juin 22, 2009

Comment tu lis ?

1# Plutôt corne ou marque-page ?

Marque-page. Des jolis, qui restent sur mon bureau, et des pratiques pas beaux qui marquent mes pages...

Je n’ai jamais été capable de corner un livre.


2# As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Quelle drôle de question ! Tout le monde sait que je ne lis pas !


3# Lis-tu dans ton bain ?

Oui, des magazines ! J’ai trop peur de faire tomber mon livre. D’ailleurs, une très bonne amie m’a offert il y a quelques mois pour mon anniversaire un livre de poche qu’elle avait lu et fait tomber dans son bain !

Il est complètement gondolé, gonflé. C’est en quelques sortes un livre personnalisé… Au début je me suis dit « Elle est gonflée ». En fait, c’est ça. Elle est gonflée, c’est tout elle, c’est pourquoi je l’adore.


4# As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Aujourd’hui vous voulez dire ?!

Oui, j’y ai pensé, j’y pense encore et toujours, et je n’ai pas fini d’y penser !


5# Que penses-tu des séries à plusieurs tomes ?

Je dis oui ! J’en pense que si la cohérence et le rythme sont là, j’adore les séries. En revanche, c’est certainement un travail de titan qui ne cesse de m’impressionner.


6# As-tu un livre culte ?

J’ai des livres cultes par période. J’ai eu ma période Le monde selon Garp-culte, puis Cent ans de solitude-culte. En ce moment je sors de ma période L’ombre du vent-culte pour vivre à fond ma période Tobie Lolness-culte !


7# Aimes-tu relire ?

Parfois. Ado j’ai relu trois fois Bonjour tristesse en quatre ans je pense.

Des fois j’ai besoin de comprendre ou de me remémorer ce qui m’a plu. D’autres fois, je teste, pour voir si le livre tient le choc dans le temps… Mais globalement, il y a trop de livres qui m’appellent pour que je relise ceux déjà lus.


8# Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

Ne pas. Je préfère que ces êtres qui ont réussi, eux, à accomplir cet acte de bravoure qu’est l’écriture d’un livre, ne soient pas trop de chair ;o)

En vrai j'aime écouter leur interview, découvrir comment ils écrivent.


9# Aimes-tu parler de tes lectures ?

J’adore essayer de « contaminer » les gens du plaisir que j’ai eu à lire un livre, oui, j’avoue.


10# Comment choisis-tu tes livres ?

Dans les blogs, principalement, dans Le Monde des livres parfois, et en ouvrant au hasard, pour goûter l’atmosphère. Surtout, j’évite les 4e de couvertures. On compte sur les doigts de la main celles qui valent le coup d’être lues. C’est un métier…


11# Une lecture inavouable ?

Et si c’était vrai ? Du M. Levy… Complètement inavouable, isn’t it ? La curiosité, je vous dit !


12# Des endroits préférés pour lire ?

Dans l’ordre de préférence : dans mon lit, au chaud. Dans un hamac, au frais. Dans le train, pour l’isolement, et en voiture parce que des fois, la lecture n’attend pas.


13# Un livre idéal pour toi serait ?

Idéal… un livre qui, quand je l’ouvre, me donnerait des pistes pour comprendre le monde autour de moi… Tous en somme !


14# Lire par dessus l’épaule ?

Je suis toujours tentée de le faire, mais je ne supporte pas qu’on me le fasse !


15# Télé, jeux vidéos ou livre ?

Je n’ai définitivement pas la télé, les jeux vidéos me laissent de marbre, donc livre ! Trois fois livre !


16# Lire et manger ?

Oui, mais surtout pas en même temps, je trouve ça trop triste.


17# Lecture en musique, en silence, peu importe ?

En silence, surtout. Ou alors avec juste le chant des oiseaux dehors, j’adore.

Mais je connais des gens qui me parlent quand je lis ! Par pitié, ne faites pas ça !!!


18# Lire un livre électronique ?

Froid ! beurk… Et puis on passe déjà trop de temps sur des écrans.


19# Livres empruntés ou livres achetés ?

Plutôt achetés, je suis mal à l’aise avec les livres empruntés, j’ai constamment peur de les abîmer. Et comme je suis très matérialiste, j’aime l’idée de les avoir toujours à portée de main pour en relire un passage, renouer avec leur atmosphère.


20# Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ?

Je viens de finir Tobie Lolness, dont j’ai adoré et donc dévoré les deux tomes, même si j’ai essayé de faire durer un peu le plaisir sur la fin.

J’aime bien prendre un peu de temps avant de replonger dans autre chose.

Et je ne sais jamais à l’avance ce que je vais lire. Ça dépend de mon envie au moment où j’en choisis un nouveau dans ma PAL.


21# As-tu déjà abandonné la lecture d’un livre ?

Oui, mais alors, ça me coûte ! Dans ces cas-là, je subis un mélange douçâtre de sentiment d’échec et de curiosité inassouvie. C’est pour cela que j’abandonne rarement des livres en cours de route. J’ai besoin d’en avoir le cœur net avant de pouvoir dire pourquoi je n’ai pas accroché.


22# Tu taggues qui ?

Euh… qui ne l’a pas déjà eu ?!

juin 17, 2009

Les gens ne quittent pas l'Afghanistan pour venir se doucher à Calais

Les amis l'heure est grave.
Les réfugiés à Calais vivent moins bien que la plupart des chiens de nos foyers français, et ce n'est pas peu dire.
Je viens de lire cet article dans Libération, sur la situation sanitaire pitoyable des 500 personnes en attente d'une vie meilleure.
Évidemment ils ne devraient pas être là, évidemment ce camp ne devrait pas durer, et une femme enceinte n'aurait jamais dû, elle non plus, se trouver là. Mais ils sont là.
Samedi soir, un jeune homme de 20 ans s'est noyé en se lavant, tant bien que mal, dans des endroits qui ne sont pas prévus pour.
Et la mairie de Calais refuse le permis de construire des douches au Secours Catholique, enfin, refuse... accepte, mais à 14km de là, c'est tellement plus pratique.
Eh bien voici donc un bel exemple de non-prise de nos responsabilités.
C'est vrai que c'est drôlement plus facile de faire comme si ils n'existaient pas.
Les gens du gouvernement et moi, on a pas le même problème de conscience, manifestement.
Et encore moins le même respect de l'homme. Et de la vie.

Nota: le titre est la phrase de conclusion de l'article de Libération, que je vous invite vraiment à aller lire. Et qui aurait mieux à faire hors des pages de l'édition régionale.


juin 11, 2009

Tobie Lolness

Tobie Lolness, écrit par Timothée de Fombelle, illustré par François Place, éditions Gallimard, 2006.
1er tome : la vie suspendue.

Tobie Lolness mesure 1 millimètre et demi et vit dans un arbre. Il fuit. Mais pas seulement.

Voici un roman pour enfants autour duquel j'ai tourné pas moins de trois ans !
Je doutais de mon goût pour les aventures d'un lutin, foin de cela, c'est un petit garçon.
Il me semblait trop épais, mais il se dévore.
Je redoutais son succès et ma jalousie légendaire envers les auteurs doués. J'avais raison.

Ce roman d'aventures est écrit dans une langue poétique simple et extrêmement efficace. La construction de l'histoire est élaborée juste ce qui est nécessaire pour donner du rythme et ménager un suspens tout à fait raisonnable.
Il y a de l'humour, de l'humour comme j'aime, un peu d' l'amour, et une peinture assez juste de notre société moderne, le tout dans des proportions ni trop ni trop peu.
Quant au monde dans lequel évolue Tobie, peuplé d'insectes et autres larves, l'auteur s'en amuse, en joue avec brio, et imagine une société complète.

Les illustrations de François Place me laissent perplexes car elles représentent les choses différemment de ce que je les imaginais, mais pourquoi pas.

