiner des princesses pour les petites filles blondes plus souvent

septembre 04, 2010

Je plie donc je pense

J'ai longtemps sous-estimé les révélations quasi-extatiques que peut nous apporter le fait de plier la lessive.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est pourtant un acte qui vous révèle à vous même, par le jeu de quelques constatations étonnement pragmatiques et néanmoins criantes de vérité.
Par exemple. Vous pliez votre maillot de bain. Vous êtes rentrée depuis une semaine et demie. Onze jours en fait. Vous allez ranger votre maillot de bain de plage, vous prenez conscience qu'il ne reverra pas le sable chaud avant un bail. Comme vous. Cette fois, c'est certain, vous êtes vraiment rentrée.

Par exemple. Vous pliez un tee-shirt qui appartient à votre fille. Elle est toute petite, elle n'a que sept ans et demi, et malgré tout, vous constatez qu'elle sera bientôt en mesure de vous emprunter vos tee-shirts. Que conclure ? Que vous êtes petite aussi. Que vous avez beaucoup vieilli. Qu'elle a beaucoup grandi. Que vous n'avez pas du tout envie qu'elle vous pique vos fringues. Que vous êtes un poil égoïste. Mais que si elle reluque du côté de votre penderie, c'est que finalement, vous avez du goût et vous êtes dans le coup.

Viendront ensuite prolonger la liste les constats du type "En fait, *La redoutée*, c'est pas pire comme marque" ou encore "En revanche, les fringues *Monoprice*, ça ne tient pas".

Les accès de culpabilité rondement rejetés : "Quand même celui-là, je pourrais faire un effort pour le repasser... mais quel simple bout de coton pour vouloir me renvoyer derrière mon fer, j'ai dit que j'étais une femme du XXIe siècle, oui ou non ? Et puis je suis déjà victime de la mode, je ne vais pas, en plus, être victime des plis ! Que trépasse si je repasse !"

Et les constats plus basiques "Moi qui pensais porter beaucoup de noir, il y a quand même une majorité de blanc dans mes affaires."

Vous tirez ainsi tout un tas de constatations du pliage de linge, qui sont autant qu'une séance de méditation, mais au terme duquel vos penderies et vos idées seront bien mieux rangées qu'après quelques hoooooooommm poussifs.
Vous serez ainsi armée pour affronter la rentrée, les tentatives précoces de votre fille (vous aviez eu du mal à vous remettre du "Maman, ta robe, elle est trop belle !... Je pourrai l'avoir quand tu seras morte ?, cette fois, vous serez bien préparée, de même, vous saurez couper l'herbe sous le pieds aux personnes qui jettent ostensiblement des coups d'oeil à vos plis encore frais.

En sommes, étendez, pliez, vos aurez fait le plus gros du boulot.



septembre 03, 2010

Pourquoi il pourrait ne pas être question ici de la rentrée

La rentrée je fais avec.
Nous cohabitons toutes les deux depuis maintenant 33 ans et ça se passe plutôt bien.

Non pas que je ne l'aime pas, non (à part son parfum de plastique neuf qui me heurte les sens après des semaines de verdure et d'embruns, j'avoue).

Mais avouez quand même:
entre la rentrée des classes, la rentrée du gouvernement et la rentrée littéraire, on en prend jusqu'en novembre, jusqu'à la nausée, et au point de se demander s'il y a vraiment une vie après la rentrée ?!

On enchaîne ensuite directement sur Halloween (vite fait, le folklore) et on atterrit direct sur Noël.
A croire que les gens sont perdus sans repères forts pour scander leur année, et alors même que le vide est par excellence source de bien être, tout le monde sait ça.

La rentrée des classes...

Des heures passées, hagards, enfermés sous la lumière des néons à chercher les fournitures nécessaires à l'apprentissage de nos enfants, en priant intérieurement que cela les aide à travailler correctement et à s'appliquer un peu.

Les heures passées à baptiser les mêmes fournitures, quand on se félicite d'avoir choisi des prénoms à deux consonnes et de n'en avoir que deux et pas huit (comment procèdent les mères de huit enfants ?????)

Le Jour Redouté finalement, quand les mômes endossent leurs cartables, le sourire aux lèvres et la paupière encore gonflée, inconscients encore du processus infernal dans lequel ils vont pénétrer, puis réalisant avec effroi, arrivés devant la grille et debout sur les freins, ils s'écrient alors :
au choix cette année :
"Monpapamamamamanàmoiiii !!!"
"Je ne PEUX PAS Y ALLER EN ESPADRILLES !"

Bref.
L'un n'est pas assez expérimenté pour savoir que la maîtresse fera son boulot de remplaçante de monpapamamamanàmoi très vite et très bien (et qu'elle aura plus d'un tour dans son sac pour l'occuper toute la journée. Elle.)

L'autre, trop jeune encore pour comprendre que les espadrilles sont un talisman pour lutter contre l'odeur de plastique beaucoup trop prégnante et maintenir les pieds, à défaut de l'esprit, encore un peu en vacances...


Moi, les jours de rentrée, je n'allume pas la radio, je ne regarde pas les infos, je fais comme si de rien n'était et s'il n'y avait pas les enfants, je pense même que ce jour-là, je partirai en vacances, loin.

août 31, 2010

Je suis une femme du 21ème siècle.

"Je suis une femme du 21ème siècle" déclare Charlotte Gainsbourg dans une lettre destinée à soutenir Sakineh Mohammadi, condamnée à mort par la justice iranienne après cinq ans d'emprisonnement.

Et moi je le trouve bizarre, ce 21e siècle.

La semaine dernière, ma fille de 7 ans me demandait si elle serait morte quand ce sera la fin du monde.

J'ai répondu instantanément que oui, elle serait morte, que non, elle ne verrait pas la fin du monde. En le disant je ne pouvais m'empêcher d'en douter.