Comment vous dire ? J'adore ce livre, j'aurais adoré l'écrire, je suis donc effrontément jalouse de son auteur ! C'est moche, je sais.

Le second tome : les yeux d'Elisha, a paru en 2007.
Les deux tomes sont réunis en un seul volume, mais il n'existe pas à ma connaissance d'édition poche.

Les avis de Clarabel, Florinette, Yueyin, entre autres... !

juin 06, 2009

L'amour est à la lettre A

L'amour est à la lettre A, de Paola Calvetti, paru aux Presses de la Cité. Traduction de Françoise Brun.

L'histoire est fort simple: Emma, 50 ans, choisit de donner un tournant radical à sa carrière en quittant son job harassant de traductrice over the world, pour ouvrir une librairie entièrement consacrée à l'amour au coeur de Milan.
Elle trouve rapidment un post-it sur un des livres: Federico, son amour de jeunesse, est de retour, leur histoire peut reprendre comme au bon vieux temps.

S'ensuit une correspondance dans la durée, sur environ quatre ans, durant laquelle la relation amoureuse évolue peu, entrecoupés de récits de la narratrice où nous la suivons dans sa librairie à laquelle tout sourit. Emma et Federico ne se téléphonent pas, ni ne s'envoient d'e-mail, Emma étant absolument réfractaire aux nouvelles technologies (un peu excessif à mon goût mais passons), et une fois par an, ils se retrouvent à Belle-Ile pour quelque jours.

Plusieurs choses m'ont plu dans cette lecture.
D'abord de très bonnes idées quant à la librairie : quand on aime les librairies, c'est fantasmatique de découvrir Rêves&Sortilèges : l'élaboration des vitrines, véritables mises en scène, les intitulés des rayons, l'ambiance etc.
L'atmosphère : la vie milanaise et les petits commerces qui donne envie de se fondre dans la vie quotidienne des italiens et dans ce cercle d'amateurs de littératures qui deviennent tous amis au point de former à la fin une grande famille.

Quelques bémols :
La trame est un peu faible.
J'ai trouvé que les deux protagonistes n'étaient pas assez attachants, les personnages secondaires sont presque plus touchant.
Et les lettres "d'amour" ne m'ont ni convaincue ni touchée. Emma et Federico semblent d'entrée de jeu se remettre sur des rails et entrer dans une relation routinière où les sentiments ne viennent pas jouer les perturbateurs. Tout cela est un peu lisse.

En revanche, trop c'est trop : la librairie devient un haut lieu médiatique, le "coin-café" du départ devient une auberge puis reçoit carrément des entreprises, Emma ouvre également un hôtel pour recevoir des auteurs, et vend dans sa librairie des bougies parfumées, des tasses et autres magnets. Pourquoi pas, ces idées sont sympa prises individuellement, mais l'accumulation nuit à la crédibilité.
Federico est architecte, travaille à New-York, et nous abreuve de notions d'architecture, l'aspect documentaire dessert le roman.

Et petite note personnelle, j'ai été scotchée car je ne m'attendais pas à lire les descriptions de Belle-Ile et de certains de ses habitants tels que j'ai pu les rencontrer.

L'auteur dit que dans cette histoire "Tout est vrai". C'est-à-dire ?
La réalité dépasse la fiction, c'est vrai, je le constate tous les jours.
Quand la fiction dépasse la réalité, ce n'est pas toujours crédible, c'est dommage.

Au demeurant, j'ai cependant passé un agréable moment.
Merci Fashion pour le prêt !

D'autres avis :
Cuné, Fashion, Wictoria.

Et le site de la librairie : www.librairierevesetsortileges.fr

juin 01, 2009

solidarité pour les salariés

Je bosse. Bon. Passons, ça arrive à des gens très bien, et je ne suis pas la seule.

Même si on l’a appris il y a 15 jours, ce qui n’est pas très fair play.

Passons(bis).

Ce matin, il y avait de la place dans le train, de l’air frais, un joli soleil, je positive en me disant que je vais pouvoir avancer un peu sans les appels de mes clients pour me perturber tout mon sens de la gestion des priorités.

Et puis en arrivant à l’agence, je découvre rapidement que mon boss, cette chère âme, n’est pas là.

J’apprends fortuitement qu’il a reçu des places pour Roland Garros.

Soudain... je me pose cette question que je prenais soin jusqu’à présent d’éluder : jusqu’à quel point est-ce que je me sens solidaire ?

Parce que je suis quelqu’un de conciliant. Pas quelqu’un de facile, mais de conciliant.

Alors la journée de solidarité, je veux bien, mais c’est pas un peu antithétique un boss qui demande à ses salariés de venir travailler un jour férié par solidarité, mais qui lui n’est pas solidaire de ses salariés et des personnes âgées ? (Tout ça, au passage, c’est de leur faute, hein !). On franchit une ligne, là, non ?

Je sens que l'agacement me gagne.


edit de 16h17 : on me dit à l'oreille "console-toi, quoiqu'il arrive, c'est lui qui paye, et d'autre part, le coca à Roland Garros doit être méga cher..." - oui. ça me console un peu...



mai 29, 2009

L'ombre du vent


Barcelone, 1945. Un libraire initie son fils au cimetière des livres oubliés, un endroit mystérieux et secret qui recueille un exemplaire de chaque livre imprimé, et où le nouvel arrivant doit adopter un ouvrage et s’engager à le défendre toute sa vie. Le fils, Daniel, choisit un livre, ou dirais-je, est choisi par un livre, L’ombre du vent, écrit par un auteur quasi inconnu, Julian Carax. Fasciné par sa lecture, le jeune garçon cède à l’attrait du livre sur lui, au point de chercher des informations sur son auteur et découvrir un personnage bien mystérieux, et son histoire, non moins mystérieuse.

Je vous recommande la lecture de ce livre, que je trouve enchanteur à plusieurs titres : les personnages que le héros rencontre au cours de ses recherches, forment une galerie comme je les aime, riche, éclectique et haute en couleurs ; l’intrigue ensuite, qui ne perd jamais en rythme, de rebondissements en révélations, en déceptions, en anecdotes etc., le tout formant un ensemble harmonieux et jamais lassant ; le personnage principal, juste assez faible et honnête pour être crédible et attachant ; la construction du livre, aboutie, très aboutie, aux imbrications habiles (je ne me suis jamais doutée une seule seconde de ce qui m’attendait... bon, si, une seconde en réalité, mais alors pas plus), l’atmosphère enfin, chargée de mystère, et les sentiments, tout cela dans un seul livre, c’est parfait, lisez-le !

L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon, paru en 2004, il a reçu le prix Planeta la même année, et a paru en Poche en 2006.

mai 11, 2009

Mon hygiène quotidienne

En écho à mon post précédant, je garde présente à l'esprit ma consigne du moment "Sois plus humaine". C'en est effrayant, mais au rythme auquel je vis, qui n'est certainement rien en comparaison d'autres personnes qui travaillent constamment, eh bien j'en oublie parfois de respirer, au sens propre, de regarder les gens quand je leur dis bonjour, ou de cesser de regarder mon écran quand on me téléphone.
Je suis constamment à côté, dans une parallèle du moment présent.

Bénédiction : en ce moment nous n'avons plus Internet à la maison : après la télé, l'écran aux alouettes, c'est l'ordi a cessé de nous alimenter les yeux non stop.
Pas par choix, plutôt par négligence: nous avons oublié de payer sa dime à l'opérateur national.
Mais après quelques semaines sans connexion, on en est pas plus mal. Soyons honnêtes toutefois, ça nous manque beaucoup.
La télé en revanche, pas du tout, nous ne la regardions plus depuis lurette, et ça ne nous empêche pas de regarder des DVD et de pester quand on rate une émission sur Arte, mais franchement c'est marginal.


Sois plus humaine, donc, prend le temps d'écouter cette petite fille qui chouine ou qui fait le bébé, elle a un truc à dire derrière sa plainte "Mais mamaneuh".
Prends le temps d'expliquer le pourquoi du comment au petit bout d'homme qui fait des choses épatantes pour un si petit bout d'homme.

En conclusion, ma question du jour : comment en suis-je arrivée à devoir reprendre pied avec une réalité aussi évidente ? Qu'est-ce qui oeuvre, tapis dans l'ombre, pour que je sois aussi à côté de mes pompes ?
J'aimerais bien dire que c'est parce que je suis lunaire... ce serait poétique. Mais pas sûre que ce soit vrai...





La même mer, en effet, au petit matin (très petit, la photo n'est pas de moi, hihi... ), quand les touristes en maillot laissent place aux pêcheurs de poissons et de crabes.

ENFIN !



Le vent, les cocotiers, et les papillons qui passaient sous nos fenêtres, un arrière-goût de bout du monde bienvenu quand on voyage peu souvent, et un détachement précieux face aux choses et aux gens, que je garde aujourd'hui à l'esprit. Aujourd'hui où je me crispe parfois sur des détails matériels dont j'aimerais m'affranchir. ça ne peut pas être si difficile.
A venir, la même photo, au lever du jour...

mai 04, 2009

bilan post voyage

Aujourd’hui, cela fait trois semaines que je suis rentrée. Que me reste-t-il de ce voyage, à part des souvenirs, des images, des odeurs ? Des sensations ? Plus vraiment, c’est trop loin. Je ne parviens plus à éprouver la chaleur, la moiteur, ou les étourdissements du mondes, les cris dans la rue, qui paraissent des chants.
Il me reste l’idée d’un bien-être, dont je ne sais à quoi il tient. Mais qui s’estompe, lui aussi, au fil des jours. J’ai vraiment le sentiment de me faire dévorer petit à petit par le rythme qui reprend le dessous, alors même que je m’étais promis de garder la main. De me coucher tôt, d’écouter mon corps qui sait très bien me dire ses besoins, en sommeil, en sport, et mon esprit, avide de découvrir, de lire, d’apprendre encore, ce que nous donne le monde.
Aujourd’hui, c’est un lundi au bureau, comme il y en a eu, comme il y en aura, des centaines, des milliers dans ma vie (non, je n’ai pas calculé si c’était possible !), et aujourd’hui, je me demande si c’est vraiment ce que je veux.
Écrire.
C’est toujours mon but, mon envie, mon aspiration, mon désir. Et je crois que j’approche du moment où cela deviendra ma bataille. J’en suis loin, encore, de là à tout plaquer pour écrire, il y a un monde... mais j’en approche.

avril 30, 2009

Finally... Je suis rentrée

Le Vietnam, c’est loin d’ici, et il fait chaud, et c’est plein d’odeurs de coriandre, de citronnelle et d’épices en tous genres. Ils mangent du pho un peu partout dans les rues, assis sur des micro tabourets à 20 centimètres du sol, ils sont tous petits comme moi, mais fins comme tout et portent des jeans même par 38 degrés. Ils ont tous une mobylette ou un scooter, montent à 15 dessus, avec les tout petits devant, la mamie derrière, et le cochon éventré sur le porte-bagages. Ils mettent des masques anti-poussière et pollution, des casques à frous-frous et des gants montant pour les femmes. Pas de soleil, surtout, elles se protègent, ne veulent pas que leur peau fonce. Ils parlent avec de jolies intonations, sont souriants, mais souriants ! Gracieuse, et élégantes, ces femmes. Qui portent sans souci des tenues aux couleurs et imprimés mixés.

Et moi j’étais un peu mal à l’aise, dans ce pays que les soldats ont quitté il n’y a pas si longtemps. Je me sentais comme la petite française (ce que je suis au demeurant !), qui hérite d’un passé colonial qu’elle n’a pas demandé, et qu’elle ne cautionne pas. Mais eux... Ils sont accueillants, et gentils, pas agressifs, pas mesquins, ça fait un bien, mais un bien !

Et tout ça avec une chaleur de plomb, de la poussière, de la transpiration et un peu de mer, pour être vraiment en vacances. Une échappée sans les enfants dans la baie de Cat Ba, près d’Ha Long, où nous nous sommes baignés au milieu des aigles pécheurs et des méduses énormes. Et des sourires, toujours, de la gentillesse, encore, du bonheur.

Une grosse envie de bouger et de voyager encore, mais si peu de congés.
Une envie, en tous cas, de les découvrir mieux encore, d'aller dans les montagnes, et dans les pays avoisinants. De découvrir, encore, comment on vit ailleurs.
C'est bon d'avoir envie...

Des photos ? Bien sûr, très vite, mon appareil a un temps de gestation plus long que les numériques habituels, mais je crois que les premières contractions se sont fait sentir, alors promis, je reviens avec des images, très vite donc.

mars 31, 2009

De là-bas

Vous allez me détester.
Oui.
Si si. C'est promis.
Je pars. Au Vietnam, pour être plus précise, en vacances pour couronner le tout. Avec mes chéris et mon amoureux.
Autant dire que je ne serai pas dans les parages. (Ce qui n'a pas de sens, si on considère cette phrase d'un point de vue géographique, c'est évident, et encore moins d'un point de vue d'internaute).
Des vacances de tout, sauf de lecture, de câlins et d'écriture, dont je devrais normalement rentrer plus reposée, détendue, bronzée, positive, calme, cultivée, dépaysée, sereine, mince, que sais-je.
Quitte à être honnête, je vous signal que j'étais "à vent l'air" toutes les dernières semaines, mon boss ayant décidé de considérablement augmenter ma charge de travail.
Mais faut-il vraiment des excuses ou des raisons pour prendre des vacances et pour voyager ?
Alors je passerai peut-être ici, peut-être pas. Peut-être plus souvent. Peut-être pas. Mais promis, en rentrant, je vous dis tout. Et je partage tout le bon que j'aurai rapporté de là-bas.

mars 18, 2009

Un pape à côté de ses pompes

Faut-il licencier le pape ?
Quand on entend un message tel que celui qu'il a délivré lors de son voyage en Afrique, on se pose légitimement la question. En tous cas moi je me la pose. La déclaration qui fait du bruit: "l'on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs" mais qu'"au contraire [leur] utilisation aggrave le problème".
Hé oui, c'est bien connu. Le préservatif aggrave le problème du sida, ça fait des années qu'on le dit.
Brave homme. Saint homme. Qui en une phrase ruine les efforts de milliers de personnes, et en faisant un contresens majeur apporte la confusion au lieu de la sainte parole.
La seconde question que je me pose c'est "Qui le conseille ?" Parce qu'enfin, si on laisse cet homme dire des énormités pareilles, au Vatican, c'est que l'on cautionne ses propos. Et quel est le contrepouvoir en place qui permettrait de calmer un peu le jeu, et de faire en sorte que la parole du pape ne soit pas complètement déconnectée de la réalité.
Parce qu'à mon sens, le plus grave dans tout cela, c'est qu'il s'autorise aujourd'hui à dire ce genre de chose, et en cela à nier purement et simplement la maladie, les chiffres, la douleur, l'énormité de ce problème du sida en Afrique. Pour un pape, ça ne le fait pas.