Parce qu'avec ce genre de monde, j'ai du mal à être optimiste.

La modernité devrait nous humaniser mais c'est l'exact opposé qui se produit. La modernité creuse le fossé entre notre humanité et nous.

Et alors qu'on espère être sauvés par la technologie, nous sommes rattrapés par l'archaïsme de notre statut d'hommes.

Je suis une femme du 21e siècle et ça me fiche un peu la trouille.

Bulletin de santé

ça va mieux moi

je crois que j'ai définitivement pris le large

En revanche, entre deux galettes de soja et un petit déjeuner varié, mes résolutions de la rentrée s'avèrent bien plus contraignantes que ce que j'imaginais

manger équilibré passe encore

ramasser les chaussettes des enfants, soit

dormir plus pour rêver plus, très bien (dès que j'aurai une couette plus épaisse, novembre est si vite arrivé)

(mais est-ce que nager plus sera vraiment profitable ?)
(il faudrait que j'essaie)


Sinon j'arrive très bien à ne pas trop m'esquinter au boulot et à coordonner la couleur de mes chaussures à celle de mon sac
c'est important, je vous signale

Et dans la liste de mes grands résolvolutions de la rentrée, je dois aussi trouver des néogrosmots
j'ai pensé à "bachibouzouk" et à "poutargue"
je teste en ce moment "ventre saint-gris"

je vous tiens au courant

août 27, 2010

Un rêve de robinsonnade

Je me suis souvent demandé comment serait la vie sur une île

En l'instant présent, j'aimerais être une héroïne de série, dont le job serait de faire l'expérience suivante, en vue d'écrire un reportage qui serait diffusé sous forme de feuilleton dans un grand quotidien.

Je recevrais un jour un courrier de mon employeur bienveillant :


***


Chère May Bradshow,

voici l'objet de votre prochain reportage :

"Passez un mois sur l'île d'Yeu en ré en l'absence de vos amis ou de quelque connaissance que ce soit, sans connexion Internet et sans portable.

Vous serez priée de vous lever chaque matin avec le soleil, mais vous coucherez à l'heure de votre choix. Vous vous emploierez à diversifier au maximum la nature de vos activités, le but de ce reportage étant de faire connaître à notre lectorat les affres et plaisirs de la vie insulaire.


Vous nous enverrez chaque jour, par courrier, le récit de vos aventures, qui, nous n'en doutons pas une seconde, ne manqueront pas de sel.
Vous partez dans trois jours par le bateau de 6h15.


Nous avons hâte de vous lire, bon séjour

Votre rédacteur en chef

nb : vous pourrez vous munir de vos stilettos si vraiment la séparation vous est trop coûteuse. Mais ce sera tout.

nbb : Vous ne manquerez pas, par ailleurs, d'avancer votre dernier ouvrage, nous attendons le premier jet de votre manuscrit à votre retour.


***


Quel bonheur !

Je me vois déjà, me baignant tous les jours, allant à la rencontre des insulaires, m'essayant à diverses activités, jouer la citadine un peu quiche de pour faire rire les lecteurs en provoquant des situations ubuesques.
OU ALORS
Je me vois déjà, écrivant sur la rude solitude de ces gens d'ailleurs qui ont choisi une vie d'exil et qui trouveraient en moi un peu d'air de la civilisation, qu'il respireraient avidement ou rejetteraient avec effroi.

Hé oui, je suis une femme de clichés.

La vie sur une île, c'est un truc que j'aimerais quand même bien tenter.

Je repense à cette peintre qui vit apparemment de ses tableaux, et donne des cours de peintures et ouvre une galerie à Stockholm.
Je repense à cette femme qui, avec son mari, a réhabilité un vallon sur cette île chère à mon cœur. Et qui, après la mort de son mari, continue de faire vivre ce projet avec une passion douce que rien ne semble pouvoir entamer.

Sur une île, il semble que les gens sont plus accessibles, même s'ils sont en réalité si lointains que rien ne parait pouvoir les atteindre vraiment.

C'est à la fois très attirant, fascinant, et dans le même temps un peu étrange.
C'est mon impression.
Je ne demande qu'à la préciser, la démentir ou la conforter.

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C'était le 250e message de ce blog, et je suis empreinte d'une certaine émotion, cela va sans dire.
Merci de me lire

août 24, 2010

Puisqu'il faut revenir


Puisqu'il faut revenir, me voici
le ressac m'a ramenée sur le sable
les bagages pleins d'idées et surtout pleins de souffle
de ce souffle qui nettoie et qui secoue
réveillée par la mer glacée de mon île
ragaillardie
j'ai eu quelques révélations dans mon hamac, où j'entendais les papillons battre des ailes
quelques sursauts dans l'eau à 16 et quelques frissons aussi
Et puis j'ai compris le lâcher prise et ça... j'avoue que c'était la révélation des vacances
un vrai chambardement mais en douceur, semblable à la fin de la vague qui gomme doucement les traces laissées sur le sable humide dans un crépitement de bulles et laisse une surface parfaitement vierge

voilà, je me sens comme la plage à cet instant précis
toute neuve


Et vous, ce mois d'août ?



août 03, 2010

La première fois que j'ai regardé un miroir, il m'a souri.






La première fois que j'ai vu une mouette, j'ai trouvé ça chouette.
La première fois que j'ai vu une chouette, j'ai trouvé ça chouette aussi.


Beaucoup de poésie dans ce livre aux illustration au trait épais et simple et aux couleurs douces, qui propose une vision émouvante des premières fois de petite fille à grande fille.

A lire, même si vous êtes un garçon !


Vincent Cuvellier pour le texte
Charles Dutertre pour les illustrations
Editions Gallimard jeunesse Giboulées, 2006.

juillet 29, 2010

Le coeur cousu

"Me voilà donc attablée, face à mon écriture nocturne, et je sais que cette écriture noircira le temps qu'il me reste, que j'éclipserai ce grand soleil de papier dans un crissement de plume. L'encre m'est venue quand il n'y a plus eu de larmes. Plus rien d'autre à pleurer. Plus rien à espérer que le bout du cahier. Plus rien à vivre que ces nuits de papier dans une cuisine."


Le coeur cousu, c'est le récit de Soledad, qui raconte sa mère, Frasquita Carasco, sa vie, ses dons, et ses enfants, qui à leur tour héritent de dons, leur épopée dans un pays fait de chaleur, de sable et d'oliviers.

Frasquita coud et répare, les âmes et les corps.

Mâtiné de merveilleux, peuplé d'esprits, ce livre évoque Cent ans de solitude ou La maison aux esprits, quand l'onirique a droit de cité, que les générations se transmettent un patrimoine magique et parfois encombrant.

De l'Espagne à l'Afrique du Nord, dans une langue empreinte de poésie, on suit les yeux fermés le fil de ces vies, la caravane de ces personnages originaux, sages et fantasques. Le chemin de Frasquita croise des hommes et des femmes humains, tellement humains, et l'Histoire aussi.

J'ai adoré ce livre, qui mêle avec beaucoup de délicatesse tous les éléments que j'aime dans un bouquin : les personnages touchants, originaux et sensibles, la poésie, une histoire qui se tient debout et ne se relâche jamais, rien d'attendu, jamais je n'ai été déçue. Et c'est un premier roman. Chapeau.

Je l'ai lu sur les conseils de Fashion, qui a également beaucoup aimé, et à vrai dire, il y a assez peu de chance que vous n'aimiez pas à votre tour. Mais ceci n'est pas un défi.

Le coeur cousu, Carole Martinez, Gallimard, 2007.

Un premier roman donc, lesté de huit prix (parce qu'il les vaut bien (j'insiste)) :
le Prix Emmanuel Roblès
le Prix Ulysse du Premier Roman
le Prix Ouest France Étonnants Voyageurs
le Prix Renaudot des Lycéens
le Prix du Premier Roman de Draveil
le Coup de cœur des Lycéens de Monaco
la Bourse de la Découverte Prince Pierre de Monaco et la Bourse Thyde Monnier !

juillet 27, 2010

des avantages d'être fatiguée

Aujourd'hui j'ai décidé de partager avec vous les bienfaits de mon état larvesque prévacancier


Pourquoi suis-je fatiguée ? Cela fait suite à six longs mois de travail sans congés. Comment ça, je vous ai déjà dit, ça ? Et que RTT est un mot qui ne fait pas partie du glossaire de mon agence, je vous l'ai déjà dit, aussi ?

A relire ma liste, j'en viens à songer qu'il serait bon que je sois vraiment fatiguée plus souvent...


Je vais moins vite
Moi qui suis une adepte (qui a dit "fanatique" ?) du "fais vite", je me surprends à prendre mon temps, à avoir le geste mesuré, à ne plus oublier de respirer. Zen.



Je lâche prise
(De toutes façons je n'ai plus la force de tenir bon)
D'ailleurs comme je n'engage plus rien, je n'ai plus besoin d'être endurante. CQFD.


Je relativise
J'ai envie de dire "c'est pas grave" à tout bout de champ
Du moment que mon billet de train est dans mon sac et mon sac sur mon dos, tout va bien.



Je ne m'énerve plus

Cela demande trop d'énergie de se mettre en colère. Mes révoltes sont intérieures, enfouies sous des tonnes de passivité contemplative, et ne durent jamais bien longtemps, étouffées qu'elles sont par le poids du sable du marchand.
J'ai de vagues souvenirs d'une époque où je pouvais me mettre en rogne pour des broutilles. Cela m'est aujourd'hui étranger.


J'aime les gens

Je souris béatement à tout le monde ou je dors littéralement debout : le résultat est le même, tout le monde m'est sympathique. Quoiqu'il en soit, quand on me parle, je ne comprends rien, alors je souris et hoche de la tête "oui oui" (non, mon bonnet n'est pas encore pourvu d'un grelot, bande de vilains).



Je m'endors très facilement le soir
Et, cerise sur le gâteau, je ne me réveille qu'au petit matin, la paupière lourde, la mèche dressée et la mine froissée.
ça fait rêver, non ?

juillet 26, 2010

L'air

[J-4]

Je place cette journée sous le signe de l'air

Air qui me manque
l'air de rien
l'air du large

une caresse
une brise
revivre un instant la fraîcheur d'une naissance
la tendresse d'un baiser
un coulis frais sur la nuque
un jardin au petit matin
le parfum lourd d'une garrigue la nuit
un air de nouveauté
un fumet de sommeil
sentir l'air du monde
savoir la vie



La femme dans le vent tourne au gré des bourrasques

Je phoneblogue

ou presque...
En prévision des vacances j'ai testé le bloguage par le biais de mon téléphone... Mais je n'ai réussi qu'à poster un titre ! Et encore, j'ignorais qu'il était en ligne...