mars 09, 2009

Le ticket perdant

Ce matin en donnant mon ticket de loto au buraliste pour savoir si j’avais ou non gagné 10, 100, 1000, 100 000 euros !, je me suis surprise à croiser les doigts en pensant « Et si je gagne ? Je fais quoi ? j’écris mon livre ? Oui ! Mais je ne change rien ! ».
Alors bravo, je n’ai rien gagné, mais franchement, si c’est pour ne rien changer, je ne vois pas l’intérêt. J’aurais au moins pu me dire qu’un peu d’argent me permettrait de prendre une demie journée par semaine pour écrire, même si mon boss est réticent à la plus petite idée de congés, - nous n’avons pas de RTT par exemple -, ou que cela nous permettrait de voyager, ou de revenir à Paris. Ah Paris ! En me baladant dans le 3e hier, j’ai été assailli de bouffées de nostalgie, d’envie, je me suis surprise à caresser l’idée de revenir habiter là, et à me demander pourquoi, finalement, pourquoi nous en étions partis.
À mon initiative.
Je ne suis pas à une contradiction près.
Nous sommes propriétaires, la belle affaire.
Mais je vais me donner deux minutes pour vraiment peser le pour et le contre de la vie dans la pampa, et voir si, les beaux jours arrivant, nous ne sommes pas mieux, finalement, là...
je vais rejouer au Loto, mais ce ticket perdant m’a quand même ouvert les yeux sur le fait que je n’étais pas ouverte au changement. En ce moment, ce n’est pas toujours le cas, thanks God ! Et je parle de grand changement, pas juste de changer de marque de yaourt, il n’y a guère qu’à la Ricoré que je sois fidèle, personne n’est parfait.
Non, c’est cette idée que les choses sont immuables qui m’a quittée ce matin. D’avoir compris cela m’allège considérablement.
J’ai besoin de stabilité, c’est un fait. Mais peut-être que je ne suis pas faite pour l’immuable. Pas autant que ce que je pensais en tous cas. ça fait un bien fou ce genre d'idées !
Et cela conjugué au soleil qui se lâche, ça me donne des ailes !!!
Alors une très bonne semaine s’offre à nous les amis, avec des prémisses de changement, des envies d’ailleurs et des idées nouvelles !

février 23, 2009

Leur manquer

Ne pas être là.
Leur manquer.
Retrouver le regard coquin qui joue à cache-cache pour gagner un câlin. Le sentir se blottir contre moi. ça change des tapes.
Et elle, sa main dans ma main, et la question : est-ce que tu seras là quand je serai plus grande et que j'aurai peur ?

Avoir envie de leur manquer encore un peu. En tous cas plus souvent.

février 19, 2009

Courir pour l’avoir. Ou pas.

Ce matin j’ai couru après mon train. Pourtant, je pensais ne pas réussir à l’attraper.

Le train du matin est pervers, il suffit que je décide qu’il est trop tard pour courir, pour qu’il reste en gare deux minutes de plus que prévu, mais me ferme tout même ses portes au nez. Quand nous avons emménagé dans la pampa, je me suis juré ne jamais courir après un train ou un métro, pour ne pas, par cet acte-là, me rendre esclave du rythme moderne. J’étais tout juste enceinte à l’époque, et pas du tout en mesure de courir. (Je vous passe les détails, vous apprécierez).

Las. Dès que j’ai eu accouché et retrouvé quelques muscles, je me suis mise à courir tous les jours. C’est en quelque sorte devenu mon mini-footing du matin, du midi et du soir, mon cardio-minute du jour...

Après avoir couru, sans forcer, soufflé, après avoir entendu la sonnerie des portes me narguer alors que j’avalais les marches de l’escalier deux à deux en croisant les doigts pour ne pas en louper une, après évaluation stratégique ultra rapide de la porte la plus proche de moi en cet instant, et alors que je m’attendais à voir les portes se clore dans la seconde, le train, très bizarrement, m’a attendue.

C’est en m’asseyant, et tandis que je tâchais de masquer ma respiration haletante, que je me suis fait la réflexion que finalement, tout cela est une question d’état d’esprit.

Si je n’avais pas tenté ma chance, je me serais probablement maudite de n’avoir pas bougé mes fesses pour l’avoir, ce train. Et je me serais retrouvée paisible, pas essoufflée, sur le quai

Mais alors je l’aurais qualifié de train pervers, faisant mine de m’attendre et me fermant les portes au nez.

Eh bien l’écriture, c’est pareil en fait. Si je ne tente pas ma chance, quelle est, en réalité, la probabilité qu’il se passe quelque chose ? Elle est nulle.

Alors ? J’ai envie de l’attraper ce train ou pas ? Sûr !

Ou est-ce que je fais le choix de ne pas courir, de ne pas faire cet effort, tous les jours, et de rester sur le quai à me geler sans avoir même essayé ?

No way, comme dirait l’autre.

Et peut-être qu’avec un peu de chance, le train m’attendra aussi un peu...




février 12, 2009

La bête

L'écriture. Aussi vitale que douloureuse. 
Je n'ai pas confiance en moi, en ce que je suis capable d'écrire. 
Mais j'ai besoin d'écrire. 
Et ce combat intérieur, je le livre tous les jours, je me cou
che en ayant envie d'écrire, je me lève dans le même état, et tout le jour je porte ce désir en moi, bien au chaud dans mon sein. 
Il se fait plus ou moins vivace selon les jours, mais il est là, brûlant, doux ou vibrant, et je le caresse ou le fait taire selon que j'ai ou non le temps/l'envie/l'idée/l'énergie d'écrire. 
Et la confiance qui me fait défaut cède régulièrement la place au rouleau compresseur de l'auto-débinage, dont je suis experte. 
La lutte est constante.
Ci-dessous, une métaphore qui repousse les points, exercice expérimenté en atelier ce lundi.



Tapie dans l'ombre d'un recoin, la bête est là, vive, aux aguets, prête à bondir au moindre sursaut, elle a rassemblée ses forces pour attaquer et n'attend plus que le moment de surgir, les muscles bandés et la détente sûre, toutes griffes sorties et toutes dents dehors, l'écume fumante aux lèvres elle guette l'indice de ma faiblesse, la faille qui lui permettra de s'engouffrer pour me déchirer et m'ôter le souffle, le doux souffle chaud qui m'anime et me donne ce petit goût de vie, cette trace de sel sur mes lèvres qui fait battre mon coeur un peu plus vite, un peu plus fort, et m'aide à traverser les vents quotidiens debout, petite flamme vacillante qui pourrait en un souffle se dissiper en un filet de fumée, en laissant une odeur de consumé, et le souvenir d'une lueur.


J'écoute la bête, je la tient en respect tant que je peux, mais il est parfois doux de lâcher les armes et de la laisser me dévorer, de la regarder fouiller mes entrailles et me dépecer avec fureur, depuis le temps qu'elle se contient, elle a faim et se nourrit comme si elle voulait ne plus jamais connaître cet appétit, avec avidité et sans aucune hésitation, et je la regarde m'engloutir sans reprendre son souffle et avant même d'avoir conscience du mal qu'elle me fait, alors que j'ai sciemment permis cet assaut et que je ne cherche même plus à me défendre.



Le temps a changé. La bête est moins gourmande, elle s'est gavée des années durant de ma faiblesse ignorante, mais je ne la laisse plus autant faire, et son appétit doit s'amenuiser avec la raréfaction de sa pitance; mais je reste vigilante, je sais qu'elle respire toujours quelque part dans un coin, jamais bien loin, et qu'elle reconnaît à la seconde l'odeur de mes hésitations, le parfum de mes errances et celui, familier, du doute profond, alors sans cesse je déploie des ruses pour dissimuler à son flair aiguisé mon absence de courage; je fuis parfois pour lui échapper, oubliant un instant toute velléité, toute aspiration, mais l'envie n'est jamais loin, qui seule me permet de ne pas ployer définitivement; c'est une grâce, une chance, que j'ai pour soif de préserver.