Donc, à l'heure qu'il est, me voici donc en mesure de bloguer façon twitter, des microbillets sans autre texte... C'est pas le Pérou !

juillet 22, 2010

T'as voulu voir Vierzon

dépression
[n.f.] Diminution de la pression atmosphérique

j'ai voulu faire comme si
mais ça fait comme ça
je crois qu'on tente toujours d'y croire, un peu
mais des fois ça ne se passe pas "comme si"
alors je vais faire avec "comme ça"
attendre un peu que ça passe
laisser les vagues gommer les traces
user les bosses
combler les vides
redessiner un nouveau paysage
et quand je serai prête
je me remettrai à l'ouvrage

Maintenant ce n'est pas le moment
je suis à bout de forces
à court d'idées
à vide

Je rêve d'un hamac en tissu
d'un peu d'ombre entre les feuilles
d'un ruisseau qui murmure la fraîcheur du petit matin
de bains glacés qui laissent des langues salées sur la peau tiède
du ciel tout autour comme une couverture douce et légère
pleine de fils blancs et d'oiseaux pour la plisser
de l'horizon brouillé qui fait loucher
de la chaleur qui fait dormir
du temps plein de libre
de rires d'histoires

Comme toujours...

juillet 20, 2010

La dernière ligne droite

Vacances moins 10 jours.
ça va mieux en les comptant, finalement.

Je suis cre-vée.
Il faut dire qu'en ce moment je fais du yoga (il paraît que ça aide à gérer le stress), des semi-pompes pour me préparer à mon stage de planche à voile (oui, je sais, je n'y arriverai pas, c'est super dur, mais c'est bien de tenter hinhinhin (discours que j'entends depuis trois semaines que je me suis inscrite, sans exception, et comme je suis faible, je commence à y croire : je n'arriverai pas à monter sur la planche, encore moins à tenir dessus, quant à naviguer, soyons sérieux !))
A l'heure où je vous parle, j'y crois encore un peu, si bien que j'ai encore tenté les pompes (enfin, les semi, je ne suis pas JCVD) et que j'y ai laissé mes deux biceps.

Oui, bon, je noie le poisson (vengeance préalable aux 1253 tasses que je boirai dans peu de temps), j'ai reçu la réponse à mon appel, c'est non, ils ne veulent définitivement pas financer mes études de journalisme. C'est fort contrariant.

Mais je suis une fille de signes. Et je me dis que si ça n'a pas marché, c'est qu'il y a une raison orchestrée par une puissance supérieure, le tout dans mon intérêt.
Ceci formulé avec de bien grands mots pour dire que je ne me laisse pas abattre et que je vais bien trouver de quoi compenser cette non réorientation. J'espère. Va falloir.

Mais pas tout de suite, donc, je suis empêchée par mes bras tout mous et mon cerveau liquéfié, oh, vous pouvez sourire, je sais bien que vous êtes dans le même état, au moins en ce qui concerne l'intellect, quant aux muscles, ma foi, c'est votre problème.

Prochaine étape, donc, les vacances, ses siestes, sa lecture, son grand air, ses courbatures, etc etc.
Et puis l'année prochaine, on verra. Chaque Chose en son temps.

Sinon, pour accompagner notre été, et pour entrer de plein fouet dans le dur, Fashion et Chiffonnette ont lancé la seconde édition des Harlequinades : attention, c'est caliente, amigos.

Le but du jeu étant, non pas de lire le plus de volumes de cette collection célèbre (on est pas maso) mais d'en lire un (ou plus, malgré tout, c'est no limit) et d'écrire une chronique sérieuse sur le sujet. Pas moins.

L'année dernière, j'avais participé, mais j'avoue que j'avais souffert, mais je pardonne à l'auteur, car à grands coups de lectures publiques au bureau, nous avons ma foi passé de forts bons moments.
Quant à savoir si je participerai à nouveau cette année, rien n'est moins sûr, mais je suis tentée. Bref, je n'en sais encore rien. Cerveau mou, je disais.

juillet 15, 2010

En juin, crise de booklimie !



La Délicatesse - David Foenkinos

un petit roman doux amer, qui fait la part belle aux anti-héros, traite de la perte avec une distance intéressante et de la richesse que peut apporter une rencontre inattendue.
Une construction originale, aux chapitres parfois très courts consacrés à des détails.
Comme de petites respirations.
On se fiche de savoir si c'est crédible ou non, c'est comme ça, c'est tout, on le prend comme ça vient.
J'ai bien aimé.
J'avoue malgré tout que le détachement de l'héroïne est parfois contagieux : à force d'être insensible, elle m'a perdue en route.
C'était peut-être le but ?! Que le lecteur ressente son égarement...
Un livre qui porte bien son titre, quoiqu'il en soit.




Prochain arrêt le paradis - Melissa Bank

Un livre recommandé par Miss Zen, qui m'a laissée perplexe quelques pages (mais pas plus) puis qui m'a littéralement embarquée !
Le regard ironique de l'héroïne sur sa vie, sa famille, son boulot, sans aucune pointe de cynisme, m'a fait beaucoup de bien.
Un moment agréable, léger
j'ai eu l'impression d'avoir une copine américaine qui grandissait en même temps que moi.
Et une copine pleine d'humour


La forêt des renards pendus - Arto Paasilinna

Séjour en
Laponie aux côtés d'un gangster et d'un militaire alcoolique
Où un renard dîne à l'œil et s'appelle "
cinq-cents balles"
Au début je me suis demandée où l'auteur allait
(je m'étais ennuyée en lisant "Le lièvre de Vatanen")
au milieu j'ai commencé à sérieusement me régaler
A la fin j'étais carrément enthousiasmée par cette histoire pleine de surprises et aux personnages attachants.



La princesse des glaces - Camilla Läckberg

Moi qui ne suis pas polars
Moi qui ai du mal avec les personnages aux noms du Nord
j'ai beaucoup aimé ce premier volume
Où l'auteur met en place le théâtre de ces intrigues suivantes
Et des personnages aux caractères bien identifiés
une histoire qui se tient
un suspens
pas haletant (que je suis difficile !!!), mais un suspens malgré tout


Je suis en pleine lecture du (Le) coeur cousu, de Carole Martinez.
De ces livres que l'on fait durer parce leur fin viendra quoiqu'il en soit trop tôt.



juillet 11, 2010

La faim de l'écriture


Je fais un bilan d'année et j'omets mon roman. Sûrement parce que je ne mélange pas pro et plaisir.

Et puis c'est que... je ne suis pas si avancée que ce que j'aurais aimé.
La faute à cette tendance à vouloir toujours faire plus, aller plus loin, et finalement être constamment déçue, alors même que j'ai avancé, malgré tout.

Donc après mon année d'atelier, je me trouve à la tête d'une bonne trentaine de textes, de trois personnages (dont un que je ne sens pas plus que ça, c'est étonnant, le pauvre, mais il ne me parle pas, à telle enseigne que je me demande ce qu'il est venu faire dans cette galère. Enfin bon, il va bien finir par se montrer, hein), et d'une histoire, ou du moins de la première partie de mon histoire, et d'un tas de questions, que je n'ose pas soulever toutes en même temps de peur de provoquer un chaos fatal.

C'est étonnant de voir les choses se mettre en place, de savoir répondre à des questions que l'on ne s'est jamais vraiment posées, de voir les personnages nous révéler leur histoire, leurs envies, leurs hésitations, de voir la langue animer tout ce beau monde et jouer des tours à sa façon.

C'est compliqué de trouver le temps de poser tout cela, de ne pas se décourager face à tout ce qu'il y a à faire, d'avoir la sensation constante qu'on repousse des murs horaires qui sans cesse veulent nous presser.
De ne pas culpabiliser parce qu'on a privilégié l'écriture à la peinture avec la poulette de 7 ans ou au vélo avec le loupiot de 3 ans.
De ne pas culpabiliser parce qu'on a eu du mal à se lever alors qu'on avait vraiment décidé de s'y mettre, demain matin.
Des fois, l'écriture, pour moi, c'est comme un régime. Demain je m'y mets. Ou comme le sport. Pourtant, dès qu'on s'y met, même un petit peu, c'est tellement gratifiant.

On pourrait écrire des heures sur les freins de l'écriture, la difficulté énorme de ne pas se laisser écraser par le "de quel droit, moi, je veux écrire" ou par le "tu perds ton temps".
Et puis comment comprendre, à lire ces lignes, qu'on ait besoin de continuer, qu'il y a quelque chose derrière tout cela, qui a besoin de sortir. Ca ressemble presque à une forme de masochisme.

Mais non, évidemment, cette année a été compliquée, elle était pleine comme un oeuf, et j'ai sauvé les meubles.
Évidemment, on voudrait y arriver, on voudrait se prouver qu'on peut, mais on est bien peu de choses devant la fatigue, le travail à plein temps et les baisses d'énergie (et de moral).
Mais évidemment, cette année était enthousiasmante, et gratifiante. Et si je n'aboutis à rien de vraiment concret, en ce mois de juillet qui préfigure les vacances et une grande pause pour me requinquer, je suis quand même contente, et un peu épuisée.

Je ne sais pas où je vais, mais j'ai compris il y a peu que pour moi, écrire un roman, c'est se lancer dans l'histoire sans fin. Or... il va bien falloir que je l'affronte, la fin, n'est-ce pas...

Je vais donc m'organiser, ce que je n'ai jamais pris la peine de faire, et puis avancer. Chapitre par chapitre. Je vais arrêter d'avancer à reculons vers la fin.
La fin, la fin... mais c'est quoi, la fin de l'écriture ? Comment on se sent quand on a bouclé un roman ? Comment sait-on que c'est terminé ?
Je vous raconterai. J'espère ;o)




L'écriture est une aventure. Au début c'est un jeu, puis c'est une amante, ensuite c'est un maître et ça devient un tyran.
W. Churchill


Du blé vert, oui, pourquoi pas ?

juillet 06, 2010

Y'a d'la rumba dans l'air

le smoking de travers...

J'en connais qu'ont le smoking de travers, mais pas pour les bonnes raisons.
Pas à cause de la rumba cha-cha-cha, plutôt à cause des enveloppes et autres bandes sonores trouvées dans le grenier de Liliane.
Enfin, toutes ces révélations vont remuer un peu le sommet de la pyramide, j'espère que cela ne tombera pas plus bas.

Sur ces entrefaites, voyez-vous ça, c'est déjà l'été !
Avec un peu de bol, les petits Français feront assez de châteaux de sable pour nous enterrer tout ça. Vous n'y croyez pas ? Je ne l'espère pas.

Des températures chaudes bouillantes, et des esprits non moins échauffés. Entre les procès, les témoins cachés, les bastons dramatiques et le reste, ça sent la rupture.

Et moi dans tout ça, hé bien je m'apprête à faire un petit bilan de cette première moitié de 2010.
Alors nous disions donc un bilan de compétences, un concours d'entrée réussi dans une école de journalisme, une demande de congé auprès d'un employeur en légères difficultés, et un refus de financement de l'AFDAS qui vient solder le dossier et clore toute velléité de formation.

Bilan ?
C'est assez tentant de répondre "retour à la case départ".
Mais je ne le ferai pas.
Non parce que ce serait dire qu'il ne s'est rien passé pendant ces six mois, alors que c'est faux.

D'une, j'ai tenté une école de journalisme. En faisant mon bilan, je m'attendais à m'organiser pour devenir pigiste, mais pas nécessairement en passant par une école, et en appréhendant grandement.

De deux, j'ai été admise à cette école. Je m'y attendais encore moins, et pourtant, ça l'a fait.

De trois, en faisant ma demande de CIF, j'ai révélé à mon employeur que je n'était pas au mieux de mes capacités et de mes attentes dans mon poste. Les conséquences seront certainement inattendues, mais partant du principe qu'avec eux, c'est toujours le cas, autant être claire.

De quatre, faire ces projets m'a aidé à mettre un pied dehors. Au moins dans ma tête. Du dehors dedans en somme !