La belle et la bête - Jean Cocteau


février 07, 2009

L'horizon


Pour ne pas perdre de vue quel fut cet horizon merveilleux pour moi, au seuil de cette nouvelle année. 


février 05, 2009

Ne parle pas d'enfer qui veut


La porte des enfers, Laurent Gaudé, 2008

Voici un nouveau Gaudé que j'ai appréhendé de lire, redoutant le sujet grave, en bonne âme sensible qui se respecte. 
L'histoire est en effet celle de la perte d'une enfant, qui conduit des parents au seuil de cette porte des enfers. 
Mais, à moins que je sois devenue particulièrement imperméable aux drames de la vie, je n'ai pas été touchée comme je le craignais, et comme je l'attendais, paradoxalement. 
Qui me lit sait que j'ai pour Laurent Gaudé une profonde admiration. Il est de ces auteurs qui traitent de la nature humaine et nature tout court avec brio et beaucoup de style. Mais si j'ai à nouveau pu apprécier son écriture délicate, je n'ai pas adhéré à son histoire. Je crains qu'en effet Laurent Gaudé ne maîtrise pas encore le style fantastique, à mon plus grand regret, vous pouvez me croire. Je n'ai pas été emportée par sa description des enfers, et une longueur pensante a failli me faire lâcher prise au milieu du roman. 
Une petite déception, donc, dont je me remettrai, tant le souvenir de ses précédents livres est encore vivace et réconfortant pour moi.  

janvier 29, 2009

Allumer le chat ?


Allumer le chat, Barbara Constantine

Voilà un roman comme j'en lis peu. Un ton enlevé, des propos débridés, et une histoire, des histoires en réalité, complètement farfelues. 
Mais un roman qui à l'arrive me plaît car il confirme tout à fait ma devise préférée "La réalité dépasse la fiction". Vous le contastez sans doute tous les jours, comme c'est mon cas, non ?

Revenons-en au chat, par lequel nous entrons dans une famille, dont les personnage sont touchants pour leur justesse et leur humanité. Si j'ai au début été un peu agacée par les propos grossiers, je m'y suis rapidement acclimatée (habituée que je suis, je l'avoue, aux jurons, c'est mal, je sais, et je fais moult efforts pour m'améliorer, croyez-moi.). 
Le plus intéressant dans tout cela, après les personnages et leurs tribulations, c'est la construction de l'histoire. Si la multiplication des personnages et des intrigues peut parfois donner le sentiment d'éparpillement, il ne dure pas, et notre auteure boucle la boucle avec une facilité que je lui envie. Car il ne faudrait pas penser que Barbara Constantine ne sait pas où elle va. Non seulement elle le sait parfaitement, mais elle fonce, et nous mène tambour battant au terme de cette histoire que je vous conseille, chers amis !
 

janvier 27, 2009

2.0 ?

Question d'une amie ce midi : "C'est quoi déjà, l'Internet 2.0 ?"

Une opportunité, des possibilités, des multiples. 
Que représente votre blog dans votre vie ?
Savez-vous clairement ce que vous en attendez ?
Quelles étaient vos attentes quand vous l'avez crée ? 
Ont-elles évoluées ?

A l'époque j'ai ouvert un blog parce que je voulais en être. 
Les personnes que je lisais étaient inspirées et inspirantes. 
J'ai voulu, moi aussi, donner mon avis, quand on ne me le demandait pas vraiment. 
Partager des sentiments, quand on en attendait pas tant. 
A l'époque, je n'étais pas claire sur ce que j'en attendais vraiment. 
A part attirer un peu l'attention en donnant de moi, pour aller à la rencontre d'autres, et surtout, voir si j'étais capable d'écrire et d'être lue, plus ou moins régulièrement. 
Capable d'être lue, quel paradoxe, au passage. 
Aujourd'hui je pense que je ne me livre probablement pas assez. 
Mais quand je vois malgré tout quelles rencontres j'ai faites, je ne regrette pas.
Et je vais continuer, un peu, en attendant de parvenir vraiment à me lâcher ?

je serais vraiment curieuse de savoir ce que vous en attendez, et quel plaisir vous y prenez. Parce que le fond de tout, c'est le plaisir, non ?





janvier 10, 2009

Le vent souffle moins fort à Venise


Après avoir découvert Claudie Gallay comme beaucoup d'entre nous au travers de son livre Les déferlantes, grand succès et découverte de l'été, j'ai lu Seule, Venise pendant les vacances de Noël, et j'ai retrouvé sa voix. 
Le personnage féminin qui est peu ou proue le même que dans Les Déferlantes, sortant d'une relation amoureuse forte et quitte son univers quotidien pour Venise au coeur de l'hiver. 
Si l'environnement est tout autre puisque La Hague cède la place à Venise, il n'en est pas moins présent même si moins virulent, tout comme la douleur de l'abandon est ici moins forte, mais toujours au premier plan.
Le vent souffle moins fort à Venise, mais il serait dommage de se priver de cette lecture où une fois encore, la voix de Claudie Gallay est belle et bien présente. 

Seule Venise, Claudie Gallay, Actes Sud 2005,

janvier 08, 2009

Ce que je voeux ?

Pour poursuivre sur la lancée de ce début d'année, et parce que toutes mes cartes de voeux me semblent obsolètes avant même d'être écrites, ou encore conçues, je formule un voeu en moi-même.
Un voeu d'importance, jugez plutôt, il concerne ma vie, mon désir, et mon avenir. 
Un voeu que je caresse du bout des doigts, que je murmure lentement, et que je conserve serré, précieux, au chaud dans ma poitrine, où bat mon coeur au rythme de mes lignes. 
Un voeu que je me charge de réaliser. Je me donne cette responsabiliser de lui montrer le chemin pour la réalité. Le faire descendre des nimbes pour l'élever dans notre monde. 
N'est-ce pas enthousiasmant ?

Un voeu, qu'y a-t-il de plus précieux, au moment où on l'imagine ?

janvier 06, 2009

Avez-vous remarqué ?

Avez-vous remarqué ce froid piquant qui vous chatouille les joues ? 

Le joli manteau blanc ?

Les sourires ravis affichés par n'importe quel quidam croisé dans la rue ?

Pas de doute, le père Noël est passé (n'en déplaise à ma fille). Je crois que les agents de la SNCF qui sont en grève depuis trois semaines, vont redonner un cours normal au trafic. Ils nous ont bien pourri l'avant-Noël, ce délicieux temps suspendu où la question est sur toutes les lèvres "T'as fait tes cadeaux ?" A nous faire piétiner les quais par -2° (je sais, aujourd'hui, cela semble tropical, mais voyez-vous, vous êtes parés, or à l'époque, pauvres âmes, nous en étions encore au réchauffement de la planète,  à trembler de froid, sans un agent à se mettre sous la dent pour se réchauffer un peu). 
Ces grèves donc, sont en passe de s'achever. on parlerait même de remboursements. mais n'anticipons pas.

Moi qui était au bout du bout de la Bretagne pendant ces vacances, j'ai vécu un rêve, à ne pas entendre prononcer le mot "crise" pendant 7 jours d'affilée. un petit shoot de France-Info m'a vite ramené à la réalité. Soit 5 occurrences en 10 minutes.  

Un rêve de soleil. imaginez plutôt, l'ensoleillement a été au moins dix fois plus important en cette fin décembre 2008 qu'au début août de la même année ! 

Un rêve enfin, car à minuit 5, 10, 30, et le lendemain, je n'ai reçu que de rares SMS pour me souhaiter une bonne année. Et vous ? Avez-vous constaté la fin des voeux Smesques ?
Attention, c'est à ne pas confondre avec la solitude. Telle cette amie qui me disait "Personne ne m'appelle, je finirai seule, bouffée par mes chiens". Mais non. La réalité est toute autre, et je me suis chargée de la dessiller, chère, très chère amie, vois-tu, les voeux par SMS sont en voie de disparition. 
Félicitons-nous. 