Alors je me donne le mois de juillet pour réfléchir, danser la rumba, je prends des vacances, et à mon retour, je repars sur une nouvelle piste.

Je vais y arriver.

Et vos bilans à vous ? Sont-ils enthousiasmants pour l'avenir ?


juin 30, 2010

L'affaire Zoé Shepard ou Les limites du droit de réserve

Sous le pseudo de Zoé Shepard se cache une jeune femme dont le premier livre Absolument Dé-bor-dée ou le paradoxe du fonctionnaire décrit - de façon romancée - son job dans la fonction publique territoriale.
Manifestement mal camouflée sous le prénom Zoé, la jeune femme se voit aujourd'hui menacée de révocation par le conseil régional, pour non respect de son obligation de réserve.

Sur le blog de Caroline, et dans une interview de l'auteur sur fluctuat, on découvre l'origine du livre, un profond malaise, un blog, qui se transforme en livre.


Les fonctionnaires... long débat, épineux débat. Sont-ils trop nombreux ? En sous-effectif ? Mal répartis ?
Je n'en suis pas, et me garderais bien de juger de la pertinence du livre.

En revanche en ce qui concerne l'obligation de réserve, et compte tenu des tensions actuelles, je me demande ce qui est le plus important ?
Respecter une obligation de réserve et fermer les yeux sur les dysfonctionnements d'un système qui est en crise ?

Pour que ce soit clair, voici le texte :

Obligation de réserve

Le principe de neutralité du service public interdit au fonctionnaire de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque. La portée de cette obligation est appréciée au cas par cas par l’autorité hiérarchique sous contrôle du juge administratif.

L’obligation de réserve est une construction jurisprudentielle complexe qui varie d’intensité en fonction de critères divers (place du fonctionnaire dans la hiérarchie, circonstances dans lesquelles il s’est exprimé, modalités et formes de cette expression).

C’est ainsi que le Conseil d’Etat a jugé de manière constante que l’obligation de réserve est particulièrement forte pour les titulaires de hautes fonctions administratives en tant qu’ils sont directement concernés par l’exécution de la politique gouvernementale.

A l’inverse, les fonctionnaires investis d’un mandat politique ou de responsabilités syndicales disposent d’une plus grande liberté d’expression.

La réserve n’a pas trait uniquement à l’expression des opinions. Elle impose au fonctionnaire d’éviter en toutes circonstances les comportements portant atteinte à la considération du service public par les usagers.


De la considération, j'en ai, je respecte les fonctionnaires, je respecte le Service public. Si ça dysfonctionne à pleins tubes, il faut réagir.
Zoé Shepard va peut-être être révoquée. C'est une grosse sanction. Lourde. Je ne la lui souhaite pas.
Et franchement, quand on entend que la femme d'Eric Woerth n'a pas réalisé la collision entre ses fonctions et celles de son mari, on croit rêver.
Encore une fois, il me semble qu'on touche aux limites du système : deux poids deux mesures.

D'un côté des ministres qui confondent le bien public avec le leur, de l'autre des sanctions maousses sur une fonctionnaire qui dénonce avec humour ce que tout le monde soupçonne. Mais à quel point ?

juin 29, 2010

Des vers à soi

avec ma fille en ce moment on se pique des bouquins
elle me supplie de la laisser lire deux pages, s'il te pléééééé...
et moi je rêve d'écrire des romans pour enfants et ados et adultes
je ne suis pas sectaire
je ne fais pas qu'en rêver, je le fais aussi
et c'est aussi bien que dans mes rêves
en ce moment il fait trop chaud
et puis je travaille trop
Sarko m'agace
tant d'hypocrisie en un seul homme
ça ne devrait pas être permis
j'aimerais vous dire
"je vous laisse ma mer m'appelle"
mais les vacances ne sont que dans plusieurs semaines
alors j'attends
sagement


juin 28, 2010

Mauvaises ondes

On a pris un sale tournant.
Les licenciements récents intervenus sur France Inter, la très prochaine nomination du nouveau président de France Télévision, sont autant de pavés dans la mare de la liberté d'expression, et le service public n'a jamais aussi mal porté son nom.

Qu'on aime ou pas le ton de Guillon et Porte, ce n'est évidemment pas le propos.
Quoiqu'il en soit, il n'y a pas eu débat, c'est terminé.

France Inter en burqa, comme le disait Guillon vendredi, c'est semble-t'il une réalité.
Le gouvernement n'est pas à une contradiction près.

juin 25, 2010

Argh... tu m'as eue, lili !

L'illustratrice la plus green de tout l'ouest bloguien, j'ai nommé lili la baleine verte, m'a taguer !

Vous allez donc, en direct et sans filet, découvrir ici, sous vos regards stupéfaits (ça change des yeux ébahis mais ça sonne moins bien...), taratatamratatamratatam..... dzing !


Un signe particulier que j'ai
alors j'hésite. C'est que, telle que vous ne pouvez pas me voir, je suis si particulière... mais allez, je tombe le masque : j'ai des pouces très laids. Pas de photo pour en témoigner, j'ai passé toute ma jeunesse à les planquer dans mes paumes en les camouflants sous les autres doigts. Des petits pouces (à ma taille, donc), tout ronds, très larges, très pratiques pour enfoncer des punaises, comme me le disait mon frère, véritable félon à ses heures.



Un mauvais souvenir
Le jour où je jouais dans cette pièce "Le fantôme de Canterville", lorsque l'apparition du fantôme a déclenché l'hilarité générale. Je n'ai pas compris tout de suite que la lumière noire faisait très bien ressortir le fantôme, mais également mes sous-vêtements blancs, sous la robe en mauvais tissu cousue par une grand-mère bienveillante. J'avais 15 ans.
Il semblerait que je ma pudeur ne soit pas ressortie tout-à-fait indemne de cette prestation.



Un souvenir d'enfance
Un été, j'ai vu Carlos en concert sur la place du marché de St Guénolé quand j'avais 5 ans.
J'en suis encore transportée.



Mon défaut
Genre THE ONE ? C'est que... J'ai cette chance de disposer de pas mal de modèles de défauts en magasin. Alors au pif, tiens : je suis une râleuse de la pire espèce.
Je sais, c'est un peu contradictoire avec la couine-attitude, mais je suis une femme, et capricorne de surcroît, je vogue gaiement du fond du trou à la plus céleste des félicités.
Je sais, c'est dur, je casse un mythe, mais vous vous en remettrez, j'en suis certaine !




Mon film bonne mine

Mama Mia !

Meryl Streep est mon modèle de femme épanouie et pétillante ever.
Quand je serai vieille, non pardon, épanouie, je veux être dans le même état : sauter dans l'eau toute habillée en riant, vivre sur une île en Grèce... et comme je suis généreuse, je vous laisse Pierce. Il chante comme un sac et j'aime pas trop son sourire, allez, c'est gratuit, ça me fait plaisir.





Et s'il ne fallait en taguer qu'une, je taguerais Erzebeth, uniquement parce qu'elle est drôle. C'est de sa faute, aussi.

juin 20, 2010

Le plaisir

Ranger son manteau râpé (huit mois d'hiver, ça t'use une laine)
Retrouver ses vestes, jouer à la working girl en remontant les manches
Remettre ses tee-shirt à slogans rebelles
Retrouver une ampleur de mouvements empêchée par les couches empilées
Se planquer derrière ses verres fumés
Glisser ses petons nus dans des souliers ouverts
Lézarder au soleil, s'endormir pour une sieste
Souffler pour de vrai entre midi et deux à une terrasse de bistro

Printemps et plaisir commencent par la même lettre et ce n'est pas pour rien.
Je revis.

juin 17, 2010

L'âge et la manière

Hier soir, en quittant l'agence.
Devant moi, une femme, une mère, mon âge, un livre d'anglais en main (elle fait répéter une leçon d'anglais à la jeune adolescente brune qui marche de l'autre côté).
L'autre main est posée sur l'épaule de son fils, environ 7 ans, le guide.
Elle a un jean large brut de jolie coupe, vaguement usé en bas à force de traîner sur le bitume, et des spartiates, des cheveux bruns et un joli sac besace en cuir marron.
Sa fille a l'âge qu'aura la mienne dans 3-4 ans. Son fils a l'âge qu'aura le mien dans 3-4 ans.
Je me suis sentie terriblement pareille qu'elle.
Et terriblement différente.
Elle les accompagnait, en sortant de l'école. Ils rentraient probablement chez eux.
Je sortais de l'agence.
J'étais seule dans la rue.
Je me suis sentie beaucoup plus jeune et beaucoup plus vieille à la fois.
C'était étrange de me sentir aussi diverse dans une situation aussi commune.
Étrange de ne pas savoir me situer, pour une fois.
Mais pas du tout désagréable.



juin 15, 2010

ça couine fort chez les Happy few !


Voyez-vous, j'aime Fashion pour ses critiques de bouquins toujours menées d'une plume maîtresse et pigmentées d'une pointe d'humour, mais j'aime aussi Fashion pour ses idées délirantes (cf. les Harlequinades) et je ne résiste pas à vous faire découvrir la dernière initiative, prise avec le Bookomaton, de crier haut et fort son goût pour la couinerie.

Couinerie : n. f. : faculté à voir la vie en rose et à le faire savoir. Disposition de l'âme à exprimer tout haut ce que le coeur bondissant ressent si fort : la joie, le bonheur.

En ces temps de crise et d'ineptie généralisée, grand bien nous fasse de couiner. C'est la raison pour laquelle je participe à cette clamade généralisée pour le droit inaliénable à la couinerie !

Et au premier fâcheux tenté de demander "qu'est-ce que cette co(ui)nnerie?!", je serais tentée de répondre "Couinez donc mon ami, et cessez un peu de grincer que diable !"

Frères et soeurs couineurs, je vous salue bien bas !



juin 14, 2010

Le temps suspendu

En ce moment je ne dors pas bien.

Je suis heureuse, oui, vraiment, je suis heureuse.

Mais tant de possibles tourbillonnent, prometteurs, porteurs de nouveauté.
Tant de choses qui m'appellent et m'effrayent.
J'ai du mal à laisser le temps suivre son cours, prendre son temps.
Pourtant, il m'en donne à moi aussi, du temps.
Du temps suspendu, dont j'aimerais réussir à saisir la légèreté pour en profiter.
Quelques jours seulement, durant lesquels je n'ai plus rien à prouver, à tenter ou à réussir.
Juste à attendre, qu'on prenne une décision, pour moi.

Ces quelques jours, il faut que je parvienne à les embellir.
Et que j'appréhende l'issu de la décision, quelle qu'elle soit.

Puisque, quoiqu'il advienne, je suis heureuse.

juin 08, 2010

Le royaume de sa nuit

Lorsque j'ai décidé de participer à l'opération Masse critique, j'avais deux objectifs :
. le premier, de l'ordre du (petit) fantasme : recevoir un bouquin d'une maison d'édition pour le commenter
. le second, me tester sur la lecture et la critique obligatoires en temps limité, ce que je ne e sentais pas vraiment capable de faire. En fait si.

J'ai choisi une biographie, parce que j'adore les bio et que je n'en lis pas tant que j'aimerais. Celle-ci propose de découvrir l'histoire de mère Teresa, une sacrée femme, un personnage du siècle, quelqu'un dont j'ai beaucoup entendu parler petite, mais dont finalement je ne sais pas tant de choses.