Avez-vous remarqué également la fin des bonnes résolutions ? 
Les bonnes résolutions, diabolisées à foison, remplacées de bon coeur par les "souhaits". 
De toutes façons, les bonnes résolutions ont pour principal objectif de nous donner bonne conscience au terme d'une fin d'année grasse, gloutonne et éructive (comment ? ce mot n'existe pas, me dit-on ? Pourtant, il vous parle, non ?). Enfin, j'aimerais en finir avec une méprise générale : les bonnes résolutions ne sont pas faites pour être tenues, elles sont là pour vous permettre d'imaginer un instant qui vous pourriez être si vous étiez parfait à vos yeux. Et vous aident finalement à conclure que décidément, vous êtes ce que vous êtes pour une très bonne raison : vous êtes vous-même. 

En 2009, les amis, j'ai résolu d'être résolument POSITIVE ! 

Le froid, ça réveille. La neige, c'est magnifique. La grève, c'est terminé. Les voeux, c'est passé. Les résolutions, c'est derrière. 

Et je vous souhaite une très très belle année ! 

Allez, on s'embrasse ?




décembre 12, 2008

Une souris a des soucis

La Souris Bleue, Kate Atkinson
Le Livre de poche, 2006

Jackson Brodie, détective privé de son état, et ancien flic, est appelé à enquêter sur la réapparition de Souris Bleue. 
Rassurez vous, les tenants et aboutissants vous sont donnés au cours de la lecture, qui, si elle est agréable en raison du style souple et de l'aisance de l'auteur à manier les formules, n'en est pas toujours très aisée à suivre. (A l'image de cette dernière phrase.) Voilà une couverture qui pour une fois donne une idée très schématisée du contenu !
Les personnages se succèdent au rythme des chapitres, et peu à peu l'intrigue se noue. Mais je dois avouer que l'exercice de style révélé par la construction du roman n'apporte finalement pas grand chose à l'intrigue. L'effet final est décevant, alors que les personnages sont convaincants et plutôt attachants et que l'auteur brosse un portrait tout-à-fait convaincant de la petite société de Cambridge. Sans compter quelques rebondissements rondement amenés. 
Un petit défaut de construction, donc, mais une lecture agréable, avec juste le brin de suspens qu'il faut.

Veuillez ne pas empêcher la fermeture des portes

Metropolitan de Yan Marchand
Editions Griffe d'encre, collection Novella, 2007.

Un homme, guichetier dans une banque, sans signe particulier pour se distinguer du commun, se fait un jour morde par un chien à la sortie du métro. De cette situation a priori banale, l'histoire bascule soudain dans l'absurde et se révèle sous un jour fantastique inattendu. 

J'aime les histoires qui, partant du quotidien banal, nous balancent dans une fiction irréelle, bouleversant les repères habituels. L'intrigue est menée d'une plume subtile très agréable à lire. J'aurais aimé un ou deux rebondissements supplémentaires, mais on se laisse emporter avec plaisir par le rythme de la nouvelle. 

Une mention spéciale pour l'illustration de couverture que je trouve magnifique et qui donne du poids et des couleurs à l'ambiance du texte. Elle est réalisée par Zariel. 


novembre 04, 2008

Brume*

> *brume
(nom féminin)
Brouillard léger, surtout en parlant de celui de la mer.
Incertitude.

La sensation étonnante d'avoir un oreiller à la place de la tête
Le visage chiffonné et les yeux bouffis
Les paupières gonflées d'une mauvaise nuit
Le corps endolori
Et la nuque raidie
D'étranges vibrations dans la tête,
La mort d'O'Ma'Obama est-elle un signe



Edit de 16h14 : "Dernière minute : la grand-mère d'Obama a voté avant de mourir"

Les gens sont fous. C'est vraiment bizarre de lire ça... On mélange vraiment tout...

octobre 22, 2008

Pour ne pas oublier...

l'Amour et l'énergie

«Je vous garde dans mon coeur»

Si chers Amis,
Nous le savons, l'Amour est plus fort que la Mort, le lien d'amitié profonde que nous avons noué ensemble dans la joie, a une valeur d'éternité joyeuse.
Aujourd'hui, où vous vous êtes encore une fois dérangé pour moi, mon âme et mon coeur sont tout près de votre âme et de votre cœur.
Je voudrais que cette chère rencontre se déroule dans une atmosphère de joie.
J'ai choisi des cantiques pleins d'allégresse. Chantez les joyeusement à pleine voix !
Je tiens à vous dire une merci bondissant de reconnaissance pour ce que vous avez fait et ferez encore, je le sais, pour nos milliers d'enfants en difficulté à travers le monde.
Grâce à vous, ils deviennent des citoyens debout et heureux. L'enfant qui souffre «sensible à vos cœurs» rappelle le mot de Pascal : «Dieu sensible au cœur».
Voilà la merveille qui, au-delà de toute conviction religieuse, politique, culturelle ou autre, nous unit tous dans une belle harmonie.
Seigneur, tu as voulu que nous, les humains, puissions tressaillir devant la douleur et arriver à la soulager. C'est ainsi que, comme nous le dit le Christ, dans l'évangile de Matthieu au chapitre 25, nous devenons «bénis» par Toi, notre Père des cieux.
Oui vous êtes bénis, vous qui savez aimer et partager, vous êtes bénis, parce que, sans le savoir peut-être, vous avancez sur la route qui mène à l'éternité bienheureuse où je vous attends dans le même Amour.
Une petite confidence pour finir. J'ai demandé que soit chanté comme psaume le Magnificat. Ce cantique contient en effet le secret du bonheur de ma vie.
Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez là avec moi !
Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant !
Votre Emmanuelle qui garde chacun et chacune de vous dans son coeur.

octobre 02, 2008

Ceci est un communiqué d'excuses publiques

Le véritable scandale, en ces temps perdus, ce n'est pas le lait contaminé en Chine, ni même la banquise qui fond, les étés pourris (et quand est-ce que je mets mes jolies robes en coton léger de créateurs, moi ?), la crise qui arrive en rouleau compresseur, le (mal)traitement de l'info par les médias, la déconfiture de la presse papier, le fait que certains aient des RTT et moi pas, sans parler de 13e ou 14e mois, ni d'une sixième semaine de vacances, alors imaginez une dixième (ceci dit, dans un secteur tel que la banque, je suis pas fan par les temps qui courent).

Le véritable scandale, je ne fais pas durer le suspens plus longtemps chers amis, c'est que j'ai raté le deuxième anniversaire de mon blog. C'était le 20 septembre. Honte à moi.

Je ne dégainerais aucune excuse, valable ou non, j'ai tellement honte que je ne lui ferais pas cet affront. C'est un véritable crime de lèse-majesblog, j'en ai absolument conscience, et je cherche un châtiment à m'appliquer de ce pas pour racheter ma faute.

Shame on me.

octobre 01, 2008

Les mots que j'aime - L'atelier

Ce n'est pas pour sa sonorité que j'ai retenu ce mot, mais pour son pouvoir évocateur.
L'atelier, selon moi, c'est l'endroit des possibles par excellence. Ça sent la sciure, la sueur, le labeur, l'exaltation de l'art. C'est un peu sombre, ou très lumineux. On s'attelle à la tâche, c'est un endroit secret, souvent planqué au fond d'une cour, dont sortent exaltés les artistes vidés, ou les ouvriers épuisés, tous salis, marqués de ce temps passé à trimer.
Image d'Epinal, je l'admet, mais je l'aime, cette image. Disons qu'elle m'exalte.