Sauf que.
Sauf que dès les premières pages, j'ai été agacée par le style "mystique" de l'auteur.
Renseignements pris, Olympia Alberti est décrite comme une passionnée de mystique et de l'Inde. Indéniablement, sa connaissance de l'Inde est très appréciable et apporte beaucoup.
Le style mystique, en revanche, ne me semble pas indispensable mais vu le personnage dont il est question, pourquoi pas, on dira que le lectorat peut facilement verser dedans.

Passé la barrière du style, c'est donc de l'enfance que traite en premier lieu ce livre. Le foyer de mère Teresa était empli d'amour, je le sais parce que l'auteur répète le mot toutes les trois lignes.
Vient ensuite le temps de la vocation, celui de son entrée dans les ordres, le temps de l'appel de Jésus. Puis un échange de courriers qui visent à nous faire comprendre la difficulté que Mère Teresa a eu à convaincre ses supérieurs de la laisser sortir du couvent. Fallait-il nous imposer toute la pénibilité de ces échanges et leur longueur dans le temps pour nous la faire comprendre ?
Enfin, un passage, extrait du journal de Mère Teresa, la donne véritablement à voir. Nous dit ce qu'elle vit concrètement. Et c'est ce que j'attendais de ce livre : savoir ce qu'elle a dû surmonter, de quoi était faite sa vie au quotidien. Or le propos du livre porte beaucoup plus sur la "nuit de la foi" de Mère Teresa, ce moment où elle a senti en elle que Jésus l'avait abandonné, et qui a duré des années.
Le titre était clair sur ce fait, moins le sous-titre "Récit d'une vie", qui porte à croire qu'il nous livrera une vision complète de sa vie. Or l'auteur bâcle littéralement les dernières années de Mère Teresa. Vous saviez, vous, qu'elle avait agit pour les malades du sida aux États-Unis ? Moi non, et j'aurais voulu en savoir plus. Mais toutes ses dernières actions sont énumérées en fin d'ouvrage, donnant l'impression qu'elles ne représentent qu'une part marginale de sa vie, et je trouve que cela crée un déséquilibre réel sur l'ensemble du bouquin.
Voilà pour la critique.

Pour ce qui ressort en revanche de l'esprit général de cette biographie, j'avoue que j'ai été touchée par cette "nuit", par ce courage que l'auteur nous donne à lire, en dépit d'une foi vacillante, d'une quête de Jésus inassouvie. Pour le coup, l'écriture mystique donne une certaine force, même si point trop n'en faut: à de nombreuses reprises, j'ai trouvé que l'auteur se faisait plaisir en partant dans des considérations un peu trop redondantes alors qu'on a compris de quoi il retournait depuis belle lurette. Mais reconnaissons-lui ça, elle y arrive. Elle parvient à faire passer cet espoir incroyable que portait Mère Teresa alors même qu'elle n'avait plus qu'elle sur qui compter. Comme cela est décrit dans le livre, cette "nuit de la foi" est "classique" chez les grands mystiques, un peu comme si Jésus leur donnait une conviction incroyable au départ, pour les porter, et qu'il les laissait ensuite continuer à croire et à œuvrer, mais sans plus jamais se montrer à eux.

En conclusion, j'ai bien aimé cette lecture, malgré ces quelques travers qui alourdissent le propos. Je suis assez tentée de me pencher sur l'ouvrage autobiographique cité plusieurs fois : "Viens, sois ma lumière".

Voici donc une lecture à recommander aux plus spirituels d'entre nous, ou à ceux qui voudraient avoir un aperçu parlant de ce que peut signifier "avoir la foi" et vivre d'amour.



juin 04, 2010

Wisteria lane

Depuis quelque temps, il y a un homme dans ma ville, qui me dit bonjour avec un grand sourire quand il me croise.

Un homme entre deux âges, un homme qui serait du nouveau troisième âge, vers la soixantaine.

Je fronce généralement les sourcils et marmonne un bonjour, en pensant qu'encore une fois, on me prend pour quelqu'un d'autre, ça m'arrive tout le temps.

Hier, j'ai découvert que cet homme est mon voisin d'en face. Celui de la petite maison qui ne paie pas de mine.

Mon voisin de devant mon nez quand je sors de chez moi depuis trois ans...

juin 03, 2010

Série-réalité

Ce matin en montant dans le train, j'ai reconnu Charly et Rose, de Lost.

Finalement c'est pas mal que la série soit finie...

mai 24, 2010

Non, non, non, je ne veux pas travailler

Ces dernières semaines, je n'ai pas beaucoup blogué, j'étais très occupée à faire avancer ma vie en vrai. Aujourd'hui j'ai deux minutes devant moi, on est lundi de pentecôte, je suis au bureau, un peu agacée à la perspective de passer la journée qui s'annonce radieuse planquée derrière les stores du bureau où il fait déjà 22° à 9h30.

Henri a dit "Le travail c'est la santé", et Nicolas que "le travail c'est la liberté".
J'abonde dans leur sens, à deux énormes bémols près :

1. Le travail c'est la santé, et comme toujours en matière de santé, tout excès nuit.

2. Le travail c'est la liberté, en bonne femme moderne et libérée, je ne peux que comprendre le fond de cette acception (malgré ses accointances nauséabondes) , mais je crois qu'aujourd'hui je me satisferais très bien de ne pas être libre pendant huit heures...


Allez, pour fêter ça, une petite bande annonce sur laquelle je suis tombée il y a une heure. Et non, il n'y a pas de hasard pour que je tombe dessus aujourd'hui, je vous le dis, mes amis, les signes, il faut lire les signes.
(Promis, après cette saison de Lost, j'arrête les séries surréalistes).

Bonne journée, profitez-en bien, et sans rancune... ou presque.

Et pourquoi, oui, pourquoi, faut-il que je tombe sur cet article du Monde ? Argh !