Un atelier doit être sale. L'atelier de Brancusi (vous ai-je déjà chanté mon amour de Brancusi, enfin, de son travail ?), a été entièrement nettoyé, lissé, rangé, et c'est horrible parce qu'il a l'air mort, maintenant ce lieu, vraiment. Sans âme, sans traces du passage de l'artiste, tout simplement. Ou encore celui de Cézanne, dans une moindre mesure, puisqu'il reste quelques menus objets propres à symboliser la présence de l'artiste.

Vue de l’atelier Brancusi, reconstitué par Renzo Piano, 1997 © Adagp, Paris 2007

© Atelier Cézanne

Un atelier rangé, c'est comme une blouse de peintre sans tâches. L'atelier, c'est la vie, c'est le bazar, l'amas de chutes de bois, de copeaux, de graisse, de taillures de crayons, de boulons et de vis, c'est le souk ! D'ailleurs, c'est bien connu, c'est dans le bazar qu'on est le plus créatif. Car qui est inspiré par un lieu aussi vide et dépossédé qu'une cellule de moine ? Bon, ok, c'est un mauvais exemple. N'empêche. L'artiste fait corps avec son atelier, et quoi de plus émouvant que de pénétrer dans ces lieux laissés intacts. On a l'impression de frôler le génie créatif, non ?


Un atelier peut être très bruyant (sculpture), ou très calme (peinture), mais rarement entre les deux, c'est interdit, dans mon monde à moi très manichéen. De même, il y fera très chaud, ou très froid. Jamais tiède.

Dans un atelier, on a le droit de se tromper. On y est libre. On cherche, on rature, on cogite, on sature, on revient, on recommence, on se lâche, c'est un vrai concentré de vie, un bouillon de créativité. Une petite fabrique, un lieu autorisé, la cabane de Geo Trouvetout !

L'atelier, pour moi c'est aussi La chambre à soi, celui où on s'exprime, se défend, où on apprend à se connaître. Vous avez peut-être remarqué la multiplication des couverture de magazines de déco en ce moment, où figurent en Une "Se faire son bureau chez soi" "un atelier à la maison" etc. Faut-il y voir un besoin de temps pour soi ?

En tous cas, moi, je vote pour tout ce qui pourrait décoller les gens de leur télé ! Oui à la promotion des ateliers en tous genres, sortez de chez vous, rencontrez-vous, retrouvez-vous, vivez !

septembre 30, 2008

Appel aux dons

Voici l'automne. Je n'écrirais donc ici qu'une fois par saison ? C'est une périodicité comme une autre, me direz-vous.


Je ne vous ferais pas l'affront de prendre de nouvelles résolutions, mais enfin, c'est tentant, parce que demain, c'est le mois d'octobre. Et tout ce qui commence de nouveau, m'incite à résovolutionner. C'est comme ça. ça doit me rassurer sur ma capacité à évoluer.


Mais savez-vous qu'absente de ce blog, je n'en suis pas moins active ? J'ai donc bouclé ma première année d'atelier d'écriture, entamé la seconde, et décroché un CDI. Ce qui, par ces temps de crise, me sied fort.


Mes velléités d'écriture se collettent à la réalité, et je peux vous dire qu'il y a du sang sur les murs de la ville !

En fait... si j'osais... Je vous demanderais de partager vos trucs et astuces pour gagner du temps sur le rythme quotidien.


J'ai déjà quelques idées, que je suis toute prête à partager avec vous :


J'ai cessé de laver le linge. Je jette, c'est plus simple, je gagne du temps autrefois perdu bêtement en lessives, pliages et rangement. Je fais des économies de produits tels que la lessive et l'assouplissant, et de surcroît, je gagne une place folle chez moi ! Un jean, un pull, deux tee-shirt et deux culottes, et roule ma poule, habillée pour l'hiver, tout va bien.

Si vous comptez que j'applique cela à la vaisselle : je fais un minimum de cuisine, nous mangeons à même les saladiers et casseroles, la vaisselle est minimale et je ne perds plus de temps à la ranger, on se sert directement sur l'égouttoir, tout va bien.

Le ménage, idem, un petit coup de balayette/éponge en cas de gros pépin et basta. Tout va bien.

Les enfants ne se lavent plus qu'une fois par semaine, c'est mauvais pour la peau, tous ces produits agressifs qu'ils mettent dans les gels douches et les shampoings. De toutes façons, la grande va à la piscine le vendredi, le petit a les fesses propres à chaque change, et nous, les grands, nous ne sommes vraiment sales qu'au bout d'une semaine. Tout va bien.


Finalement, j'ai déjà gagné un temps fou, mais pas assez encore pour finir d'écrire mon roman, cette oeuvre majeure dans ma vie, que je destine pourtant pas à finir en sept tomes.


Il n'y a guère que le sommeil dont je ne saurais faire l'économie, sous peine de perdre la raison, et ça, ça n'arrivera pas.


Et vous ? Quels sont vos trucs pour gagner du temps ?






juin 12, 2008

7 fois avant de parler tu tourneras ta langue...

Hello...

je vais essayer de venir ici plus souvent, j'ai laissé ce blogounet à l'abandon pour céder aux sirènes de l'écriture et de mes enfants... C'est plus calme ici !

Aujourd'hui, et ces derniers temps en général, mais aujourd'hui, et il y a pas dix minutes de ça, j'ai décidé de ne pas me laisser aller à la langue de putitude.

Oui, mes amis, c'est une vraie démarche, une vraie affirmation, stop aux ragots de bas de étages, élevons le débat !

Je me sens libérée, grandie et presque plus intelligente, rien que ça !

Bonne journée !

avril 23, 2008

A la mode de Ponge

Lundi dernier nous avons écrit dans l'atelier d'écriture auquel je participe, sur les objets, avec la contrainte d'intégrer à notre texte les prises de notes de deux autres personnes sur ce même objet.

J'aime bien ce que j'ai écrit, c'est suffisamment rare pour que j'ai envie de le partager...
Infiniment féminin

Tour d’acier, étui de métal, impénétrable, insoupçonnable. Est-ce une horloge ? Froid insaisissable. Faut-il tirer ? Appuyer ? Elle renvoie les reflets de sa silhouette. Petite tour rouge surmontée d’une cheminée d’acier ; petit flacon rectangulaire. Petit rien, petit tout, dont l’usage participe à la transformation. Est-ce un parfum ? Du poison ? Un élixir ? Petit bijou à la coque délicatement ciselée du nom de son créateur, petit cylindre d’apparat, infiniment féminin. Objet de convoitise pour les petites filles soucieuses de devenir femmes, il a l’odeur poudrée des baisers de maman avant l’école. Il faut pousser. L’objet se dédouble, et, phallique, il intrigue. Symbole de la féminité, il est la virilité masculine faite objet. Il fait monter le rose aux joues quand on le fait glisser avec langueur, qu’on l’humecte et qu’on l’étale avec précaution. La métamorphose s’opère, rubis fascinant, c’est l’entrée en séduction. Véritable peinture de guerre, il laisse son empreinte sur la peau adorée ou le filtre humecté. On le dévore des yeux, il vous mange le visage.

avril 17, 2008

Célébrons le printemps

Indolents nuages,
ondoyants, le ciel paisible
mon âme chante, aérienne

(Et quand Blogspot fonctionnera à nouveau correctement, je vous mettrai une jolie photo... )

avril 10, 2008

Lu dans la presse ce matin

"Pour contrer la tendance à l'apologie de l'anorexie sur Internet, un projet de loi présenté par l'UMP prévoit de punir de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende toute incitation à l'anorexie."

Pour sûr, ça va tout changer. J'espère qu'ils n'oubliront pas de légiférer également pour punir d'emprisonnement les adolescentes qui en parleront dans la cour du collège.

Non, c'est certain, empêcher les gens d'en parler sur Internet va certainement changer le goût des autres pour les corps filiformes qui portent si bien tout type de vêtement.
Le milieu de la mode devrait s'en voir profondément modifié, les magazines féminins publiront enfin des "Spécial rondes" avec de vraies rondes dedans, au lieu de mettre des mannequins à peine un peu rebondis, mais si, là voyons ! Regardez-mieux, juste au-dessus de la ficelle du slip, il y a un bourrelet. Ah ! Vous voyez !

Et moi qui croyais que l'anorexie mentale était une maladie !
Ignorante va.

avril 03, 2008

L'éloge de la fatigue

Alors que j'ai commencé mon nouveau boulot il y a maintenant un peu plus d'un mois et demi, j'ai versé quelques larmes mardi au bureau. La fatigue, l'épuisement et quelque menus événement ont eu raison de mon état de félicité habituel...
Pourtant j'aime ce que je fais, j'aime les gens qui partagent mon quotidien, j'aime mes enfants, mon mari, mes amis, et ils me le rendent bien. Les ateliers d'écriture auxquels je participe depuis un peu plus d'un mois et demi (j'ai tout commencé en même temps), me comblent... mais je suis un peu usée, et mon souci réside principalement je crois dans le fait que je ne veux pas l'admettre. Que je devrais être plus résistante que ça, c'est quoi, un mois et demi ?
Il est parfois dans ces circonstances des réconforts précieux, et une amie m'a adressé ce texte, très beau, très juste, je vous le fait partager, et je la remercie.
Bonne journée...

L'éloge de la fatigue

Vous me dites monsieur, que j'ai mauvaise mine,
qu'avec cette vie que je mène, je me ruine.
Qu'on ne gagne rien à trop prodiguer,
vous me dites enfin, que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué monsieur, mais je m'en flatte,
j'ai tout de fatigué : le cœur, la voix, la rate.
Je m'endors épuisé, je me réveille las,
mais grâce à Dieu, je ne m'en soucie pas.
Et quand je m'en soucie, je me ridiculise,
la fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On est jamais aussi fatigué qu'on le croit,
et quand cela serait, n'en a t-on pas le droit?
Je ne vous parle pas des tristes lassitudes,
qu'on a lorsque le corps harassé d'habitudes,
n'a plus que pour se mouvoir que de pales raisons.
lorsqu'on fait de soi son unique horizon.
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre ou à se défendre.
Cette fatigue là est mauvaise à entendre.
Elle fait l'œil morne, le front lourd, le dos rond,
et nous donne l'aspect d'un vivant moribond.
Mais se sentir plier sous le poids formidable,
des vies dont un beau jour on s'est fait responsable.
Savoir qu'on a des joies ou des pleures dans ses mains,
savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain.
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
aider une existence à continuer sa course.
Et pour cela se battre à s'en user le cœur,
cette fatigue là monsieur, c'est du bonheur.
Et sûr qu'à chaque pas, chaque assaut qu'on livre,
on va aider un être à vivre ou à survivre.
Et sûr qu'on est le port et la route et le guet,
où prendrait on le droit d'être fatigué?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
marque chaque victoire en creux sur leur figure.
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus,
parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.
La fatigue monsieur est un prix toujours juste,
c'est le prix d'une journée d'efforts et de lutte.
C'est le prix d'un laboure ou d'un mur ou d'un exploit,
non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
et c'est la preuve aussi qu'on vit avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
j'écoute mes sommeils et là, je me sens fort.
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
et ma fatigue alors, c'est une récompense.
Et vous me conseillez d'aller me reposer,
mais si j'acceptais là ce que vous me proposez,
si je m'abandonnais à votre douce intrigue,
mais je mourrais monsieur, tristement de fatigue.

Robert Lamoureux.

mars 26, 2008

L’aube, le soir ou la nuit

Quel est le meilleur moment pour écrire ?

L’aube, offerte, porteuse de toutes les promesses d’une nouvelle journée ? L’aube, vierge de tous les tracas du quotidien qui polluent le cerveau.

Le soir, à la faveur de la pénombre, du calme enfin revenu, riche de toutes les émotions de la journée. Ou encombré, peut-être un peu, par tout ce qui fait notre actualité.

La nuit, instant unique, verso du jour, début d’un long voyage qui peut aussi vous embarquer.

Si j'avais le courage, j'écrirais le matin.
Si j'étais moins fatiguée, j'écrirais la nuit.
Reste le soir... mais j'ai la tête lourde. Pas de vraie solution. Plutôt des solutions de repli.


Quel moment préférez-vous ?

mars 17, 2008

Des projets et des rêves

A quoi tient que l'on parvienne ou pas à réaliser ses projets ?
Pendant longtemps je me suis crue incapable. Les années passant, je me rends compte que je suis beaucoup plus capable que ce que je pensais. C'est plutôt une bonne nouvelle. Maintenant je me dis qu'il n'y a sûrement pas autant de limites que ce que je croyais. Mais je me demande dans quelle mesure s'empèche-t-on de réussir, simplement en se persuadant que l'on est pas capable de, ou que l'on ne mérite pas de.
Est-ce que réussir à réaliser son rêve peut faire peur ?

Karen Blixen, juste avant son départ en Afrique.
Une femme pour laquelle j'ai beaucoup d'admiration, et qui a mené son rêve jusqu'au bout, de toutes ses forces.

mars 06, 2008

un poème un jour

Lundi j'ai participé à mon atelier d'écriture où nous avons composé avec des mots imposés, pour vous résumer rapidement le principe (en le simplifiant franchement).
Hier je me suis amusée à écrire un Haïku sur ce principe, en choisissant trois mots au hasard dans le dictionnaire.

Voici le résultat

Près de ma cheville
Je sens du malheur le souffle
sucré s’échapper

février 29, 2008

Le printemps des poètes

Mon amante,

Mon amie,

Ma mascotte,

Mon totem,

Mon talisman,

Ma manne,

Mon chanvre indien,

Ma mie,

Ma mère,

Ma mare aux fées,

Mon murmure,

Ma musique,

Ma mire,

Ma vigie,

Ma terre,

Mon rubis,

Mon ruban,

Ma rebelle,

Ma lumineuse,

Mon éclaircie,

Mon embellie,

Ma ribambelle,

Ma moitié,

Mon unique,

Mon immédiate,

Ma millénaire !



Michel Leiris

février 04, 2008

Un petit coup de soleil

Ne peut jamais faire de mal... surtout à travers le carreau d'un lundi de février, quand tout s'agite autour de vous, qui a dit "qu'il est doux de ne rien faire" ? Je ne me rallie pas à son avis, ou alors ne rien faire ou pas lourd, mais alors chez moi, pas dans une agence où tout le monde s'agite quand je suis au milieu de la tornade, les bras ballants, à proposer mon aide à droite à gauche pour ne pas rester inactive.
Car je suis désoeuvrée.
Les temps sont durs des préavis inutiles.
Les aller-retour pour du proche de rien du tout et les minutes qui passent en haut à droite du bureau, attendant de voir quel événement pourrait troubler le pas grand chose de la journée.
Heureusement qu'on rigole, il n'est quand même pas question de préaviser morose nom de nom !
Paradoxalment, je ne peux m'empêcher de penser que même ne rien faire m'apportera forcément. optimisme à tout crain ?
Mon premier atelier d'écriture devait commencer aujourd'hui, mais il est reporté. C'est le meilleur moyen que j'ai trouvé de "m'obliger" à libérer trois heures par semaine pour écrire. J'ai encore du mal à le croire.

En partant ce soir j'ai aperçu le sommet du sacré-coeur, du coin de l'oeil par-dessus mon épaule, éclairé d'un rayon du couchant, et dans le gentil froid hivernal de cette fin de journée. Et vraiment, je me suis dit que ça change tout, un petit coup de soleil.


free music